Focus sur : La Citroën DS, une jeune fille de 70 ans (partie 2/2) !

A partir du milieu des années 50, les constructeurs français des voitures de luxe ou sportives disparurent : Delage, Delahaye, Salmson, Hotchkiss, Ford France, Talbot Lago s’éclipsant en 1959. En France sur ce créneau, la seule marque présente était Facel Vega qui se passait des maîtres-carrossiers. La disparition des châssis prestigieux français entraîna celle des maîtres-carrossiers. Contrairement à la Citroën Traction Avant, la nouvelle Citroën DS présentée le jeudi 6 octobre 1955, n’était pas équipée d’une carrosserie monocoque autoporteuse. Henri Chapron vit en elle une opportunité pour survivre.

Avec ce second article, ABSOLUTELY CARS vous invite à redécouvrir les créations du carrossier de Levallois-Perret qui exploita les plateformes des Citroën DS.

Henri Chapron

Henri Albert Maurice Chapron (1886-1978) ouvrit son entreprise de carrosserie à Neuilly-sur-Seine en mars 1919, l’activité débutant en décembre 1919. L’objectif initial fut d’améliorer ou de transformer des voitures issues des surplus militaires. L’atelier déménagea en 1923 à Levallois-Perret pour bénéficier de bâtiments plus spacieux conçus par Gustave Eiffel. La production commença à péricliter après la Seconde Guerre mondiale. Néanmoins, elle perdura jusqu’en 1985.

Les Citroën DS Chapron de 1958

Henri Chapron ne fut pas le seul à s’intéresser à la Citroën DS. Entre 1959 et 1960, les frères Beutler implantés à Thoune dans le canton de Berne en Suisse, réalisèrent quelques cabriolets Citroën ID/DS en soudant simplement les portières arrière.

Le 1er octobre 1958 lors du 45ème salon de l’automobile de Paris, figura sur le stand Citroën, la Citroën DS Prestige dont la mise en place de la cloison de séparation et la finition furent confiées à Henri Chapron. Réalisée jusqu’en 1974, environ 500 exemplaires prirent la route. Entre juin 1959 et juin 1961, furent produits 46 Citroën ID Voiture de Maître également munies d’une cloison de séparation.

Sur le stand Henri Chapron, fut présenté le cabriolet Citroën DS La Croisette. Les portières étaient allongées ; les ailes arrière de la berline, conservées ; des joncs chromés, implantés sur les soudures des portes arrière ; des baguettes, présentes sur les ailes et les portières avant ; la caisse, rigidifiée. Quelques semaines plus tard, apparut le coupé Citroën DS Le Paris reprenant les codes stylistiques du cabriolet. Ce dernier fut réalisé à 9 exemplaires entre 1958 et 1959.

Lors du Salon de l’automobile de Paris d’octobre 1959, la silhouette du cabriolet Citroën DS 19 La Croisette fut affinée. Les ailes arrière s’étendaient jusqu’aux portières. Ce cabriolet fut réalisé jusqu’en 1962, à 52 unités.

La direction de Citroën fut séduite par le cabriolet d’Henri Chapron. Elle demanda au carrossier de Levallois-Perret de produire des cabriolets Citroën ID (entre 1961 et 1965) et Citroën DS (entre 1961 et 1973) dits « Usine ». Ils furent assemblés respectivement à 112 et 1253 unités, en incluant dans ce dernier chiffre, les cabriolets Citroën DW chers à nos amis britanniques.

La Citroën DS Chapron de 1959

En complément du cabriolet Citroën DS La Croisette, Henri Chapron fabriqua le cabriolet Citroën DS Le Caddy dès 1959. L’idée fut de proposer un cabriolet financièrement plus accessible. Le véhicule donneur d’organes était la Citroën ID. Les portières étaient celles de la berline, les ailes arrière devenant immenses. Pour faire face à sa mévente, dès 1960, les portières furent allongées et les places arrière d’appoint furent remplacées par une banquette traditionnelle plus confortable. En 1964, ce cabriolet reçut une poupe, quelque peu, désuète ; mais ceci était une affaire de goût. Cette dite poupe fut généralisée à l’ensemble de la production d’Henri Chapron. Bien entendu, les motorisations et les transmissions disponibles étaient celles des berlines Citroën ID/DS. Son assemblage se poursuivit jusqu’en 1968. 34 exemplaires furent réalisés.

Les Citroën DS Chapron de 1960

En complément des cabriolets Citroën DS La Croisette et Citroën DS Le Caddy, Henri Chapron ajouta deux coupés en 1960. Le premier était dénommé Citroën DS Concorde. L’idée était d’offrir un espace plus généreux à l’arrière par rapport à la Citroën DS Le Paris. Son assemblage se poursuivit jusqu’en 1965. 38 exemplaires furent réalisés.

Le second coupé était dénommé Citroën DS Le Dandy. L’espace arrière était plus restreint que celui du coupé Citroën DS Concorde. Son assemblage se poursuivit jusqu’en 1968. 50 exemplaires furent réalisés.

La Citroën DS Chapron de 1962

En complément du cabriolet Citroën DS Le Caddy, des coupés Citroën DS Concorde et Citroën DS Le Dandy, Henri Chapron ajouta le cabriolet dénommé Citroën DS Palm Beach en 1962. Son assemblage se poursuivit jusqu’en 1972. 32 exemplaires furent réalisés. La production totale des cabriolets signés Henri Chapron fut de 118 unités, plus les 1365 cabriolets Citroën ID/DS dits « Usine ».

La Citroën DS Chapron de 1964

En complément des cabriolets Citroën DS Le Caddy et Citroën DS Palm Beach, des coupés Citroën DS Concorde et Citroën DS Le Dandy, Henri Chapron ajouta la berline Citroën DS Majesty. La gamme de voitures réalisées à la main et à la demande devint pléthorique. Son assemblage se poursuivit jusqu’en 1969. 27 exemplaires furent réalisés.

La Citroën DS Chapron de 1966

En 1966, le coupé Citroën DS Le Léman remplaça le coupé Citroën DS Concorde. Son assemblage se poursuivit jusqu’en 1973. 27 exemplaires furent réalisés. La production totale des coupés signés Henri Chapron fut de 124 unités.

La Citroën DS Chapron de 1967

En 1967, l’atelier d’Henri Chapron réalisa la Citroën DS 21 Présidentielle en un seul exemplaire. Elle se devait d’être plus longue qu’une voiture présidentielle américaine : longueur de 6,53m (contre 4,87m pour la Citroën DS 21 originelle), largeur de 2,13m (contre 1,79m) et hauteur de 1,6m (contre 1,47m). Son poids était impressionnant : 2660kg. Prévue pour les défilés, munie d’une boîte à vitesses spécifique permettant de rouler au pas pendant de longues heures, sa vitesse maximale était de 130km/h.

La Citroën DS Chapron de 1969

La berline Citroën DS Majesty fut remplacée, en 1969, par la Citroën DS Lorraine. Ce fut la dernière création d’Henri Chapron basée sur la Citroën DS. Son assemblage se poursuivit jusqu’en 1974. 20 exemplaires furent réalisés dont 2 en version blindée, reconnaissables grâce à leurs pare-brise en 3 parties. La production totale des berlines signées Henri Chapron fut de 48 unités. Aujourd’hui, les cabriolets Citroën ID/DS dits « Usine » et les créations d’Henri Chapron sont extrêmement recherchés. Malgré les renforts mis en place pour les cabriolets, il se peut qu’ils aient souffert. Cela se voit entre l’aile avant et la portière, l’espacement doit être constant sur toute la hauteur (et non plus large en bas qu’en haut). Apparemment, il est très difficile de corriger ce défaut. De plus, de nombreuses copies sont en circulation.

Les Citroën DS d’Hector Bossaert

Au début des années 60, de nombreux carrossiers s’intéressèrent à la Citroën DS à l’instar des frères Beutler, tout en conservant les 4 portes fonctionnelles pour un cabriolet, Reutter de Stuttgart, Heuliez de Cerizay. Au début des années 70, ce fut le carrossier turinois Vernagallo qui réalisa des transformation pour obtenir des cabriolets 4 portes. Mais, le plus crédible fut Hector Bossaert. Installé à Méteren, il réalisa des kits d’amélioration destinés aux 4 cylindres Citroën en intégrant des carburateurs plus performants. Avant 1968, 2 kits permettaient une puissance de 92 chevaux ou 95 chevaux. Après 1968, 6 kits furent disponibles dont le plus performant permettait d’obtenir 150 chevaux grâce à un taux de compression de 10:1. Egalement, il proposait des antibrouillards à implanter sous le pare-chocs, logés dans des coupelles en matière plastique sur lesquelles étaient montés des écrans en altuglas et des joints en caoutchouc. Il désira construire un coupé 2+2 exploitant ses solutions et retint Pietro Frua pour son design. La production fut confiée à la société Gété également située à Méteren. Raccourci de 47cm, abaissé de 7cm, adoptant un carburateur SU de 44mm de Jaguar pour obtenir une puissance de 95 chevaux et une vitesse maximale de 170km/h, le coupé fut fabriqué entre 10 et 13 exemplaires entre 1960 et 1965, plus un cabriolet 2+2 réalisé en 1966.

Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’Archives


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