Interview automobile : La Toyota Corolla E50 Liftback, la technologie au service de la famille

Que vous soyez amateur de véhicules japonais ou passionné de voitures de collection, la Toyota Corolla vous inspire forcément des souvenirs quel que soit votre âge ! En effet, après 12 générations, 54 ans de carrière et plus de 45 millions d’unités écoulées, le succès du modèle phare du constructeur japonais, Toyota, est définitivement ancré dans la culture automobile ! Mais aujourd’hui, nous n’allons pas couvrir plus d’un demi siècle de best-sellers mais plutôt nous focaliser sur sa 3ème génération : la Toyota Corolla E50 ! Ce modèle a, notamment, marqué la grande croissance de Toyota aux États-Unis, à la suite du premier « Choc Pétrolier » de 1973, pérennisant définitivement la marque nippone sur le sol américain ! ABSOLUTELY CARS reviens sur cette épopée japonaise au travers d’une interview exclusive donnée par Philippe, l’heureux propriétaire d’une Toyota Corolla Série E50 Liftback de 1977 !

Coup de projecteur sur la 3ème génération de la Toyota Corolla

Entièrement revisitée par le coup de crayon de Shirou Sasaki, la Toyota Corolla Série E30-E50, produite de 1974 à 1979, fut déclinée en plusieurs versions : la berline (2/4 portes), le break, le coupé et bien sûr le modèle du jour, le « Lifback ». Le style de cette Toyota Corolla 3ème génération est beaucoup plus marqué, plus anguleux, afin de rendre cette voiture plus « typée » et « agressive », avec un aérodynamisme travaillé en soufflerie !

Ces évolutions stylistiques touchent plus particulièrement les versions Coupé et Liftback. Par exemple, le coupé est entièrement revisité pour une montée en gamme du véhicule familial avec un toit rigide, façon « Hard top ». Le Liftback, quant à lui, est pensé pour l’étranger et fut très apprécié hors des frontières du Japon, compte tenu de sa capacité de chargement. Le nombre d’exemplaires prévus fut même revu à la hausse, face à l’engouement qu’il a suscité !

La Toyota Corolla E50 est aussi innovante à l’intérieur qu’à l’extérieur. Les mots d’ordre sont qualité, confort, ergonomie et sécurité. Avec cette 3ème génération, l’intérieur fait peau neuve avec un équipement qualitatif de série. L’insonorisation renforcée s’accompagne de commandes centralisées au niveau du volant et de la planche de bord comme la climatisation/chauffage, les phares et les essuie-glaces. L’accès aux places arrières se fait par le basculement des sièges avants. L’aspect sécurité se distingue par l’installation de 4 freins à disques et des ceintures 3 points plus efficaces en cas de chocs frontaux et latéraux. Toutefois, la liste des options est limitée, mais cela renforce son côté « premium ».

Présentée au grand public en 1974, il faut savoir que les investissements esthétiques et, technologiques ont été importants : plus de confort, plus de sécurité, plus de performance, plus de fiabilité… mais aussi une meilleure qualité de fabrication ! Cette Toyota Corolla 3ème génération monte en gamme mais sans augmentation de prix ! En effet, le modèle de base coûtait 2 711 $ en 1975 ! En seulement quelques années, la Toyota Corolla E30/E50 conquiert le cœur des Japonais mais aussi ceux des pays où elle est commercialisée !

Fidélisant bon nombre de clients, il faut dire que cette Toyota Corolla E50 regorge d’évolutions techniques et technologiques. L’intérieur est totalement retravaillé afin d’optimiser l’espace. l’expérience de conduite et de voyage se veut être un appel aux sens et la vie à son bord, un synonyme du bien-être !

Côté motorisation, la Toyota Corolla a su s’adapter aux modifications des normes anti-pollution, son nombre de chevaux étant directement impacté. Celui-ci est réduit pour répondre aux nouvelles exigences japonaises et américaines, notamment. Sur les anciens bloc-moteurs proposées jusqu’alors (1.2/1.4/1.6), seuls les plus puissants ont été conservée, à savoir le 1.4 et 1.6 TU pour une puissance comprise en 88 et 115ch. Ils étaient équipées du système « Toyota Total Clean System » destiné à purifier les gaz d’échappement. La boîte de vitesse manuelle de série 4 rapports voit l’arrivée de la boîte automatique 3 rapports (variables), proposée alors en option.

Au final, entre 1947 et 1979, ce seront plus de 3 700 000 exemplaires qui seront écoulés dont 300 000 exportations par an ! Reporté à l’ensemble des générations commercialisées jusqu’à aujourd’hui, cela représente seulement que 8.5% des Toyota Corolla vendues depuis 1966 ! Toutes génération confondues, ce modèle correspond à 1/5 des ventes de Toyota ! A ce jour, la Toyota Corolla est la voiture la plus vendue au monde !

Parole de collectionneur : « La Toyota Corolla E50, à la fois photogénique, américaine et robuste ! »

Avec cette Toyota Corolla 3ème génération, nous plongeons au cœur des années 1970. Il s’agit d’un modèle très particulier puisqu’il est question, ici, de la version commercialisée en Suisse : une magnifique Toyota Corolla Série E50 Liftback. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur cette voiture ?

Il s’agit de l’une des multiples versions de la Toyota Corolla des années 1970 qui a été proposée au public pour couvrir l’ensemble du marché. Cela allait de la berline familiale 4 et 2 portes au break 3/5 portes, tout en passant par le coupé et ce modèle-ci, dit Break de chasse « Liftback », doté d’un hayon.

Concernant le marché justement, quelles étaient les concurrentes de la Toyota Corolla ? Et quelles étaient ses atouts pour faire pencher la balance en sa faveur ?

Les principales rivales de l’époque étaient, côté américain, la Ford Escort 2/4 portes, côté allemand, l’Opel Kadett 2/3portes break et côté italien, la Fiat 128. Cette dernière en était justement une concurrence directe. Côté atouts, dans des pays où des modèles similaires étaient commercialisés, l’un des critères essentiels fut la fiabilité. Pour Ford et Opel, le rapport qualité/prix était très satisfaisant, contrairement aux anglaises beaucoup plus aléatoires, par exemple.

Pouvons-nous dire que le constructeur a réussi son pari en sortant cette magnifique Toyota Corolla dans les années 1970 ?

Clairement oui ! En misant sur la fiabilité, les modèles japonais reprennent les styles européens et outre-Atlantique en optimisant la fidélisation de leurs clients. On cherchait à faire en sorte que le client soit satisfait !

Plus personnellement, pouvez-vous nous dire ce que représente la marque Toyota pour vous ?

C’est une des premières marques, avec Volkswagen et Ford, à partir à la conquête des marchés internationaux en tenant compte du contexte économique et politique de l’époque. Toyota avec sa « petite tige japonaise » a eu pour objectif de commercialisée ses voitures à travers le monde. Le premier continent fut l’Amérique du Nord, puis l’Europe. Il faut savoir que Toyota n’était pas novice en la matière : elle était déjà partie à la conquête des pays où la conduite s’effectue à droite, à l’image de l’Australie ! C’est dans ce contexte que j’ai rencontré cette marque ! Elle représente une partie de ma jeunesse. L’arrivée de ces formes et couleurs plutôt atypiques dénotait dans un paysage automobile français essentiellement peuplé de Peugeot 403, Renault 12, etc…

J’imagine que le choix d’acquérir une Toyota de collection est étroitement lié à ce souvenir de jeunesse, mais pourquoi avez-vous choisi ce modèle-ci en particulier ?

A la base, je cherchais sa grande sœur, la Toyota Celica, qui a aussi un look très particulier et qui est beaucoup plus connue. Malheureusement, les prix étaient hors de mon budget et je suis tombé sur ce modèle-là par hasard en regardant les annonces. La personne qui l’avait fait paraître, ne l’avait pas classée dans « voiture » ! Je peux dire que j’ai eu une sacré chance !

Pouvez-vous nous en dire plus : comment vous êtes devenu le nouveau propriétaire de cette Toyota Corolla si spéciale ?

Tout d’abord, il a fallu que je convaincs son ancien propriétaire, une vieille dame suisse à la retraite qui habitait à Perpignan, de bien vouloir céder sa voiture à un parisien ! Et avec tout ce qu’elle voyait comme actualité sur la capitale, c’était loin d’être gagné ! Cette lutte a duré quelques semaines. Je peux dire que j’ai passé un examen de passage éprouvant ! A l’ancienne avec une correspondance uniquement par courrier et téléphone… Pas de mail ! Pour information, l’annonce était sur le site Internet « Le Bon Coin« , car c’était son petit-cousin qui l’avait publiée. Il fallait appeler à certaines horaires et j’ai remarqué qu’elle aimait particulièrement le chocolat et les fleurs. (rires) Je lui ai donc envoyé une boîte de chocolat et un bouquet de fleurs accompagné d’une carte de visite. Il a fallu que j’obtienne le cœur de la propriétaire pour avoir la voiture. En comptant l’ensemble des démarches, le trajet et un contrôle technique, le délai estimé revient à un mois et demi.

Quelle histoire ! Et désormais, vous deviez bien connaître cette Toyota Corolla ! Si vous deviez la résumer en trois mots, vous choisissez lesquels ?

Instinctivement, je dirais photogénique, américaine et robustesse ! Côté style, il est clair que les Japonais copiaient ce qui marchait à 100% à cette époque : le style américain ! L’avant de la Toyota Corolla possède une vague ressemblance avec celui de la Ford Mustang II, par exemple. Enfin, ce qui a fait la renommée de la marque : la solidité et la simplicité. Tout a été pensé pour durer et le coup de la panne reste rare. Les échappements et les suspensions ont une durée de vie plutôt longue.

Pouvez-vous nous dire quelles sont les particularités de cette Toyota Corolla ?

En France, on peut dire qu’il n’y a pas beaucoup eu de modèles d’où ce voyage dans l’inconnu et une certaine méconnaissance. Heureusement, certaines ressemblances par rapport à d’autre marques aident à mettre un nom sur le véhicule ! En ce qui concerne ce modèle-ci, la Toyota Corolla Série E50 Liftback, le toit est en vinyle, le volant en bois et un économètre est installé. La finition est propre à la Suisse dit « Deluxe » avec essuie-glace arrière, balayage intermittent, chauffage d’une efficacité remarquable… Le poste de radio possède la particularité de couper la radio pour diffuser les titres d’une cassette dès que celle-ci est insérée ! Les deux haut-parleurs situés à l’arrière prennent le relais de celui du tableau de bord.

Si vous deviez donner une note, laquelle donneriez-vous pour le style, le confort et le comportement routier de cette voiture ?

Le style m’a fait craquer dès le début et elle continue à me faire le même effet, que ce soit dans la capitale ou lors de rassemblements ! Le simple fait d’ouvrir la porte du box est un vrai régal. On dirait qu’elle me sourit ! En termes de confort, on ne va pas se mentir, la fermeté est de mise, d’où une note faible : 3.5/10. Elle dispose d’une conception archaïque, toutefois, du fait de son pont arrière et de ses ressorts à lames à l’ancienne, les longs voyages sont acceptables. Le comportement routier est fortement lié au confort donc similaire au niveau de la note : 4/10.

Quelles sont les qualités et les défauts de la Toyota Corolla ?

Les qualités ?! Il y en a plus d’une ! Mais une qu’elle n’a pas est le manque de puissance moteur ! (rires) Elle se rattrape avec d’autres points forts avec notamment les sensations à son volant, sa maniabilité – même sans direction assistée – et une rétro vision optimale, quasi panoramique, sous tous les angles. Ce qui change par rapport aux voitures actuelles est la hauteur de caisse, assez basse… On a l’impression d’être tout petit face aux bus ! (rires) Elle peut également servir de voiture de tous les jours, bien qu’elle ne soit pas fait pour ça. Côté défauts, outre sa qualité de construction et ses finitions, la rouille représente le point noir de ces véhicules, notamment les bas de caisse et le coffre. En parlant du coffre, l’angle du hayon est trompeur, car, en réalité, il manque de profondeur et de hauteur. Avec la roue de secours, sa capacité en est fortement réduite.

Quelles sont les principales différences avec une Toyota Corolla dite « européenne » ?

Le point distinctif est le look, car cette version ne ressemble à aucune autre ! La forme est différente, mais conserve le même gabarit, le même poids et le même moteur. Tout ce qui ne se voit pas est pareil et tout ce qui se voit est différent. L’insigne sur la calandre est celui du « Touring Club de Suisse » à laquelle un grand nombre de Suisse adhèrent. A l’époque, il faut savoir que ce club proposait des services d’assistance et de dépannage ! En échange d’une cotisation annuelle, des réduction dans les hôtels,… étaient également proposés. Le symbole de logo sur ma voiture atteste que cette Toyota Corolla a été achetée, immatriculée et a vécue en Suisse pendant cinq ans avant de venir en France, à Carcassonne. On peut dire que le triangle est complet : « Suisse- Perpignan-Paris » ! Et ce, malgré ses 125 000 km au compteur !

Quel est l’engouement provoqué par cette voiture que ce soit en tant que conducteur ou passager ?

Ils ne sont pas nombreux, mais on les voit de temps en temps, les gestes de félicitations, les pouces levés… Mais on voit surtout l’engouement qu’en discutant avec certaines personnes. Elle attire, c’est certain, mais dans le monde de la collection, seuls les curieux la connaissent. Ça n’intéresse qu’une poignée de fervents ! Les rassemblements permettent d’en savoir plus mais elle reste rare. A l’image d’une Fiat 124 Moretti ou d’une Zastava, la Toyota Corolla Série E50 Liftback se distingue clairement du lot !

Et mécaniquement, peut-on l’entretenir soi-même ?

La trousse à outils d’une Toyota Corolla est simple : 2 clés plates, une pince universelle, des tournevis plats ou universels. Touts les équipements de fixation sont standards (11/13/15/17). L’accessibilité est totale et on peut se faire la main sur ce type de modèle. Rien n’est caché !

Lors de l’achat d’une Toyota Corolla, quels sont les points à regarder et à vérifier en particulier ?

Comme j’ai pu le dire précédemment, la rouille est la maladie des anciennes quelle qu’en soit l’origine, la marque ou le modèle. Ce n’est pas forcément le moteur qui lâche en premier, mais le châssis ou la carrosserie. Côté pièces, il faut bien checker qu’il ne manque pas de pièces, car certaines sont quasiment introuvables, notamment des boutons de portières ou l’habillement de console.

Selon vous, quelle est la côte d’un modèle plus « traditionnel » que celui-ci ?

Les berlines break correspondent à un budget d’environ 5000€. Le coupé et la « Liftback KE35 » se situent dans des tarifs avoisinant les 8000€. Pour information, la mienne m’est revenue à 1500€ en 2012, donc très loin de ces côtes. L’évolution de certaines versions ont vu une augmentation de près de 400% en quelques années ! Mais cela reste des modèles abordables. J’ai fait expertiser celle-ci, il y a deux ans. Le résultat est dans la fourchette des « Liftback », maintenant. Petit conseil : pour ceux qui ont des connaissances ou de la famille au Portugal ou en Italie, qu’ils n’hésitent pas à regarder les petites annonces de ces pays, car il y en a plein et elles sont faciles à importer. Pour les pièces, l’Asie et l’Australie et les Etats-Unis sont des lieux où l’on trouve la quasi-totalité des accessoires !

Quel est l’avenir de cette Toyota Corolla ?

L’objectif est de la garder le plus longtemps possible ! Je ne m’en lasse pas. Elle n’est pas à vendre ! Tout s’est joué lors de la vente et cette Toyota Corolla fait désormais partie de mon héritage familiale. J’ai toujours eu ce gène de l’automobile que ce soit avec mon père, mon fils ou bien ma fille. La vision est radicalement différente entre la jeunesse et notre génération. Mes enfants la trouvent rustique, mais la simplicité a du bon !

Y-a-t-il d’autres véhicules que vous cherchez à acquérir ? Une autre Toyota ou un modèle d’une autre marque ?

Pour rester dans les japonaises, d’autres modèles qui m’intéressent : la Toyota Starlet, en première ou en deuxième génération ou la Toyota Celica ta22/23/24. Parmi les autres marques, il y a la Datsun 120F2 et la Datsun 120Y dont la carrosserie est tout simplement délirante !

Un petit faible pour les voitures nippones à ce qu’on remarque ! (rires) En tout cas, merci, Philippe pour votre disponibilité et le partage de votre passion automobile qui nous ont permis de découvrir ce magnifique modèle : la Toyota Corolla !

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS

Cet article vous a plu ? Retrouvez un autre article à lire ici : L’Honda NSX, une « Ferrari » nippone


Laisser un commentaire