Au détour des rues parisiennes : Mai 2021

Se balader, flâner, découvrir…. Bref la vie parisienne et c’est ce que l’on aime, notamment quand nous tombons nez à nez avec une charmante voiture aussi rare que belle. A chaque coin de rue, se trouve peut-être cette perle rare. Ainsi avec cette rubrique « Au détour des rues parisiennes », ABSOLUTELY CARS déniche pour vous ces véhicules qui font mine de passer inaperçus, hélas sans succès… Que l’on aime les pots de yaourts, les berlines, les coupés ou les SUV, c’est un choix. Mais rester indifférent face à ces icônes européennes ou américaines est difficile. Allez, hop ! La rubrique mensuelle d’ABSOLUTELY CARS prend de la couleur avec deux icônes automobiles !

Le modèle automobile du mois : La Dino 246 GT

Il est difficile de ne pas tomber en admiration face à une magnifique Dino 246 GT ! Sa courbe racée et élégante ne laisse personne indifférent. Sa ligne équilibrée tout en finesse lui offre un design exceptionnel qui fait rêver des milliers de passionnés et d’amateurs de voitures de collection. Il faut dire qu’elle a été signée l’un des plus grands : le dessinateur de Pininfarina, Aldo Bravarone. Aujourd’hui, l’engouement autour de cette voiture ne cesse même de grimper auprès des tifosi et des amoureux de la marque du cheval cabré. Hélas, produite qu’à seulement 3761 exemplaires, elle se fait plutôt rare ! De ce fait, en croiser une dans nos rues est toujours aussi spécial !

Véritable icône des années 1970, cette voiture de sport italienne est avant tout un hommage. En effet, Enzo Ferrari honore la mémoire de son fils, Alfredo « Dino » Ferrari, disparu en 1956, à l’âge de 24 ans, suite à une longue maladie. A titre posthume, il crée, en 1965, la filiale Dino, regroupant toutes les voiture équipée d’un moteur V6 et V8, qu’elles soient dédiées à la compétition qu’au grand tourisme. Cette nouvelle marque a notamment comme objectif de proposer une offre plus accessible financièrement que Ferrari tout en gardant le prestige d’une mécanique et d’un design signés par le Cheval Cabré.

Le V6 étant étroitement lié à Dino Ferrari et au monde de la compétition, cela explique la ressemblance de la Dino 246 GT avec les voitures de courses des années 1970 et l’absence de toute référence Ferrari. Elle prend la succession de la Dino 206 GT en 1969, optant pour une carrosserie en acier (en lieu et place de l’aluminium, trop onéreux), des barres antiroulis avant et arrière, un plus grand gabarit (+9,4cm) pour un poids supérieur (+50kg). Ces modifications optimisent son comportement routier et son habitabilité. Entièrement réalisée à la main dans les ateliers Scaglietti, les Dino 246GT regorgent de qualités à l’image de sa tenue de route dynamique et équilibrée, d’un moteur souple, fiable et performant et d’un prix d’appel plus qu’attractif.

Mais la Dino 246 GT, c’est avant tout l’histoire d’un moteur : une pure merveille issue directement de la compétition avec ses 2419 cm3, ses 3 carburateurs Weber double corps, ses 4 arbres à came en tête et son double allumage ! En position centrale transversale arrière sur la Dino, il fut d’abord proposé en aluminium, puis, en fonte. Accouplé avec une boîte de vitesses 5 rapports, pour une puissance de 195ch, il a la particularité de former un angle de 65°. Ainsi équipée, la Dino 246 GT abat le 0-à-100 km/h en 7,1 secondes pour une vitesse maximale de 235 km/h ! Ce moteur V6 a permis notamment à Ferrari de remporter le championnat du monde de Formule 1 de 1961. A noter que c’est ce même moteur qui fut monté sur la Fiat Dino Coupé/Spyder/2400, mais avec un positionnement différent, ainsi que sur la Lancia Stratos Stradale.

En 1971, la concurrence sur le marché international s’intensifie avec l’arrivée de plusieurs concurrentes de poids, comme la Lamborghini Uracco, la De Tomaso Pantera, l’Alfa Romeo Montréal ou encore la Porsche 911. Alors, la Dino 246 GT part à la conquête du Royaume-Uni. Donnant lieu à la Dino 246 GT Série III -« TIPO E/M », des nouvelles évolutions sont apportées à savoir la conduite à droite, des matériaux moins nobles (plus de chrome sur les essuie-glaces, remplacement du cuir par du simili), une boîte de vitesse plus courte et des rangements latéraux (identiques à ceux de la Fiat 500).

1972 marque l’aboutissement de la Dino 246 GT avec l’arrivée de la Dino 246 GTS, GTS pour « Spyder ». En effet, son toit peut maintenant s’enlever et se ranger derrière les sièges, ce qui implique une rigidification de la structure. La Dino 246 GT/GTS se pare également d’options premium : une sellerie « Daytona », des extensions d’ailes (propres au groupe 4 en rallye) ou encore des jantes dites « Campagnolo ».

La Dino 246 GT/GTS poursuivra sa carrière jusqu’en 1974, avec un ratio de 2 487 Dino 246 GT et de 1 274 Dino 246 GTS. Emportée par la vague Amicalement Vôtre, la Dino 246 atteint désormais des sommets : plus de 500 000€ pour certaines lors de ventes aux enchères ! Pour ceux qui sont nostalgiques de cette série et qui préfèrent les Anglaises, il reste toujours l’Aston Martin DBS !

Le coup de cœur du mois : La Lincoln Continental Town Coupé 3rd Generation

Comment ne pas tomber amoureux de cette Lincoln Continental, surtout quand elle ouvre ses grands yeux avec ses phares escamotables ? Il s’agit de la troisième génération de la Lincoln Continental après la disparition de la marque Continental, filiale de Lincoln ayant produite des voitures entre octobre 1955 et septembre 1960. S’appuyant sur le succès de la Lincoln Continental dite JFK, cette nouvelle version sort en 1970 (année-modèle), dotée d’un empattement plus court, de nouveaux pare-chocs et des portières à charnières avants. Elle emprunte son châssis à la Mercury Marquis, mais garde un design dans le continuum de la série. En concurrence directe avec les Cadillac Fleetwood et Cadillac El Dorado, elle sera disponible en deux versions : le coupé 2 portes avec toit rigide et la limousine 4 portes « à toit rigide à montant ». Dès 1970, la déclinaison « Lincoln Continental Town Car » existe, vendue alors uniquement dans sa version quatre portes. Elle se distingue notamment par son toit en vinyle, une meilleure finition et de nombreuses options. En 1973, la Lincoln Continental Town Coupé 2 portes est introduite, son toit étant recouvert de vinyle, sa signature.

En 1975, la Lincoln Continental 3ème génération connaît un important facelift afin de la différencier de la Mercury Grand Marquis, devenues très, voire trop, similaires, le but étant de préserver les ventes de chaque modèle. Pour cette deuxième partie de règne, la Lincoln Continental se voit équipées d’ailes plus plates, d’une ligne de toit plus verticale, des feux arrières redessinés… Les Lincoln Continental Town Car reçoivent, quant à elle, une « lucarne d’opéra » ovale dans le montant arrière (en option). Côté sécurité, elles sont équipées de freins à disque aux quatre roues (en option), devenant l’une des premières voitures américaines équipées de quatre freins à disque. En 1977, afin d’en améliorer le style, toute la gamme est appareillée d’une nouvelle calandre semblable à celle des Rolls-Royce. En 1978, les jupes d’ailes arrières sont redesignées pour montrer un peu plus les roues. L’option « toit ouvrant en verre » apparaît au catalogue. Côté intérieur, le tout est rafraîchi tandis que le tableau de bord en acier change pour du plastique avant d’être en imitation bois en 1979.

Il faut savoir également que la taille de la Lincoln Continental 3rd Generation ne cessera d’augmenter au fur et à mesure de sa carrière, notamment suite aux nouvelles réglementations fédérales en matière de collision. De ce fait, cette Lincoln Continental Town Coupé de 1979 peut se vanter d’être la plus grande voiture américaine en production, cette année-là !

Mais qu’est-ce qui différencie réellement une Lincoln Continental Town Car d’une version plus classique ? la Lincoln Continental Town Car est la version la plus prestigieuse. Et cela commence dès l’habitacle, par exemple, où se reflète une finition premium et confort optimal. La sellerie est réglable électriquement. Le tableau de bord et le toit utilisent des matières comme le cuir, le bois ou encore le vinyl. A cela on y ajoute, un toit ouvrant, la climatisation, une horloge Cartier, la direction assistée,… Certains modèles s’offrent même des décorations extérieures et intérieures exclusives, au travers des couturiers mondialement connus : Cartier, Givenchy, Pucci !

Côté mécanique, comme toutes les Lincoln Continental de cette génération, elle opte pour deux motorisations Lincoln. Le V8 (460ci) 7,5L de 220ch est reconnu comme moteur standard. En 1977, suite aux nouvelles réglementations sur les émissions en Californie, le V8 (400ci) 6.6L de 166ch fut introduit. En 1978, ce dernier devient le moteur standard, tandis que le V8 460 est passé en option dans le catalogue pour disparaître définitivement en 1979. A noter qu’ils étaient accouplés, tous les deux, à une boîte automatique 3 rapports Ford C6. Les performances sont correctes pour un poids d’environ 2.4 tonnes.

L’adoption imminente des normes fédérales d’économie de carburant met fin à la Lincoln Continental 3rd Generation, mettant fin aux importantes voitures américaines des années 1970. Pour beaucoup, cette série est la dernière grande berline traditionnelle américaine. Aujourd’hui, ce défaut de surconsommation avec un usage régulier et modéré disparait aux yeux des collectionneurs et des passionnés qui apprécient son très haut niveau de qualité de finition et de confort.

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS 
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS

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