Nous y étions : Journée Nationale des Véhicules d’Epoque au Conservatoire Citroën (1/2)

Depuis 2017, la Journée Nationale des Véhicules d’Epoque est un rendez-vous incontournable pour tous passionnés de voitures vintage. Se tenant toujours le dernier week-end d’avril, son seul et unique objectif est de faire sortir des remises et garages TOUS les véhicules d’époque. Instant de partage et d’échanges, en 2019, chez ABSOLUTELY CARS, nous avons décidé de fêter dignement l’automobile dans un lieu d’exception. A l’occasion des 100 ans de la marque Citroën et de la Journée Nationale des Véhicules d’Epoque, notre équipe est allée au Conservatoire Citröen d’Aulnay-sous-Bois !

Le Conservatoire Citroën d’Aulnay-sous-Bois : 100 ans d’héritage

Le Conservatoire Citroën d’Aulnay-sous-Bois est une ode à la marque aux chevrons. En effet, les 6500m² du site sont exclusivement consacrés à Citroën et son histoire. Tenu par une association de passionnés, cet entrepôt retrace un siècle d’histoire au travers de près de 300 véhicules. De la première Citroën Type-A de 1919 aux concept-cars actuels, ce conservatoire vous offre une rétrospective exceptionnelle de véhicules d’avant-guerre, de voitures d’après-guerre, d’utilitaires, de voitures de sport et même quelques pièces insolites. Avec plus de 400 pièces, le Conservatoire Citroën entretient la plus importante collection internationale au monde de véhicules Citroën.

Inauguré en 2001 par Pierre Peugeot, en région parisienne, ce musée se veut ludique et accessible à tout un chacun. Il se visite chronologiquement (de 1919 aux années 2000), mais aussi via des thèmes spécifiques :

  • Le sport avec les DS, ZX et autre C4…
  • L’aventure avec les autochenilles de la Croisière Jaune…
  • Les utilitaires avec le plus célèbre fourgon…
  • L’insolite avec un hélicoptère des années 1970 ou encore un tracteur 4 roues motrices…
  • L’innovation avec des concept cars et prototypes…

Bref, tout est fait ici pour faire (re)découvrir aux 4300 visiteurs annuels la célèbre marque française et tous les modèles qui ont fait son histoire.

Une Journée Nationale des Véhicules d’Epoque sur les traces d’André Citroën

Comment parler de la marque aux chevrons sans d’abord parler d’André Citroën ? Et surtout mieux le connaître ? Le Conservatoire Citroën nous invite à franchir la porte du véritable bureau de ce constructeur de génie et pionnier de l’innovation automobile. L’ensemble du mobilier de l’époque est présent, même les murs qui ont pu être récupérés dans les anciens locaux de la société. Un instant magique où il est facile de l’imaginer créer les voitures emblématiques de la marque.

Retour sur l’épopée fantastique d’André Gustave Citroën

Mais qui était-il réellement ? Petit flashback en arrière. Né le 5 février 1878 à Paris, André Citroën se passionne rapidement pour des études d’ingénieurs et rentre à Polytechnique en 1898. Deux ans plus tard, il part en Pologne pour un voyage en famille et se porte acquéreur d’un brevet ayant la forme d’un chevron. Cette acquisition marque le futur logotype de la marque. En 1906, il devient directeur général des Automobiles Mors. Mais, en proie à des problèmes de trésorerie, André Citroën la sauve de la faillite en doublant la production grâce à une nouvelle forme de management plus adaptée : une meilleure écoute des clients et une meilleure organisation. Ce n’est qu’en 1912, que les bureaux changent d’adresse, pour s’installer au 31 quai de Grenelle à Paris et l’entreprise s’appelle désormais la « Société Anonyme des Engrenages Citroën ». Son logo reprend le symbole « double V », libre inspiré du brevet découvert en Pologne.

Dès la première guerre mondiale déclarée en 1914, André Citroën met en avant son expertise en termes de management et d’organisation pour optimiser la production industrielle d’armement. A la fin de la guerre, en 1918, il reconvertit son usine du Quai de Javel en usine automobiles. L’année suivante sort des chaînes de production la première voiture en série de la marque : la Citroën Type A. Grace à son procédé de production, le prix de vente est bien inférieur au prix du marché et le succès est au rendez-vous. Plus de 24 000 unités seront écoulées entre 1919 à 1921. A partir de ce moment-là, les innovations se multiplient et se cumulent : la carrosserie tout en acier, le moteur flottant, le châssis monocoque… pour donner, à partir de 1934, la Traction Avant.

La marque et son fondateur gagnent très rapidement en notoriété. Son organisation est renforcée par des techniques de communication, de marketing et de ventes inédites pour l’époque. Les années 1920 introduisent en France et à l’international des nouvelles méthodes commerciales, les crédits automobiles, les jouets à l’effigie des marques… En soi, la communication moderne venait de naître ! Une communication qui est devenue le fer de lance de la marque aux chevrons. Sans parler des événements organisés par Citroën et qui ont marqué le Grand Public sur plusieurs générations à l’instar de l’illumination « Citroën » de la Tour Eiffel en 1925, les expéditions « La croisière Jaune « en Asie et au Sahara avec des modèles à chenilles aptes sur tous les terrains…

Définitivement plus doué pour l’organisation que pour les finances, l’entreprise est fortement endettée et le succès de la Traction Avant, en 1934, n’inverse pas la tendance. La même année, la société est mise en liquidation judiciaire et André Citroën est remplacé par Pierre Michelin en juillet à la tête des usines Citroën. En 1935, après avoir perdu le contrôle de la société qu’il a fondée, il décède à l’âge de 57 ans. Un dernier hommage lui est rendu en 1958 : le Quai Javel où se situait les usines Citroën est rebaptisé « Quai André Citroën » avant que les usines laissent place, en 1984, au « Parc André Citroën ». En mémoire de cet illustre chef d’entreprise, un buste en bronze lui est consacré face à l’entrée du parc, laissant à jamais son empreinte sur Paris.

Des premières voitures d’André Citroën à ses modèles iconiques

L’exclusivité du Conservatoire Citroën : des voitures d’avant-guerre en parfait état de marche

Le Conservatoire Citroën est une véritable machine à remonter le temps. Notre première étape nous fait faire un bond dans le temps. En effet, notre premier focus nous mène avant la Seconde Guerre Mondiale, au milieu des premiers modèles de la marque, véritables témoins et acteurs de la naissance de cette marque automobile. Phénomène rare, les véhicules d’avant-guerre sont nombreux au Conservatoire et une véritable opportunité pour tout passionné ! En avant sur le temps, parmi les modèles mis en scène, nous pouvons retrouver, bien entendu la Type A, la B10, la C4, la C6, la Rosalie ou encore la Traction Avant. Chacune de ses voitures possède des technologies et innovations révolutionnaires pour leur époque, donnant à Citroën toujours un coup d’avance.

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Les premiers modèles de la marques : B10, la C4, la C6 ou encore la Rosalie sont exposés

Enfin, petit clin d’œil à un concept sorti en 1939, préfigurant un succès mondial après-guerre. Nous voulons parler de la TPV ou « Très Petit véhicule ». Vous l’avez surement reconnu, car il s’agit tout simplement de l’ancêtre de la 2CV (ou Deudeuche pour les passionnés). Caché à cause de la seconde guerre mondiale, les derniers exemplaires se trouvent ici, à Aulnay-Sous-Bois.

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2 exemplaires du concept Citroën TPV (Très Petit Véhicule) crée en 1939, ancêtre de la 2CV

Les véhicules d’après-guerre ou le développement de technologies innovantes au niveau mondial

La période d’après-guerre sera fastueuse pour Citroën, car les modèles commercialisés marqueront l’histoire de l’hexagone. Les modèles d’après-guette sont largement représentés au Conservatoire Citroën. Si les premiers modèles produits par André Citroën sont bien présents, le site renferme également de nombreux véhicules d’après-guerre, parmi les plus iconiques. Nul ne peut dire qu’il ne connait pas la 2 CV, la belle DS ou encore le luxueux coupé SM ! Et celle, parmi toutes ses dames, qui est sous les feux de la rampe, c’est bien la 2CV.

Familièrement appelée « Deuche », « Deudeuche » ou encore « Deux pattes » en référence à son moteur bicylindre, la 2CV est LA voiture populaire française par excellence. Produite par Citroën du 7 octobre 1948 au 27 juillet 1990, elle est la 8ème voiture françaises la plus vendue au monde et la première chez Citroën. Il faut dire qu’elle a été faite à plus de 5,1 millions d’exemplaires ! Déclinée sous toutes formes, toutes couleurs et toutes fonctions, la 2CV est bien présente sous toutes ses facettes (Fourgonnette, Charleston, Azam, Hermès…) au Conservatoire Citroën.

Modèle emblématique de la marque avec la Traction Avant et 2CV, la DS n’est pas en reste. Avec à leur tête la voiture présidentielle du Président Charles de Gaulle, les DS du Conservatoire Citroën dévoilent l’étendue des déclinaisons possibles à l’époque. Break, berline et cabriolet, elles sont toutes là, sous des dénominations spécifiques : 19, 21, 23, Pallas, Coupé, Chapron. Un véritable hommage pour cette icône automobile, modèle haut de gamme de la marque de 1955 à 1975. Au total, ce fut plus d’un million de voitures qui seront produites jusqu’en 1970 avant que sa remplaçante, la CX, ne lui rafle le succès !

Au Conservatoire Citroën, vous pouvez retrouver d’autres modèles phares de la marque ! L’un d’entre eux n’est d’autre que la Méhari ! La célèbre voiture en plastique est apparue en 1967 et a connu un très beau succès. Construite à près de 150 000 exemplaires, ce pick-up sur une base de 2CV se voulait être une voiture tout terrain d’un très confort grâce à ses suspensions spéciales à grand débattement ! Ayant conquis le cœur de milliers de passionnés, notamment grâce à ses apparitions dans la saga « Les Gendarmes de St-Tropez« , la production de Méhari s’arrête en 1987 alors que son succès perdure encore aujourd’hui.

Si vous pourrez la retrouver au Conservatoire Citroën, vous pourrez également admirer d’autres modèles plus contemporains à l’instar de la gamme Citroën Ami, les Citroën AX, la célèbre BX ou encore la GS !

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Citroën Méhari de 1979

Pour conclure ce voyage dans le temps dans l’univers Citroën, ABSOLUTUELY CARS a souhaité s’arrêter un moment sur la Citroën Visa, une grande méconnue du Grand Public. Ce véhicule cinq portes produite entre 1978 à 1988 a remplacé l’Ami 8. Avec son positionnement supérieur dans la gamme, elle repose sur la plateforme de la Peugeot 104. Elle représente la fusion entre les deux constructeurs français et le nouveau cap de Citroën. La concurrente française de la Visa n’est autre que la Renault 5. Véritable révolution pour un véhicule de ce segment, la communication est aussi osée. On se souvient de la publicité pour la Visa GTI où le modèle est catapulté à 200 km/h, avant de s’écraser la mer. Quelques secondes plus tard, la voiture refait surface, posée à l’avant d’un sous-marin du type Agosta. Une publicité choc, mais dans la continuité de la stratégie de communication mise en place par André Citroën, quelques décennies auparavant.

Si nous avons fait ensemble un rapide tour des modèles emblématiques de cette marque exceptionnelle, le Conservatoire Citroën vous réserve bien des secrets que nous vous invitons à découvrir dans un second article !

La suite ? Demain !

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS

Cet article vous a plu ? Vous voulez en savoir plus sur la Traction Avant ou découvrir ce modèle emblématique de Citroën ? Retrouvez une interview sur la Traction Avant du Tour Auto Optic 2000 à lire ici : François Allain, la passion avant tout (1/2)


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