Au détour des rues parisiennes : Mars 2021

Se balader, flâner, découvrir…. Bref la vie parisienne et c’est ce que l’on aime, notamment quand nous tombons nez à nez avec une charmante voiture aussi rare que belle. A chaque coin de rue, se trouve peut-être cette perle rare. Ainsi avec cette rubrique « Au détour des rues parisiennes », ABSOLUTELY CARS déniche pour vous ces véhicules qui font mine de passer inaperçus, hélas sans succès… Que l’on aime les pots de yaourts, les berlines ou les limousines, c’est un choix. Mais rester indifférent face aux véhicules de transport grand public ou militaires est plutôt spécial. Allez, hop ! ABSOLUTELY CARS vous fait découvrir les voitures photographiées par notre équipe dans les rues de Paris, notamment à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine en septembre dernier !

Le modèle automobile du mois : La Peugeot VLV Electrique

L’abdication de la France en juin 1940 marque durablement le pays et son industrie. La moitié du Pays est alors sous domination nazie et l’autre partie est sous le régime de Vichy. En cette période de guerre, les matières premières telles que l’acier ou le pétrole sont rationnées et leur prix pour le commun des mortels est exorbitant. De plus, les usines sont réquisitionnées par l’occupant allemand afin qu’elles contribuent à la fabrication de moteur d’avions, de chars et d’obus. Question mobilité, dans ces conditions, il ne reste plus qu’aux Français, leurs deux pieds ou le vélo. C’est dans ce contexte que la marque Peugeot imagine sa première voiture 100% électrique. Il s’agit de la Peugeot VLV Electrique (voiture légère de ville).

Imaginée en 1940, sa conception se fait en un temps record : moins d’une année. Dévoilée le 28 mars 1941 et commercialisée à partir de juillet 1941, sa structure utilise une coque autoporteuse et une carrosserie en aluminium. Celle-ci est plus que dépouillée puisqu’on ne compte qu’un essuie-glace actionnable depuis l’habitacle à la main, qu’un phare…, mais deux places ! En effet, afin d’effectuer un nombre de kilomètres optimal, le poids doit être réduit au maximum. Avec la Peugeot VLV Electrique, le maître-mot est légèreté. D’ailleurs, les dimensions correspondent parfaitement à la dénomination : 2.67m de long, 1.21m de large et 1.27m de haut !

L’accès à bord est facilité par une capote rabattable entièrement conçue pour faciliter l’accessibilité de la voiture. L’intérieur est épuré avec un volant, deux cadrans (vitesse et ampèremètre) auquel on ajoute une instrumentation minimaliste (clignotants et éclairage), un frein à main, un inverseur pour avancer et reculer sous le siège et un coffre d’appoint.

Côté mécanique, on retrouve une bloc Safi de 4 batteries plomb-acide 12V et offrant 2.6kw, soit 48 V. Sa puissance est d’1,3ch. Le tout ne pèse que 340kg (dont 160kg de batteries) ! Le train arrière est uniquement composé d’un ressort à lames. La vitesse de pointe culmine à 30km/h, ce qui est d’autant plus étonnant quand on sait que les deux roues arrières ne sont espacées que de seulement trente centimètres. Quand à l’autonomie, la Peugeot VLV Electrique se limite à un rayon de 80kms après 10 heures de recharge !

La Peugeot VLV Electrique est une voiture unique en son genre et le seul véhicule de petit taille avec une chaîne de traction électrique efficient proposé par un constructeur français. Et si elle évite l’arrêté nazi sur la construction d’automobiles dites « classiques », c’est-à-dire thermiques, elle sera toutefois victime de l’interdiction de construire des automobiles électriques émise par Vichy, l’été 1942. De ce fait, elle ne sera réservée qu’à un nombre restreint de clients dont La Poste ou les médecins.

Au final, la Peugeot VLV ne sera produite qu’en 377 unités entre 1941 et 1945 à l’usine La Garenne-Colombes, l’usine de Sochaux ayant été réquisitionnée par l’occupant nazi. La fin de la guerre mettra fin à sa carrière, Peugeot bénéficiant du Plan Pons et de l’accessibilité retrouvée au pétrole.

Le coup de coeur du mois : La Fiat 500 Jolly Spiaggina

En 1957, Fiat et Ghia proposent l’un des premiers véhicules de plage : la Fiat 500 Jolly dite « Spiaggina » que l’ont peut traduire par «plagette». Imaginée par Luigi Segre, le design originel de la célèbre Fiat 500 F est conservé mais une partie des éléments a été modifié. Le châssis a été renforcé. La voiture est équipée d’un parebrise plus court. Le toit est supprimé laissant place à une capote en toile rétractable et les portières remplacées par un simple cordon nautique. Elle offre en plus une décoration chromée, le long de sa carrosserie, sous la forme de baguettes suivant les lignes basses de la voiture. Elle dispose également de nouveaux enjoliveurs.

Côté habitacle, la sellerie a été complètement remplacée par des sièges en osier. Au sol, nous retrouvons une moquette orangée typique de ce modèle-ci. Quant au tableau de bord, c’est celui de la Fiat 500 F et est composé d’un strict nécessaire en terme d’instrumentations.

Côté moteur, la Fiat 500 Jolly Spiaggina a conservé le moteur de la Fiat 500 Nuova, à savoir un bicylindre vertical refroidi par air de 479 cm3, disposé à l’arrière, développant 13ch. Il peut être plus sportif avec une préparation Abarth si besoin.

Présentée au grand public en 1958, soit un an après sa version originale, la Fiat 500 Jolly Spiaggina fut prisée, dans les années 1960, par les personnalités bien connues du monde entier à l’image de John Wayne, Grace Kelly, Yul Brynner ou encore Lyndon Johnson ! Produite jusqu’à la fin des années 1960, on ne compte que 600 unités écoulées. On peut encore en voir sur la Côte d’Azur et en Italie, symbole par excellence de la Riviera !

Mais savez-vous que la Fiat 500 Jolly est toujours à l’honneur aujourd’hui ? En effet, le « Garage Italia » associé de la société Hertz Italie a lancée, en 2019, sa Fiat 500 Jolly Spiaggina Icon-e. Sur un modèle d’origine des années 1960, ils réalisent un retrofit, transformant la voiture thermique en voiture électrique. Ils équipent la belle d’un moteur électrique à propulsion arrière accouplé à la boîte de vitesse d’origine 2 rapports. Les autres changements effectués par le Garage Italia sont les phares LED, la sellerie en osier faite main, l’écran numérique 5 pouces et les roues. Côté carrosserie, les clients ont le choix entre plusieurs couleurs : le bleu classique « Fiat 500 », le jaune et noir emblématique de Hertz et les couleurs du drapeau italien. A noter pour les plus puristes d’entre nous que le « Gagare Italia » garde la majorité des pièces d’origine de la Fiat 500 Jolly Spiaggina originelle.

La pépite du mois : La Citroën Dyane Caban

Successeur à la Citroën 2CV, la Citroën Dyane va bénéficier, en 1977, d’une série limitée, la seule et unique des 16 années de sa carrière. C’est également l’une des premières séries limitées produites en France avec la Simca 1000 Extra (1976) et la Citroën 2CV Spot (1976) ! Nous sommes en avril 1977 et cela fait déjà dix ans que la célèbre citadine est commercialisée dans l’hexagone. Reposant sur la base d’une Citroën Dyane 6, le nom de cette série limitée est : la Citroën Dyane Caban !

La Citroën Dyane Caban est tout d’abord un ode à la marine. Chic et sobre, elle se caractérise par sa carrosserie bleue marine à liserets blancs se retrouvant sur les ailes, le capot, les portières et le hayon. Elle ne sera disponible que dans cette unique couleur (AC649) associée à une capote en Blanc Meije (AC088). Le soin porté à la finition est superbe avec ses jantes blanches Meije et ses stickers siglés « Caban » répartis sur les portes avants, le capot et la porte de malle. Série limitée oblige, le numéro du véhicule figure sur l’aile avant gauche grâce à un autre sticker.

L’habitacle se définit par des sièges en tissu « pied de poule » de couleur bleu et blanc, clin d’œil évidant à la couleur de caisse. L’intérieur de la Citroën Dyane Caban dispose également de plastiques noirs qui orne les portières, la planche de bord et le volant. A noter qu’une toute autre sellerie aurait pu être envisagé par Citroën, un croisé bleu et blanc qui n’a jamais vu le jour.

Côté mécanique, la Citroën Dyane Caban est équipée du bicylindres de 602 cm3 3 CV fiscaux commun à la Citroën Ami 6 et à la Citroën Dyane 6. D’une puissance de 32ch, il est accouplé à une boîte manuelle 4 rapports pour une vitesse maximum de 118 km/h. Le système de freinage est assuré par des tambours. A noter qu’en Grande-Bretagne et en Suisse, où elle était exportée, le freinage est assuré par des disques.

La Citroën Dyane Caban fut produite à seulement 1500 unités dont 250 avec le volant à droite pour les marchés britannique et helvétique. A l’époque, elle était commercialisée au prix de 16.130 Francs alors que son homologue originel, la Citroën Dyane 6, était au prix de 15.660 Francs. Aujourd’hui, ce modèle est très recherché par les fins connaisseurs.

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS 
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS

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