Focus sur : La Renault Fuego, l’histoire d’un mythe à la française

Salon Automobile de Genève oblige, il nous était impossible de ne pas vous parler de la Renault Fuego. Success story à son époque, boudée par la suite, la petite « frenchie » des années 1980 est devenue désormais une voiture culte dans le monde de la collection. Il faut dire qu’elle a de qui tenir ! Coupé muni d’un hayon bulle, présenté dix ans après un autre coupé, la fameuse Citroën SM, dans le même salon, elles ont bien plus en commun : elles sont nées du coup de crayon légendaire de Robert Opron. Etonnante, pour ne pas dire « détonnante », ce coupé populaire au design particulier crée auprès des jeunes générations un élan de nostalgie… ABSOLUTELY CARS vous propose, à l’occasion des 40 ans de la Renault Fuego, de (re)découvrir ce modèle qui se fait de plus en plus rare.

La Renault Fuego, la première Renault mondiale

La Renault Fuego a eu la lourde tâche de remplacer les splendides coupés Renault 15 et Renault 17; produits de 1971 à 1979, en 304 856 exemplaires. Les vitres des portières étaient, cette fois-ci, munies de montants, une proposition avec un moteur à injection étant absente. Sa plate-forme provenait de la Renault 18, elle-même issue de la Renault 12, les solutions techniques reconduites étant la traction, le moteur longitudinal, les roues indépendantes et les freins à disque à l’avant, l’essieu rigide à l’arrière, l’ensemble offrant une grande fiabilité mécanique. Néanmoins, le train avant à déport négatif provenait de la Renault 20 diesel. La Renault Fuego trouva immédiatement sa clientèle.

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Entre 1980 et 1992, 265 257 exemplaires furent produits, un beau succès dû à sa ligne certes clivante, qu’on aime ou qu’on n’aime pas, mais qui ne laissait pas indifférent. Son Cx particulièrement affûté est compris entre 0,34 et 0,35, ce qui permettait au modeste 64ch d’entrée de gamme d’approcher les 160km/h. Nous pouvons aussi souligner son magnifique intérieur pour les versions les plus huppées et sa liste des options qui permettait d’obtenir un haut niveau de confort et une certaine personnalisation.

La version de base TL pouvait être équipée en option :

  • d’une boîte à vitesses 5 rapports,
  • d’une direction assistée,
  • de sièges simili,
  • d’une peinture métallisée,
  • de jantes en alliage léger,
  • d’un essuie-glace arrière,
  • d’essuie projecteurs,
  • d’un feuilleté avec vitres teintées,
  • d’un toit ouvrant en toile à commande électrique ou d’un toit vinyle,
  • d’un Pack Grand Tourisme (volant réglable, compte-tours, rétroviseur réglable de l’intérieur, spot de lecture côté passager, pré-équipement radio, montre),
  • d’un Pack Tout Temps (essuie-glace arrière, essuie projecteurs, phares antibrouillard sous le bouclier, vitres de custode entrouvrables, essuie-glace à cadence fixe).

Dès la version GTL, de nombreux équipements étaient présents et notamment les lève-vitres électriques et les sièges « pétale ». Quant à la variante GTX, les sièges en cuir étaient disponibles en option.

Son empattement de 2,44m et sa longueur de 4,36m offraient une belle habitabilité. En 1982, la motorisation turbo diesel fut introduite et ce coupé fut qualifié de « voiture diesel la plus rapide du monde« . En 1983, la motorisation turbo essence fut lancée, les 4 freins à disque étant alors devenus nécessaires.

Les Renault Fuego produites à Maubeuge et exportées en Amérique du Nord

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La Renault Fuego fut mieux perçue à l’étranger qu’en France. L’usine de Maubeuge en exporta en Amérique du Nord.

Cela représente 41 460 exemplaires, tout de même, en 4 ans, toutes équipées de l’injection et des dispositifs anti-pollution !

La Renault Fuego dans sa version Turbo de 107ch fut disponible de 1982 à 1985, dans sa version 1,6 litre de 81ch de 1982 à 1983, dans sa version 2,2 litres de 103ch de 1984 à 1985, ces deux versions atmosphériques étant également proposées avec une boîte automatique 3 rapports.

Sa longueur était de 4,46m car ses pare-chocs avec amortisseurs intégrés imposés par la réglementation nord-américaine, étaient plus volumineux et permettaient d’absorber un choc inférieur à 10km/h.

Les Renault Fuego fabriquées à Santa Isabel

¡ Caramba, qué deportivo ! La Renault Fuego s’imposa consécutivement 8 fois de 1986 à 1993 dans El Turismo Competición 2000 et Juan María Traverso (1950-….), à son volant, fut champion TC 2000 en 1986, 1988, 1990, 1991, 1992 et 1993. La version de course fut extrapolée de celles produites dans l’usine de Santa Isabel implantée dans les environs de Córdoba en Argentine. Grâce à cette voiture, Renault bénéficie depuis d’un excellent positionnement en termes d’image de marque en Amérique du Sud.

La Renault Fuego argentine fut fabriquée de 1982 à 1992, en 19 352 ou 19 857 exemplaires selon les sources. Sa longueur était de 4,38m. Elle adopta la direction assistée et la télécommande pour le verrouillage centralisé, en 1986, les 4 freins à disque, en 1987, la climatisation en série, en 1991.

A l’origine de la Renault Fuego : la Renault 18

La Renault Fuego était basée sur la plate-forme de la Renault 18 qui fut, elle-même, une évolution bonifiée de la Renault 12, voiture incontournable de l’histoire de Renault, ayant déjà fait l’objet d’un article à l’occasion des 50 ans de la Renault 12. Son empattement de 2,44m fut conservé, ses vitres latérales devenant courbes, les propositions en matière de motorisations et d’équipements devenant étendues. Dessinée par Gaston Juchet (1930-2007), introduite en avril 1978, la berline avait une longueur de 4,38m, le break, lancé un an après, une longueur de 4,49m. Elle fut fabriquée en 2 028 964 exemplaires par les usines de Flins (France), Valladolid y Palencia (Espagne), Santa Isabel (Argentine), Ciudad de Los Andes (Chili), Envigado et Duitama (Colombie), Mariara (Venezuela), Ciudad Sahagún (Mexique), Montevideo (Uruguay), Téhéran (Iran), Bursa (Turquie). Elle fut vendue pendant 20 ans, jusqu’en 1986 en France et de 1980 à 1986 aux Etats-Unis et au Canada.

Une série fut également produite par les établissements autrichiens Steyr-Daimler-Puch : les fameuses Renault 18 break 4×4 avec une garde au sol majorée, un pont arrière crabotable et un essieu arrière rigide conservé.

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La Renault 18 et le coupé Renault Fuego furent respectivement remplacés par la Renault 21, en 1986, par le coupé Renault Laguna en… 2008.

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS & CARDO
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’archives

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