Nous y étions : Epoqu’auto 2024 et les youngtimers(2/2)

Les youngtimers japonaises que nous avons retenues, sont présentées dans cet article. C’est avec une joie certaine que nous avons échangé avec des jeunes passionnés brillantissimes, pleins de connaissances. Les youngtimers japonaises furent également invitées à stationner dans le désormais célèbre parking P4. Mais l’ambiance fut néanmoins totalement différente des autres années, nous y reviendrons.

Les youngtimers japonaises

De nombreuses youngtimers japonaises furent exposées lors de l’évènement Epoqu’auto 2024. Nous avons choisis de vous en présenter quelques-unes. Nous allons commencer par l’Autozam AZ-1. La firme Mazda voulut valoriser son savoir-faire et créa 4 marques complémentaires : Xedos qui distribua des voitures soignées de 1992 à 2003 ; Euros, présent sur le marché de 1989 à 1997, avec sa célèbre Eunos Cosmo trirotor produite de 1990 à 1996 ; Ẽfini qui distribua des voitures entre 1991 et 1997 ; et enfin Autozam, entre 1989 et 1998.

La plus spectaculaire de la gamme Autozam fut l’Autozam AZ-1. Clone du coupé Suzuki Cara, son empattement était de 2,24m pour une longueur de 3,3m. Son 3 cylindres turbocompressé Suzuki de 657cm³ était muni d’un double arbre à cames en tête et de 12 soupapes. Il délivrait 64ch à 6500tr/mn (85Nm à 4000tr/mn). Il était implanté en position transversale arrière et accouplé à une boîte à vitesses manuelle 5 rapports. Il permettait une vitesse maximale de 140km/h, le 0 à 100km/h étant franchi en 11,5s. Stricte deux places, sa carrosserie était en résine renforcée de fibre de verre. Elle était équipée de portes « papillon » et d’un toit en verre dopé de céramique pour réduire de 30% la transmission de la chaleur. Son capot s’ouvrait vers l’arrière et les phares demeuraient en place. Muni d’une suspension à 4 roues indépendantes et de 4 freins à disques, ce coupé était bien original ! Il fut assemblé entre 1992 et 1995 à 4392 exemplaires.

Ensuite, notre regard se porta sur le roadster Honda S2000 produit à 112642 exemplaires, fabriqué entre 1999 et 2003 à Takanezawa, entre 2003 et 2009 à Suzuka. Stricte 2 places, d’un empattement de 2,4m pour une longueur comprise entre 4,12m et 4,14m, cette propulsion était équipée d’un 4 cylindres longitudinal atmosphérique de 1997cm³ (2157cm³ disponible entre 2003 et 2009). Il était accouplé à une boîte à vitesses manuelle 6 rapports. Sa distribution était de type DOHC (double arbre à cames en tête et 16 soupapes) VTEC (Variable Valve Timing & Lift Electronic Control) offrant un calage variable des soupapes. La puissance spécifique du 1997cm³ était de 120 chevaux ECE par litre en Europe, 125 chevaux JIS net par litre au Japon, 121,7 chevaux SAE net par litre en Amérique. Ce moteur était une véritable œuvre d’art !

Honda fut également un très grand motoriste dans le domaine de la Formule 1. Elle fut championne du monde sous les couleurs de Williams-Honda en 1986 et 1987, sous les couleurs de McLaren-Honda de 1988 à 1991. Entre 1983 et 1992, 69 victoires furent cumulées : le finlandais Keke Rosberg (1948-….), 3 ; le britannique Nigel Mansell (1953-….), 13 ; le brésilien Nelson Piquet (1952-….), 7 ; le français Alain Prost (1955-….), 11 ; l’autrichien Gerhard Berger (1959-….), 3 ; notre regretté Ayrton Senna (1960-1994), 32.

Avec un tel palmarès, il fut tout à fait normal que Honda envisagea la fabrication d’une sportive exceptionnelle, la Honda NSX. Stricte 2 places, d’un empattement de 2,53m pour une longueur comprise entre 4,41m et 4,43m, elle fut fabriquée entre 1990 et 2004 à Tochigi, entre 2004 et 2005 à Suzuka. Sa carrière de 15 ans en fit une voiture mythique. Son V6 central transversal arrière, muni d’une distribution DOHC VTEC VVIS (modification du volume d’air admis), était dissimulé sous une tablette et son accès était assuré à l’aide d’un hayon bulle. A l’arrière, le couvercle du coffre donnait sur un rangement de 145 litres. Son style était fort proche de celui du concept car MG EX-E présenté au Salon de l’automobile de Francfort de 1985. Le designer Ken Kiyoyuki Okuyama (1959-….) l’adapta pour une production en petite série.

La liste des équipements était généreuse : vitres électriques, condamnation centralisée, rétroviseurs électriques et dégivrants, chaîne stéréo, baquets à réglage électrique garnis de cuir, airbag conducteur (direction assistée à partir de 1993).

En 1995, apparut la version targa dite « Type T » avec sa structure en aluminium renforcée. En 2001, les phares escamotables disparurent. Ainsi, entre 1990 et 2005, furent réalisés 18896 exemplaires.

La Subaru SVX nous attira également. Ce coupé fut fabriqué entre septembre 1991 et décembre 1996 à Ōta à 24379 exemplaires ; 2470 furent livrés en Europe dont 52 en France. Son style était dû à Giorgetto Giugiaro (1938-….). Son empattement imposant de 2,61m (longueur de 4,63m) permettait d’’offrir une belle habitabilité pour 4 personnes. Son 6 cylindres à plat atmosphérique de 3319cm³ était équipé de deux doubles arbres à cames en tête et de 24 soupapes. Il était accouplé à une boîte à vitesses automatique 4 rapports. Sa transmission intégrale répartissait le couple de 36% à l’avant pour 64% à l’arrière jusqu’à 50%/50%. Exceptionnelle, elle ne succéda à aucune Subaru et n’eut point de descendance.

La surprise fut totale face à la limousine Toyota Century 2ème génération, l’unique voiture japonaise à exploiter un V12 ! La 1ère génération fut assemblée artisanalement entre novembre 1967 et mars 1997 dans l’usine Higashi-Fuji de Kanto Auto Works (sous-traitant de Toyota depuis 1948) qui existait depuis 1946. Cette dénomination fut donnée à l’occasion du 100e anniversaire de la naissance de Sakichi Toyoda (1867-1930), le fondateur de Toyota. Elle était équipée d’un V8 muni de soupapes en tête et de roues avant indépendantes. L’injection fut adoptée en 1978. Elle fut réalisée avec trois empattements différents : 2,86m pour une longueur de 5,12m entre 1967 et 1997, 3,51m d’empattement pour une longueur de 5,77m) entre 1989 et 1997, 3,01m pour une longueur de 5,27m entre 1990 et 1997. Les boîtes à vitesses manuelles 3 et 4 rapports furent abandonnées en août 1974. En septembre 1987, la boîte à vitesses automatique à commande hydraulique 3 rapports fut remplacée par une boîte à vitesses automatique à commande électrique 4 rapports.

La seconde génération, assemblée dès avril 1997, était beaucoup plus intéressante : un magnifique V12 de 4996cm³ muni de deux doubles arbres à cames en tête et de 48 soupapes, 3,03m d’empattement pour une longueur de 5,27m, suspension pneumatique à 4 roues indépendantes, boîte automatique 6 rapports à partir de janvier 2005. En février 2017, la 9563ème Toyota Century fut réalisée. La troisième génération apparut en juin 2018. Hélas, le V12 fut retiré au profit d’un V8 hybride de 4969cm³ muni de deux doubles arbres à cames en tête et de 32 soupapes accouplé à une boîte à vitesses CVT. Son empattement est de 3,09m pour une longueur de 5,34m. A la fin de l’année 2020, la légendaire usine fut fermée et la production fut transférée dans l’usine de Motomachi, à Toyota City. La Toyota Century coiffe la gamme Toyota, mais également la gamme Lexus.

La Mazda 787B qui remporta le 23 juin 1991 les 24 Heures du Mans à une vitesse moyenne de 205km/h avec, à son volant Volker Weidler, Johnny Herbert et Bertrand Gachot, fut présente. Prêtée par le Musée des 24 Heures du Mans, elle ravit les Citroënistes. D’un empattement de 2,66m pour une longueur de 4,78m, elle était équipée d’un quadrirotor atmosphérique de 2616cm³ à admission variable délivrant 700ch à 9000tr/mn.

Les coups de cœur du parking P4

Sur le parking P4, cette année, l’ambiance fut totalement différente. Ce ne fut pas une grande kermesse : peu de photographes et peu de gastronomes installés avec leurs tables de camping.  Les premiers cherchèrent de la lumière et se tinrent au niveau de l’accès au parking P4, les seconds voulurent profiter des rayons de soleil de novembre et s’installèrent sur les espaces verts. La faute : la présence de panneaux solaires qui transformèrent le parking P4 en parking souterrain.

Les propriétaires des youngtimers japonaises furent invités au parking P4. Les voitures qui retinrent notre attention, furent des Mitsubishi Lancer Evolution, modèles extrêmement peu diffusés en France. Deux décennies après le retrait du marché de la Renault 8 Gordini, apparurent des voitures qui en reprirent la philosophie : berline 4 portes offrant 4 à 5 places équipée d’une motorisation alléchante. Les Mitsubishi Lancer Evolution furent fabriquées pendant 24 ans, à Okazaki entre octobre 1992 et fin 2007, à Kurashiki entre octobre 2007 et avril 2016. La motorisation implantée transversalement à l’avant, était fort intéressante : 4 cylindres de 1997cm³ (85×88) muni d’un double arbre à cames en tête, de 16 soupapes, d’une injection, d’un turbocompresseur (1998cm³ (86×86) pour la Mitsubishi Lancer Evolution X). A cela, s’ajoutaient une transmission intégrale permanente, une suspension à 4 roues indépendantes (essieu multibras et barre stabilisatrice à l’arrière), 4 freins à disques. Bref, que du bon !

Aujourd’hui, elles sont classées en 4 familles selon les carrosseries qui les habillèrent :

  • Mitsubishi Lancer Evolution I (2,5m d’empattement pour une longueur de 4,31m), Mitsubishi Lancer Evolution II et III (2,51m d’empattement pour une longueur de 4,31m), toutes équipées d’une boîte à vitesses manuelle 5 rapports.
  • Mitsubishi Lancer Evolution IV (2,51m d’empattement pour une longueur de 4,33m), Mitsubishi Lancer Evolution V et VI (2,51m d’empattement pour une longueur de 4,35m), toutes équipées d’une boîte à vitesses manuelle 5 rapports.
  • Mitsubishi Lancer Evolution VII (2,63m d’empattement pour une longueur de 4,46m), Mitsubishi Lancer Evolution VIII et IX (2,63m d’empattement pour une longueur de 4,49m, 4,54m pour les versions US), équipées d’une boîte à vitesses manuelle 5 ou 6 rapports (la Mitsubishi Lancer Evolution VII GT-A de 2002 étant munie d’une boîte à vitesses automatique 5 rapports). Entre septembre 2005 et mars 1997, la Mitsubishi Lancer Evolution IX fut disponible en variante break 5 portes dénommée Mitsubishi Lancer Wagon GT (boîte à vitesses manuelle 6 rapports) et Mitsubishi Lancer Wagon GT-A (boîte à vitesses automatique 5 rapports), d’une longueur de 4,52m.
  • Mitsubishi Lancer Evolution X (2,65m d’empattement pour une longueur comprise entre 4,5m et 4,51m (4,55m pour les versions US), équipée d’une boîte à vitesses manuelle 5 rapports (boîte à vitesses robotisée 6 rapports pour les versions TC-SST, MR version US et SE version US).

Bien entendu, avec un tel potentiel, les Mitsubishi Lancer Evolution se firent remarquées en Championnat du monde des rallyes WRC :

  • Tommi Mäkinen (1964-….) fut 4 fois champion du monde WRC en tant que pilote (1996 à 1999),
  • Mitsubishi fut champion du monde WRC en 1998.

Article co-écrit par : ABSOLUTELY CARS & CARDO
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’Archives


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