MG ou un avant goût du fameux roadster MGB (1/2)

Le 22 mai, le roadster MG MGB entra en production (il y a 60 ans). Le 2 octobre 1962 au British International Motor Show, la compacte MG 1100 fut dévoilée (il y a également 60 ans). Pour cette première partie, ABSOLUTELY CARS vous invite à redécouvrir les premières MG, celles qui furent lancées avant 1962.

Les premières MG

L’acheteur ou l’utilisateur d’une automobile peut devenir ou être un passionné. Mais le dirigeant d’une société n’est pas un passionné. Il regarde et analyse les courbes de la production, des ventes, du chiffre d’affaire, des bénéfices… Sur 4000 constructeurs de voitures qui œuvrèrent à la fin du XIXe et au cours du XXe siècle, beaucoup ne furent qu’une branche d’activité complémentaire d’une industrie existante : chariots hippomobiles, bicyclettes, motocyclettes, moteurs stationnaires, matériels ferroviaires, métiers à tisser…

William Richard Morris (1877-1963) quitta l’école à 15 ans et devint apprenti chez un vendeur et réparateur de bicyclettes. Ce dernier lui refusa une augmentation de salaire et William Richard Morris ouvrit un atelier de réparation dans un hangar implanté derrière la maison de ses parents à Oxford. Pour faire face à un succès croissant, il ouvrit un magasin au 48 High Street et commençant à assembler ses propres vélos. Il en motorisa quelques uns à partir de 1901, puis acheta des bâtiments dans Longwall Street en 1902 pour vendre et réparer des automobiles. En 1910, il rebaptisa son entreprise « The Oxford Garage » en « The Morris Garage ». En 1912, il conçut une voiture et acquit les bâtiments d’une école militaire désaffectée située dans le quartier Cowley à Oxford. En 1913, débuta la fabrication des automobiles MORRIS. Pour faire face à son nouveau succès, il fit construire ou acheta des usines à Abingdon-on-Thames, Birmingham et Swindon entre 1919 et 1925. Il embaucha Cecil Kimber (1888-1945) en tant que chef des ventes de la concession MORRIS d’Oxford. Ce dernier modifia des voitures pour les engager dans des courses. En 1924, fut assemblée la MG immatriculée FMO 842 et équipée de 4 freins à tambours, modifiée et ré-immatriculé FC 7900 en 1925. Conduite par Cecil Kimber, elle gagna la course Londres – Land’s End, terre située totalement à l’Ouest de l’Angleterre. Cette voiture de course est considérée comme la première MG. Entre 1924 et 1927, fut néanmoins assemblée la MG 14/28 (munie de 4 freins à tambours fin 1924), rebaptisée MG 14/40 et produite entre 1927 et 1929. Entre 1928 et 1932, fut fabriquée la MG 18/80. MG signifiait « Morris Garages ». Ces premières voitures représentèrent un volume de 1588 unités.

Sur 4000 constructeurs, MG est unique. Aucun constructeur de la trempe de Morris (alors premier constructeur britannique) ne mit à disposition son outil industriel et son réseau commercial au profit d’une enseigne complémentaire de voitures de sport. Pendant l’entre-deux-guerres, Louis Renault ne créa pas Renault Sport et ne lui donna pas un sigle, un octogone par exemple, enfermant les lettres RS. Paul Daimler ne créa pas AMG. En mars 1924, une publicité mentionna deux lettres, « MG » qui deviendront mythiques. L’octogone les enfermant fut une idée de Cecil Kimber qui possédait dans sa salle à manger, une table octogonale.

En 1924, Morris Commercial Cars Limited débuta la fabrication des véhicules utilitaires. En 1926, Morris Motors Limited produisit 42% des automobiles britanniques et acheta l’entreprise SU carburettors. En 1928, commença la saga des MG Midget équipées d’un 4 cylindres muni d’un arbre à cames en tête. Les 4 freins à tambours étaient présents. La MG Midget D-type disponible entre 1931 et 1932, fut la dernière MG munie d’une boîte à vitesses 3 rapports. La MG Midget C-type disponible également entre 1931 et 1932, fut la première MG munie d’une boîte à vitesses 4 rapports. La MG Midget J4 fut la seule munie d’une boîte à vitesses 5 rapports. Les taux de compression, le type de carburateur(s), la présence ou l’absence de compresseur engendraient des puissances spécifiques différentes. Entre 1931 et 1934, fut disponible la MG Magna équipée d’un 6 cylindres muni d’un arbre à cames en tête. Entre 1932 et 1936, fut proposée à la vente la MG Magnette équipée d’un 6 cylindres muni d’un arbre à cames en tête. De nombreuses voitures furent engagées dans des courses, elles remportèrent des succès locaux et enthousiasmaient leurs propriétaires. Les MG munies d’un 4 cylindres OHC furent produites à 8540 exemplaires, Les MG munies d’un 6 cylindres OHC furent réalisées à 2300 unités.

MG déménagea d’Oxford à Abingdon-on-Thames en 1929. En 1935, MG devint une filiale de Morris. Fin observateur, William Richard Morris connaissait parfaitement les axes techniques à conserver ou à adopter pour les futures voitures :

  • l’arbre à cames en tête qui permettait d’obtenir une puissance spécifique et un niveau de consommation intéressants,
  • les suspensions à 4 roues indépendantes. Les voitures ainsi équipées étaient surnommées les « sans secousse » et étaient parfaitement adaptées aux roues sinueuses et déformées du Royaume-Uni,
  • la transmission aux roues avant parfaitement en adéquation avec des automobiles munies de motorisations de faible ou moyenne cylindrée.

Cependant, Clyno, le troisième constructeur derrière Morris et Austin, endetté, ne parvint pas à franchir les difficultés générées par la crise de 1929. Par prudence et mesure d’économies, William Richard Morris écarta les solutions novatrices et retira les moteurs à arbre à cames en tête de la gamme MG, quitte à augmenter les cylindrées des moteurs, les soupapes en tête étant néanmoins conservées. Cecil Kimber, n’étant plus associé, mais directeur général de MG depuis 1930, ne put s’opposer à ces décisions.

Trois nouvelles gammes MG furent lancées. La MG SA reçut un 6 cylindres OHV de 2,3 litres. Elle fut complétée entre 1938 et 1939 par la MG WA muni d’un 6 cylindres OHV de 2,6 litres. La MG VA exploita un 4 cylindres OHV de 1,5 litre. La MG Midget TA utilisa un 4 cylindres OHV de 1,3 litre. Ces voitures furent assemblées respectivement à 2738, 369, 2407 et 3003 exemplaires.

Les célèbres MG Midget T-type

Disponible dès 1936, la MG Midget TA reçut plusieurs carrosseries : cabriolet ou drophead coupe ou Tickford drophead coupe, roadster (la variante la plus diffusée) et Airline coupé (apparemment assemblée en un seul exemplaire). En 1939, cette voiture prit l’appellation MG Midget TB. La cylindrée du 4 cylindres OHV fut ramenée de 1292cm3 à 1250cm3, mais la puissance grimpa de 50ch à 4500tr/mn à 55ch à 5200tr/mn. L’empattement de 2,39m, la longueur de 3,64m, la largeur de 1,42m furent conservés. Cette dernière variante d’avant guerre fut assemblée à 379 exemplaires. L’usine d’Abingdon-on-Thames se consacra rapidement à l’effort de guerre. Cecil Kimber fut remercié en 1941. Auparavant, en 1938, William Richard Morris créa la Nuffield Organization qui regroupa Morris, MG, Riley et Wolseley.

Entre 1945 et 1949, fut fabriqué le roadster MG Midget TC à 10001 unités. La MG Midget TD intégra des innovations : les roues avant indépendantes et direction à crémaillère. Pour cela, la longueur fut portée à 3,68m et la largeur à 1,49m. Elle fut produite à 29664 exemplaires. En 1953, la MG Midget TF adopta une longueur de 3,73m, une largeur de 1,52m, des phares semi-encastrés. Elle fut assemblée à 6200 unités. En 1954, elle fut rebaptisée MG Midget TF 1500 car la cylindrée fut portée à 1466cm3, l’empattement originel de 2,39m étant conservé, la boîte à vitesses 4 rapports n’étant pas synchronisée. En avril 1955, le dernier exemplaire de cette dernière série fut produit, représentant 3400 unités complémentaires. Au total, 52647 MG Midget T-type furent vendues.

Les premières berlines MG après guerre

En 1947, apparut la MG YA Saloon, une berline innovante équipée de roues avant indépendantes et de la direction à crémaillère, économique car la cylindrée de son 4 cylindres OHV était contenue à 1250cm3. Son empattement était de 2,52m. Entre 1948 et 1950, le cabriolet MG YT Tourer fut disponible. Entre 1951 et 1953, la MG YA Saloon devint la MG YB Saloon. Sa production représenta un volume total de 8336 unités dont 877 cabriolets.

En 1952, la British Motor Corporation Limited (BMC) fut créée. Elle résulta de la fusion entre la Nuffield Organization (Morris, MG, Riley, Wolseley) et de l’Austin Motor Company (Austin, Vanden Plas/Princess). A ses débuts, BMC constitua le plus grand groupe européen en termes de volume de production.

En mars 1954, apparut la MG Magnette ZA, une berline munie d’une carrosserie ponton délicieuse qui était de type monocoque autoporteuse. Son design était dû à Gerald Marley Palmer (1911–1999) comme sa devancière. Entre 1956 et 1958, elle porta comme dénomination MG Magnette ZB. Une boîte à vitesses semi-automatique 4 rapports fut alors disponible, dénommée curieusement Manumatic. Sa production représenta un volume total de 49354 exemplaires. En adoptant la carrosserie signée Pinin Farina, elle devint MG Magnette Mk III. Son empattement fut ramené de 2,59m à 2,52m, sa longueur fut portée de 4,29m à 4,53m. En février 1961, elle adopta comme dénomination MG Magnette Mk IV. Avec une longueur inchangée, son empattement fut porté de 2,52m à 2,55m ; la cylindrée de son 4 cylindres OHV, de 1489cm3 à 1622cm3. En 1962, la boîte à vitesses automatique 3 rapports devint disponible. En avril 1968, lorsque cette berline fut retirée du marché, elle était toujours dépourvue de freins à disques à l’avant.

La Siam Di Tella (Siam pour Sección Industrial Amasadoras Mecánicas) assembla entre 1959 et 1967, la fameuse berline dessinée par Pinin Farina pour le compte de BMC. Le fondateur de cette société argentine fut Torcuato di Tella (1892–1948). Son empattement était de 2,52m (2,55m entre 1966 et 1967) pour une longueur de 4,52m.

Le roadster et le coupé MG MGA, tout simplement magnifiques

Annoncé le 26 septembre 1955, le roadster fut officiellement lancé au Salon de l’automobile de Francfort. Les portières n’avaient pas de poignée extérieure ! Le coupé devint disponible en 1956, ses portières étant équipées de poignées extérieures. Son empattement était de 2,39m pour une longueur de 3,96m. En mai 1959, les freins à disques furent adoptés à l’avant. La motorisation Twin-Cam (double arbre à cames en tête ou DOHC) était associée aux 4 freins à disques. 58750 MG MGA 1500 furent assemblées, 40533 MG MGA 1600 et 2111 MG MGA Twin-Cam, un total de 101 394 unités fabriquées entre septembre 1955 et mai 1962. Les deux sites industriels utilisés furent celui d’Abingdon-on-Thames et celui d’Enfield en Australie. La MG MGA eut pour descendance, le roadster MG MGB.

Le roadster MG Midget, clone de l’Austin-Healey surnommée « square-bodied Sprite »

La seconde génération de l’Austin-Healey Sprite fut présentée en mai 1961 et fut produite pendant dix ans. Le roadster MG Midget fut dévoilé en juin 1961 et assemblé jusqu’en décembre 1979. Il était légèrement plus cher à l’achat que l’Austin-Healey Sprite, tout en étant fort similaire. Son moteur fut un 4 cylindres OHV de 948cm3 muni de deux carburateurs SU HS2, accouplé à une boîte à vitesses manuelle 4 rapports. Son empattement était contenu, 2,03m. Munie d’une carrosserie monocoque et de suspensions avant à roues indépendantes, sa longueur originelle fut de 3,46m, 3,47m entre 1964 et 1966, 3,5m jusqu’en 1974, 3,58m jusqu’en 1979 avec des pare-chocs en polyuréthane imposés par la réglementation nord-américaine. Les freins à disques à l’avant furent adoptés en octobre 1962. Au cours des huit premières années, il s’en écoula 74697 exemplaires (moins de 10000 par an en moyenne). Au cours des dix dernières années, ce roadster fut acquis à 151720 unités (plus de 15000 par an en moyenne). Cette excellente tenue des ventes dans le temps s’expliquait par la réactualisation de la puissance de son 4 cylindres, associée à une augmentation de la cylindrée. La version US offrit toujours des puissances et performances en retrait :

  • entre janvier 1972 et fin 1974 : 1275cm3, 55ch SAE net à 5500tr/mn, 91Nm à 3250tr/mn, vitesse maximale de 148km/h, 0 à 100km/h franchi en 14,5 secondes,
  • entre 1975 et 1977 : 1493cm3, 56ch SAE net à 5000tr/mn, 99Nm à 2500tr/mn, vitesse maximale de 146km/h, 0 à 100km/h franchi en 16 secondes,
  • entre 1977 et 1979 : 1493cm3, 51ch SAE net à 5000tr/mn, 90Nm à 2500tr/mn, vitesse maximale de 143km/h, 0 à 100km/h franchi en 18 secondes.

Richard Anthony (1938-2015) et sa chanson « Nouvelle Vague » 

Mais, est-ce bien une MG ?

Nous attendons vos réponses.

Article co-écrit par : ABSOLUTELY CARS & CARDO
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’Archives

https://absolutelycars.fr/culture-automobile/focus-sur-le-roadster-triumph-spitfire-fut-lance-il-y-a-60-ans-partie-2-2/

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