Focus sur : La Ford Mustang, l’éternelle étoile américaine

Le Festival du cinéma américain de Deauville 2020 s’est tenu du 4 au 13 septembre 2020, réunissant toutes les étoiles de Hollywood ! De notre côté, à la même période, ABSOLUTELY CARS organise son mois du cinéma en grandes pompes ! Et cette année, il nous était impossible de ne pas vous parler d’une star automobile et quelle star ! Elle est américaine, intemporelle et fait rêver des générations entières de passionnés de voitures ! Nul doute, la Ford Mustang est l’une des plus grandes icônes automobiles du 7ème art : le plus célèbre cheval sauvage du monde. Et c’est peu dire : elle est apparue dans plus de 3 000 films ! Nous vous proposons de revenir sur la plus célèbre des voitures américaines !

Bande annonce Film Buillit avec la Ford Mustang

Note de l’auteur : cet article est en année de production et non en millésime.

La Ford Mustang, cette star au palmarès incroyable

Le 9 septembre 1964, sortit le film Le Gendarme de Saint-Tropez et le 17 septembre 1964, fut présenté en première mondiale à Londres le film Goldfinger. Dans le premier, le ravissant cabriolet rouge était la 145ème voiture sortie d’usine. Dans le second, le magnifique cabriolet blanc de Tania Mallet (1941-….) fut découpé par la scie rotative de l’Aston Martin DB5 de Sean Connery (1930-….). Le 9 décembre 1965, fut présenté en première mondiale à Tokyo le film Opération Tonnerre avec, en tête d’affiche, le joli cabriolet bleu était conduit par Luciana Paluzzi (1937-….) qui jouait le rôle de Fiona Volpe, le numéro 10 du Spectre. Le 30 octobre 1968, un nouveau film sortit : Le Gendarme se marie où le splendide cabriolet blanc était conduit par Josépha, rôle joué par Claude Gensac (1927-2016).

Le 27 mai 1966, sortit le film Un homme et une femme de Claude Lelouch (1937-….). Quatre acteurs, Jean-Louis Trintigant (1930-….), Anouk Aimée (1932-…), un cabriolet Ford Mustang rouge, un coupé Ford Mustang blanc. Dans quelques scènes, une Ford GT40 fait son apparition. Le thème : un homme et une femme, tous deux veufs inconsolables, se rencontrent, se croisent et finissent par s’aimer d’un amour fulgurant et passionné. La spécificité : une alternance d’images en couleur et en noir et blanc pour les scènes intimistes. Le cabriolet fut mis en valeur par la manipulation de sa capote électrique et par la qualité de sa radio. Le coupé permit de mettre en évidence sa tenue de route sur la neige. Les récompenses : Palme d’or du Festival de Cannes 1966 (ex aequo avec Ces messieurs dames de Pietro Germi, Oscar du meilleur film étranger 1967, Oscar du meilleur scénario original (Claude Lelouch et Pierre Uytterhoeven), Golden Globe du meilleur film étranger 1967, Golden Globe du meilleur réalisateur (Claude Lelouch), Golden Globe de la meilleure actrice dans un film dramatique (Anouk Aimée).

Le 22 juin 1966, sortit le film La Curée de Roger Vadim (1928-2000). Si « La Curée », le dépeçage de Paris par les spéculateurs pendant les travaux haussmanniens, le viol et la perte de l’enfant de Renée Béraud du Châtel sont quelque peu occultés, le reste du film est très proche de l’œuvre d’Emile Zola, avec une ambiance très stendhalienne, transposée d’une centaine d’années. Aristide Rougon/Saccard, rôle joué par Michel Piccoli (1925-….), spéculateur et ayant épousé en deuxième noce pour sa dot Renée, néglige son épouse, rôle joué par Jane Fonda (1937-….). Celle-ci tombe amoureuse de Maxime, le fils d’Aristide, rôle joué par Peter McEnery (1940-….). Aristide s’en apercevant, détourne pour ses intérêts financiers Maxime de Renée qui sombre dans la folie.

Mais savez-vous que la présence des Ford Mustang dans les films français fut l’œuvre d’Henri Chemin (1933-….), époux de l’actrice Claude Gensac de 1958 à 1977 ? Il commença sa carrière chez Ford en 1956 et il y resta jusqu’en 1968. Inspecteur commercial, puis chef des ventes, puis directeur des relations publiques, puis des relations extérieures et des compétitions, il fit courir en 1962 cinq Ford Anglia au Rallye Monte-Carlo et engagea Maurice Trintignant, oncle de l’acteur Jean-Louis Trintignant, Alain Bertaut, pilote et essayeur, créateur de la Coupe R8 Gordini, Henri Greder, pilote, les cyclistes Raphaël Geminiani et Roger Rivière, Mado Blanchoud, pilote. L’objectif en termes de communication fut atteint.

Après avoir placé la Ford Mustang dans les films français, il fit courir Johnny Hallyday au Rallye de Monte-Carlo en 1967, sa Ford Mustang portant le numéro 105. Par la suite, Henri Chemin devint directeur des compétitions et promotion sportive de Chrysler France, puis directeur des relations extérieures et promotion du quotidien France-Soir de 1976 à 1986. puis directeur des Relations extérieures à Transcommunications/RATP jusqu’en 1990.

La Ford Mustang prévue pour l’Europe

La Ford Mustang fut proposée sur le marché européen jusqu’en 1966, année pendant laquelle la réglementation devint différente de part et d’autre de l’Océan Atlantique, le bocal du liquide de frein devenant scellé en Amérique du Nord, restant fermé à l’aide d’un bouchon en Europe. Son système de freinage fut adapté au marché américain ce qui engendra l’arrêt des importations, ce n’est qu’au compte goutte. Les consommateurs européens furent ainsi privés de Ford Mustang, le lot de consolation étant constitué par la Ford Capri qui ne fut disponible qu’en novembre 1968. Disponible en coupé et cabriolet, la Ford Mustang importée avait un empattement de 2,74m et une longueur de 4,61m.

En Europe, son positionnement sur le marché était le très haut de gamme, contrairement aux Etats-Unis où l’entrée de gamme se négociait au prix d’une Volkswagen Coccinelle, parfaite illustration de l’American way of life. Egalement, sa puissance s’exprimait en chevaux DIN, aux Etats-Unis, en chevaux SAE gross engendrant une surestimation de 20%. Lorsque les Etats-Unis adoptèrent les chevaux SAE net, cette différence disparut. Les entrées de gammes furent qualifiées de « Pony Car« , celles équipées d’un V8 muni d’un carburateur quatre corps de « Muscle Car« .

Le film Bullitt et la Ford Mustang

Comment garder sous silence le film Bullitt alors que nous parlons de la Ford Mustang ? Sortit le 17 octobre 1968, Bullitt, du nom du lieutenant de police Frank Bullitt, fut un énorme succès commercial, récoltant comme récompenses l’Oscar du meilleur montage décerné à Frank P. Keller et le prix Edgar-Allan-Poe du meilleur scénario du Mystery Writers of America pour les scénaristes Trustman et Kleiner. Le réalisateur était Peter Yates (1929-2011), le producteur et l’acteur principal Steve McQueen (1930-1980). Comme d’habitude, l’acteur est magistral, peu de paroles avec juste ce qu’il faut de musique !

En janvier 1968, deux Ford Mustang 390 Special GT fastback furent commandées. Elles portent les numéros de série 8R02S125558 et 8R02S125559, la première devant servir aux scènes de course-poursuite, la seconde pour le reste du film. L’idée novatrice de Steve McQueen était de filmer à une vitesse normale de 24 images/seconde une vraie course-poursuite à vitesse réelle, entre 150 et 200km/h. Auparavant, les poursuites étaient filmées à des vitesses plus lentes, l’image étant ensuite accélérée en studio. La célèbre course-poursuite d’une durée de 10 minutes, avec une Dodge Charger, fut tournée en décor naturel, dans les rues de San Francisco. Steve McQueen savait qu’en utilisant des Ford Mustang 390GT, Ford verrait ses ventes fortement augmentées. Il demanda à la firme de participer au financement du film. Après avoir accepté, Ford se retira au dernier moment ; Steve McQueen furieux, d’autant que le tournage avait commencé et qu’il était impossible de choisir une autre voiture, décida de retirer tous les insignes des voitures, calandre compris ! Trois décennies plus tard, Ford exploita le nom « Bullitt » pour des séries limitées, des versions très désirables.

Les Ford Mustang 390 Special GT étaient équipées d’un V8 OHV de 6384cm³ muni d’un carburateur quatre corps, délivrant une puissance de 330ch SAE gross à 4800tr/mn, un couple de 579Nm à 3200tr/mn, accouplé à une boîte à vitesses manuelle 4 rapports, permettant une vitesse maximale de 196km/h et une accélération de 0 à 100km/h en 6,2 secondes.

En janvier 2020, la Ford Mustang 390 Special GT fastback numéro 8R02S125559 fut vendue pour une coquette somme de 3 740 000 $, les frais d’enchères compris, par la maison de vente David Morton !

bullitt

Les Ford Mustang, une histoire de génération

La Ford Mustang 1st generation

Après seulement 18 mois de développement, la première Ford Mustang sortit de l’usine de Dearborn le 5 mars 1964. Sa présentation à la presse fut faite mi-avril 1964. Le premier jour de prises de commande, il s’en vendit 22 000 exemplaires. Entre 1964 et 1973, 2 977 651 exemplaires furent écoulés. Ils furent assemblés à Dearborn (Michigan), San Jose (Californie), Edison (New Jersey), Valencia (Venezuela), Mexico (Mexique). Cette propulsion était personnalisable à souhait à l’aide des peintures extérieures, des selleries intérieures, du type de carrosserie (notchback/hardtop, cabriolet, fastback/sportsroof, variante introduite en 1965), du type de motorisation retenue, du type de boîte à vitesses, des rapports de pont proposés. Les roues avant étaient indépendantes, l’essieu arrière étant rigide. Son empattement était de 2,74m, il passa à 2,77m en septembre 1970. Sa longueur de 4,61m évolua : 4,66m en septembre 1966 en adoptant la carrosserie monocoque, 4,76m en septembre 1968, 4,81m en septembre 1970, 4,92m en septembre 1972. Les freins à disque avant furent adoptés pour l’année-modèle 1973.

La Shelby Mustang 1st generation

Le préparateur Carroll Shelby (1923-2012) s’intéressa naturellement à la Ford Mustang.

La Ford Mustang 2nd generation

Pour répondre à des nouvelles contraintes réglementaires environnementales, la Ford Mustang 2nd generation était une voiture relativement modeste, tant en termes de puissance que de dimensions. En effet, son empattement était de 2,44m, sa longueur de 4,45m. Son évolution technique majeure fut l’adoption de freins à disque avant ventilés. Elle fut assemblée de 1973 à 1978 à Dearborn (Michigan), San Jose (Californie), Metuchen (New Jersey), Valencia (Venezuela), Mexico (Mexique).

ford mustang 2nd generation targa
FORD Mustang 2nd generation, l’option Targa étant fortement recommandée pour la rendre attrayante.

La Ford Mustang 3rd generation

La Ford Mustang 3rd generation était dans la même lignée que la mouture précédente et fut fabriquée dans les mêmes usines. Elle était proposée en Hatchback et en Coupé. Son empattement était de 2,55m, sa longueur de 4,55m.

La Ford Mustang 4th generation

La Ford Mustang 4th generation redevint séduisante. Elle fut assemblée fin 1993 à 2004 à Dearborn (Michigan). Son évolution technique majeure fut l’adoption de freins à disque arrière. Son empattement était de 2,57m, sa longueur comprise entre 4,61m et 4,66m. Les variantes Ford Mustang SVT Cobra et Ford Mustang SVT Cobra R étaient équipées de 4 roues indépendantes.

La Ford Mustang 5th generation

La Ford Mustang 5th generation renoua avec ses origines : essieu arrière rigide, empattement conséquent de 2,72m, longueur comprise entre 4,77m et 4,78m.

Des variantes Shelby étaient également disponibles. La Ford Mustang 5th generation fut commercialisée de 2005 à 2014.

La Ford Mustang 6th generation

La Ford Mustang 6th generation constitue l’aboutissement de ce long chemin ininterrompu d’innovations. Disponible depuis juillet 2014, elle est équipée de 4 roues indépendantes. Son empattement est de 2,72m, sa longueur comprise entre 4,78m et 4,82m. Ses performances sont très attractives, le 4 cylindres turbo de 290ch ECE abat le 0 à 100km/h entre 5,5s et 6s selon le type de carrosseries et de transmissions retenues, le V8 de 450ch ECE entre 4,3s et 4,8s.

Article co-écrit par : ABSOLUTELY CARS & CARDO
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’Archives

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