Focus sur : La Bizzarrini 5300GT, la diva italienne

Parmi tous les chefs d’œuvres que l’on voit que très rarement sur nos routes, la Bizzarrini 5300GT se détache du lot par la pureté de ses courbes, sa superbe mécanique Chevrolet et sa prestance remarquable ! Il faut dire qu’elle a de qui tenir ! Cette voiture des années 1960 est le produit de l’imagination de Giotto Bizzarrini, l’un des plus brillants ingénieurs du monde de l’automobile, ayant travaillé pour Ferrari et l’éphémère aventure ATS en Formule 1 ! Déclinée en version « Strada », « America », « Corsa » et « Spyder », son histoire n’est pourtant pas un long fleuve tranquille ! Issue du prototype ISO A3C construit par Renzo Rivolta, signée par Bertone, elle prend par la suite le nom de son créateur pour être produite entre 1965 et 1968 à une centaine d’exemplaires ! Épique ! Mais que ne tienne ! Aujourd’hui, cette oeuvre d’art est désormais légendaire parmi les voitures italiennes GT, séduisant encore et toujours tous les amoureux… affolant toutes les enchères !

L’ISO Grifo A3/C, petit rat de l’opéra

En 1963, plusieurs murmures circulaient dans les allées du Salon automobile de Turin et tous les regards étaient tournés vers le stand Bertone ! Il faut dire qu’il est bien difficile de ne pas rester indifférent face à l’ISO Grifo A3/L ! Sa courbe racée, son puissant V8 Chevrolet et son châssis très léger laissaient présager un immense potentiel ! Giotto Bizzarrini le sait bien et imagina une version encore plus sportive : l’ISO Grifo A3/C !

L’ISO A3/C est une petite merveille en soi ! Elle dispose d’un châssis tubulaire type « compétition », allié à une carrosserie 2+2 semi-monocoque en aluminium riveté. Toutefois, on dit d’elle alors que ce n’est qu’une « Ferrari 250 GTO améliorée », malgré que ses performances soient équivalentes à la toute nouvelle Ferrari 275 GTB ! Il faut dire que Giotto Bizzarrini a principalement travaillé aux côté du Cheval Cabré, faisant un passage express par le Taureau de Sant’Agata Bolognese (Lamborghini) et du blason milano-grec d’Alfa Roméo. De cette expérience, l’ISO A3/C en a gardé quelques marques, mais aussi le désir de l’amélioration continue vers un idéal esthético-mécanique ! Il s’agit, en effet, de l’une des premières sportives italiennes à moteur central avant, lui offrant ainsi une quasi-parfaite répartition des masses, lui permettant de braver les 300 km/h !

Présentée en octobre 1963, elle est commercialisée dans la foulée, avec, en prime, certaines versions exclusivement préparées pour le circuit. Elle s’illustra notamment, en 1964 et 1965, avec une magnifique victoire de classe lors des 24 Heures du Mans.

Alors que tout semblait aller dans le meilleur des mondes, la disparition de Renzo Rivolta change le destin de cette voiture, seulement après 25 unités produites ! En effet, l’entente entre son fils, Piedro Rivolta, et Giotto Bizzarrini se fait attendre tandis que souffle le vent de la discorde ! Giotto Bizzarrini finit par claquer la porte, non sans mettre en procès son ancien collaborateur. S’il ne récupère pas le nom « ISO Grifo A3/C« , il s’octroyait le droit de fabrique 50 automobiles. La Bizzarrini 5300 GT allait commencer à briller !

La Bizzarrini 5300GT, une étoile parmi les étoiles

La Bizzarrini 5300GT, l’histoire d’un mythe italien

Nous sommes en 1965 et désormais Giotto Bizzarrini est le seul maître à bord ! S’associant à la Carrozzeria BBM, il développe une version pour la route, la Bizzarrini 5300GT Strada et une version plus sportive, mieux armée pour la compétition, la Bizzarrini 5300 GT Corsa.

Giotto Bizzarrini améliore son modèle pour le rendre encore plus performant ! Son poids passe de de 1210 à 1190 kg grâce une carrosserie en fibre de verre alors que son moteur est survitaminé à 365 ch, voire 400 ch pour sa version « course ». Avec un tel rapport poids/puissance, toute la notion de « sport » prend son sens avec la Bizzarrini 5300GT Corsa, dotée d’un poids réduit, d’une boîte de vitesse courte et le tout sans ceintures !

Mais côté look ? A-t-elle vraiment évolué ? Seuls les puristes vous le diront ! Ici, des clignotants sous les projecteurs, là, un pare-chocs remodelé en deux parties, là-bas, des veilleuses avant, de ce côté, des flancs ornés de persiennes ouvertes, de l’autre, des boutons en guide de poignées de portes… Cependant, la Bizzarrini 5300GT ne renie pas ses origines. Elle en conserve sa mécanique « Chevrolet small-block 327 » que nous retrouvons dans les Chevrolet Corvette : un beau V8 5.3l GM des plus séduisants ! Enfin, ça, c’était pour les 50 premiers exemplaires !

En effet, manquant de nouvelles pièces pour créer les unités suivantes, Giotto Bizzarrini est obligé de faire évoluer son modèle fétiche. Et c’est avec une voiture quel que peu changée, qu’il part à la conquête du marché américain avec une sportive spécialement imaginée pour les Etats-Unis : la Bizzarrini 5300 GT America. Cette nouvelle série s’embourgeoise : sièges rembourrés, tout nouveau tableau de bord en noyer, volant de plus petit calibre… Tout est fait pour offrir toujours plus de confort à son conducteur ! Avec cette meilleure version d’elle-même, la Bizzarrini 5300GT veut jouer sur les plates-bandes des plus célèbres marques de luxe italiennes, à savoir Ferrari, Lamborghini et Maserati ! Et le succès est au rendez-vous !

Si on aurait pu croire que l’aventure pouvait s’arrêter là, c’était sans connaître Giotto Bizzarrini ! Il se lance dans un nouveau projet : la Bizzarrini 1900GT Europa ! Il s’agit d’une version réduite de sa grande sœur, la Bizzarrini 5300GT. Basée sur une plate-forme Opel 1900, son design est des plus agressif, même si elle garde quelques traits de sa devancière. Construite par Bizzarrini lui-même, elle ne sera produite qu’à 17 prototypes, armés d’un 4 cylindres de 1300 et 1600 cm³ provenant de Général Motors, d’Alfa Romeo et de Fiat.

Toujours à l’affût de nouveaux projets, à l’instar de Bizzarrini P538S, Bizzarrini S.p.A est, hélas, placée en redressement judiciaire, en 1968, avant de baisser définitivement le rideau en 1969. C’est la fin d’une époque, celle de la Bizzarrini 5300 GT Strada ! On ne compte que seulement 123 exemplaires dans le monde, dont une dizaine pour la version Bizzarrini 5300GT America et uniquement deux pour sa compère, la Bizzarrini 5300GT Corsa. Par leur beauté et leur rareté, elles deviennent des mythes à part entière de l’automobile italienne, donnant à rêver à des millions de passionnés !

La Bizzarrini 5300GT Strada ou les secrets d’une dame

La Bizzarrini 5300GT est un petit bijou, côté design, mais aussi côté intérieur ! Sa ligne ramassée et sa cellule au centre du châssis ne nous permettent pas de deviner où se trouve réellement le bloc-moteur. Il faut dire que côté « bizarrerie », la Bizzarrini 5300GT Strada a son petit lot malgré son standing : allumeur dans le tableau de bord, pédalier qui arrive au milieu du moteur, vibration démentielle du moteur dans l’habitacle, sauna gratuit, carrosserie ultra-basse… Bref, conduire cette petite oeuvre d’art est… « sport » ! C’est bien le mot ! En tout cas, la promesse d’être au volant d’une sportive digne de ce nom est bien tenue ! Assis à bord, nous pouvons que nous dire une seule chose : il faut vraiment beaucoup d’endurance pour mener une telle machine sur un circuit et tenir toute une course ! Mais nous pouvons bien reconnaître à la belle son châssis parfait et son puissant V8 d’une solidité à toute épreuve !

En tout cas, nous, elle nous a séduits ! Et c’est une véritable joie de voir de nos propres yeux l’un des 111 exemplaires destinés à la route ! Surtout quand on connaît sa côte auprès des collectionneurs ! En effet, aujourd’hui, non seulement les Bizzarrini 5300 GT sont rares, mais elles demandent de débourser, au bas mot, dans les 400 000€ pour briller en endurance historique ! Quant aux ventes aux enchères, elles affolent les compteurs à l’instar de la magnifique Bizzarrini 5300GT Strada vendue 1 244 400 € lors de la vente Artcurial 2015 à Rétromobile ! Et nous vous parlons même pas des deux uniques versions Bizzarrini 5300GT Spyder… car tout simplement, elles sont inestimables !

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS

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