A l’occasion des Journées Européennes du patrimoine 2025 et du rendez-vous de Suresnes, on part à la découverte d’un exemplaire de Wolseley 1500, Il s’agit de remonter le temps depuis l’acquisition de cette voiture à sa remise sur la route, en passant par la longue restauration. Le résultat final redonne une seconde vie à ce modèle peu connu et rare dans l’hexagone.
Absolutely Cars vous propose de découvrir l’un des 6 exemplaires officieusement répertoriés avec une teinte bi-ton et des multiples interrogations à son passage.

La remplaçante de la Morris Minor ?
En 1957, le groupe BMC dévoile la possible remplaçante de la Morris Minor (depuis 1948): la Wolseley 1500. Elle dispose d’une sieur jumelle dénommée Riley 1.5. En parallèle, d’autres modèles viennent concurrencer à l’image de BMC 1100/1300 et Hillman Minx.


La structure reprend celle de la Morris Minor en quasiment tous points : châssis, suspension. Les pièces distinctives concernent le logo spécifique, la carrosserie monocoque et des éléments chromés.
Le résultat offre un gabarit compact de 3.86m de long (11 cm de plus que la Minor), 2.18m d’empattement, 1.57m de large. Il faut attendre 1960 et 1961 pour les versions MKII et MKIII. Les évolutions portent sur la calandre, les charnières capot/coffre, une boite de vitesse optimisée, une suspension abaissée et les feux arrières.





L’habitacle se distingue par une présentation plus haut de gamme via des garnitures Vinyle unies ou bi-ton, un tableau de bord bois, un haut-parleur central, des sièges cuir. Les éléments repris de la Morris Minor se situent au niveau du volant à direction crémaillère (toujours à droite). l’instrumentation





Coté mécanique, on retrouve le bloc de la Minor mais boosté : Série B 4 cylindres 1.5 (1489 cm3) carburateur simple SU de 68ch (contre 43ch sur la Minor) associé à une boite manuelle 4 rapports. Le freinage est assuré par des tambours aux 4 roues. Les performances offrent un 0-100 en 25.0 secondes et une vitesse max de 135km/h. La tenue de route passe par une transmission type propulsion, une suspension avec barre de torsion et lames, des amortisseurs à bras de leviers à l’avant. L’ensemble pèse 934kg sur la balance (à vide). Le prix de vente débute à partir de 796£ (contre 864£ pour la Riley 1.5). Jusqu’en 1965, on compte 103 394 exemplaires écoulés (contre 39 568 Riley One-Point-Five). Cela en fait la voiture la plus vendu de la marque. Certaines sont mêmes exportées en Australie sous les appellations Austin Lancer et Morris Major entre 1958 et 1964. Elles sont caractérisées par un design simplifié.
Aujourd’hui, on moins d’une dizaines d’exemplaires en France dont très peu roulantes. Les successeurs se nomment Wolseley 1100 et le Riley Kestrel.
Si vous souhaitez en acheter un les prix commencent à partir de 1500£ (restauration complète) jusqu’aux environ de 15 000£ (état concours). Notre modèle ci-dessous provient d’outre-Manche et a subi une restauration pendant 6 ans pour la refaire rouler.

Interview Wolseley 1500 de 1959




Comment en es-tu devenu propriétaire de ce petit bolide ?
C’est une voiture que j’ai récupérée en Angleterre à côté de Bath il y a à peu près 13-14 ans. Il y avait un beau marché. La couleur m’avait plus.
L’allure de la voiture était pour le moins unique. Je recherchais des objets ou des voitures un peu particuliers. Je l’ai donc ait rapatrier par un transporteur qui me l’a ramené ici. Après quelques vérifications, je me suis vite aperçu que je n’avais pas fait forcément une bonne affaire. Finalement elle était complètement rouillée.


Comment tu peux qualifier en trois mots cette voiture ?
Ludique, unique et sympathique. J’avais un quatrième mot pour la qualifier vu que la réaction des gens, c’est vraiment la curiosité. Ça provoque une curiosité pour les voitures anciennes, les voitures anglaises, Personnellement, je vois surtout un capital sympathique quand on est au volant ou quand on
croise les gens.

Quelles sont ses qualités et ses défauts ?
A l’achat, il y a eu beaucoup de rouille. Il a fallu travailler dessus. Maintenant qu’elle est bien, qu’elle est opérationnelle, son défaut, c’est le défaut des voitures anglaises. Elle fait un peu d’huile, normal. Et le défaut des voitures anciennes, c’est le freinage. Si jamais il n’est pas assisté, il faut savoir freiner et anticiper.
Après, c’est que du plaisir. Il faut rappeler que le châssis de la Wolseley 1500, c’est celui de la
Morris Minor. Même si on a quelques petites notions, on arrive à faire les freins, le carburateur, un peu d’électricité. Le défaut, on en parlait, c’est que c’est un plat de spaghetti, mais les Anglais étaient assez forts
là-dessus. Donc ça, c’est à reprendre. Mais oui, au niveau mécanique, ça reste de la mécanique
basique. Et en plus, elle est signée l’Austin. L’instrumentation, c’est celle de la Mini. Le volant, c’est
propre à BMC. Mais on peut « mécaniquer » facilement dessus sans aucun problème.




Peut-on dire que c’est une Mini améliorée ?
Oui, c’est une Mini améliorée. Sachant que la Morris Minor, c’était déjà la plateforme de la
Mini. On n’invente rien. On met simplement la Wolseley sur la plateforme de la Morris. ,Sauf que Wolseley était le préparateur de luxe, je dirais, par rapport aux Mini et aux Morris Minor. De ce fait, il y a des équipements qui diffèrent justement des véhicules classiques. Déjà, ce que je trouve très mignon, c’est le petit bouchon sur le capot qui fait très luxe, avec la calandre à l’avant, qui rappelle les voitures anglaises typiques qui amène cette touche de luxe, justement. Quant à l’intérieur, je trouve que le tableau de bord est magnifique. Je l’ai fait à la main.

Quelles sont les sensations de conduite par rapport à une Morris Minor ? Est-ce que tu vois une différence en termes de tenue de route ?
Par rapport à la Morris Minor, il y a une différence. Je pense que c’est par rapport à son empattement, à son gabarit qui est un peu plus long que la Morris Minor. Elle est très joueuse de l’arrière. Beaucoup plus que la Morris Minor, sachant que c’est deux voitures à propulsion. Donc, sur route mouillée, il faut faire très attention. C’est peut-être l’un des défauts qu’on peut lui donner.
Après, au niveau comportement routier et suspension, c’est exactement la même chose. La Morris reste plus puissante. La présence des ressorts à lames à l’arrière. est plus ou moins apprécié lorsqu’on est assis à l’arrière.
Quels conseils tu donnerais à un futur accueillant de Wall Soleil, justement ?


Vu que c’est une voiture qui n’a pas eu un succès commercial très fulgurant, il faut en trouver une en bon état, Sinon, ça veut dire qu’elle a été refaite. Il faudra repasser par des travaux, comme je l’ai fait. Le conseil, c’est justement de faire attention à la rouille au niveau du plancher et des longerons. Ce sont les deux endroits où la voiture se plie. Après, la difficulté réside dans le fait qu’elle n’a pas vraiment bien fonctionnée en Angleterre. Donc les pièces sont assez spécifiques (carrosserie ou certains joints), même s’il y a une compatibilité avec la Morris sur certaines pièces. Pour les avoir, c’est très compliqué. Il faut s’adresser justement à des spécialistes, mais qui ne sont pas très aidants sur le sujet et assez hermétiques.
Oui, après, il faut chercher sur Internet et bidouiller. Pour refaire les vitres, j’ai fait des U en fer, parce que je ne retrouvais pas les bons gabarits. Après, on peut refaire les pièces soi-même si besoin. Et avec la 3D, maintenant, on peut arriver à faire des pièces introuvables. Il faut savoir, mais on peut y arriver. Il faut également du temps, de la patience et de la recherche. Au niveau de l’extérieur, il y a des pièces de carrosserie qui sont bien spécifiques. On peut les retrouver facilement, mais il y en a qui abusent au niveau du prix. Il y a un surenchère, notamment concernant le bouchon sur le capot. Enfin, les deux ailes. Ça peut aller de 50 euros à 300€. Mais quand on le trouve à 50 €, il a bien vécu. À 300€, il est quasi neuf. Un parechoc, c’est spécifique.et coute dans les 400€. C’est le marché de la collection. Après, les gens abusent parce qu’il n’y a quasiment plus de pièces. Plus les pièces sont rares, plus le prix va augmenter. avec même des spéculations. Les Anglais sont assez doués là-dessus, même s’ils roulent avec des voitures qui ne sont pas forcément homologuées. La notion de MIN, chez les Anglais, est très lointaine.
Ils ont leur liberté là-bas, donc ils ont la liberté du prix aussi.
Est-ce que savent l’identifier lors de son passage?
Alors, à 99% non. Il n’y a que les vrais connaisseurs qui se disent que c’est une Wolseley. Pour ceux qui ont une
Wolseley, ils la connaissait comme elle est régulièrement à Suresnes (lors des Journées Européennes du Patrimoine 2025). Ils arrivent à voir mais sans déterminer le modèle. Sinon, je dirais que le public lambda se demande ce qu’est comme voiture. Soit c’est américain, soit c’est anglais. Certains disent qu’il y a une touche américaine. Je ne sais pas pourquoi. Je ne vois pas où. Tout à l’heure, ils ont dit encore que c’est une américaine. Je ne vois pas le lien avec une américaine. Mais bon, ce n’est pas grave. C’est le côté biton, je pense. Il y en a eu ça en France aussi avec les SIMCA.

Quel est justement le ressenti des gens quand ils la voient ?
Si le nom ne leur parle pas, c’est la surprise. C’est chouette. Elle est magnifique. Elle est belle.
Et puis la découverte de voir une nouvelle voiture et quelque chose qu’ils ne
connaissaient pas. Ça intrigue, ça attire. Ça permet la discussion.
Lorsque tu la sors, les gens te posent-ils beaucoup de questions sur cette voiture ?


Énormément, énormément. Plus que sur la Morris. Oui, beaucoup de questions. « D’où ça vient ? « , « D’où ça sort ? ». « C’était qui qui construisait ça ? », « Est-ce qu’on en trouve encore ? », « Combien ça coûte ? », C’est assez marrant.
Je pourrais la vendre à un prix exorbitant. On n’est pas là pour parler de prix. C’est une voiture
qui n’est pas chère en soi. Ils veulent me l’acheter et J’ai vraiment des propositions.
Ça fait 3-4 mois qu’elle revit et J’ai eu facilement 5 propositions à des prix exagérés. Je ne dis rien parce que c’est largement au-dessus du prix de la voiture. Bon, on verra. Le jour venu.
Est-ce qu’il y a des jeunes aussi qui s’y intéressent ?
Pas vraiment. Les jeunes sortent du monde de la collection. Ce n’est pas des choses qui les attirent. Non, ça reste pour des générations de 40, à partir de 40ans, avant un petit peu, si quelqu’un est vraiment intéressé. Sinon, les jeunes, ça ne vaut rien pour eux.
Parce que par rapport à une Morris Minor ou une mini classique, la Volkswagen était quasiment 2 fois plus chère qu’à ces modèles-là. Et donc, pour pouvoir s’en acheter une, Il fallait faire partie de la hauteur. Mais ça ne vaut rien aujourd’hui. Je ne devrais pas le dire mais il faut un budget d’environ 8000 euros,
Quel conseil tu donneras à quelqu’un qui veut s’en acheter une, justement ?
Mise à part de la rouille et certains aspects, la mécanique nécessite de bonnes bases. On ne peut pas se lancer dans ce type de voiture si on ne connaît pas le minimum dans la mécanique. Il ne faut pas être mécanicien, mais il est nécessaire de localiser où est l’allumage, où est le carburateur, l’arrivée d’essence, le bouchon d’essence… Il y a des petites pannes fréquentes, mais qu’on peut se dépanner tout seul sur la route.
Après, si le plaisir est là et si l’envie est là, ça suffit. Pour moi, ça suffit. Il ne faut pas se faire avoir au niveau du prix. Voilà, c’est tout.




Est-ce qu’il y avait des options, des accessoires en plus ?
Non. La seule différence au niveau des options, c’est avec la Riley. Il y a la Riley 1500 où il n’y avait pas les mêmes manettes de température, d’air… Je ne vais pas dire l’air qu’on a entièrement copiée, mais l’air était différent. Le chauffage était différent, les options étaient différentes. Après, c’est tout.
On pouvait lui mettre déjà une radio avec le cache radio sur la Riley. Il y avait aussi une enceinte centrale


Est-ce que tu es prêt à la garder très longtemps, cette voiture ou tu as d’autres projets éventuellement en tête ?



Des projets, j’en ai plein la tête. C’est toujours pareil, j’ai déjà la Morris Minor. Celle-là, c’est mon premier début. Je ne la vendrais jamais. J’ai essayé, mais sans succès. La Wolseley, je pense que je la vendrais pour faire un autre projet, parce que je pense la garder un an pour se faire plaisir. Je me vois bien partir vers les Italiennes comme Alfa Romeo des années 60 type Giulia et Giulietta. Voilà. C’est un autre budget, mais qui se travaille aussi plutôt bien.
Et avant, ces deux Anglaises-là, tu avais d’autres voitures ?
Pas du tout. C’était un voyage professionnel à l’Angleterre, où j’avais vu il y a une quinzaine d’années, j’avais vu la Morris. Je ne connaissais pas du tout.je me suis dit : « Wow, ça me plaît ». Et comme j’avais des problèmes de santé, j’avais toujours rêvé d’avoir des voitures en scène, mais j’étais plus sur des Américaines type muscle car qu’on voyait beaucoup dans les films. C’est là que je me suis dit vas-y, lance-toi. Le prix n’était pas exorbitant.
J’ai ramené la Morris Minor. Et ça a été un coup de chance et un coup de coeur. Parce qu’au niveau
mécanique, elle était quasi impeccable. Dans des films anglais, et même dans des chansons des années 60, on en voit en second plan. Dans Mister Bean, il y en a certaines en second plan qui sont présentes. Donc c’est justement ça qui fait aussi le charme.
Est-ce qu’on en trouve encore en Angleterre ?
J’avais fait une recherche au niveau de l’immatriculation pour savoir combien avaient survécu. On m’avait dit qu’il y en avait 6 en France. Après, pareil, combien il y en a qui roulaient ? Moi, je ne roulais pas. Elle était immatriculée, mais elle ne roulait pas. Il y en a peut-être d’autres depuis, je ne sais pas.
Mais en Angleterre, iI n’y en aura pas beaucoup. On trouve beaucoup de Hornets, mais coté des Wolseley 1500 ce sont celles de troisième génération les plus connues. Moi, c’est la première génération.
Mais si je vais en Angleterre, ils vont tout de suite savoir. Je me fais dépouiller (rires) ou je me fais inviter dans un endroit où je ne ressors pas. Et la voiture non plus.

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS – Gwenvaël Mottas
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