Armstrong-Siddeley, l’excellence du luxe à l’anglaise

A quelques jours du Nouvel An et de l’avènement de 2020, ABSOLUTELY CARS continue son petit tour sur les marques ayant marquées leur temps. Et quoi de mieux que de partir à la rencontre de la prestigieuse marque britannique Armstrong-Siddeley, fondée il y a 100 ans et disparue, hélas, depuis 60 ans ! Née de la fusion des marques automobiles Siddeley-Deasy et d’Armstrong-Whitworth, la marque au Sphinx se taillait la part du lion sur le marché de l’automobile de luxe anglais aux côtés de Rolls-Royce, Daimler et Napier, l’excellence dans le luxe ! Retour cette grande aventure aux couleurs de l’Union Jack !

Coup de projecteur sur les prémices de la marque automobile Armstrong-Siddeley

Deux sociétés automobiles unies par le destin

L’aventure d’Armstrong-Siddeley débuta avec une première entité, en 1904, à Coventry sous la dénomination Iden Motor Car Company Limited. En 1908, l’usine fut achetée par Henry Hugh Peter Deasy (1866–1947) pour produire les voitures éponymes : les fameuses Deasy. En 1909, John Davenport Siddeley (1866-1956), fortement expérimenté dans la conception des Siddeley et des Wolseley-Siddeley, fut embauché. Ces automobiles devinrent des SiddeleyDeasy, en 1911 et une filiale, dénommée Stoneleigh, construisit des automobiles plus économiques de 1913 à 1924. Pendant la Première Guerre mondiale, SiddeleyDeasy produisit des camions, des ambulances, puis, à partir de 1917, des moteurs d’avions et des avions, 5 000 personnes étant alors employées.

L’aventure de la seconde entité commença en 1901 à Londres sous la dénomination Wilson-Pilcher, cette société étant fondée par Walter Gordon Wilson et Percy Sinclair Pilcher. Elle fut achetée en 1904 par la Sir W.G. Armstrong-Whitworth & Company Limited, une société fondée en 1847 par William George Armstrong (1810–1900), un industriel spécialisé dans la fabrication d’accumulateurs hydrauliques pour les grues et les ponts, dans la construction des locomotives et des navires de guerre, et par Joseph Whitworth (1803-1887), un ingénieur spécialisé dans l’usinage. L’activité automobile fut dénommée Armstrong-Whitworth et transférée à Newcastle-upon-Tyne.

Le monde entrelacé des constructeurs d’avions et d’automobiles

La Sir W.G. Armstrong-Whitworth & Company Limited se diversifia et développa une branche aéronautique dénommée « W. G. Armstrong Whitworth Aircraft Company« , dès 1912. En 1935, cette société fut vendue à Hawker Aircraft, société fondée en 1920, ayant acquis, en 1934, une société créée en 1917, la Gloster Aircraft Company.

Si les voitures continuèrent à être vendues sous la marque Armstrong-Siddeley, la branche aéronautique devint Hawker Siddeley Aircraft, en 1935. En 1959, Bristol Aero Engines et Armstrong Siddeley Motors Limited fusionnèrent pour devenir Bristol Siddeley Engines Limited. En 1960, Vickers-Armstrongs Limited, Bristol Aeroplane Company, English Electric Aviation Limited et Hunting Aircraft fusionnèrent pour devenir British Aircraft Corporation. En 1977, British Aircraft Corporation, Scottish Aviation et Hawker Siddeley Aircraft fusionnèrent pour devenir British Aerospace.

Les constructeurs d’avions connurent le même phénomène concentrateur que les fabricants d’automobiles. Toutes ces fusions condamnèrent Armstrong-Siddeley, en 1960 et la branche automobile de Bristol devint indépendante pour poursuivre son aventure. Le nom Siddeley est connu dans le monde de l’aviation et dans celui des passionnés d’automobiles, bien que cet homme prit sa retraite en 1936.

A noter que le logo de la marque Siddeley Deasy était un sphinx, il devint la mascotte de la marque Armstrong-Siddeley.

Les remarquables voitures Iden, Deasy, Siddeley-Deasy et Stoneleigh

Les voitures Iden, Deasy et Siddeley-Deasy furent équipées de boîtes à vitesses 3 ou 4 rapports tandis que les modèles automobiles Stoneleigh furent munis de boîtes à vitesses 3 rapports. La voiture la plus remarquable demeure l’Iden 12 de 1908, car il s’agit de la toute première traction fabriquée au Royaume-Uni !

La plupart des Siddeley-Deasy furent équipées de moteurs sans soupapes selon le brevet déposé en 1905 par l’Américain Charles Yale Knight (1868-1940). Ce type de distribution était qualifié sous les termes « silent sleeve-valve engine » et offrait un haut niveau de confort par l’absence de vibrations et un faible niveau de bruit. Le rôle des soupapes était joué par un manchon coulissant, ajouré pour laisser passer le mélange et les échappements, inséré entre la chemise et le piston. Cette solution onéreuse fut également exploitée en aéronautique à l’instar des moteurs Bristol Hercules et Centaurus.

Exemple d’un moteur sans soupapes Bristol Hercules en fonctionnement
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Les prestigieuses voitures Wilson-Pilcher et Armstrong-Whitworth

Les Wilson-Pilcher et Armstrong-Whitworth furent équipées de boîtes à vitesses 4 rapports alors que l’économique Armstrong était muni d’une boîte à vitesses 3 rapports. La particularité de la boîte à vitesses, étudiée par Wilson-Pilcher, était d’offrir 4 rapports pour avancer et 4 rapports pour reculer.

Armstrong-Siddeley, un mythe automobile

De 1919 à 1939, Armstrong-Siddeley produisit 57 285 automobiles. Les hauts de gamme Armstrong-Siddeley 30 et Armstrong-Siddeley Spécial, disponibles respectivement de 1919 à 1932 et de 1932 à 1937, furent fabriqués en 2 770 et 253 exemplaires. Les freins sur les 4 roues furent généralisés en 1925.

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De 1945 à 1960, Armstrong-Siddeley produisit 20 321 voitures. Elles étaient équipées de phares intégrés dans les ailes, de roues avant indépendantes et de freins hydrauliques. La carrosserie ponton fut montée uniquement sur les modèles Armstrong-Siddeley Sapphire 234 et Armstrong-Siddeley Sapphire 236 fabriqués respectivement en 803 et 306 exemplaires. Le dernier modèle, l’Armstrong-Siddeley Star Sapphire, reçut la direction assistée et les freins à disque à l’avant.

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Article co-écrit par : ABSOLUTELY CARS & CARDO
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’archives

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