En 2018, l’un des modèles phares des années de la marque Opel soufflait ses 50 bougies. En effet, le coupé sportif dénommé Opel GT. Face aux Renault Alpine ou Matra 530 se limitant à une dizaine de milliers d’unités, Opel frappe fort. Sa disparition du paysage routier en 1973 en fait une voiture iconique restée dans les annales. L’hommage débute lors du Salon des Anciennes « Bodensee-Klassik », en mai 2018.
A l’occasion du Salon Rétromobile et le la présence de L’Opel Classic Club de France, Absolutely Cars revient sur la carrière de ce modèle très particulier dans la gamme.

Un design signé Erhard Schnell
Ce designer commence son parcours chez Opel en 1952. Dans les années 1960, le projet d’une sportive classique biplace est dans les cartons et Erhard Schnell est chargé de le réaliser. Parmi ses autres conceptions, on note les modèles Ascona, Calibra, Corsa, Diplomat coupé, Manta, Kadett et Rekord.


Revenons La GT Experimental est officiellement dévoilée en 1965 lors du Salon de Francfort, après 3 ans de recherche. Le nouveau directeur du style, Chuck Jordan va confirmer les lignes. Son style issu du « Styling Studio » de Rüsselsheim, est surnommé « Coke-bottle-shape », car si on coupe une bouteille de Coca dans le sens de la longueur, on retrouve la GT Experimental. Certains la qualifie de baby Stingray ». La structure reprend celle de la Kadett, alors que le bloc est un inédit 1.9. Les phares rectangulaires sont escamotables (par un système semi-rotatif). Au final, on compte 12 prototypes construits avant le lancement officiel. »Nur Ist Fliegen schöner » (seul le vol procure plus de sensations), tel est le slogan prôné par la marque.



Il faut donc attendre 1968 pour que la voiture soit commercialisée. Cependant, la production ne peut se faire dans les usines allemandes pour cause de capacité de production insuffisante (20 000 véhicules /an). Finalement, ce seront les Français « Chausson » et « Brissoneau & Lotz » qui se chargent de la carrosserie et de la peinture. L’ensemble des éléments techniques et mécaniques sont installés à l’usine de Bochum. cela offre un gabarit très compact de 4.11m de long, 2.43m d’empattement, 1.58m de large et 1.22m de haut. L’extérieur se pare de courbes au niveau de la face avant, du capot bombé et de ailes, tandis que l’arrière est tranché. Les phares ronds sont rétractables.
L’habitacle étroit opte pour des sièges baquets, un volant cuir 3 branches, un tableau de bord à l’instrumentation ronde complète. La sécurité se traduit par une colonne de direction absorbant les chocs, une cage de sécurité et des ceintures 3 points.

La mécanique embarquée correspond au bloc de la Kadett 4 cylindres 1.1 (1087cm3) développant 60ch et 1.9 (1897cm3) offrant 90ch issu de la Rekord. Pour le 1900, elle descend à 74ch pour les modèles exportés outre-Atlantique. Ils sont accouplés à une boite manuelle 4 rapports (ou automatique 3 rapports). Le système de freinage est assuré par des disques à l’avant et des tambours à l’arrière.

La tenue d route passe par une direction à crémaillère non assistée, une suspension avant indépendante, un essieu à ressort hélicoïdaux à l’arrière et des pneumatiques de 13″. Les performances sont plutôt satisfaisantes: 0-100 en 11.5 secondes et une vitesse de pointe de 185km/h. L’ensemble pèse entre 870 et 980kg.
| Caractéristiques/ Données | 1100 | 1900 |
| Moteur | 4 cylindres en ligne carburateur longitudinal avant | 4 cylindres en ligne carburateur longitudinal avant |
| Puissance | 60ch | 90ch |
| Cylindrée | 1078cm3 | 1897cm3 |
| Transmission | propulsion | propulsion |
| Boite de vitesse | manuelle 4 rapports | manuelle 4 rapports automatique 3 rapports |
| Freins | disques à l’avant tambours à l’arrière | disques à l’avant tambours à l’arrière |
| Poids | 870kg | 980kg |
| 0-100 | 17.7 secondes | 11.2 secondes |
| Vitesse max | 157km/h | 187km/h |

Après 5 ans de carrière (1968-1973) et 103 463 exemplaires (plus de 70 000 exportés aux USA via le réseau Buick), Ce sera la version 1900 qui sera la plus vendue. Aujourd’hui, la 1100 et 1900 GT/J sont aussi rares sur nos routes avec seulement 3 573 unités écoulés pour la prelière (1968-1969) et 10760 unités pour la seconde. Cependant, elle n’aura pas de successeur, malgré le modèle GT 2+2.
L’héritière n’apparait qu’en 2006, soit 34 ans après la GT.
Des versions spéciales de la GT
GT/J
Cette version nommée « Jugend » (jeunesse en allemand) se retrouve avec des équipements extérieurs et intérieurs plus pauvres. Elle cherchait à se rendre accessible financièrement.

GT STEINMETZ/Wankel
Parmi les préparateurs s’étant attaqués à l’Opel GT, on note celui dénommé Steinmetz. Proposée avec un supplément de 3000DM, le kit Turbo offre une esthétique type « Groupe 4 » et fait gonfler la puissance de la GT à 200ch via deux carburateurs Solex et une nouvelle culasse.


La déclinaison Wankel se pare d’un bloc moteur rotatif.


Aéro GT


Imaginée en 1969 suite aux Porsche 911/914 Targa et leurs toits amovibles, Opel décide de mettre en place ce système sur la GT. L’étude de style du carrossier transalpin Fissore est dévoilée à ce même Salon de Francfort, mais n’est pas retenu par la direction. Il faut reconnaitre que le renforcement de la structure (châssis, arceau de sécurité, partie arrière inédite) et les jantes en alliage léger ne changeait en rien l’esprit de la voiture. Les phares grenouille furent remplacés par des fixes, la vitres arrière est électrique et le toit se rangeait sous la plage arrière. Seule le surpoids pouvait la pénaliser. On ne compte que 2 exemplaires sont réalisés: le premier orange et le second bleu.
GT « Elektro »

L’ère électrique était déjà dans présent dans les rangs d’Opel. En 1971, la GT se voit doter d’un bloc 100% électrique par l’intermédiaire du petit-fils du fondateur, Georg von Opel. Il fit appel à Bosch, Varta et Continental pour les batteries, le moteur et les pneumatiques. Les premiers test furent effectués sur le tracé d’Hockenheim, mais le poids conséquent du véhicule (1.7 tonnes sur la balance) était un frein. Finalement, la voiture s’adjugea 6 records du monde. Avec une puissance équivalente à 120ch, son autonomie maximum était de 44km pour une vitesse max de 188km/h.

GT « Diesel »

Construite à un seul exemplaire, la GT se voit implanter le bloc diesel de la Rekord 2.1 turbocompressé boosté à 95ch. Pendant 3 jour (1 au 3 juin 1972), des pilotes allemands, belges, Français, italiens et suédois (Jochen Springer, Paul Frère, , Henri Greder, Marie-Claude Beaumont, Giorgio Pianta et Sylvia Österberg) se relaient pour finalement battre 20 records, dont 2 mondiaux. Le tout se réalise sur le tracé d’Opel de Dudenhofen. L’Opel Rekord 2.1D concrétise l’expérience.

GT2 Concept
En 1975, Opel propose une GT2 dessinée par Henry C Haga. Elle provoque un engouement unanime lors de sa présentation. A l’instar du modèle original, la voiture offre 4 places via des portes coulissantes. L’habitacle dispose d’une instrumentation digitale. Elle sert d’inspiration aux futurs Ascona et Manta.

GT Conrero

Les années 1970 sont un aubaine pour engager l’Opel GT sur les circuits. la version compétition de cette GT franco-allemande est réalisé via le préparateur italien Virgilio Conrero. la voiture va donc courir sur pistes et dans les courses de cotes. L’extérieur se pare des coloris de série (argent, or et rouges), puis personnalisés (bleu et jaune), d’ailes et des jantes élargies. Sa mécanique grimpe à 2.0 de cylindrée et 185/193/214ch selon son usage. Les modifications concernent les carburateurs (et l’injection les soupapes, la boite de vitesse (ZF 5 rapports) l’arbre à cames les freins et l’ajout d’un différentiel à glissement limitée. Elle s’adjuge les victoire à la Targa Florio et au Mugello face au Porsche, ainsi que l’Opel Rennen en catégorie GT. Leur carrière en compétition se stoppe en meme temps que la commercialisation de l’Opel GT, en 1973.



Quid de l’héritage?
L’héritière n’apparait qu’en 2006, soit 34 ans après la GT. La dénomination GT réapparait avec le Roadster GT du nouveau millénaire. Dévoilé en 2006, sa commercialisation ne débute que l’année suivante. La remplaçante de la « Speedster » privilégie des couts limités en s’adressant aux américains. Elle conserve néanmoins son surnom de baby Corvette (C6). Oubliez la version britannique « Vauxhall » car aucun exemplaire a été importé outre-Manche.


Pour sa production, Opel décide de traverser l’Atlantique, plus précisément dans le Delaware (l’usine Wilmington). En effet, il ne s’agit que d’une Pontiac Solstice/Saturn Sky (groupe GM) ou encore Daemoo G2X (corée du Sud), rebadgée et spécifique au marché européen. Son style est quand même réalisé en collaboration avec le bureau de style allemand, de Rüsselsheim et dirigé par Bryan Nesbitt. L’inspiration remonte à 2003 avec le concept car Vauxhall VX Lightning.
Opel vient complet sa gamme « cabriolet sportif » symbolisée par la tigra, avec la GT. Les dimensions sont les suivantes : 4.0m de long, 2.41m d’empattement, 1.81m de large et 1.27m de haut. L’ensemble est vendu au tarif de 31 400€ soit un rapport prix/performances remarquable face aux Audi TT 3.2 V6 Quattro, BMW Z4 Roadster, Honda S2000 et Nissan 350Z 3.5L V6.


La ligne opte pour un capot avant long, un double bosselage arrière, suivant les appuie-têtes et des jantes en alliage 5 branches.


L’accès à bord nécessite une certaine souplesse et une fois installé, les occupants ont de l’espace. L’habitacle offre un volant en cuir réglable en hauteur et profondeur, une sellerie cuir également réglable, un tableau de bord à l’instrumentation traditionnelles (compteurs, ordinateur de bord,..)des rangements inexistants. Le passage cheveux aux vent se fait manuellement car il faut que le conducteur sortent de la voiture et retire la capote en toile. On rajoute un espace pour les bagages quasi-inexistant (66-157L). Pour les manœuvres, la visibilité arrière et 3/4 sont quasiment inexistants. (Bonne chance pour les créneaux!)
Coté mécanique, on trouve le bloc de l’Astra GTC OPC : un 4 cylindres 16S à injection directe et Turbo de 2.0 (1998cm3) de 264ch accouplé à une boite manuelle 5 rapports. Le système de freinage est assuré par des disques ventilés à l’avant et disques pleins à l’arrière. Le réservoir est placé en position centrale arrière. La sonorité s’exprime au travers d’une double sortie d’échappement.



Le comportement routier passe par un châssis poutre en acier, une direction à crémaillère assistée (électrohydraulique), l’ABS, l’ESP, des suspensions à doubles triangles, d’un différentiel à glissement limité et des pneumatiques de GoodYear Eagle F1 de 18″. Le tout pèse 1.4 tonnes sur la balance (500kg supplémentaires par rapport au Speedster).

| Caractéristiques | Données |
| Moteur | 4 cylindres en ligne 16S turbo injection directe et échangeur air/air longitudinal avant |
| Puissance | 264ch |
| Cylindrée | 1998cm3 |
| Transmission | Propulsion |
| Boite de vitesse | Manuelle à 5 rapports |
| Freins | Disques ventilés à l’avant Disques pleins à l’arrière |
| Poids | 1395kg |
| 0-100 | 5.7 secondes |
| Vitesse max | 228km/h |
Après 2 ans de carrière (2007-2009), on compte 7 519 unités vendues au travers de l’Europe (Autriche, Allemagne, Belgique, Espagne, Italie), la Suède et la Suisse. L’Opel GT de « seconde génération » cesse toute production en raison des finances dans le rouge de General Motors.
Le dernier concept en date de l’Opel GT remonte à 2016 lors du Salon de Genève et prévue pour 2018. Il est resté à l’état de prototype.

Texte : Absolutely Cars Crédit photos : Archives – Wheelsage



