Comparatif : La Renault Clio Williams vs la Citroën Saxo 1.6 VTS 16V

Les années 1990 voient apparaître quelques unes des plus célèbres voitures populaires sportives françaises ! Si elles ne se démarquent pas toujours par leur style ou leur prix, c’est bien par les sensations qu’elles offrent qu’elles font toute la différence ! Rageuses et redoutables, elles font la joie de la jeune génération, devenant aujourd’hui des véritables madeleines de Proust, arborant fièrement le pavillon « youngtimers sportives« . Deux nous ont particulièrement marqué ! La première n’est d’autre que la rarissime Renault Clio Williams, dont le nom rend hommage à Frank Williams, fondateur de l’écurie de F1 éponyme. La deuxième n’est d’autre que la Citroën Saxo VTS 16V, dont le moteur en ferait rêver plus d’un ! Alors, pour quel modèle allez-vous craquer aujourd’hui ?

La Renault Clio Williams vs la Citroën Saxo 1.6 VTS 16V

La Renault Clio Williams, le mythe des années 1990

L’une de bombinettes les plus populaires et célèbres des années 1990 est sans nul doute la Renault Clio Williams. Lancée en 1993, il s’agit de la version la plus radicale de la Renault Clio I. Imaginée en partenariat avec l’écurie Williams, son nom rend hommage aux titres de Champions du Monde remportés entre 1992 et 1994 par les hommes de Franck Williams dont les voitures étaient équipées de moteurs Renault. Toutefois la Renault Williams n’est pas destinée à la Formule 1. Sa destinée est son homologation dans le groupe A « 2L World Cup », c’est-à-dire en Championnat de Rallye ! Pour se faire, la Renault Clio se voit équipée d’un « moteur F » de 2L reposant sur la base de la Renault Clio 16S. Cette union fait naître d’une nouvelle série qui se devait être à l’origine de 4500 exemplaires ! Victime d’un succès inattendu favorisé par ses performances dignes des meilleures citadines sportives, une série de 2500 voitures complémentaires sera lancée en 1994 ! Il faut dire qu’elle a fait sensation sur le tracé du mythique Tour de Corse, en 1993, en parallèle des modèles du Groupe A ! Au final, ce sont plus de 12 000 automobiles qui seront produites, jusqu’en 1996. Si la belle n’a été produite que pendant trois ans, elle laissera une trace indélébile chez Renault en lançant les versions RS, pour « Renault Sport », connues pour leurs qualités et leur efficacité sur le bitume, poursuivant ainsi l’héritage de la Renault R8 Gordini ou de la Renault R5 Alpine Turbo !

La structure et la carrosserie de la Renault Clio Williams sont celles de la Renault Clio 16S qui ont été améliorées. Afin d’optimiser le confort et les performances de sa version « civile », la Renault Williams va disposer d’un châssis surbaissé, d’un nouveau train avant issu de la Renault Clio Cup, des triangles de suspensions de la Renault 19 16S, de sièges avant semi baquets et des jantes dorées 15 pouces spécifiques « Speedline ». Cette couleur dorée est également présente sur les liserais, les stickers latéraux « Williams » et le blason « 2.0 » sur les ailes avant ! Ce coloris tranche avec la couleur bleu sport de la carrosserie, dont le nom de code est 449. A noter que seule cette couleur était proposée par la marque au losange ! Dans l’habitacle, nous la retrouvons notamment avec la moquette, les ceintures, le pommeau de vitesse et même sur le fond du manomètre ! Parmi les équipement de série, la Renault Williams est équipée de la direction assistée, de la fermeture centralisée, des vitres électriques et même de la plage arrière de la finition suprême de la Renault Clio « Baccara ». La sellerie est en velours et dispose de réglages « hauteur » et « lombaires ». L’ultime détail qui la rend aussi exceptionnelle et unique, est la présence de la plaque certifiant son authenticité, comportant le blason de Renault, le « W » de Williams et le numéro du modèle.

Mais la Renault Clio Williams ne serait pas ce qu’elle est sans sa motorisation ! Reprenant le bloc-moteur en fonte de la Renault Clio 16S F7P4 cylindres à 16 soupapes avec double arbre à cames en tête, accouplé à une boîte manuelle 5 rapports, celui-ci a été boosté au niveau de sa cylindrée, passant à 2.0 litres et à 150ch, soit 13 de plus que sa version Renault Clio 16S ! Et les performances sont prouvées puisque la Renault Williams abat le 0-100km/h en 7.8sec avec une vitesse de pointe de 215km/h ! Economie, fiabilité et rentabilité sont les mots clés de cette Renault Williams. Certaines pièces ont été spécifiquement réalisées pour ce modèle-ci comme l’alésage, les soupapes augmentées, la culasse trempée identique à celle de la F1, les pistons forgés et les bielles. Seul le vilebrequin provient de la Renault Clio Diesel, car plus résistant. A noter que la Renault Clio Williams est également équipée d’une catalyseur, celui-ci étant imposé par la législation à partir de 1993.

Forte de son succès et d’un prix des plus raisonnable (129 500 Francs en 1993, soit 21 583€), la Renault Williams s’est offert pas un, mais deux liftings durant sa courte carrière ! Le premier survient en mars 1994, les 4500 exemplaires de la Renault Williams Phase 1 laissant leur place à la Renault Williams Phase 2. Elle voit sa calandre à une barre et ses feux arrières redesignés, ses formes s’arrondir et se bomber, ses logos évolués sur les nouvelles baguettes latérales qui s’élargissent. La motorisation reste, quant à elle, inchangée. Avec cette nouvelle version, le carnet de commandes ne cesse de se remplir ! Si cette version n’était prévue qu’à 5000 exemplaires, ce nombre sera vite dépassé. En 1996, sortira la Renault Williams Phase 3, une série très contingentée qui réunit les 500 dernières Renault Clio Williams produites, connues sous le nom de Renault Williams « Swiss Champion ». Avec cette dernière version, Renault rend hommage à la victoire de Daniel Hadorn, Champion suisse de voiture de tourisme en 1994. Vendue pour le prix de 29 495 CHF, les équipements extérieurs et intérieurs de cette dernière, sont nettement optimisés par rapport à la Renault Williams « française ». Le Bleu Sport nacré est remplacé par le Bleu Méthyl métallisé (code 442). Les rétroviseurs deviennent dégivrants et électriques tandis que les ailes arrières voient arriver le logo « Swiss Champion ». Le côté course est renforcé dans l’habitacle : certificat d’authenticité agréé avec plaque sur le tableau de bord, volant 3 branche « Personal » et un kit audio avec autoradio CD Sony, commande au volant, chargeur 6 CD dans la boîte à gants, quatre haut-parleurs (2 à l’avant et 2 sur la plage arrière)…

Au total, ce sont près de 12 100 unités qui seront vendues, soit cinq fois plus que prévues et ce, en seulement trois ans de carrière ! A noter que la Renault Williams Phase 1 et la Renault Williams Phase 2 représentent respectivement 85% des ventes, la Renault Williams Phase 3 étant principalement destinée à l’exportation. Après la Renault Williams, il faudra attendre fin 1999 pour que les amateurs de Renault sportives puissent à nouveau goûter aux joies de la conduite sportive avec la RenaultClio RS MK2 et son moteur 2L de 172ch !

La Citroën Saxo 1.6 VTS 16v, la bombinette au moteur d’enfer

Parmi les citadines sportives françaises des années 1990, nous voudrions… la Citroën Saxo 1.6 VTS 16V ! Avec ce modèle-ci, Citroën pérennise les citadines sportives sur les routes françaises ! Lancée en 1997, cette bombinette n’a pas à rougir face à la concurrence, tenant tête à la Renault Williams ! Fiable, économique et performante, les sensations de conduite de la Citroën Saxo 1.6 VTS 16V sont comparables aux GTI des années 1980. Celle qu’on surnomme la « Sax », se distingue par un aspect extérieur racé et une tenue de route irréprochable.

Proposée seulement en trois portes, son châssis et sa structure, issus de la Peugeot 106, ont été raccourcis et surbaissés. Elle porte des boucliers différents, un capot retravaillé, des ailes avants et arrières élargies, des feux avants et arrières redesignés et un hayon différent. L’intérieur reprend celui de la Citroën Saxo VTR, agrémenté par un airbag côté conducteur. Pour la maintenir sur la route, elle est équipée de pneumatiques de 14 pouces (dite Toulouse) accompagnés de jantes en aluminium. Si la Citroën Saxo 1.6 VTS 16V colle le bitume, son comportement routier reste plutôt joueur et les gènes de la compétition se font ressentir ! Il faut dire que la voiture pèse moins d’une tonne et est armée d’un moteur lui offrant un rapport poids/puissance détonnant ! Avec cette automobile, l’objectif de Citroën est claire : permettre à une clientèle élargie de profiter de la sportivité et de sensations de conduite étonnantes à un prix abordable !

La Citroën Saxo connaîtra une belle carrière, longue de sept ans, entre 1996 et 2003, qui sera ponctuée de deux liftings et d’une série limitée. En juillet 1996, une version 5 portes apparaît au catalogue ainsi que la version Citroën Saxo VTS à caractère sportif, équipée d’un moteur 1,6 litre 16 soupapes de 120 ch qui nous intéresse aujourd’hui. En décembre 1997, elle connaîtra son premier restylage qui se concrétise avec l’installation d’une nouvelle calandre et de nouveaux feux arrières. Le second arrive en septembre 1999 et sera plus radical : face avant entièrement revue, capot inédit, ailes modifiées, phares en amande… L’habitacle et la sécurité se développent à son bord avec l’ABS, l’airbag conducteur, la direction assistée, un tout nouveau pare-brise et de nouveaux appui-têtes de série. Parmi les options, nous trouvons l’airbag passager entre autre.

Concernant la Citroën Saxo 1.6 VTS 16V, il faut savoir que l’habitacle était quasiment identique à la version standard. Au niveau des équipements embarquées, la Citroën Saxo VTS est faiblement équipée et la qualité des matériaux n’étaient pas digne d’une sportive de son rang. Sur le tableau de bord inchangé, les plastiques durs et mous se côtoient, tandis que l’insonorisation générale est assez faible. Les sièges ne disposent pas de maintien latéral, par exemple, ce qui éteint tout connotation sur-vitaminée de cette citadine, d’autant plus que la position de conduite est un peu haute pour une vocation pilote et que le volant est fixe. Il faut dire que l’accent a été clairement mis sur le peaufinage du châssis, la baisse de poids et le moteur et non autre part ! Toutefois, Citroën saura y remédier avec la Citroën Saxo VTS New Morning. En mars 2001, cette série unique offre une toute autre vision de la VTS. Produite en nombre très limité, 1000 unités seront commercialisées. Avec cette série, l’habitacle se pare d’une sellerie « Efka » (gris-beige-rouge-noir), alors que la carrosserie adopte pour un bi-ton gris : orageux et quartz.

Il faut dire que le plus intéressant chez la Citroën Saxo 1.6 VTS 16V se trouve bien évidemment sous le capot ! Cette bombinette des années 1990 est équipée d’un bloc-moteur 1.6 16v (TU5J4) qui est compact tout délivrant une puissance largement suffisante pour son gabarit : près de 120ch ! Accouplé à une boite mécanique 5 rapports, son couple et son régime sont amplement suffisants : 145 Nm (contre 179 Nm pour la Renault Williams).Certains diront même que sa sonorité – au dessus de 400trs – est similaire à celle du groupe N en rallye et donc la préfèrent à la Renault 16S ou la Renault Williams.

Au niveau des sensations de conduite, la tenue de route de la Citroën Saxo 1.6 VTS 16V offre au conducteur un véritable plaisir : la direction est précise et réactive, tandis que l’arrière se révèle joueur (un peu trop si on a le pied lourd sur la pédale de droite). Côté performances, elle est dans les côtes de ses concurrentes : elle abat le 0 à 100 km/h en 7,7 secondes (soit mieux que la Renault Williams), avec une vitesse de pointe de 205 km/h. Grâce à ces performances, la belle connaîtra de belles heures dans les compétitions de rallye et sur la route ! Une version diesel de la Citroën Saxo VTS sera commercialisée par Citroën Belux, en Belgique, équipée d’un moteur 1.5D classique TUD5 de 58 ch. Hélas, en 2002, la Citroën C3 arrive au catalogue et c’est le chant de cygne pour la Citroën Saxo qui sera arrêté en 2003 ainsi que toutes ses versions.

Renault Clio WilliamsCitroën Saxo VTS 1.6 16v
Moteur 4 cylindres en ligne
16 soupapes- injection
4 cylindres en ligne
16 soupapes- injection
puissance150ch120ch
Cylindrée1998cm31587cm3
Transmission Traction Traction
boite de vitessemanuelle 5 rapportsmanuelle 5 rapports
freinsdisques ventilés disques ventilés
Poids990kg935kg
0-100km/h7.8sec7.7sec

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS 
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’archives

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