Focus sur : La Dino 246 GT, amicalement sportive

S’il y a bien une voiture dont l’image est étroitement liée à celle de la série TV Amicalement Vôtre, c’est bien la Dino 246 GT dont la courbe racée et élégante ne laisse personne indifférent. Sa ligne équilibrée tout en finesse lui offre un design exceptionnel qui a fait rêver des milliers de passionnés et d’amateurs de voitures de collection, véritable icône des années 1970. Il faut vraiment dire que la belle Italienne est une voiture à part dans l’histoire de Ferrari, avec son 6 cylindres 2.4 litres de 195 chevaux. Chez ABSOLUTELY CARS, il nous était impossible de ne pas faire un article sur ce bijou désormais inaccessible. Après l’Aston Martin DBS de Lord Brett Sinclair, découvrez la Dino 246 GT de Danny Wilde.

La Dino 246 GT, star de la série TV Amicalement Vôtre

Composée d’une seule saison et de 24 épisodes, la série TV Amicalement Vôtre (titre originel : The Persuaders!) met en scène deux hommes riches (Tony Curtis dans le rôle de Danny Wilde et Roger Moore dans le rôle de Lord Brett Sinclair) aux parcours différents. L’un est américain, l’autre anglais. L’un est un seft-made-man, l’autre, un Lord. Tout les sépare mais le hasard les réunira et ils combattront ensemble la pègre. Leur histoire et caractères sont présentés dès le générique et matérialisés par deux bolides : l’Aston Martin DBS et la Dino 246 GT. Si la première symbolise le luxe à l’anglaise, alliant sportivité et noblesse, la deuxième représente bien la signature du Cheval Cabré : la fougue, l’agilité et le génie. Hélas, ne possédant pas le V12 officiel des Ferrari, la Dino 246 GT n’est d’autre que le « vilain petit canard » de la marque avec son V6 de 195 chevaux. Si sa production s’arrêta en 1974, avec seulement 3761 unités, la notoriété de la belle italienne n’est plus à faire avec son apparition dans Amicalement Vôtre en tant que voiture de Danny Wilde. Sa renommée était faite et le vilain petit canard se transforma en cygne dont la côte ne fait qu’augmenter depuis !

A noter que Tony Curtis, qui est au volant de la Dino 246 GT dans cette série, est un acteur prolifique. Rien que pour le plaisir, citons quelques films : Le Voleur de Tanger (1951), Trapèze (1956), Certains l’aiment chaud (1959), La Grande Course autour du monde (1965, réinterprétation de la course automobile New York – Paris qui s’est déroulée durant les années 1907 et 1908) et bien d’autres !

Enzo Ferrari, entre génie et rêveries

De nombreux livres et magazines sont consacrés à Enzo Anselmo Ferrari et à ses voitures, les fameuses Ferrari. Il faut dire que la vie d’Enzo Anselmo Ferrari (1898-1988) fut très chargée. Il commença sa carrière chez Alfa Roméo, en 1920, comme pilote de course. En 1924, il obtint sa plus belle victoire en remportant la Coupe Acerbo en battant les puissantes Mercedes. Ce jour-là, il reçut le titre de « Cavaliere ». Il s’occupait également des fournisseurs et recruta notamment chez Fiat des hommes talentueux. Parallèlement, fin 1929, avec l’approbation d’Alfa Roméo, il fonda, à Modène, la Societa anonima Scuderia Ferrari dont l’activité était de seconder les pilotes de haut niveau et les propriétaires privés acquéreurs d’Alfa Roméo. En 1932, apparut le cheval cabré sur les carrosseries. En 1943, les ateliers furent déménagés de Modène à Maranello. Enzo Ferrari quitta Alfa Roméo en 1939 et créa Ferrari en 1947, son œuvre majeure.

Parmi ses véritables coups de maître, nous retrouvons ses « rêveries » qui furent au nombre de trois, tout au moins, en ce qui concerne une concrétisation en matière d’automobile, la famille des Dino étant la troisième.

La première rêverie d’Enzo Ferrari : l’Auto Avio Costruzioni 815 de 1940

La première Ferrari ne porta pas le nom de son créateur. Construite en 2 exemplaires en 1940 et considérée par les puristes comme la première « Ferrari », l’Auto Avio Costruzioni 815 de 1940 est équipée d’une carrosserie barquette réalisée par Touring selon le procédé Superleggera, d’une boîte 4 vitesses, de roues avant indépendantes, de freins à tambour sur les 4 roues. A noter que les Ferrari de 1947 furent équipées d’un V12 muni de 2 arbres à cames en tête. La signature et le génie étaient déjà là.

La deuxième rêverie d’Enzo Ferrari : l’ASA

En 1961, Enzo Ferrari imagina une voiture tout simplement extraordinaire au regard de ses performances pour l’époque : une 4 cylindres qui contenait l’intégralité des gènes des puissances Ferrari, 90ch par litre de cylindrée. En 1962, il vendit ses droits de fabrication à Oronzio de Nora, un industriel en électrochimie et ce fut sous l’identité ASA (Autocostruzioni Società per Azioni), une société basée à Milan, que fut produit le coupé ASA 1000GT muni de 4 freins à disque. Toutes les ASA réalisées par la suite conservèrent l’empattement de 2,2m. La fabrication de ces « Ferrari » en réduction s’acheva en 1968. Pendant ce temps, Enzo Ferrari imaginait déjà une autre voiture extraordinaire : la Dino.

La troisième rêverie d’Enzo Ferrari : la Dino

En créant la filiale « Dino », en 1965, Enzo Anselmo Ferrari voulut rendre hommage à son fils Alfredo, surnommé Alfredino ou Dino (1932-1956) atteint de la myopathie de Duchenne. Peu de temps avant sa mort, Alfredo Ferrari conçut un moteur V6 qui permit notamment à Ferrari de remporter le championnat du monde de Formule 1 de 1961.

Enzo Anselmo Ferrari et son équipe constatèrent que les Formules 1 équipées d’un moteur central arrière étaient très efficaces. Vanwall, champion du monde des constructeurs en 1958 et Cooper-Climax, champion du monde des constructeurs en 1959 et 1960, utilisaient la même solution technique. Ferrari, en 1961, remporta également ce prix avec ce nouveau dispositif. La Dino se devait d’avoir un moteur central arrière.

Il faut bien reconnaître que la Dino 246 GT de Danny Wilde est un extraordinaire jouet. La Dino 246 GT se révèle être une réussite technique : suspensions indépendantes aux quatre roues, barres antiroulis avant et arrière… Elle est agile comme une « tout à l’arrière » avec ses 1,7m de large, ses 1,14m de haut et ses 4 roues indépendantes. Elle tient très bien la route en évitant l’effet de pompage sur une route ondulée, défaut à l’époque des « tout à la l’arrière », extrêmement vive avec sa boîte à vitesses 5 rapports et son rapport poids/puissance de 5,5kg par cheval (1080kg/195ch). Le V6 de 2,4 litres est fiable. Une sportive pure et dure (0-à-100 km/h en 7,1 s et vitesse maximale de 235 km/h). En plus, elle est belle. Il faut dire qu’elle a été dessinée par le meilleur, Pininfarina, tout comme la Dino 206 GT à l’esthétique similaire, cependant munie d’une carrosserie en aluminium.

Les collectionneurs ne s’y trompent pas. Une Aston Martin DBS comme celle de Lord Brett Sinclair se négocie entre 100 000 et 600 000€ selon son pedigree, somme toute l’identité des précédents propriétaires. Le prix demandé pour une Dino 246 GT est resserré autour de 400 000€, soit deux fois le prix d’une Ferrari 365 GT B4 BB équipée d’un 12 cylindres à plat central longitudinal arrière.

En effet, dans l’esprit de tous les passionnés et amateurs de voitures anciennes, toutes les Dino sont celles de Danny Wilde, un self-made-man… A partir de 1976, les Dino portèrent le sigle Ferrari. La production se répartit ainsi :

  • Dino 206 GT : 153 exemplaires,
  • Dino 246 GT : 2 487 exemplaires,
  • Dino 246 GTS (Targa) : 1 274 exemplaires,
  • Dino 308 GT4 Bertone / Ferrari 308 GT 4 (4 pour 4 places) : 2 826 exemplaires,
  • Dino 208 GT 4 Bertone / Ferrari 208 GT 4 (4 pour 4 places) : 840 exemplaires, uniquement vendue en Italie, car, en dessous de 2 litres de cylindrée, la TVA qui était de 19%, était doublée.

La Dino 246 GT, la suite de l’histoire : les voitures exploitant son moteur

Depuis 1966, des accords commerciaux existent entre Enzo Anselmo Ferrari et Fiat pour que cette dernière utilise le moteur V6 Dino. Les Fiat Dino sont des monocoques. En 1969, Ferrari passe sous le contrôle de Fiat tout en laissant libre « Il Commendatore ». La première a bénéficié de cet accord fut la Fiat Dino Pininfarina Spider, produite en 1 163 exemplaires avec le moteur de la Dino 206 GT et en 420 exemplaires avec celui de la Dino 246 GT. La Fiat Dino Bertone Coupé fut réalisée en 3 670 exemplaires avec le moteur de la Dino 206 GT et en 2 398 exemplaires avec celui de la Dino 246 GT.

En 1969, Fiat absorba Lancia et la Lancia Stratos dessinée par Bertone reçut le V6 de la Dino 246 GT. Elle fut fabriquée en 492 exemplaires en version Stradale, c’est-à-dire en version route.

Les Dino, les Fiat Dino et la Lancia Stratos Stradale sont équipées de boîtes à vitesses 5 rapports. Le premier choc pétrolier mit un terme à la production des Fiat exceptionnelles : les Fiat Dino, 130 limousines et 130 coupés, n’eurent pas de successeur.

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS & CARDO
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’archives

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