Focus sur : La Bugatti Type 57, la plus belle d’entre toutes

Parmi les légendes de l’automobile, nous retrouvons forcément la célébrissime Bugatti Type 57 ! Aux performances éblouissantes tant sur circuit que sur route, cette magnifique Bugatti des années 1930 est une véritable gravure de mode ! Pour ne pas dire l’une des plus belles sportives de l’Histoire de l’automobile ! Fruit de l’œuvre d‘Ettore Bugatti et de son fils, Jean Bugatti, qui en dessina les carrosseries, elle est le symbole de l’apogée de la marque ! Voiture victorieuse aux 24 Heures du Mans, en 1937 et 1939, dans sa version de course, c’est aussi et surtout une grande routière, n’hésitant pas à concurrencer les Delage et Delahaye ! ABSOLUTELY CARS vous fait découvrir entièrement cette icône automobile !

La Bugatti Type 57, la naissance d’un mythe

Dans les années 1930, sur le plateau automobile de l’Entre-Deux-guerres, la marque Bugatti était d’ores et déjà un incontournable. Fondée par Ettore Bugatti, en 1909, le constructeur de Molsheim est déjà, à l’époque, à la tête de près d’une cinquantaine de modèles différents et bénéficiait d’une réputation sans précédente, aussi bien dans le milieu des courses automobiles qu’auprès des particuliers ! Rapidement rejoint par son fils, Jean Bugatti, le duo père-fils créa quelques uns des plus beaux chef-d’oeuvre de notre ère dont la mythique Bugatti Royale. Leur collaboration se poursuivit avec la Bugatti Type 50, dotée d’un système de contrôle des soupapes par double arbre à cames grâce à Jean Bugatti. S’investissant de plus en plus dans la conception des modèles, nous lui devons également la Bugatti Type 55 Roaster et la Bugatti Type 57 ! Il s’agira de son ultime création, trouvant la mort en percutant un platane sur une route de campagne lors d’un essai de la Bugatti Type 57GC Tank, le 11 août 1939. 

La Bugatti Type 57 fut dévoilée au grand public lors du Mondial de l’automobile de Paris en octobre 1933. Avec ce nouveau modèle, une Bugatti Type 57 Galibier, Bugatti propose un véhicule « grand tourisme » à vocation sportive et monte en gamme afin de toucher une clientèle plus aisée. Son châssis est celui de la Bugatti Type 49 et est armé d’un moteur 8 cylindres en ligne 3257m3 16 soupapes à double arbre à cames en tête de 135ch, offrant une vitesse de pointe de 155 km/h. Il est accouplé à une boîte mécanique 4 rapports en sus de la marche arrière et de quatre freins à tambours. Sa carrosserie, mêlant sportivité et élégance, a été dessinée par Jean Bugatti et réalisée par Gangloff de Colmar. Une véritable révolution pour Bugatti qui, jusqu’alors, livrait des châssis nus à habiller selon son bon vouloir ! Permettant à ses clients de pouvoir bénéficier de la technologie Bugatti et du design « Jean Bugatti », le constructeur se renouvelle ! Et cette nouvelle formule marche : le carnet de commande se remplit et les livraisons s’effectuent dès l’année suivante.

La Bugatti Type 57 et ses différentes déclinaisons

La Bugatti Type 57 : entre moteurs et carrosseries

A partir de 1934, trois autres déclinaisons de la Bugatti Type 57 seront proposées, à la suite du Salon de l’Automobile de Paris. Sous la nef du Grand Palais, le public a le plaisir de découvrir la Bugatti Type 57 Cabriolet Stelvio, en deux portes et carrossée par Gangloff de Colmar, la Bugatti Type 57 Coupé Atalante, voiture personnelle de Jean Bugatti, produite à 17 exemplaires et la Bugatti Type 57 Coach Ventoux.

A noter que la Bugatti Type 57 Ventoux, un coupé 4 places 2 portes à pare-brise incliné, ne fut produite que jusqu’en 1938, année où Bugatti abandonna la fabrication de cette carrosserie par son atelier de Molsheim. Pour l’anedocte, son nom rend hommage à la fameuse étape du Tour de France !

Dès 1936, l’aérodynamique et la mécanique sont retravaillés, faisant évoluer le modèle original. Le châssis est surbaissé et l’empattement réduit, passant de 3,3m à 2,98m, donnant naissance à la Bugatti Type 57S ou encore la Bugatti Type 57G Tank. En 1937, la Bugatti Type 57 se dote d’un compresseur qui fait monter sa puissance jusqu’à 170ch pour une vitesse maximum de 180 km/h et prend le nom de Bugatti Type 57C.

Côté carrosserie, en 1936, naît la Bugatti Type 57 Aravis, produite à seulement 19 exemplaires. Il s’agit d’un cabriolet 2 place sur base de Bugatti Type 57C dont le nom rend hommage à la chaîne montagneuse des Aravis. Jean Bugatti fit également construire la Bugatti Type 57 Aérolithe pour son plaisir personnelle, la dotant d’un moteur de 210ch, pouvant aller jusqu’à 210km/h avec un rapport poids/puissance exemplaire, la voiture ne pesant que 963kg, car en alliage de magnésium !

Ce prototype inspira la création des fameuses Bugatti 57SC Atlantic, produites au nombre de quatre dont seuls trois exemplaires ont survécu à la Seconde Guerre mondiale. Véritables œuvres d’art, elles gardent, de leur devancière, une nervure centrale et se voient dotée d’un compresseur Roots ainsi que d’une carrosserie en aluminium surbaissée. Elles furent armées du même moteur de la Bugatti 57SC : un 8 cylindres DOHC 16 soupapes de 3,3L de 210ch. Extrêmement rare, la Bugatti 57 SC Atlantic était, à son époque, le modèle le plus cher, le plus luxueux et le plus sportif, dans la catégorie « Grand Tourisme », de ce constructeur.

A noter que les versions citées jusqu’ici ne sont que les carrosseries « officielles » proposées par Bugatti, car, comme tout constructeur de son époque, il était possible de n’acheter que le châssis et de faire carrosser sa voiture par un spécialiste. Ainsi, il existe de nombreux exemplaires au design unique, réalisés sur-mesure et quelquefois signés par Letourneur & Marchand ou encore Vanvooren.

La Bugatti Type 57 fut produite jusqu’en 1939, sa production, répartie entre l’usine de Molsheim et les Atelier Gangloff, étant stoppée net par la Seconde Guerre mondiale. Au total, 685 voitures, toutes versions et toutes carrosseries confondues, ont été vendues, entre 1934 et 1939. Avec elle, une page de l’histoire de Bugatti se tourne, représentant, pour les puristes, l’ultime oeuvre d’art signée par la marque !

La Bugatti Type 57, une voiture victorieuse aux 24 Heures du Mans

La Bugatti Type 57 fut également une « serial winner » sur la piste. A la carrosserie en « Tank », la première Bugatti Type 57G Tank fut réalisée en 1936. Elle alliait un un châssis de Bugatti Type 59 et le moteur 8 cylindres non compressé de la Bugatti Type 57, boosté à 175ch et pouvant aller jusqu’à 220km/h. Ce modèle-ci s’illustre en tant que grand vainqueur du Grand Prix automobile de France 1936. En 1937, elle devient la Bugatti Type 57 S45 Tank en héritant du moteur compressé de 300ch de Bugatti Type 50B et gagna la célèbre course d’endurance des 24 Heures du Mans de 1937. C’est dans son ultime version que la Bugatti Type 57G Tank gagna les 24 Heures du Mans 1939 avec un moteur de 210ch et une pointe de vitesse à 240km/h ! Ce sera avec cette même voiture que Jean Bugatti trouva la mort en tentant d’éviter un cycliste sur une route de Duppigheim, le 11 août 1939. Et avec lui, les grandes heures de Bugatti…

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’archives

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