Interview automobile : La Peugeot 406, un taxi pas comme les autres

Le 8 avril 1998, sortait le premier volet de la célèbre saga « Taxi » réalisé par Gérard Pirès et produit par Luc Besson. Le scénario de cette comédie française est aussi simple qu’efficace : véritable pilote, Daniel (alias Samy Naceri) se reconvertit en chauffeur de taxi au volant d’une Peugeot 406 entière tunée. Il sera embarqué malgré lui dans une suite d’aventures rocambolesques au côté d’Émilien, policier piètre conducteur. Le film et ses suites marqueront toute une génération, faisant de la Peugeot 406, la voiture la plus connue du cinéma français ! Si le dernier modèle original du film survivant (sur cinq voitures préparées) est au Musée Peugeot à Sochaux, ABSOLUTELY CARS vous propose un moment exclusif avec la seule réplique homologuée par Christian Bonnichon, préparateur des voitures de la saga ! Prêts à embarquer ?!

Seule réplique homologuée par Christian Bonnichon, cascadeur et préparateur des taxis de la saga homonyme, ce modèle unique fait tourner la tête. Récemment sortie des ateliers, pouvez-vous nous dire, Arnaud, pourquoi vous avez choisi de recréer cette voiture en particulier ?

Premièrement, je souhaitais posséder une voiture de film tout en sortant du lot avec un modèle peu commun. C’est en revoyant la saga Taxi, l’année dernière, que m’est venu l’idée de reproduire le premier taxi de la saga. En effet, la première version de la Peugeot 406 Taxi n’a jamais été copiée totalement à l’identique (c’est-à-dire avec les mêmes pare-choc que celle du film, ndlr). J’ai donc commencé mes démarches à ce moment-là.

Justement, comment t’y es-tu pris pour aboutir à ce résultat ?

Dans un premier temps, j’ai fait des recherches sur Google et sur différents forums ainsi qu’en visionnant le film. J’ai cherché la base avec des critères assez larges. Le moteur ne devait pas être obligatoirement un V6, car, dans le film, il n’y a pas eu que de V6, au contraire. Ce que je voulais était une voiture de couleur blanche et peu kilométrée, avec laquelle je peux rouler régulièrement. Avec mon équipe, on a tout repris de zéro, réalisé le premier kit carrosserie et retravaillé tous les détails. On s’est également aidé des archives de PSA. Autour de ça, il me fallait une base saine pour pouvoir l’équiper. J’ai trouvé des jantes en 4×108, d’origine PSA et 17 pouces. Je l’ai également rabaissée sans être exactement à la hauteur de la Hero car du film. La différence est minime, de l’ordre du centimètre à l’avant et à l’arrière. Réaliser un véhicule en partant de zéro est complètement fou. En termes de temps, il m’a fallu près de 8 mois pour aboutir à ce résultat, de la recherche de la voiture à la finalisation. Le problème réside dans le fait de rouler au quotidien dans la capitale. Entre les pavés, les nids de poules et les ralentisseurs, c’est compliqué. Mais ce qui compte, c’est le résultat final !

Quel est l’intérêt de faire revivre ce véhicule de cinéma ?

Il est simple : me rappeler l’année 1998 où j’ai descendu l’avenue des Champs Elysées et découvert dans une vitrine la Peugeot 406, sachant que j’ai vu le film 3 mois auparavant. Cela correspond à la rencontre avec son super-héros !

Quelles sont les sensations à son volant ? Quelles sont les émotions ressenties par les passagers ?

Le terme qui vient directement à l’esprit est « nostalgique ». Ce film appartient à ma génération. Les taxis parisiens lèvent le pouce et sourient immédiatement. Cela reste une Peugeot 406 classique qui ne côte pas à des sommes exorbitantes, malgré le kit. C’est « l’entertainement » qui parle aux gens et la passion est toujours présente, même après 20 ans ! Le fait de donner du plaisir aux personnes reste unique. On se prend au jeu et on s’immerge totalement dans la passion.

En trois mots, quelles sont les qualités et les défauts de cette voiture ?

Pour les qualités, je dirais, le look, la nostalgie et le symbole. Côté défauts, elle en a plein, mais ce sont des voitures que l’on aime avec leurs parts d’ombre. On est clairement dans la tendance youngtimers avec ce modèle. Il suffit de l’installer sur un parking pour constater sa côte de popularité et les anecdotes ne manquent pas !

Comment qualifierez-vous la Peugeot 406 en une phrase ?

Il s’agit tout simplement d’une Peugeot 406 banal, mais qui par sa configuration ne l’est pas.

Sur une échelle de 1 à 10, quelle est la cote d’amour de ce taxi ?

Objectivement, je dirais qu’on frôle la note maximale. On a pu le voir en arpentant les rues de la capitale et notamment sur le parvis du Trocadéro. Elle attirait plus de monde autour d’elle que les Ferrari récentes présentes à côté d’elle ! Par rapport à la Peugeot 407, elle reste dans les souvenirs, car elle a fait plus de films et esthétiquement, elle donne un aspect moins tuning que la Peugeot 407. De plus, les modèles utilisés dans « Taxi 4 » sont des diesels, contrairement aux Peugeot 406 de « Taxi 1 » qui dispose d’un châssis de voiture de courses.

D’un point de vue intergénérationnel, les émotions sont-elles les mêmes pour les génération Y et Z ?

Que l’on parle de la Peugeot 406 ou de la Peugeot 407, on distingue les personnes connaissant le film et les voitures et ceux qui ne savent rien. Les deux mots qui relient ces deux générations sont « blanc » et Marseille ». Même les enfant d’aujourd’hui s’y retrouvent.

Pouvez-nous nous citer votre palmarès en termes d’événements sur lesquels vous vous êtes rendu ? Le(s)quel(s) vous ont le plus marqué ?

Comme je le disais auparavant, j’évite les grosse concentrations. L’attroupement est immédiat et il est difficile de maîtriser la foule. Le kit carrosserie est très fragile. Je préfère les petits comités. L’expérience la plus intéressante réside dans le fait de se balader avec sur les routes. Le résultat est le même et s’accompagne d’échanges et rencontres

Vous possédez également d’une page Facebook, 406 « TAXI ». Pouvez-vous nous en dire plus ?

Je m’en sers essentiellement pour mettre en avant l’actualité et raconter les souvenirs de tournage.

Nous avons remarqué sur votre page Facebook que des nouvelles inédites sont prévues pour le mois de Septembre, peux-vous nous en dire plus ?

J’ai contacté « L’Aventure Peugeot » (Musée Peugeot à Sochaux) qui regroupe les archives de tous les véhicules de la marque. On s’est mis d’accord pour se rencontrer afin de présenter ma voiture aux côtés de l’aérocar, dernier exemplaire du « Taxi 1 » encore existant. J’ai hâte d’y être. La seconde concerne la rencontre avec Samy Naceri. Je l’ai déjà rencontré et le summum de la consécration serait que « Daniel » puisse prendre le volant de la Peugeot 406 et fasse une dédicace ! En travaillant partiellement dans le cinéma, j’ai rencontré des acteurs et actrices célèbres mais aucun autre figurant du film. La personne la plus proche de la saga est le préparateur des taxis, Christian Bonnichon, en Seine-et-Marne, à Nemours. J’aimerais passer le voir et lui montrer mon projet. (A noter que cette Peugeot 406 a été homologuée par Christian Bonnichon après la réalisation de cette interview, ndlr)

D’un point de vue plus personnel et en tant que passioné de cinéma, as-tu d’autres véhicules dans ton garage ?

Bien sûr, mes véhicules vont de la voiture vintage au modèle youngtimer, toutes générations confondues. J’ai deux Combi Westfalia Volkswagen, l’un de 1979, vert et un Split de 1965 en version « sortie de grange » ayant appartenu à l’armée. Côté youngtimer, j’ai une Volkswagen Polo G40 – une bombinette des années 1980 sportive en tout point – qui a fait la couverture du magazine « Youngtimers » (avec François-Xavier), une Volkswagen Golf 2 G60 « Edition one » et une Fiat 500 de 1965. Je n’oublie pas ma moto, une Harley Davidson moderne. Elles on toutes une particularité, mais la voiture de film représente un véritable plaisir. Les combi constituent un art de vivre, car je l’utilise pour mes départs en vacances ou en road-trip. Chaque matin le fait de les voir me procure une énorme satisfaction, surtout en terme de travail réalisé.

Financièrement parlant, combien peut coûter une préparation de ce niveau-là ?

Sans rentrer dans les détails, les prix varient de 1500€ à 5000€, avec le moteur V6 de 194ch. Les jantes « Imola » (scoop) étaient encore fabriquée en 2015, mais le prix avoisine les 2500€ l’unité. On trouve de tout sur le marché. Le kit est personnel. Les artisans travaillent en parallèle sur d’autre voitures. Leur spécialité concerne la cosmétique. Le plus important est qu’il s’agit d’un projet unique et inédit.

Avez-vous des futurs projets à nous dévoiler en exclusivité ?

Pour l’instant, ce n’est que de la recherche, mais je souhaite m’atteler à la reconstruction de la moto de la série américaine « Tonnerre mécanique« . Elle n’a duré qu’une saison avec treize épisodes, diffusée entre janvier et mai 1985, sur ABC et en France, en avril 1986. En tout, il y a eu autant de motos que d’épisodes. A l’heure actuelle, il n’en reste qu’une et elle se trouve dans un musée. L’idée est d’arriver à la refaire. Après, je vais m’arrêter là, car cela représente un investissement en temps et financier important.

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS 
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS

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