Focus sur : La De Tomaso Pantera GTS, l’italienne au ronronnement américain

Quand nous vous parlons de voitures de sport luxueuses, vous pensez « Ferrari » ? Mais il existe un autre animal aussi racé que nerveux : la fameuse De Tomaso Pantera ! Cette « Panthère » italo-américaine, dessinée par Tom Tjaarda – à qui on doit la Ferrari 330 GT 2+2, la Volkswagen Karmann-Ghia ou encore la Fiat 2300 coupé -, est l’une des versions sportives les plus radicales de son époque tant par son style que par ses performances ! Iconique, au design agressif inspiré du monde des courses, elle allie le meilleur de Ford et du haut gamme italien, faisant d’elle une véritable merveille à part entière ! Mais pas que ! La De Tomaso Pantera est aussi une survivante ! Vive et tellement différente autant côté Etats-Unis que côté Europe, c’est un ORNI à ses débuts ! Voiture de luxe au look « de série », elle surmontera les écueils : la fin du partenariat Ford-De Tomaso, l’arrêt du V8 américain, ses soucis de qualité et de corrosion… pour mieux rester gravé dans l’histoire automobile !

Alejandro De Tomaso : de l’Argentine à l’Italie

La marque automobile De Tomaso est née à la fin des années 1950 de l’envie d’un seul homme : Alejandro De Tomaso. Ce pilote de course décida, en 1959, de se lancer dans la production automobile, à Modène, à proximité des usines Ferrari qui avait fait sa renommée en course ! Les premières années, sous le nom de « Automobili De Tomaso« , il se spécialisa dans le montage et l’assemblage de châssis de course qu’il imagina pour la Formule 2, la Formule 3, puis pour la Formule F1.

Très rapidement, la marque américaine Ford se rapprocha De Tomaso, souhaitant intégrer le segment des voitures de sport haut de gamme, près l’échec du rachat de Ferrari. Ford, alors sous l’ère de Lee Iacocca, devient alors le fournisseur officiel « mécanique » de la marque. Ainsi les trois premiers modèles de la marque – la De Tomaso Vallelunga, en 1963, la De Tomaso Mangusta, en 1968 et la De Tomaso Pantera, en 1971 – furent équipés de moteurs Ford.

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La De Tomaso Pantera, un prédateur à la conquête du bitume

Présentée lors du Salon de l’automobile de New York, en 1970, la De Tomaso Pantera se veut la digne remplaçante de la De Tomaso Mangusta, adoptant sa stratégie agressive pour concurrencer directement la Chevrolet Corvette. Il faut dire que la pomme n’est pas tombé loin de l’arbre ! Designée par l’américain Tom Tjaarda, comme sa devancière, elle s’en inspire librement tout en étant plus radical ! Elle se veut agressive avec une garde au sol type course, étant, de ce fait, au raz du bitume. A cela, on allie un châssis monocoque acier – une première chez De Tomaso – et une carrosserie entièrement fabriquée à Vignale (Turin).

L’association Ford – De Tomaso lui permet de disposer des équipements Ford mais aussi des accessoires dédiés aux voitures américaines à l’image de son volant en plastique et un intérieur en simili-cuir – une finition pas si haut de gamme que ça ! Pourtant, ce qui la différencie de ses concurrents est tout autre. Nous pouvons notamment citer son style « berlinette de course« , son poids ne dépassant pas les 1300kg, son moteur V8 de 5,8 litres Ford Cleveland d’une puissance de 330 ch et ses jantes en magnésium. Mais pas que ! A l’instar de nombreuses voitures de sport luxueuses, les clients pouvaient même choisir la puissance du moteur – entre 248 et 350ch – avec une version hyper racée, la De Tomaso Pantera GTS !

Elle fut principalement vendue sur le marché américain, dès 1972, grâce à Ford, via la marque Lincoln Mercury. Mais la « Dolce Vita » est de courte durée, car, après de nombreux déboires notamment à cause de la qualité de fabrication ou des soucis de corrosion, ce n’est finalement que quelques 5 500 exemplaires qui furent commercialisés. En effet, Ford s’arrête brutalement, en 1973, sa collaboration lorsque la direction du groupe constate que la De Tomaso Pantera ne répondra jamais aux standards traditionnels tandis que les pannes se multiplient. Il faudra deux années supplémentaires à Ford pour écouler les stocks avant de stopper toute exportation vers les Etats-Unis en 1975.

La De Tomaso Pantera GTS, la plus radicale des De Tomaso des années 1970

Le début des années 1970 marque une évolution décisive chez les voitures de sport. Afin d’améliorer l’image et la notoriété de De Tomaso face à Ferrari (avec la Ferrari 512 BB) et Maserati (avec la Maserati Bora), une version De Tomaso Pantera GTS est commercialisé dès 1973. Sa puissance augmente, passant de 310 à 330ch tout comme le prix tout en restant deux fois moins élevé que les autres italiennes.

Le succès – jusqu’à présent relatif en Europe – se fait plus présent avec l’introduction de la De Tomaso Pantera GTS. Elle conserve la transmission, les roues indépendantes et le moteur en position central arrière de sa version plus « soft ». Néanmoins, côté design, quelques changements sont effectués comme un élargissement des ailes qui sont en simili acier.

Cette version De Tomaso Pantera GTS intègre rapidement le programme compétition avec, comme point d’orgue, la présence de quatre Pantera aux 24 Heures du Mans 1972. Enrichi par la technologie Maserati, la marque au trident venant d’être tout juste acheté par Alejandro De Tomaso à Citroën, en 1975, De Tomaso participera à la célèbre course d’endurance, en 1974, 1975 et 1979 avec comme meilleur résultat une 16ème place au général.

Elle survivra à l’arrêt du V8 américain dues aux nouvelles normes anti-pollution américaines. Alejandro De Tomaso équipera sa fameuse voiture d’un nouveau V8 type 302 australien avant de connaître un relooking signé Marcelo Gandini. Mais rien n’y fait et elle sera progressivement supplantée par ses concurrentes à l’image de la Lamborghini Diablo, première voiture de série passant la barre des 331km/h sur circuit. Au final, après une longévité record de 25 ans de carrière, entre 1971 et 1993, ce fut près de 7 260 unités commercialisées, toutes versions confondues, marché européen et américain inclus. Elle sera remplacée par la De Tomaso Guarà, dernier modèle de la marque De Tomaso.

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’Archives

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