Focus sur : La De Tomaso Mangusta, la chasseuse de Cobra

Sortie à la fin des années 1960, la De Tomaso Mangusta est le deuxième modèle imaginé par Alejandro De Tomaso, pilote argentin et constructeur automobile à Modène, en Italie. Avec cette magnifique supercar, l’homme d’affaires argento-italien passe un nouveau cap, après la non moins célèbre De Tomaso Vallelunga. Nouveau V8 d’origine Ford fourni par Carroll Shelby, puis Henry Ford II… Nouveau design plus agressif mais tout aussi irrésistible signé Giorgietto Giugiaro des Carrosseries Ghia et ancien designer de chez Bertone… Nouveau nom, celui d’un animal cette fois-ci, la mangouste, réputée pour attaquer les serpents les plus venimeux à l’instar des Cobras… Tout était là pour lancer une nouvelle étoile ! Ainsi, après vous avoir présenté la De Tomaso Pantera et sa version survitaminée, la De Tomaso Pantera « GTS », ABSOLUTELY CARS remonte le temps pour vous faire découvrir celle qui fut le prélude de la panthère italienne !

La De Tomaso Mangusta, née d’un contexte automobile complexe et de la volonté d’Alejandro De Tomaso

Pour bien comprendre la De Tomaso Mangusta, il faut en connaître l’histoire et le contexte automobile de l’époque. Alejandro De Tomaso se distingue par son parcours automobile riche en découvertes et expériences. Cet argentin, installé dans la Botte Italienne, débute sa carrière en tant que pilote de Formule 1 chez, notamment, Ferrari et en endurance chez OSCA et Cooper. A la suite de sa carrière, il se spécialise dans le montage et l’assemblage de châssis de course avant de devenir un artisan-constructeur à part entière.

Le premier modèle sortant de ses ateliers de production est la De Tomaso Vallellunga, une sportive très cohérente avec le marché de l’époque et qui dispose d’une conception très britannique (châssis poutre en acier, carrosserie en fibre de verre…). En parallèle, l’argentin conçoit, avec Carroll Shelby et son designer Pete Brock, un prototype de compétition, la De Tomaso 70P, très similaire à l’AC Cobra aussi bien dans le style qu’au niveau mécanique. Alors que le projet s’apprête à voir le jour, hélas, à l’heure où Ford déclare la guerre à Ferrari, Carroll Shelby se retire prestement de la partie pour travailler sur les célèbres Ford GT40 des 24 Heures du Mans. Malheureusement pour cette « Cobra » italienne, elle ne connut pas de suite, faute de moyens. Vexé par cet échec, Alejandro De Tomaso en garde un certain ressentiment et se lance dans un nouveau projet ! Il améliore le châssis de la De Tomaso 70P et l’orne d’une carrosserie en rupture avec son temps, racée, ramassée… signée par Giorgietto Giugiaro. La silhouette de la voiture est épurée, mélange de courbes de angles, donnant un côté agressif à la voiture. Il choisit comme nom, pour cette voiture, « Mangusta », tout simplement « mangouste » pour désigner l’ennemi n°1 du Cobra.

La De Tomaso Mangusta, un style purement italien

La De Tomaso Mangusta est révélée au public, en 1966, lors du Salon de Turin. Sa production commença l’année suivante à Modène. Il faut savoir que la version définitive est fidèle à 90% au prototype. Le design acerbe et racé mêle l’acier avec ses panneaux de carrosserie, l’aluminium, pour le capot moteur et le magnésium avec ses jantes Campagnolo en 15 pouces. La fibre de verre, utilisée sur le modèle précédent, a entièrement disparu du cahier des charges afin d’en optimiser le poids. Le design particulièrement aérodynamique, ses lignes fluides et la présence d’un spoiler offrent à la voiture le meilleur coefficient de pénétration dans l’air possible.

Si la De Tomaso Mangusta est déjà des plus atypiques pour son époque, par rapport à son design qui laisse déjà deviner le style « seventies », sa principale particularité réside ailleurs. Son magnifique fastback, carrosserie bicorps qui comporte une ligne de toit qui descend jusqu’à l’arrière, s’articule autour de l’axe de la voiture, dévoilant le moteur, une fois soulevée. En effet, son accès se fait par l’intermédiaire de deux panneaux vitrés s’ouvrant en élytre.

Quant à l’habitacle, il est pensé dans un style « compétition » mêlant sobriété et fonctionnalité. Il faut beaucoup de souplesse – à la limite du contorsionniste pour certains – pour s’y glisser, car la hauteur de caisse n’est que 1.10m ! Le conducteur et le passager s’assoient dans une sellerie baquet cuir, presque à demi-couchés, clin d’œil sans aucun doute à la Formule 1. Nous y retrouvons l’ambiance « course » avec le volant 3 branches, un tableau de bord comportant une instrumentation de choix et un espace à bord réduit pour les grand gabarits. Néanmoins, le luxe règne bien au cœur de cette De Tomaso Mangusta avec des finitions à la hauteur de l’extérieur ! Côté confort, nous y retrouvons certains « petits plus » : vitres électriques, climatisation, radio…

Une mécanique « made in USA » pour la De Tomaso Mangusta

La mécanique qui se cache sous la magnifique carrosserie de la De Tomaso Mangusta, n’est autre qu’un bloc-moteur V8 d’origine Ford avec un carburateur quadruple corps. Etonnant pour une italienne, mais là encore, le contexte historique de l’époque va encore jouer ! En effet, Henry Ford II croit à l’ambitieux projet d’Alejandro De Tomaso : détrôner Ferrari ! Ainsi, dès 1965, il soutiendra le constructeur argento-italien en lui procurant des moteurs Ford US à des prix réduits. De plus, celui-ci l’aidera fortement dans l’exportation de ses De Tomaso sur le sol américain.

Ainsi, deux types de motorisation verront le jour, dont une spécialement adaptée au marché américain et à ses normes anti-pollutions. Outre-Atlantique, la motorisation est un V8 5L 302ci, plus gros, mais moins puissant que son homologue européen, développant « que » 220ch. En effet, sur le continent européen, la De Tomaso Mangusta dispose du « Small Block » V8 4,7L 289ci de 305ch avec en prime, l’inscription « De Tomaso » sur les culasses ! A noter que le modèle le plus puissant, officiellement reconnu par le constructeur De Tomaso, abrite un V8 Chevrolet 327ci proposant 375ch ! Il fut possédé par le Vice-président et Responsable du Design de Général Motors : William Mitchell. Le tout est associé à une boîte mécanique 5 rapports ZF. Et nous pouvons dire une chose : les performances sont au rendez-vous avec la barre du 0 à 100 abattue en 6 secondes avec une vitesse maximum de 250km/h pour un poids de 1 185kg sur la balance !

Côté conducteur, le comportement routier est digne des Italiennes avec un train-arrière joueur si on ne dose pas suffisamment la pédale de droite, malgré une transmission à différentiel à glissement limité. Cela peut facilement s’expliquer par une répartition des masses de 30/70, due à la position centrale arrière du moteur. A noter que les suspensions sont indépendantes sur les quatre roues.

Après un début de carrière marqué par les événements de son époque et la célèbre rivalité Ford-Ferrari, la dernière De Tomaso Mangusta sera livrée en 1971, après 402 unités vendues, dont la moitié outre-Atlantique ! Elle s’éclipsera discrètement pour laisser sa place à la remplaçante, la De Tomaso Pantera. A noter qu’une version découvrable était prévue pour la De Tomaso Mangusta, mais celle-ci restera au stade de prototype. Actuellement, environ 200 exemplaires circulent sur les routes européennes et américaines, rendant ce modèle particulièrement rare !

CaractéristiquesDonnées
Moteur8 cylindres en V
Puissance220ch (USA)
305ch (Europe)
Cylindrée4949 cm3
TransmissionProplusion
Boite de vitesseMécanique 5 rapports ZF
FreinsA disques
Poids1185 kg
Vitesse max250km/h

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS

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