Derrière le volant : Rallye en Renault 4L dans le Pays d’Auge

La Normandie ! Riche en Histoire, en agriculture, en culture et en art, ce pays de verdure est le terrain de jeu idéal pour ceux qui aiment conduire. Avec ses bocages verdoyants, ses villages pittoresques et ses ports de pêcheurs, nul ne peut nier le charme de l’arrière-pays normand. Et quoi de mieux qu’explorer cette région avec une voiture aussi emblématique, aussi rustique et aussi solide qu’une Renault 4L. Pour ceux qui sont avides de rêves, d’aventures et d’espaces, cette petite voiture est la compagne parfaite ! ABSOLUTELY CARS vous invite à (re)découvrir cette voiture de tourisme à travers un rallye au cœur du Pays d’Auge !

La Renault 4L, la voiture rustique par excellence

Qu’on ait 10 ans, 25 ans ou 50 ans, tout le monde connait la célèbre et populaire Renault 4 (R4). Surnommée « 4L » pour sa puissance fiscale de 4ch, le succès de ce modèle a été immédiat en France et dans le monde. La petite voiture française s’est, en effet, vendue à plus de huit millions d’exemplaires, dans 27 pays, entre 1961 et 1992. Parmi ceux qui ont craqué pour cette belle dame, nous pouvons citer, par exemple, l’Espagne, l’Argentine, l’Italie, le Maroc, etc.,… Il faut dire que le concept développé par Renault au début des années 1960 est audacieux : construire une familiale « bon marché » et semi-utilitaire !

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Pratique et simple, la Renault 4L est doté d’un châssis en tôle d’acier, d’une suspension dotée de barres stabilisatrices et d’un freinage hydraulique ou à disque (selon les versions). Pourtant, sa véritable innovation est autre part : il s’agit de la première traction Renault sur un véhicule de tourisme. Côté design, la Renault 4L révolutionne les règles esthétiques en rigueur à l’époque (une voiture en trois volumes bien distincts pour le moteur, l’habitacle et le coffre). En effet, sa carrosserie divisée en deux volumes brise les codes et lui donne un aspect de petite camionnette. Avec ses portières avant et arrière asymétriques, son nez très carré et son hayon-arrière relevable, la « quatrelle » lance un nouveau design, source d’inspiration future pour des générations de citadines !

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Si la R4 a été accueilli à sa sortie avec beaucoup de scepticisme, ce ne fut que de courte durée. Son succès foudroyant fait d’elle la voiture française la plus vendue jusqu’à l’avènement de la Peugeot 206. Il faut dire qu’elle a su séduire aussi bien les classes moyennes – à la recherche d’un couteau-suisse – que les professionnels ! Pour attendre cette cible-ci, Renault développe une version dans un format plus adapté : la Fourgonnette. Artisans, Gendarmeries, la Poste, les Télécoms et EDF furent les meilleurs ambassadeurs de ce modèle phare de Renault qui en a fait longtemps son fond de commerce.

Ce n’est qu’en 1993 que la 4L cesse d’être commercialisée. A cette occasion, une série spéciale « Bye-Bye » a été produite, numérotée de 1 à 1000 sur la planche de bord. Ce ne fut pas la première édition spéciale vendue, car nous pouvons citer, entre autre, la « Super », la « Parisienne », la « Plein air », la « Jogging », la « Suissaquatre », la « Sixties », la « Savane », la « Clan » ou encore la « Carte Jeune ». Bref autant de modèles désormais très recherchés par les passionnés. Mais posséder une Renault 4L reste un rêve accessible puisque la côte actuelle de cette voiture est de 1 200 à 7 000 euros, selon le type de modèle et l’état général du véhicule.

Un rallye en Renault 4L pour mieux découvrir la Normandie

La Normandie ! Quelle belle destination ! Entre verdure et calme, les plaines normandes regorgent de trésors qui ne demandent qu’à vous émerveiller. Il y a la Normandie touristique avec sa Côte Fleurie et son duo Deauville-Trouville… et l’arrière-pays riche en histoire, villages et haras. Bref une destination parfaite pour faire un rallye en voiture ancienne. Ainsi, à seulement deux heures de Paris, sur la Place de la Gare, elle nous attendait, là, notre compagne de route, celle qui allait nous faire découvrir le Pays d’Auge. Elle est beige, rustique et française : la Renault 4L.

Le modèle qui nous a été proposé, est une Renault 4 GTL. Lancée en 1978, elle utilise des caractéristiques propres à la Renault 5 GTL : un moteur « cléon » en fonte, des protections latérales en plastique et des pare-chocs gris. L’intérieur conserve la même présentation, mais le confort a été grandement amélioré avec des sièges séparés et plus moelleux à l’avant. A l’arrière, l’éternelle banquette de la R4 est toujours présente et dont le confort est, à notre grand étonnement, bien au-dessus de ce que nous imaginions. Côte esthétisme, les protections latérales en plastique gris sont assorties avec les pare-chocs et les crosses avant. A noter que cette version de la 4L a été très rapidement remplacée la Renault TL… si rapidement que la finition « CLAN » sera, par la suite, présente sur la GTL, dès 1986.

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Dès le premier regard avec notre voiture d’un jour, nous ne pouvons que nous accorder sur son aspect familial. Ses quatre portes de tailles différentes permettent de se faufiler à l’intérieur malgré la dureté certaine du mécanisme d’ouverture. Dure à ouvrir, ultra-légère à refermer, à tel point que cela peut faire peur. L’intérieur est plutôt spacieux, ce que ne le suggère l’extérieur de la Renault 4L. Le confort reste optimum jusqu’à quatre personnes où chacun est à son aise. Sur ce modèle, les ceintures de sécurité sont présentes, mais il faut savoir qu’à l’époque, cela n’était pas obligatoire.

Ainsi, après une brève découverte de notre « monture », armés d’un roadbook et d’un appareil-photos, nous voilà partis ! Le bouton démarreur est enclenché et le moteur démarré dans ce bruit si caractéristique qui nous amène à rêver. Sur les routes de Deauville, ville côtière de la Côte Fleurie, nous apprenons à comprendre la « bête ». Sous le capot, nous avons l’un des plus gros moteurs de la gamme 4Lun 956 cm3 de 34 ch. Son bruit emplit l’habitacle, vous faisant remonter le temps ! C’est donc à bord de ce mythe de l’automobile française que nous prenons la direction d’Honfleur. Le début de notre quête d’instants avait commencé.

Avec la Renault 4L, la philosophie « prendre le temps de rouler » prend tout son sens. Sur les routes de campagne du Pays d’Auge, les sensations de conduite de la 4L sont inimitables et inexplicables. Ses suspensions à longs débattements assurent un comportement digne de celui de la Citroën 2CV et atténuent les aspérités de la route… si la tenue de route avait été exemplaire…

Dès le premier virage, nous voilà ballottés comme de simples poupées de chiffon. Dans ces conditions, lire une carte sans se sentir mal devient presque un exploit tant la voiture tangue et suit les moindres bosses ou creux se dressant sur son passage. Pourtant, de son côté, la voiture reste dans sa trajectoire et colle même à la route. En lignes droites, nous pouvons quand même souligner un confort des plus agréables pour les passagers comme pour le conducteur.

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Derrière le volant, les commandes sont réduites au strict minimum : la sobriété à l’état pur. La conduite est très souple, très agréable dès que la fenêtre est baissée tandis qu’on est bercé par le bruit de moteur. Le levier à quatre vitesses, fixé sur le tableau de bord, est très haut, voire beaucoup trop haut. La boîte de vitesse fait souvent des siennes, tandis qu’il faut faire un double embrayage à chaque fois qu’on souhaite changer de vitesse. La douceur est de rigueur malgré des synchronisations très approximatives. Bref, la Renault 4L ne rime surement pas avec précision. Notamment quand il faut freiner ! La pédale de frein se transforme en tablette de beurre sous votre pied et les freins à tambour demandent beaucoup de la patience. Avec la R4, nous revenons à l’un des principes fondamentaux de la conduite : l’anticipation ! Nous comprenons mieux alors pourquoi ses détracteurs disaient que « Rien n’arrête la 4L, pas même ses freins ! ».

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Panorama sur la Vallée de La Touques, vue de Reux

Après Honfleur, nous avons quitté la Côte de Grâce pour s’enfoncer dans le Calvados pour rejoindre la Vallée de La Touques. Les villages avec leurs églises de pierres grises et leurs maisons en colombages se succèdent tranquillement. Les départementales sont belles et donnent envie d’accélérer… mais c’était sans compter sur l’avis de notre chère 4L ! L’aiguille grimpe paresseusement sans jamais réellement atteindre les 80 km/h. Le 60 km/h semble être son allure de croisière et nous l’avouons, nous n’avons pas voulu la contrarier. Mais une fois qu’on a compris son fonctionnement, tout semble possible. Ainsi, nous avons pu expérimenter son côté baroudeur dans des chemins de campagne en terre. Elle ne faiblit face à aucun obstacle, y compris la fameuse colline de Reux dont le panorama est un véritable régal pour les yeux. Le temps de prendre une photo et il est l’heure de retourner vers Deauville.

Le mot de la fin après une matinée en Renault 4L

La Renault 4L est une voiture vraiment attachante. Si esthétiquement, nous pouvons dire qu’elle n’a pas un physique avantageux, sa bouille fait finalement tout son charme. Par son authenticité et sa sobriété, elle permet à chaque conducteur de revenir à l’essentiel pour une conduite « nature ». Avec elle, le temps s’arrête et le plaisir de conduite l’emporte. Confortable, économique et très fiable, elle démontre à chaque instant sa polyvalence. Nous avons vite fait d’oublier ses petits défauts pour vivre à fond (mais pas trop quand même) le mythe « 4L » !

Article co-écrit par : ABSOLUTELY CARS & Fanny CARICONDO
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS 

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