Nous y étions : Epoqu’auto 2022 (1/2)

Du 4 au 6 novembre 2022, Epoqu’auto 2022 fut une immense fête, ode à la voiture ancienne. Après une édition 2021 sous le signe du renouveau, les organisateurs, le Club des Amateurs d’Automobiles Anciennes et leurs partenaires, ont donné une toute nouvelle dimension à ce rendez-vous lyonnais. Cette 43ème édition était plus grande que les précédentes avec l’ajout d’un hall supplémentaire, soit 10 000m2 de plus. 850 exposants et marchands étaient présents ainsi que 182 clubs automobiles qui font la richesse de ce salon ! Nul doute que ce rendez-vous est devenu un évènement majeur des passionnés de l’automobile, attirant 85 000 visiteurs ! Absolutely Cars revient sur cet évènement exceptionnel et remercie tous les Clubs, associations et exposants qui nous ont accueillis.

Les trois expositions majeures d’Epoqu’auto 2022

Le plateau Ford : de la Ford T à la « Miramas », toute une aventure

Cette année, au Salon Epoqu’auto 2022, la marque Ford fut mise à l’honneur et de nombreuses voitures des filiales européennes furent exposées. Celle qui a retenu notre attention ne pouvait être autre que la Ford Taunus 12M « Miramas ». Ford Allemagne voulut réaliser un exploit : battre les résultats obtenus par la petite Citroën Rosalie qui parcourut 300 000 km en 134 jours à une moyenne de 93,3km/h, entre le 15 mars et le 27 juillet 1933 sur le circuit de Montlhéry, glanant 106 records. Pour cela, l’autodrome de Miramas, situé dans le Sud de la France, dans la région d’Arles, fut retenu. Il fut notamment utilisé par Simca entre le 25 avril et le 14 juillet 1960, où une Simca Ariane parcourut 200 000 km à la vitesse moyenne de 104,2km/h, ravissant 57 records. Le 10 juillet 1963, débuta la course effrénée d’une Ford Taunus P4 12M. Par une froide nuit d’octobre, avec 284 275 km au compteur, l’un des conducteurs s’endormit et quitta la route. Dans le respect du règlement, les réparations ne furent effectuées qu’avec les outils présents à bord : un cric et une clé de roue. Le 29 novembre 1963, notre Ford Taunus P4 12M avait parcouru 358 271 km à une vitesse moyenne de 105,1km/h. Malgré son aspect, elle ronronnait parfaitement et pouvait continuer son périple. Seulement, après 142 jours et 108 records obtenus, les 7 chauffeurs étaient exténués. En Provence, pendant des décennies, l’exploit fut conté. D’autant plus que cette Ford, prélevée sur la chaîne de production, était équipée d’une transmission aux roues avant, à l’instar des populaires Citroën 2CV et Citroën Ami 6 ou des Renault R3 et R4. Cette traction mettait en évidence que la transmission aux roues avant ne posait aucun problème en matière de fiabilité. Nous attendons un tel exploit avec une voiture électrique…

Outre sa transmission aux roues avant, la Ford Taunus P4 12M était équipée d’une boîte à vitesses manuelle 4 rapports totalement synchronisée, de roues avant indépendantes et d’un V4 OHV avec un angle de 60°. Trois carrosseries furent disponibles : une berline 2 portes d’une longueur de 4,25m (4,32m pour la version TS) et d’une hauteur de 1,46m, un break 3 portes dénommé Kombi d’une longueur de 4,25m et d’une hauteur de 1,47m ainsi qu’un coupé d’une longueur de 4,32m et d’une hauteur de 1,42m. L’empattement de 2,53m était commun. Entre septembre 1962 et août 1966, 672 695 exemplaires furent vendus. Elle fut restylisée et renommée Ford P6. L’empattement fut conservé. La berline 2/4 portes, le break 3 portes dénommé Turnier et le coupé avaient respectivement une longueur de 4,32m (4,39m avec les finitions TS, XL, RS), 4,32m et 4,39m. Entre septembre 1966 et août 1970, 668 187 unités supplémentaires furent écoulées.

Le plateau Lancia, un hommage à Vincenzo Lancia et à son héritage

Une autre marque fut mise à l’honneur lors de la 43ème édition d’Epoqu’auto : Lancia. Pour rendre hommage au fondateur de cette marque prestigieuse, Vincenzo Lancia (1881-1937), nous avons naturellement retenue la Lancia Lambda qui révolutionna le monde de l’automobile. Cette voiture était la première à exploiter une carrosserie monocoque autoporteuse en acier. Vincenzo Lancia avait constaté que les embarcations étaient à la fois rigides et légères. Avec son équipe technique, il adapta le concept à l’automobile. Pendant l’automne 1922, la nouvelle voiture fut exposée aux salons de l’automobile de Paris et de Londres, la production débutant vers le milieu de l’année 1923. Son contenu technique était incroyable ! Elle était dotée d’une carrosserie monocoque autoporteuse intégrant un tunnel pour la transmission abaissant ainsi le centre de gravité. Ses roues avant étaient indépendantes avec des amortisseurs hydrauliques télescopiques. Elle était équipée d’une distribution électrique sous 12 Volt, d’un démarreur, de freins à tambours sur les 4 roues et d’un frein à main actionnant les freins à tambours arrière. Son moteur était une pièce d’orfèvrerie : un V4 en aluminium avec un angle compris entre 13 et 14° et un taux de compression de 5:1 à 5,15:1 selon sa cylindrée, un arbre à cames en tête actionnant les soupapes des 2 rangées de cylindres et une puissance de 49ch à 3250tr/mn obtenus avec 2121cm3 ! A cette époque, un moteur tournait généralement entre 1500 et 2200tr/mn… 13 000 Lancia Lambda furent vendues entre 1923 et 1931 malgré son prix élevé. En parallèle, Vincenzo Lancia continua à fournir des châssis pour les carrossiers : les Lancia Trikappa (1922-25), Dilambda (1928-1935), Astura (1931-1939) et Artena (1931-1942). Centenaire, la LANCIA Lambda fut une voiture révolutionnaire !

Le plateau des marques françaises historiques, un voyage dans le temps

Le plateau historique fut également un évènement fort d’Epoqu’auto 2022 : deux Avions Voisin, deux Bugatti, deux Delahaye, deux Delage, deux Facel Vega, deux Hotchkiss, deux Panhard & Levassor, deux Salmson et deux Talbot. Celle qui nous attira fut la Panhard & Levassor A P2D de 1892. 130 ans et elle fonctionne toujours ! Il est vrai qu’elle fut entourée de passionnés sachant qu’elle possédait un refroidissement par eau, recherchant un radiateur. Après moult inspections, point de radiateur. Elle est équipée d’un V2 Daimler accouplé à une boîte à vitesses 3 rapports munie d’une marche arrière. Elle fut offerte à Hippolyte Panhard pour ses 22 ans par son père, René Panhard, un des fondateurs de la marque de la Porte d’Ivry. Avec cette voiture, Hippolyte Panhard participa au concours Paris-Nice en mars 1893. Dans le parc de l’hôtel Negresco, le grand-duc Michel Romanoff, frère du Tsar de Russie, essaya cette automobile et en commanda trois. Elles furent livrées en octobre 1893 au palais impérial de Tsarskoïé Selo. La Panhard & Levassor A P2D était la première voiture à moteur à essence produite en série : 30 exemplaires construits entre 1891 et 1893. Une merveille bien entourée d’autres fascinantes merveilles !

Nos coups de cœur au Salon Epoqu’auto 2022

La Kaiser Darrin du stand Fast’n Classic Garage de Noves

Notre premier coup de cœur sur le Salon Epoqu’auto 2022 a pour objet cette rarissime Kaiser Darrin KF-161 convertible. Il s’agit d’un des deux exemplaires immatriculés en France, exposé par Fast’n Classic Garage de Noves (Bouches du Rhône). Ce modèle fut présenté au Salon de l’automobile de Los Angeles 1952 et les premiers exemplaires furent livrés à partir de janvier 1954. Ce roadster était équipé d’une carrosserie en fibre de verre reposant sur un châssis Kaiser d’un empattement de 2,54m. Son 6 cylindres SV Willys de 2639cm3, équipé d’un carburateur Carter YF simple corps, était accouplé à une boîte à vitesses manuelle 3 rapports muni d’un overdrive. Howard Darrin (1897-1982), son designer, récupéra les invendus et les fit expédier à Santa Monica. Ils furent transformés en coupé sous la dénomination Darrin Sports Coupe. Le client pouvait choisir sa motorisation, la plupart optant pour un V8 OHV Cadillac de 5425cm3 équipé de deux carburateurs Rochester 4GC quatre corps, accouplé à une boîte à vitesses automatique 4 rapports. Ainsi, en 1955, furent écoulés les derniers exemplaires pour porter leur nombre à 435.

La Delahaye 148 Vanden Plas du stand FFVE

Notre second coup de cœur lors de la 43ème édition d’Epoqu’auto va à cette splendide (pour sa beauté et son parfait état) Delahaye148 Vanden Plas présente sur le stand de la FFVE (Fédération Française des Véhicules d’Epoque). Nous l’avons découvert lors de la conférence de presse où notre équipe avait été convié. La FFVE nous présentait, dans les grandes lignes, ses orientations et ses actions pour les années à venir :

  • Afin de répondre à la demande de ses adhérents, une politique de digitalisation, pensée depuis quelques mois, se concrétise. Ainsi le travail essentiel d’attestation, de demande de carte grise et immatriculation se fera via un compte individuel que chacun pourra ouvrir. L’objectif est d’apporter de la fluidité et de la rapidité à obtenir ces documents et pour l’adhérent de suivre pas à pas son dossier. L’accès à ce service pour tous démarrera en 2023.
  • Une nouvelle association « amis de la FFVE » a donné sa première conférence de presse. Elle souhaite réunir les 1000 clubs adhérant à la FFVE et le million d’amateurs de voitures de collection. En effet, d’après la FFVE, 80% des collectionneurs ne sont pas attirés par les clubs. Il propose donc à travers cette association d’offrir d’autres soutiens à ceux qui aiment les voitures anciennes.
  • Avec les fédérations locales et nationales, les amis de la FFVE souhaitent mener une action afin de permettre aux voitures d’époque de rouler dans les zones à faible émission de carbone (ZFE), soutien tenant compte du cadre environnemental tout en préservant le patrimoine culturel et historique du monde de l’automobile. Monsieur Blanc, Président de la FFVE, a mentionné que les choix français de circulation des voitures de collection sont particuliers. Il précise qu’en Allemagne, cette vision de voitures anciennes / voitures pollueuses ne se pose pas. Les 600 000 propriétaires de voitures d’époque circulent dans les centres villes germaniques sans demande de dérogation. Il espère que la France en fera de même. Une proposition de loi a été faite au Parlement dans ce sens par le sénateur Jean-Pierre Moga. La FFVE espère par le soutien de ses adhérents et Des amis de la FFVE, que les voitures de collection pourront circuler sans contrainte dans les ZFE.
  • Un e-portail du collectionneur est créé. Accessible grâce à une carte avantage, il offre un service commercial où l’on retrouve les activités classiques de la fédération (remise des cartes grises de collection immatriculation). Ce site a vocation de nous faire aussi connaître le patrimoine automobile par une offre artistique et mémorielle. Les résultats financiers de ce service seront réorientés vers des activités ou des projets en faveur des collections tels que les concours d’élégance. Un nouveau concours dit concours d’état est proposé. Un jury de spécialistes (collectionneurs, journalistes, personnes du monde automobile) évaluera la restauration technique des véhicules présentés. Nous remercions Monsieur Rousselle, Président du comité éditorial de l’Authentique, pour toutes les précisions qu’il nous a apportées indiquant que les voitures restaurées sur le stand FFVE répondent aux critères d’évaluation de ce concours.

Pour revenir à la Delahaye 148 exposée lors d’Epoqu’auto 2022, cette magnifique voiture a été habillée par Vanden Plas. Ce carrossier anversois exerça ses talents jusqu’en 1934 en France, jusqu’en 1949 en Belgique. Sa filiale londonienne accompagna le constructeur belge Métallurgique dès 1906 où la Daimler DS420 fut produite dans l’usine Kingsbury Lane Vanden Plas jusqu’à sa fermeture en novembre 1979. Muni de roues avant indépendantes, le châssis fut produit en 1938 dans l’usine située au 10 rue du Banquier à Paris, son empattement étant de 3,35m. Sa carrosserie fut réalisée et montée en 1946 en Belgique.

La suite, demain !

Article co-écrit par : ABSOLUTELY CARS & CARDO
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos Presse Epoqu’auto 2022

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