Interview exclusive : François Allain, la passion avant tout (2/2)

Partants en numéro 1, François ALLAIN et Nicolas GUENNETEAU représenteront la marque aux chevrons avec la seule Citroën engagée sur l’édition 2019 du Tour Auto Optic 2000. En choisissant ce modèle emblématique, les deux passionnés de voitures de collection célèbrent les 100 ans de Citroën et les 85 ans de la Traction, dernière grande œuvre d’André Citroën. Bien connu du public de RMC Découverte et de la Planète Automobile, François ALLAIN est revenu, en première partie de cette interview, sur sa passion, le Tour Auto Optic 2000 et la Traction. Il est, néanmoins, indissociable des médias, notamment la télévision !

François ALLAIN et l’émission RMC « Votre Auto »

La chronique hebdomadaire « Le Week-end des Experts » dans « Votre Auto » sur RMC est écouté par plusieurs milliers d’auditeurs chaque dimanche matin. Vous êtes un chroniqueur régulier de cette émission avec François SOREL et Jean-Luc MOREAU. Via cette émission, que souhaitez-vous partager ?

J’ai même appris ces jours-ci qu’on a atteint un pic d’un million six cents mille auditeurs ! C’est énorme ! Il faut dire qu’on essaie de coller à l’actualité de la voiture ancienne et d’annoncer un tout petit peu à l’avance les dates qui correspondent à des événements qui vont avoir lieu. C’est une manière de mettre un peu de voitures anciennes dans l’émission « Votre Auto » qui est très suivie par les fans de voitures toutes époques et tous modèles. Et ça marche bien, puis que, tout d’abord, François (SOREL, ndlr) est quelqu’un de formidable et Jean-Luc (MOREAU, ndlr) est un vieux copain – on se connaît depuis 20 ans. Le trio fonctionne très bien. Enfin, le duo, puisqu’ils font l’émission à deux, moi, n’étant qu’épisodiquement sur le plateau. En effet, je ne viens que de temps en temps avec eux. Mais ça fonctionne très bien.

« VINTAGE MECANIC » : une émission de passionnés pour des passionnés

La saison 4 de « VINTAGE MECANIC » continue de battre des records d’audience. Pour cette saison-ci, 526.000 téléspectateurs en moyenne étaient au rendez-vous chaque semaine et les fans de cette émission s’accordent sur les réseaux sociaux sur un point : des saisons plus longues. Comment expliquez-vous un tel engouement ?

Pour « VINTAGE MECANIC », nous sommes déjà en train de préparer la cinquième saison. On a commencé les tournages la semaine dernière. Cela fonctionne très bien. On est parti pour six, sept ou huit mois de tournage, donc ça va être très long. On espère bien sûr que ça va continuer longtemps. Quant à la quatrième saison, on a eu de très bons scores. On a eu un changement de case, de planning, mais les audiences sont restées stables. Le succès de cette émission est un ensemble de chose. Je pense qu’il manquait, en France, une vraie émission française sur les voitures anciennes et leurs restaurations. On a eu la chance d’arriver au bon moment et a être les premiers là-dessus. Il y a bien sûr d’autres émissions anglaises, américaines avec des versions françaises comme Wheelers Dealers. Mais « VINTAGE MECANIC » est la première émission Grand Public 100% française. On a été les premiers. L’émission a évolué depuis et continuera d’évoluer. Par exemple, en saison 5, il y aura des petites modifications par rapport aux premières saisons. On a décidé de faire évoluer un peu la chose et puis voilà. Après, ce n’est que du bonheur parce qu’on réunit les passionnés et des gens qui ne sont pas des experts, justement. Il y a donc une grande tranche des téléspectateurs qui sont des néophytes. C’est super important parce que c’est une manière d’intéresser le Grand Public à un univers qu’ils connaissent peu. Et peut être, les ramener dans notre univers, celui des collectionneurs. Et c’est important aussi que des gens qui ont 20-25 ans s’intéressent à ça, car on aura besoin que ce soit eux les collectionneurs dans dix ou quinze ans.

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Le logo de l’émission « Vintage Mecanic » – Crédit Photo : Vintage Mecanic- Facebook

Est-ce que cette émission crée des passions ? Des pulsions d’achat ? Ou des vocations ?

Clairement. On a des témoignages qui nous viennent des centres de formation, notamment de jeunes qui vont passer des CAP, des BEP en mécanique, peinture, toilerie, etc.,… où il y a très manifestement une passion pour les anciennes. C’est sûr que c’est plus valorisant et passionnant d’aller restaurer une voiture de collection que de changer une aile sur une Clio. Objectivement, bien sûr, il y a beaucoup de jeunes qui réalisent, que c’est plus jouissif de faire de la restauration de voitures anciennes que faire un remplacement de pièces, parce qu’aujourd’hui, on est dans le remplacement de pièces dans la plupart des cas chez les concessionnaires. Après, l’un n’empêche pas l’autre. C’est aussi un retour à l’envie du vrai. On observe la même chose en cuisine, par exemple. Depuis quelques années, à la télévision, il y a des émissions culinaires, qui sont comme elles sont, on peut les critiquer, mais clairement, ces émissions ont donné envie aux gens de retourner dans leur cuisine, de refaire eux-mêmes la cuisine, de re-cultiver le produit, la qualité du produit… Et c’est bien, car c’est un retour aux vraies choses. Je pense que, pour la voiture, on est dans le même domaine, c’est-à-dire, une séparation claire entre la voiture fonctionnelle – de tous les jours, pour aller d’un point A à un point B – et le véhicule passionnel qui est un objet de collection qu’on a pour se faire un petit plaisir le week-end, aller boire un verre le soir, peut-être partir en vacances. Mais on va vraiment vers la séparation de deux univers qui sont totalement différents et complémentaires et qui font effectivement qu’on ne va plus au travail en Traction Avant, aujourd’hui. On a vraiment, aujourd’hui, un véhicule « normal », actuel, très technologique pour tous les jours et puis une madeleine de Proust pour se faire plaisir.

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Le célèbre « Black Cab » de l’émission

Un épisode dure environ une heure, voire un peu plus. Néanmoins, cela représente généralement plusieurs jours de tournage. Pouvez-vous nous dire combien de personnes travaillent sur chaque épisode ?

L’équipe de base qui fait « VINTAGE MECANIC », est composée de cinq personnes. Evidemment, quand on tourne, il y a, en plus, des cameramen, des preneurs de son… Derrière, il y a des gens qui font du montage. Donc l’implication globale des gens qui travaillent régulièrement sur l’émission, c’est une grosse quinzaine.

Vous invitez régulièrement des célébrités lors des émissions, notamment pour essayer le modèle traité par l’épisode. Quel rôle jouent-elles au-delà du partage de leurs souvenirs d’enfances et de leurs envies ?

Le but est d’avoir un people par émission qui va venir nous parler de sa passion pour le modèle du jour ou la marque et nous raconter pourquoi. Je pense que c’est sympa, car c’est intéressant de s’apercevoir que quelqu’un qui est un grand footballeur ou un grand cuisinier ou un acteur ou un chanteur – ou une chanteuse car j’essaie toujours de respecter une certaine parité, car il y a beaucoup de femmes passionnées par la voiture ancienne – se passionne aussi pour la voiture. Je trouve ça formidable parce qu’on apprend, par exemple, que Thierry MARX (Chef étoilé du Jules Vernes à Paris, ndlr), qui est en train de faire de la Honda 750 dans Paris, est à la fois un cuisinier de talent et un grand personnage, mais aussi un fan de moto quand il était petit. Il l’est toujours aujourd’hui. Et il est comme nous. Pouvoir monter sur une bécane qui l’a fait rêver quand il avait 15 ans, mais qui ne pouvait pas s’acheter à l’époque, est un vrai moment de partage. Et je suis super heureux de rouler avec lui… ou de faire un tour en Jeep avec Claude LELOUCH qui me raconte pourquoi la Jeep Willis a un lien historique et sentimental dans sa vie personnelle et professionnelle.

Comment choisissez-vous les véhicules qui vont être restaurés dans l’émission ? Est-ce que les anniversaires de certains modèles ou marques rendent le choix plus facile ? Je pense notamment au centenaire de Citroën ou encore les 60 ans de l’Austin Mini par exemple.

On peut s’accrocher aux anniversaires, mais l’avantage et l’intérêt de notre émission, c’est qu’elle n’est pas datée. Comme c’est une émission thématique, modèle par modèle, dans l’absolue, c’est rediffusable dans deux ans, trois ans, cinq ans, dix ans… C’est vrai que faire l’émission sur la Mini, l’année des 60 ans de la Mini, c’est très bien. Faire la Traction, l’année des 100 ans de Citroën, c’est très bien. Mais comme ce seront des émissions qui seront rediffusées sans doute dans longtemps, il ne faut pas qu’on le marque trop parce qu’il ne faut pas que l’émission soit, par la suite, datée. Maintenant, j’essaie toujours d’équilibrée entre oldtimers/youngtimers, cher/pas cher, françaises/anglaises, allemandes, italiennes, américaines, etc.,… pour qu’il y en ait pour tous les goûts. Et dans le contenu aussi. Il faut qu’on fasse de la remise en route, de la rénovation, de la restauration et parfois de la reconstruction. Il faut donc qu’on ait un panel très large à l’image de la 356. On a des émissions sur lesquelles il n’y a que quelques heures de boulot et d’autres où il y a beaucoup de mois de travail. Avec un panel très large. Ce qui est important ici, c’est à la fois de montrer la vraie restauration en profondeur, mais aussi, de temps en temps, de rappeler tout bêtement les essentiels du type « Comment remettre en route une voiture qui n’a pas roulé depuis cinq ans ? Qu’est-ce qu’il faut faire ? A quoi faut-il faire attention ? » Il faut à la fois des véhicules qui font rêver dont on sait qu’on ne fera pas soi-même et qu’il faut confier à un professionnel, un gars qui est le spécialiste de la question de ce modèle-là, de cette marque-là. On gagne du temps. Et puis savoir qu’on peut faire soi-même quelques trucs assez facilement. Donc il faut de tout. C’est important.

Pour conclure cette interview, est-ce possible d’avoir quelques indiscrétions sur la cinquième saison de « VINTAGE MECANIC » ?

Non, je ne dirai rien ! (rires) Ce que je peux dire c’est qu’il y aura douze épisodes qui seront probablement diffusés fin 2019, début 2020. Aucune date n’est actée pour l’instant. Je peux juste vous dire qu’il y aura au moins une moto et au moins un engin militaire et donc par définition, une dizaine de voitures. Mais bon je vais te donner un truc. Parmi celles-ci, on va faire notamment une Facel Vega parce que c’est une marque qu’on n’a pas, pour l’instant, traité et c’est important de montrer aux gens, notamment aux jeunes, qu’il y a eu des marques comme Facel Vega qui ont été des marques françaises importantes dans l’histoire de l’automobile parce qu’elle a incarné le savoir-faire et le luxe à la française. Et c’est une marque qui n’existe plus depuis 60 ans et c’est important de savoir tout ça.

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François ALLAIN et Nicolas GUENNETEAU, en équipe pour le Tour Auto Optic 2000 et tous les deux présents sur les tournages de « VINTAGE MECANIC »

Cette interview pleine de surprises et d’exclusivités est terminée. La suite du rendez-vous est déjà donnée. Vous pourrez nous retrouver sous la verrière du Grand Palais le lundi 29 avril 2019 pour l’Exposition Tour Auto Optic 2000 et au départ de la course, le mardi 30 avril à 8h. Notre seul but : soutenir cet équipage bien connu des français et ces deux véritables passionnés de voitures vintage. Vous ne pourrez pas les louper : ils seront à bord d’un véhicule conçu avant la guerre et resté dans les mémoires des plus anciens et anciennes, la fameuse Traction !

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS
Parole donnée à : François ALLAIN, journaliste sur RMC Découverte

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