Designers : Ken Kiyoyuki Okuyama, un homme qui touche à tout

Ken Kiyoyuki Okuyama est l’un des plus célèbres designers japonais actuels ! Passionné d’automobile depuis son plus jeune âge, il découvre le design lors de l’Osaka Expo, devant la Pininfarina Modulo, trouvant ainsi sa vocation ! Quittant son pays d’origine et sa ville natale Yamagata, il s’illustrera dans le monde entier, en créant des styles automobiles désormais iconiques. Les plus grands lui feront confiance à l’instar de Ferrari, de Général Motors, Honda, Maserati, Pininfarina, Porsche,… mais pas seulement. Véritable « touche à tout », il a également participé à la conception de bâtiments, de trains, de motos, de meubles ou de lunettes via sa propre entreprise, Ken Okuyama Design. ABSOLUTELY CARS vous propose de découvrir cet homme d’automobiles grâce à notre rubrique « Designers !

Ken Kiyoyuki Okuyama, un homme de design

Kiyoyuki Okuyama : du Japon à Pininfarina

Né dans la ville de Yamagata, au Japon, en 1959, Ken Okuyama, de son vrai nom Kiyoyuki Okuyama, se passionne pour le design automobile dès sa jeunesse. Pour réaliser son rêve, devenir designer automobile, il part aux Etats-Unis où il est diplômé, en 1986, de l’Art Center College of Design de Californie. A la suite de ses études, il retourne au Japon où il enseigne à l’Université d’Art & Design de Tohoku. En parallèle, il signe sa première voiture : la mythique Honda NSX. Les prémisses sont lancés en 1984, avec Pininfarina. Le projet est nommé « Honda Pininfarina eXperimental » (ou Honda HP-X). Sa dénomination définitive sera finalement « New Sport Experimental« ou Honda NSX. En 1989, elle est présentée au grand public lors d’une présentation officielle aux Etats-Unis, badgée sous le nom d’Acura NSX (dénomination d’Honda outre-Atlantique). 

En 1991, Kiyoyuki Okuyama revient aux Etats-Unis où il est conférencier l’Art Center College of Design de Californie. Il devient également le concepteur en chef de General Motors. Chez ce géant américain, au Advanced Concepts Center, en Californie, il travaille notamment sur la quatrième génération de la Chevrolet Camaro, commercialisée en 1993.

En 1995, Ken Kiyoyuki Okuyama entre chez Pininfarina en tant que concepteur. Il continue à travailler avec General Motors pour qui il réalise la Chevrolet Corvette C5, sortie en 1997. Il se voit, également, confié le design de la future Porsche Boxter (1996) et de la future Porsche 911 type 996 (1997). A côté, il travaille également sur le concept-car Peugeot Nautilus, dévoilé en 1997 et reposant sur le châssis d’une Peugeot 605.

Ken Okyuama, premier concepteur en chef japonais chez Pininfarina

En 1998, Ken Kiyoyuki Okuyama devient le premier concepteur en chef japonais de Pininfarina. En 1999, il se voit confier la création du concept-car Pininfarina Metrocube qui dépasse le concept de voiture traditionnelle. Avec sa conception, le designer japonais a recherché une forme géométriquement neutre et simple offrant dynamisme et dextérité. Mais c’est surtout l’une des premières voitures autonomes présentées par le carrossier italien.

Les années 2000 seront prolifiques pour Ken Okuyama. Le designer japonais se vit confier de nombreux projets de plusieurs marques prestigieuses. Il reçut même de nombreuses récompenses pour ses créations. Parmi les plus belles, nous retrouvons la Maserati Quattroporte V (2002), le concept-car Maserati Birdcage 75th, élu meilleur concept de l’année et vainqueur du Louis Vuitton Classic Concept Award (2005), la Mitsubishi Colt CZC (2006) ou encore la Maserati GranTurismo Coupé (2007).

Ken Okuyama : le premier designer « non italien » à concevoir une Ferrari

En 1998, Ken Okuyama devient également le premier designer « non italien » à concevoir une Ferrari avec la magnifique Ferrari 456M GT, sortie la même année. L’osmose entre la marque au Cheval Cabré et le designer japonais est tel, que la société italienne lui confiera ses futurs modèles. En 2000, il imagine le concept-car Ferrari Rossa Concept, meilleur concept-car de l’année. En 2002, Ferrari dévoile la majestueuse Ferrari Enzo. En 2004, il devient Directeur créatif chez Pininfarina et conçoit la Ferrari 612 Scaglietti. En 2006, sortent la Ferrari 599 GTB Fiorano ainsi que la Ferrari Pininfarina P4/5. Présentée au Salon de l’automobile de Paris 2008, la Ferrari California a pour particularité d’être à la fois un coupé et un cabriolet, une première pour Ferrari !

Ken Okuyama Design, la suite de l’aventure

Ken Okuyama : pour un design intemporel

En 2006, il a quitté Pininfarina pour fonder sa propre structure de conseils à Yamagata : Ken Okuyama Design. Cette nouvelle phase de sa carrière de designer lui permet d’ouvrir de nouveaux horizons. Il designera des wagons de trains, des machines agricoles, des meubles, des robots, des produits de cosmétiques, des objets d’intérieur (théières, fauteuil de massage…), des montres, des parcs à thèmes… Il créera également, en 2007, sa propre marque de lunette, Ken Okyuama Eyes ! En parallèle, Ken Okuyama publie des livres, participe à des conférences dans les universités, inaugure deux bureaux de style : un en Californie et un à Tokyo, ainsi qu’une salle d’exposition ! Il dessinera les TGV et les rames de métro au Japon !

En 2013, il développe même son premier tracteur agricole avec le prototype « YT01″ qui fut dévoilé, le 25 juillet, lors d’une présentation officielle au siège social de Yanmar Holding, à Osaka. En octobre 2016, il présente  » Yanmar Tractor YT3 Series  » conçu par Okuyama lui-même qui lui permet de remporter le « Good Design » Gold Award.

La KO 7 Spider et la KO 8 coupé, les premières créations de Ken Okuyama Cars

Toutefois, Ken Okuyama n’oublie pas son premier amour ! En 2007, il crée Ken Okuyama Cars. En 2008, il présente, au Salon de l’Automobile de Genève, une voiture de course qui peut rouler sur la voie publique. Il s’agit du KO 7 Spider, un biplace en polymère renforcé de fibre de carbone et en aluminium non peint, reposant sur la structure de la Lotus Elise R. Il fut exposé aux côtés du KO 8 coupé. Ces modèles légers, purs et joueurs permettent de retrouver les sensations d’une moto sur quatre roues. A l’occasion de la création de ces deux modèles, Ken Okuyama a coopéré avec le fabricant de montres de luxe TAG Heuer. L’intérieur de cette voiture, sobre et épuré, s’inspire du design de la montre TAG Heuer Grand Carrera qui trône en bonne place sur le tableau de bord tandis que le volant est signé « TAG Heuer ». A noter que le toit est amovible et que la version KO 7 Spider est dépourvue de parebrise.

Côté mécanique, la KO 7 Spider était équipée par un 4 cylindres 2.0 offrant 210 à 250ch, d’origine Toyota. Quant au KO 8 coupé, il était possible de choisir entre un 4 cylindres 2.0 de 240ch en provenance de la Honda S2000 ou un 4 cylindres 2.0 de 204ch en provenance de la Ford Cosworth. A noter qu’il était possible d’ajouter un moteur électrique (100KW) pour la version coupé. Avec un poids de 748kg sur la balance, leurs 3.58m de long (3.71m pour le coupé), leurs 1.85m de large et leurs 1.11m de haut, la KO 7 Spider et la KO 8 coupé sont des voitures ultra-maniables et performantes, abattant le 0-100 en 5.0 secondes ! Le tout s’acquiert pour la somme de 240 000$.

Les vingt premiers modèles du KO 7 Spider furent pré-vendus à un cercle restreint, fans de Ken Okuyama. Elles furent par la suite produites à 99 exemplaires en 2009 et à 99 exemplaires en 2010.

La saga KODE, des voitures exclusives signées Ken Okuyama

En 2013, lors du salon de l’automobile de Tokyo, Ken Okuyama présente ses nouvelles créations : la Kode 7 (Exclusive et Clubman) et la Kode 9. La première, la Kode 7, est une évolution de la K.O 7. Ce roadster biplaces se caractérise par des optiques amovibles et des éléments en aluminium et carbone réalisés en impression 3D. Cette propulsion conserve un bloc nippon 4 cylindres 1.6 de 225/250ch, accouplé à une boite manuelle 6 rapports. La seconde, la Kode 9, reprend une ligne sportive issue de la compétition. Ce coupé façon « Targa » opte pour une caisse Lotus complètement retravaillé par Okuyama. La carrosserie est conçue en carbone, à l’aide de l’impression 3D. L’habitacle arbore un chronographe Tag Heuer et une bagagerie en cuir. A cela, s’ajoute un ordinateur de bord doté d’une caméra de vision arrière supprimant les rétroviseurs. Côté mécanique, le client peut choisir entre les blocs Honda (1.6/1.8 turbo classique ou 2.0 VTEC turbo de 370ch max) accouplé à une boite manuelle 6 rapports. Les performances s’affichent clairement : 0-100 en 3.5 secondes et 280km/h en vitesse de pointe. L’ensemble ne pèse que 920kg et se négocie à partir de 85 000€ en fonction du moteur retenu. Elle double pour le 2.0 VTEC.

En 2015, toujours au salon de l’automobile de Tokyo, le designer japonais dévoile le prototype Kode 7 Serie II, la Kode 9 Coupé et la Kode 9 Spyder.

En 2016, la Kode 57 est exposée au Quail Motorsport Gathering en Californie. Véritable hommage aux modèles des années 1950/1957, elle repose sur la structure de la Ferrari 599 GTB Fiorano avec une carrosserie en aluminium et carbone tandis que la face avant ressemble à la Ferrari Enzo. L’intérieur prône le confort avec des sièges baquets réglables, la climatisation et d’un système de suspension adaptable électriquement. Le bloc-moteur est un V12 6.0 de 700ch, en position centrale optimisé par Novitec. La production nécessite près d’un an de travail. Exclusive, elle ne fut produite qu’à cinq unités.

En 2017, Ken Okuyama dévoile, au Quail Motorsport Gathering, la Kode 0, basée sur la Lamborghini Aventador dont elle reprend quelques lignes de design retravaillées ornées d’optiques LED. La mécanique garde le V12 6.5 de 690ch de la Lamborghini, accouplé à une boite séquentielle 7 rapports. Les performances sont bluffantes avec un 0-100 abattu en 2.9 secondes. Le comportement passe par des pneumatiques Pirelli P-Zero 20/21 pouces. L’ensemble est, tout de même, plus léger que son homologue italienne avec 1.5 tonnes (-300kg). Si bien que certains propriétaires de Lamborghini Aventador optent pour la transformation en Kode 0, moyennant 1 500 000$. Il faut s’adresser à l’unique concessionnaire distribuant la voiture : TPE installé à Tokyo. Quant aux Kode 0 d’origine, elles sont au nombre de 5 et ont été commercialisée pour plus de 160 millions de yens !

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’archives

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