
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’industrie automobile américaine était dominée par la production de masse, portée par General Motors, Ford et Chrysler. Malgré ses efforts, Hudson ne parvint jamais à retrouver son niveau de production de 1929. Face à la puissance de ses concurrents, le constructeur rencontra des difficultés croissantes, illustrant les défis auxquels furent confrontées les marques indépendantes dans un marché en pleine transformation.
ABSOLUTELY CARS vous invite à redécouvrir les Hudson réalisées après la Seconde Guerre mondiale.
Les « haut de gamme » Hudson

La production du modèle d’avant guerre, certes restylisé, reprit le 30 août 1945. Dotée d’un 6 cylindres de 3475cm³ ou d’un 8 cylindres de 4170cm³, dénommée Hudson Super ou Hudson Commodore, cette voiture fut fabriquée à 5078 exemplaires en 1945, 85961 unités en 1946, 92038 exemplaires en 1947. La suspension avant à roues indépendantes fut reconduite tout comme les trois transmissions, boîte à vitesses manuelle 3 rapports, overdrive optionnel et boîte à vitesses semi-automatique 3 rapports optionnelle. Le 0 à 100km/h (ou 0 à 60mph) fluctuait fortement en fonction de la transmission retenue, les meilleures performances étant obtenues avec l’option overdrive. Son empattement était de 3,07m pour une longueur de 5,27m (5,29m pour l’année-modèle 1947).


Le 7 décembre 1947, fut présentée une voiture révolutionnaire, appelée également Hudson Super et Hudson Commodore. Elle bénéficiait d’une structure dénommée Monobilt qui associait la carrosserie de type ponton et le châssis en une structure intégrée, avec un plancher abaissé entre les longerons du cadre périphérique désigné sous les termes « Step-Down ». Le gain était à la fois esthétique et technique, abaissement du centre de gravité et amélioration de la tenue de route. Dotée d’un 6 cylindres de 4288cm³ ou d’un 8 cylindres de 4170cm³, son empattement était de 3,15m pour une longueur comprise entre 5,27m et 5,3m. En octobre 1950, apparut une nouvelle carrosserie complémentaire, le coupé hardtop.
Entre novembre 1949 et octobre 1950, fut proposée une boîte à vitesses supplémentaire semi-automatique 4 rapports dénommée Super-Matic Drive. En octobre 1950, devint disponible la boîte à vitesses automatique 4 rapports dénommée Hydra-Matic. En décembre 1951, disparut la boîte à vitesses semi-automatique 3 rapports. En novembre 1952, cette voiture fut retirée du marché.



Le 16 octobre 1950, fut présentée la Hudson Hornet. Elle ressemblait à s’y méprendre à la Hudson Super / Commodore. Son empattement était également de 3,15m, pour une longueur comprise entre 5,29m et 5,31m. Son 6 cylindres muni de soupapes latérales offrait une cylindrée généreuse, 5051cm³. Elle devint une légende de la NASCAR Cup grâce aux succès, entre 1951 et 1954, du pilote Herb Thomas (1923-2000). Sa structure Monobilt apportait un avantage certain par rapport à la concurrence ; cependant, il était difficile et onéreux de faire évoluer son esthétique, tant en vogue des années 1950 à 1980 aux Etats-Unis. Les vitres teintées furent proposées à partir de l’année-modèle 1952. Les vitres électriques ne furent disponibles que sur le convertible (cabriolet) à partir de l’année-modèle 1953.
La gamme de transmissions était étendue :
- boîte à vitesses manuelle 3 rapports (avec ou sans overdrive) d’octobre 1950 à décembre 1954,
- boîte à vitesses semi-automatique Drive-Master 3 rapports d’octobre 1950 à décembre 1951,
- boîte à vitesses automatique Hydra-Matic 4 rapports d’octobre 1950 à décembre 1954,
- boîte à vitesses automatique Borg Warner 3 rapports en 1954.
A partir de l’année-modèle 1954 (à partir d’octobre 1953), des options complémentaires devinrent disponibles :
- deux carburateurs double corps Carter WGD 2115S,
- direction assistée,
- climatisation intégrant le système Weather Control.


L’année 1954 fut mouvementée. Le 14 janvier 1954, fut annoncée publiquement l’accord préalable de fusion entre la Nash-Kelvinator Corporation représentée par George Walter Mason (1891-1954) et George Wilcken Romney (1907-1995) et la Hudson Motor Car Company représentée par Abraham Edward Barit (1890-1974).
Le 24 mars 1954, fut approuvée l’opération par les actionnaires, trois actions de Hudson converties en deux actions d’AMC, une action de Nash-Kelvinator convertie en une action d’AMC.
Le 1er mai 1954, la fusion et la création d’AMC (American Motors Corporation) devinrent effectives.
Le 24 octobre 1954, la dernière Hudson sortit de l’usine historique située à l’angle de Jefferson Avenue et Conner Street, à Détroit. Les Hudson seront désormais fabriquées dans l’usine Nash implantée à Kenosha dans le Wisconsin.

Entre février 1955 et juin 1957, fut fabriquée par AMC, la Hudson Hornet 2nd generation. Son empattement était de 3,08m (2,9m pour la Hudson Hornet Special 50) pour une longueur de 5,31m (5,14m pour la Hudson Hornet Special 50). La climatisation optionnelle intégrait le système Nash Weather Eye et les vitres électriques devinrent disponibles.
La gamme de transmissions était également étendue :
- boîte à vitesses manuelle 3 rapports (avec ou sans overdrive) de février 1955 à juin 1957,
- boîte à vitesses automatique Hydra-Matic 4 rapports de févier 1955 à juin 1957,
- boîte à vitesses automatique Twin-Ultramatic 2 rapports associée au V8 OHV de 5238cm³ de marque Packard.


Les Hudson autoroutières
Le 18 novembre 1949, fut présentée la Hudson Pacemaker. Elle reprenait les solutions techniques et les codes stylistiques du trio Hudson Super / Commodore / Hornet. Son empattement était de 3,02m ; sa longueur, de 5,12m. Son 6 cylindres muni de soupapes latérales offrait une cylindrée de 3798cm³. La gamme de transmissions était pléthorique :
- boîte à vitesses manuelle 3 rapports (avec ou sans overdrive) de novembre 1949 à novembre 1952,
- boîte à vitesses semi-automatique Drive-Master 3 rapports de novembre 1949 à décembre 1951,
- boîte à vitesses semi-automatique Super-Matic Drive 4 rapports de novembre 1949 à décembre 1951,
- boîte à vitesses automatique Hydra-Matic 4 rapports de janvier 1952 à novembre 1952.

La Hudson Pacemaker se dénomma également Hudson Wasp entre janvier 1952 et novembre 1952, puis Hudson Super Wasp entre novembre 1952 et octobre 1953. Son 6 cylindres offrait 4288cm³, l’empattement de 3,02m étant conservé, sa longueur étant comprise entre 5,14m et 5,15m.


Les évolutions se firent par la suite par petites touches stylistiques et techniques. Les Hudson Wasp 4C et 4D avaient un empattement de 3,04m pour une longueur de 5,12m. La Hudson Super Wasp 5D avait également un empattement de 3,04m pour une longueur de 5,15m. En 1954, la boîte à vitesses automatique Borg Warner 3 rapports devint disponible.
Entre février 1955 et octobre 1956, fut fabriquée par AMC, la Hudson Wasp 40. Son empattement était de 2,9m pour une longueur de 5,14m. La climatisation optionnelle intégrait le système Nash Weather Eye et les vitres électriques devinrent disponibles. La boîte à vitesses automatique Borg Warner 3 rapports était indisponible.

Les routières Hudson
La Hudson Motor Car Company ne ménagea pas ses efforts pour survivre. En novembre 1952, fut lancée la Hudson Jet, qualifiée de routière en Europe, de compacte de l’autre côté de l’océan Atlantique. Son empattement était de 2,67m. La structure Monobilt était exploitée. Son 6 cylindres muni de soupapes latérales offrait une cylindrée généreuse, 3301cm³. Les trois transmissions (boîte à vitesses manuelle 3 rapports (avec ou sans overdrive) et boîte à vitesses automatique Hydra-Matic 4 rapports) étaient disponibles, hormis sur la basique Hudson Jet 1D 2 door (2 portes). Cette série fut retirée du marché en décembre 1954.

Le 14 janvier 1954, fut introduite sur la marché, la Hudson Italia. Elle exploitait la plateforme de la Hudson Jet et conservait l’empattement de 2,67m. A l’instar de la Hudson Jet 1D 2 door (2 portes), seule la boîte à vitesses manuelle 3 rapports était disponible. La carrosserie en aluminium était réalisée par la Carrozzeria Touring de Milan. Elle fut retirée du marché en décembre 1954. 26 exemplaires seulement furent fabriqués.

Entre novembre 1954 et décembre 1955, fut fabriquée par AMC, la Hudson Rambler 5500. La version 2 portes et le break Hudson Rambler 5500 Suburban 3 portes avaient un empattement de 2,54m. Avec la roue de secours dite « Continental », la longueur de la version 2 portes passait de 4,53m à 4,71m. La version 4 portes et le break Hudson Rambler 5500 Cross Country 5 portes offraient un empattement de 2,74m. Les trois transmissions (boîte à vitesses manuelle 3 rapports (avec ou sans overdrive) et boîte à vitesses automatique Hydra-Matic 4 rapports) étaient disponibles.


Entre décembre 1955 et octobre 1956, fut fabriquée par AMC, la Hudson Rambler 5600. Un seul empattement fut retenu, celui de 2,74m. La berline, les breaks Hudson Rambler 5600 Suburban et Cross Country possédaient 4 portes latérales. Les trois transmissions (boîte à vitesses manuelle 3 rapports (avec ou sans overdrive) et boîte à vitesses automatique Hydra-Matic 4 rapports) étaient disponibles.


La Hudson anglo-américaine
En juillet 1954, commença en Angleterre la fabrication d’un coupé et d’un cabriolet 2+2 portant l’emblème Hudson, la Hudson Metropolitan d’un empattement de 2,16m pour une longueur de 3,8m. Les premiers exemplaires furent livrés aux Etats-Unis en août 1954.
La carrosserie monocoque autoporteuse était fabriquée par Fisher & Ludlow à Birmingham. Les organes mécaniques provenaient d’Austin et l’assemblage final était réalisé à Longbridge. Le 4 cylindres était doté de soupapes en tête et accouplé à une boîte à vitesses manuelle 3 rapports (les 2 derniers étant synchronisés). La suspension avant à roues indépendantes était, bien entendu, présente. Les derniers exemplaires des 4356 unités portant le blason Hudson, furent livrés en septembre 1957. Le 29 septembre 1957, fut annoncée l’abandon de l’exploitation de la marque Hudson.

Epoqu’auto 2025

Pendant une décennie, les ingénieurs, les employés et les ouvriers firent des efforts colossaux pour descendre en gamme, inventer et assembler la structure Monobilt, introduire au plus tôt la carrosserie ponton, proposer une large gamme de transmissions. En 1929, 300962 voitures furent construites. En 1949, la meilleure année après la Seconde Guerre mondiale, 159100 automobiles furent produites. Le 25 juin 1957, sortit la dernière voiture états-unienne portant le logo Hudson.

Article écrit par : CARDO pour ABSOLUTELY CARS
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’Archives

