Lors de l’édition 2024 du Salon Epoqu’auto, qui se tient chaque année à Lyon au mois de novembre, ABSOLUTELY CARS a fêté les 60 ans de la marque française Matra. Et comme nous aimons faire les choses bien, nous sommes allés sur le stand du Club Bagheera Café qui célébrait, en plus, les 50 ans d’un des modèles phare de la marque, la Matra-Simca Bagheera ! Notre équipe est allée à la rencontre de Jérôme VIAL, secrétaire du Club Bagheera Café, et de Jean-Luc JOURDAN, adhérent au Club Bagheera Café, tous deux propriétaires des deux exemplaires exposés sur ce stand, nous permettant de mieux apprécié et comprendre les deux phases du modèle iconique.

Peux-tu nous présenter le club ?
JLJ !: Il s’agit d’une association créée il y a environ une quinzaine d’années et qui réunit une quarantaine de membres (en provendance d’autres clubs Matra). L’objectif premier de l’association est de faire rouler (remettre sur la route) des Matra SIMCA Bagheera; modèles assez mythiques des années 1970′. On y ajoute de l’entraide, des conseils. Je pense qu’aujourd’hui les objectifs sont clairement atteints, car on voit qu’on a remis en route plusieurs modèles fiabilisés et utilisés fréquemment.
JV. L’Association Bagheera Café existe depuis plus de 15 ans et qui regroupe une quarantaine de membres. Le Leitmotiv correspond au fait de rassembler les possesseurs de Matra Bagherra pour les aider à restaurer leur voiture à l’état d’origine. L’idée est de mettre en valeurs ces modèles dans des salons. Je fais partie des plus jeunes de l’association.

Que représente le salon Epoqu’auto pour le club ?
JLJ : c’est « the salon » de la voiture ancienne et le fait d’avoir une place en termes de visibilité revêt une importance particulière. De plus, l’engouement du public démontre une cote d’amour. Coté jeunesse, c’est un plus compliqué compte tenu d’une population de cheveux blancs (rires). Néanmoins, on note un intérêt à la voiture car dans le monde de l’automobile, ce style de bagnole détonne et qu’on a plus l’habitude de voir. Les jeunes se posent des questions : « Qu’est ce que c’est que ca? ». Après ils connaissent un peu l’histoire de Matra, notamment avec le Mans et l’Espace F1. SI on doit résumer, la voiture intéresse les plus anciens via la nostalgie d’en revoir une. « Je me suis marié dans une Bagheera », « Mon voisin avait une Bagheera ».
JV : Epoqu’auto est le plus grand salon de l’année pour la petite structure. C’est un salon qui permet de voir des voitures avec un capital sympathie. Pour les auto Matra, on a réussi à rassembler tous les clubs Matra au même endroit. Ce n’est pas arrivé de puis très longtemps et on a quasiment toute la chaine du Djet au Rancho. Pour les 60 ans de la marque au travers des véhicules jusqu’à l’Avantime. Ici, On se réunit, on discute avec les gens autour de la Bagheera. Globalement, les véhicules des années 1970′, les jeunes ne savent pas trop ce que c’est. Certains en ont vu mais la jeunesse reste fébrile. La Bagheera est une voiture qui rappelle des souvenirs aux 40/50 ans. On a dans l’association des accès au listing des modèles qui permettent de retracer l’historique de la voiture (couleur, finitions, année de production).
Quelles sont les caractéristiques justement ?
JLJ : Il faut rappeler que Matra a toujours été dans l’innovation. La voiture est plutôt belle avec des optiques « grenouilles », ses 3 places frontales et le repose-pied passager. Ces point ont été nouveaux lors de son lancement en 1973.


JV : Les différence entre la phase 1 et 2 sont notables. Celle de Jean-Luc est une fin 1976. Sur l’aspect extérieur, on dispose d’un toiy ouvrant en option, des rétroviseurs engelmann (ceux de SIMA 100 Rallye pour la Phase 1) et des poignées de portes spécifiques aux modèles de la dernière année de production (bouton poussoir jusqu’en 1979). Les parechocs de la phase 2 sont enveloppants (la première phase à une bouche et un petit parechoc arrière), de feux arrières avec plaque réflectorisant et l’inscription « MATRA-SIMCA ». la vitre arrière sur la série 2 est beaucoup plus grande avec un bouchon de réservoir déplacé.
L’aménagement intérieur se distingue par un design de fauteuil différent sur la mienne (phase 2) etun tableau de bord plus moderne, l’autoradio horizontal (vertical sur série 1)




Comment la qualifier en 3 mots ?
JLJ : Il s’agit d’un coupé très élégant, avec un état d’esprit disctinctif. N’oublions pas que les performances sont présentes avec une vitesse max de 180km/h. On est plus sur une conduite de liberté que fous du volant et une arrière pensée de nostalgie. Personnellement, c’était ma majorette préférée à l’âge de 9 ans.
JV : 3 places, très confortable et grand tourisme. Cependant, son châssis rouille compte tenu du processus de protection peu efficace.



Quelles sont ses qualités et défauts ?
JL : C’est une voiture plaisir à conduire avec un peu plus de 47 00 exemplaires écoulés (série 1 et 2 confondues). Elle a une très bonne qualité de tenue de route sur route sèche, très basse et équipée de Michelin XAS asymétrique et compétition. Elle est aussi légère ce qui compense un « petit » manque de puissance malgré ses 90ch. Après sur route mouillée, il faut rester sur ses gardes car le train arrière peut doubler l’avant.
Elle est confortable avec ses 3 places pour des gabarits normaux.
Quelles sont les réactions des visiteurs et passants en la voyant ?
JJ : On est sous les regards, par rapport aux générations. on retrouve des commentaires comme « Ca fait longtemps que j’en ai pas vu », « Oh regarde c’est quoi cette voiture ? » Il ne faut pas oublier qu’il y a un bruit caractéristique du moteur SIMCA.


JV : Par rapport à certains succès tels que la Murena et la 530, elle à un capital sympathie extraordinaire surtout avec ses 3 places. On entend « mon tonton en avait une ». Il faut se rappeler que la voiture a été présenté en 1973 lors des 24H du Mans. Un gosse campagne de publicité fut organisée avec la voiture dans les rues.
Quels conseils peut-on donner à un futur ou actuel propriétaire de Bagheera ?
JLJ : Elle reste un bonheur à rouler, mais il faut rester prudent en gérant les coups de coeur. Beaucoup de personnes sont attirés par cette voiture mais il faut prendre en compte les problèmes de rouille comme beaucoup de modèle des années 1970′. la carrosserie étant en polyester, on peut avoir des mauvaises surprises. Aujourd’hui, on deux types de Bagheera, celles rouillées (à des niveaux plus ou moins élevés) et celles totalement restaurées. Le fait d’acheter une Bagheera actuellement nécessite une prudence et une inspection approfondie est requis. Si c’est un modèle à restaurer, on peut rapidement monter dans les frais. Un exemplaire entièrement restauré dépasse 5000€.








JV : L’état du châssis est important et après l’accastillage (rétroviseurs, grille des optiques avants) est spécifique à la voiture, d’où certaines difficultés à s’en procurer. Le polyester est facilement réparable. Niveau mécanique, on retrouve des points communs avec d’autres modèles.
En matière d’entretien ?
JL : On a des fournisseurs qui disposent encore de vieux stocks. Niveau moteur (en position transversale arrière), on arrive encore à trouver des pièces sachant que des éléments en communs avec d’autres modèles. Les plaquettes de freins viennent de Renault. Ce qui est plus difficile aujourd’hui concerne les pièces de carrosserie comme les rétroviseurs et feux arrières. L’accessibilité au moteur est pas forcément très aisé. la voiture est basse d’où un équipement adapté pour mécaniser.
On a de la chance avec les clubs sont assez actifs au travers de refabrications assez onéreuses. Le but premier vise à faire rerouler la voiture. L’aide de tout le monde est la bienvenue et le Musée Matra de Romorantin y participe. Le web et les réseaux sociaux aident beaucoup pour trouver des éléments spécifiques.
JV : Les optiques sont un point noir pour en acquérir. Pour la Série II, c’est une adaptation de la SIMCA 1308 et les accastillage des phares est de moins en moins facile à dégoter. Le fait d’utiliser des épave est un bon moyen comme le démontre cette Bagheera. Celle dans laquelle on est assemblé via 4 autres exemplaires épaves.
Coté tarif, pour quelques centaines d’euros, on acquiert une épave, un exemplaire jamais restauré entre 3000 et 5000€ (max), tandis qu’un modèle restauré se négocie aux alentours de 10 000/15 000€ sans être aberrant. Mais il y en a très peu sur le marché.
Quel est l’avenir du Bagheera café ?
Compte tenu de notre leitmotiv, nous avons déjà commencé à refabriquer des tissus, autocollants et accessoires via VTO (qui a racheté le stock historique), sans venir en concurrence avec les spécialistes. L’idée reste à perpétuer le patrimoine automobile, restaurer les véhicules et les montrer dans des salons comme celui-ci.

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos officielles
Cet article vous a plu ? Retrouvez un autre article à lire ici : Les alliances Matra : de la Matra-Simca Bagheera à la Talbot-Matra Murena



