Focus sur : La Ferrari 308 GTS, la fameuse Italienne de Magnum

La fameuse Ferrari 308 GTS est indissociable de la non moins célèbre série télévisée américaine et policière, Magnum, P.I.. Créée par Glen A. Larson (1937-2014) et Donald P. Bellisario (1935-….) dans les années 1980, elle met en scène Thomas Magnum, détective privé et rôle principal joué par le comédien Tom Selleck (1945-….) au volant de cette superbe sportive ! L’association des deux constituera le socle d’un mythique automobile qui continue à faire rêver plusieurs générations de passionnés. Toutefois, la Ferrari 308 GTS est bien plus que la voiture de Magnum ! En effet, l’Italienne incarne le renouveau du Cheval Cabré avec un design unique et un positionnement inédit ! Ainsi, à l’occasion de son mois du cinéma, ABSOLUTELY CARS vous invite à redécouvrir les Ferrari Berlinetta dessinées par Leonardo Fioravanti (1938-….) qui travailla dès 1964 chez Pininfarina.

Générique de Magnum, P.I.

Magnum, P.I., une voiture mythique pour une série légendaire

La série Magnum, P.I. comprend 162 épisodes répartis sur 8 saisons. Elle fut originellement diffusée entre décembre 1981 et mai 1988. Ancien combattant de la guerre du Viêt Nam, puis lieutenant dans l’Office of Naval Intelligence, Thomas Magnum occupe une propriété située à Oahu dans l’archipel d’Hawaï, partagée avec le majordome Jonathan Higgins, rôle joué par John Hillerman (1932-2017), accompagné par ses deux dobermans, Zeus et Apollon. Ce domaine appartient au célèbre écrivain de romans policiers Robin Masters, personnage qui n’apparaît dans aucun épisode. Pour mener à bien ses enquêtes, Thomas Magnum se fait aider par ses deux amis vétérans du Viêt Nam, Terry qui est un pilote d’hélicoptère reconverti dans le tourisme aérien, rôle joué par Roger Earl Mosley (1938-….) et Rick, gérant d’un club, rôle joué par Larry Manetti (1947-….).

Tout au long de la série, la co-vedette de Tom Selleck fut une Ferrari 308 GTS appartenant à Robin Masters. En fait, de nombreuses voitures furent utilisées. Dans la première saison, ce furent des Ferrari 308 GTS à carburateurs. Pour la deuxième, troisième et début de la quatrième saison, ce furent des Ferrari 308 GTSi à injection. Par la suite, ce furent des Ferrari 308 GTS QV (QV pour
QuattroValvole) équipées d’un V8 muni de 32 soupapes.

Le pari originel entre Robin Masters et Thomas Magnum – Extrait de l’épisode 1 – saison 1

Les Ferrari 308 et 208, l’héritière de la Dino 246 GT

La Ferrari 308 GTB a la dure tâche de réintégrer la gamme des « V8 » chez Ferrari et de succéder aux Dino 246 GT/GTS, elles-mêmes dessinées par Leonardo Fioravanti en collaboration avec Aldo Brovarone (1926-2020). A noter qu’elles étaient équipées d’un V6 de 2419cm³ (92,5×60) 2xDOHC central transversal arrière muni de trois carburateurs double-corps et d’un châssis tubulaire recouvert d’une carrosserie principalement en acier. Leur empattement était de 2,34m, leurs voies avant et arrière de 1,43m, leur longueur de 4,24m, leur largeur de 1,7m et leur hauteur de 1,14m.

La nouvelle venue, la Ferrari 308 GTB, était équipée, quant à elle, d’un V8 de 2927cm³ (81×71) 2xDOHC central transversal arrière muni de quatre carburateurs double-corps et d’un châssis tubulaire recouvert d’une carrosserie en fibre de verre imprégnée de résine dite « Vetroresina », réalisée par Scaglietti. Son capot était en aluminium. Son empattement était de 2,34m, ses voies avant et arrière de 1,46m, sa longueur de 4,23m, sa largeur de 1,72m, sa hauteur de 1,12m. Le moteur provenait en fait de la Dino 308 GT4 2+2 Bertone. La Ferrari 308 GTB « Vetroresina » fut réalisée à 712 exemplaires entre 1975 et 1977. En 1976, apparut la carrosserie en acier munie d’ouvrants en aluminium. En 1977, le « targa » dénommé Ferrari 308 GTS devint disponible. En 1980, furent ajoutées pour le marché italien, pour des raisons purement fiscales, les Ferrari 208 GTB et Ferrari 208 GTS équipées d’un V8 de 1991cm³. Pendant ce temps, les Ferrari 308 GTB et GTS adoptèrent l’injection Bosch K-Jetronic. En 1982, le nombre de soupapes passa de 16 à 32. La même année, les versions 2 litres furent équipées d’un turbo et de l’injection Bosch K-Jetronic tout en conservant 16 soupapes, ces dernières étant retirées du marché en 1986 après avoir été assemblées à 2446 exemplaires. Toutes ces voitures furent équipées d’une boîte à vitesses 5 rapports et la production totale représenta quelque 13 883 exemplaires.

A la fin des années 1990, pendant des enchères réalisées à Beaulieu-sur-Mer, conduire une Ferrari 308 GTS rouge fut possible grâce à la gentillesse du commissaire-priseur. Il fallait être un journaliste expérimenté pour déceler un défaut à cette voiture. Il était extrêmement difficile de ne pas se prendre pour Magnum sous le soleil des Alpes-Maritimes, toit amovible rangé derrière les sièges en cuir. Lors de cette enchère, un roadster Jaguar E-Type, le sixième produit, vendu au Roi des Belges Baudouin, moteur bloqué, fut adjugé 150 000 francs hors frais d’adjudication (environ 23 000€) ; une Alfa-Romeo Montreal, 120 000 francs (soit 18 000€) ; une Lamborghini Uracco en très bon état, 85 000 francs (soit 13 000€) ; la Ferrari 308 GTS, 135 000 francs (20 500€). Ces acquéreurs ont réalisé depuis une belle plus value.

Les autres Ferrari Berlinetta dessinées par Leonardo Fioravanti

La Ferrari 288 GTO

La Ferrari 288 GTO fut proposée à la vente afin d’obtenir une homologation en groupe B des rallyes. L’empattement de son châssis fut porté de 2,34m à 2,45m. Son V8 fut implanté longitudinalement. Il était équipé de 4 arbres à cames en tête, de 32 soupapes, de deux turbocompresseurs japonais IHI. Sa carrosserie était en fibre de verre, Kevlar et carbone. Son poids était réduit de 10% par rapport à une Ferrari 308 GTB QV. Elle fut assemblée entre 1984 et 1985 à 272 exemplaires. Encore plus radicale, la Ferrari 288 GTO Evoluzione fut réalisée à 5 exemplaires. Les boîtes à vitesses de ces coupés avaient 5 rapports.

Les Ferrari 328 GTB et GTS

Les Ferrari 328 GTB et Ferrari 328 GTS étaient des Ferrari 308 GTB et Ferrari 308 GTS, mais dotées d’une cylindrée plus généreuse, l’empattement étant porté de 2,34m à 2,35m. Entre 1985 et 1989, elles furent assemblées à Marenello à 7400 exemplaires. 80% étaient des Ferrari 328 GTS, un choix de la part des acquéreurs directement lié à la série TV Magnum, P.I.

La Ferrari F40

La Ferrari F40 avait pour objet de fêter les 40 ans de la marque. Elle affichait, comme ambition, d’être la meilleure voiture de sport du monde. La structure de cette voiture était 20% plus légère pour un gain en rigidité trois fois supérieur. Les panneaux latéraux et le plancher de l’habitacle laissaient apparaître le matériau brut avec lequel ils étaient réalisés : Kevlar et carbone. Dépourvue d’un certain niveau de finition et de confort, seule la climatisation était présente, car elle était destinée à des connaisseurs. Elle reprit les solutions techniques étrennées par la Ferrari 288 GTO ainsi que son empattement. Elle fut assemblée à 1337 exemplaires.

Les Ferrari 348

Toujours dessinées par Leonardo Fioravanti, les Ferrari 348 TB et Ferrari 348 TS remplacèrent les Ferrari 328 GTB et Ferrari 328 GTS. Outre une nouvelle majoration de sa cylindrée, le V8 fut implanté longitudinalement, l’empattement étant porté de 2,35m à 2,45m. En 1993, elles reprirent les dénominations Ferrari 348 GTB et Ferrari 348 GTS. Entre 1993 et 1995, une troisième variante de carrosserie fut disponible : la Ferrari 348 Spider équipée d’un toit souple. Entre 1989 et 1995, 8844 exemplaires furent assemblés. Il faut savoir que la Ferrari 348 GT Competizione avait suivi un régime minceur : tapis de sol et climatisation retirés, utilisation de carbone et kevlar pour les éléments de carrosserie, arceaux, sièges OMP, jantes Speedline en trois parties… Ainsi, son poids baissait de 190kg pour offrir plus d’efficacité.

Les Ferrari F355

Les Ferrari F355 apportèrent leurs lots d’innovations. Elles furent disponibles en version Berlinetta, GTS et Spider. Le nombre de soupapes fut porté de 32 à 40 (trois pour l’admission, deux pour l’échappement). Son empattement était de 2,45m. La boîte à vitesses avait 6 rapports. A partir de 1997, elle fut disponible en mode séquentiel F1 avec commandes au volant. De plus, une version Ferrari F355 Challenge fut proposée à la vente. Le nombre d’exemplaires réalisés est là pour témoigner de la qualité du produit proposé par Ferrari, un parcours de longue haleine et efficace depuis la Ferrari 308 GTB. En effet, les Ferrari F355 furent réalisées à 11 273 exemplaires entre 1994 et 2000. Sa remplaçante, la Ferrari 360 Modena, fut dessinée par… Goran Popović. Un chapitre venait de se terminer.

Article co-écrit par : ABSOLUTELY CARS & CARDO
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’archives

Cet article vous a plu ? Retrouvez un autre article à lire ici : La Dino 246 GT, amicalement sportive


Laisser un commentaire