Interview exclusive : Le « Black Cab » de François Allain, un taxi anglais en mascotte

Le « Black Cab » londonien est l’un des plus illustres symboles du Royaume-Uni, connu dans le monde entier ! Identifiable à sa belle robe noire, à sa silhouette élégante et à son allure rétro, l’Austin FX4 a marqué de nombreuses générations, devenant pour tous « LE » taxi anglais par excellence ! En France, son image est aussi attaché à celle de l’émission française Vintage Mecanic dont il est l’égérie depuis plus de 5 ans ! A l’occasion du retour de la saison 6 sur la chaîne RMC Découverte, ce jeudi 2 décembre 2021, ABSOLUTELY CARS est parti à la découverte du célèbre taxi anglais de François Allain, présentateur de l’émission !

Aujourd’hui, nous sommes en présence d’un véhicule que tous les passionnés de voitures anciennes et auditeurs de RMC Découverte connaissent bien : l’un des taxis anglais de l’émission Vintage Mecanic !

En effet, il s’agit de l’un des taxis de l’émission Vintage Mecanic. Pour la petite anecdote, quand je me déplace avec l’un d’entre eux, les gens s’étonnent sur la couleur, croyant qu’il était noir ou qu’il était bleu. En réalité, il y en a plusieurs, bien sûr ! (rires) Au total, il y en eut quatre, mais aujourd’hui, il n’y en a plus que trois, parce que l’un d’entre eux était vraiment en bout de piste. Il sert maintenant de pièces détachées pour les trois autres, les pièces n’étant pas faciles à trouver. Il y eut donc deux noirs et deux bleus foncés. C’est pour ça qu’à l’antenne, les personnes ont dû mal à les reconnaître à cause de l’orientation du soleil ou de la colorimétrie de l’image. En plus, quand on prépare les émissions, on a tendance à mettre un coup, un noir, puis un coup, un bleu marine, mais les gens très observateurs peuvent se rendre compte que dans une émission, il peut y avoir tantôt l’un, tantôt l’autre. Après c’est un détail technique, je dirais, comme dans des tas d’émissions. Je peux prendre l’exemple de l’émission Les Carnets de Julie, que je connais très bien, où il y a eu deux voitures de production, plus les véhicules de prêts ! Dans Vintage Mecanic, nous sommes dans le même principe, à savoir deux taxis qui roulent vraiment et un qui fait de la figuration.

L’histoire du taxi anglais, ou « Black Cab », est longue et complexe. Ils ont eu entre autres des moteurs Austin, puis Nissan… Ils ont également évolué au fur et à mesure des décennies… Alors qu’est-ce qui distinguent les taxis de Vintage Mecanic par rapport aux autres ?

Effectivement, il y a eut, grosso modo, quatre motoristes différents (Austin, Land Rover, Nissan, puis électrique, ndlr). Sur les quatre taxis de Vintage Mecanic, il y en a trois avec le moteur Nissan et un avec le moteur Austin. Il faut savoir que le moteur Austin est le moteur d’origine des taxis anglais et qu’il a été monté pendant les années 1960. Il a été remplacé par le moteur Land Rover, lui-même remplacé par le moteur Nissan. Tous les taxis des années 1990 ont eu reçu cette motorisation. De ce fait, le plus ancien du lot a un Austin 2,2L qui n’est pas la mécanique la plus efficiente, ni la plus performante, ni la plus simple… mais les premiers, par définition, avaient ce moteur puisque le taxi anglais est une création de la marque Austin. Après, si vous me posez la question « quel est pour vous le meilleur moteur ? », je vous répondrai que le moteur le plus viable est le Nissan 2,7L. C’est pour ça qu’il y en a trois avec ce moteur dont le fameux taxi qui sert de source de pièces détachées.

En effet, la marque Austin est à l’origine des fameux taxis anglais avec l’Austin London Taxicab des années 1930, puis l’Austin FX3 des années 1950 et l’Austin FX4 qui fut produit des années 1960 aux années 1990. La production fut, après, confiée à la « London Taxis International » (LTI).

Il y a eut, effectivement, une évolution de ce taxi avec plusieurs générations. Aujourd’hui, c’est le LTI TX5 (aussi appelé LEVC TX, ndlr) qui est en circulation. Ce véhicule est fabriqué par le constructeur chinois Geely. Ils sont équipés d’un moteur hybride signé par Volvo (qui appartient au Groupe Zhejiang Geely Holding, ndlr). Ce qui est assez sympa, c’est que le taxi actuel revient à un look qui est assez proche de l’Austin FX4 alors que toute la série des LTI TX1/TX2/TX4 avait un design quelque peu différent.

Le taxi anglais est indéniablement un porte-étendard du Royaume-Uni et désormais de l’émission Vintage Mecanic. Pourquoi avez-vous choisi cet Austin FX4 comme « figure de proue » pour votre programme télévisuel ?

C’est vrai que le taxi est devenu, au fil des années, la mascotte de l’émission. Toute une sympathie s’est créée autour. Nous avons pris ce véhicule pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce que c’était une marque disparue. Austin n’existe plus et l’Austin FX4 n’est plus produit depuis vingt ans. Il y avait donc un côté « véhicule qui n’est pas habituel ». Bien évidemment, nous aurions pu prendre une Citroën 2CV Camionnette, mais nous ne voulions pas être associé à une marque en tant que tel. C’est pour ça qu’avoir un véhicule d’une marque qui n’existe plus me plaît bien. En plus, le taxi anglais est un véhicule atypique. Puis, c’est aussi ma manière de rendre hommage aux Anglais, car il faut reconnaître que les Anglais ont été des percusseurs en matière d’émissions automobiles à la télévision. C’était donc un petit clin d’œil.

Le taxi anglais est devenu une véritable mascotte pour l’émission en devenant le véhicule de présentation. Est-ce la première fois qu’un taxi est utilisé comme tel dans une émission française ?

Nous sommes la troisième émission française à utiliser le taxi comme mascotte. Il y a eu deux avant nous dans des sujets complètement différents : Les Enfants du Rock qui était une émission de référence musicale avec Rock Line présenté par Bertrand Lenoir qui représentait l’univers très « british » du rock et l’émission culinaire de Jean-Luc Petitrenaud.

Quel est l’engouement des gens quand ils vous voient passer avec ces taxis ?

Maintenant que l’émission est à l’antenne depuis plus de cinq ans, il y a une vraie fidélisation. Quand les gens voient le taxi passer, la plupart savent que c’est le taxi de Vintage Mecanic. Nous sommes, quand même, quelques uns, en Ile-de-France, à posséder des taxis anglais et parfois certains ont tendance à les confondre. On m’a déjà raconté qu’un fan avait presque « poursuivi » un taxi anglais parce qu’il pensait qu’il s’agissait du taxi de Vintage Mecanic, ce qui est assez drôle.

Nous ne pouvons pas parler du taxi de Vintage Mecanic, sans aborder la sixième saison qui reprendra le 2 décembre 2021, ni la future saison 7 ! Nous savons que vous ne pouvez pas trop nous en révéler, mais pouvez-vous nous en teaser deux ou trois éléments ?

La première partie de la sixième édition a été diffusée en début d’année et la deuxième partie sera sur RMC Découverte à partir du 2 décembre 2021. De notre côté, nous avons commencé à travailler sur le tournage des épisodes de la saison 7. Tout ce que je peux dire sur cette future saison, c’est qu’il y aurai au moins autant d’épisodes que les saisons précédentes, si ce n’est plus ! (rires) L’idée est de rester sur le fil conducteur qu’est l’automobile, mais pas que ! Nous avons déjà fait des saisons où il n’y avait pas que de l’automobile, mais aussi de la moto, des engins agricoles, des engins militaires et des trucs un peu étonnants ! Nous avons déjà restauré plusieurs tracteurs qui est un engin avec une côte d’amour extraordinaire auprès des Français, ce qui prouve que ce n’est pas que l’automobile qui intéresse les gens, mais bien la mécanique en général. Nous sommes dans une certaine cohérence qui me fait très plaisir. J’ai bien rigolé avec l’épisode de l’épave de la Peugeot 201 que nous avons découpé pour en faire un « hot rod » ! Je pense que ce qui est bien avec cette émission, c’est de pouvoir aller dans les variations avec, de temps en temps, des épisodes un poil décalés. Je trouve que c’est chouette ! Vintage Mecanic, c’est avant tout de la mécanique ! Mais je vous rassure, nous n’irons pas jusqu’aux machines à coudre, évidemment ! (rires) Et il y aura bien sûr une ou deux nouveautés ! Quant à la diffusion de la saison 7, RMC Découverte préfère ne pas tout diffuser en même temps, vu que nous commençons à avoir pas mal d’épisodes par saison, ce qui est plutôt une bonne idée. Comme ils ont fait pour la saison 6, ils vont sans doute morceler la saison 7 de Vintage Mecanic, en deux ou trois périodes. Nous pouvons espérer avoir les premiers épisodes avant l’été 2022, mais je ne suis pas dans le secret de la diffusion ! Ce que je peux vous dire, c’est qu’il y aura des belles surprises !

Est-ce qu’il y a des épisodes ou des modèles qui vous ont plus marqué que d’autres ?

Oui, parce que forcément, on est humain ! Il y a forcément des épisodes qui te marquent plus que d’autres, soit par la manière dont ça a été tourné, soit par le contenu de l’épisode, soit par les gens que tu as rencontré. Dans la saison qui vient de se dérouler, j’ai particulièrement aimé l’épisode que nous avons fait avec la NSU Ro 80. D’abord, parce que c’était un véhicule très atypique, très particulier et parfaitement inconnu du grand public. Nous avons vraiment fait découvrir aux gens quelque chose qu’ils ne connaissaient pas. Ensuite, parce que nous avons fait cette restauration avec l’aide des étudiants du GARAC. J’avais très envie qu’on fasse une émission sur le thème de la transmission du savoir. Pour moi, le fait qu’on puisse avoir des étudiants avec la génération d’avant, c’est-à-dire les professeurs, et avec la génération d’encore d’avant, c’est-à-dire ceux que j’appelle affectueusement « les papys à la retraite », mais qui ont un savoir extraordinaire à transmettre… le fait qu’on puisse avoir ces trois générations qui se complètent de façon cohérente, logique et indispensable était très important. Je suis particulièrement heureux de cet épisode, parce qu’il montre l’avenir de l’automobile de collection ! Sans transmission du savoir, la passion s’arrêtera ! En plus, à la fin de l’émission, on avait imaginé un scénario que je voulais absolument qu’on fasse : comme les étudiants du GARAC travaillent de façon non monétisé, je voulais que l’équivalent de la somme que représenterait la main-d’œuvre serve à quelque chose. A l’occurrence, l’acheteur du véhicule a fait un chèque du montant de la main-d’œuvre non dépensée et l’a transmis à une association caritative pour les enfants malades du cancer. C’était très important que des associations, comme Tous ensemble contre le cancer, bénéficient de ça, qu’il y ait un double message et que tout cela soit très utile.

Pensez-vous que le point de vue des gens sur la voiture de collection a évolué avec des émissions comme Vintage Mecanic ou encore Wheeler Dealers France ?

Aujourd’hui, l’offre est très vaste en termes d’émissions de télévision automobiles, sur beaucoup de chaînes dont RMC Découverte. Je pense qu’avoir un offre large ne peut qu’aider, car il y en a pour tous les goûts, tous les budgets, pour tous les styles et ça c’est très important. Nous avons des émissions de restauration, mais aussi des émissions de divertissements ou de collection pure. Il y en a pour tout le monde et c’est le principal. Plus l’offre est large, mieux c’est.

Quel est le message que vous pourrez adresser à la jeune génération qui souhaite se lancer dans la voiture de la collection ?

Je pense qu’il est important de ne pas oublier l’essentiel : l’univers de la collection est accessible à tous. Il y a, bien évidemment, des gens qui ont les moyens de s’offrir de très très belles voitures qui valent très très chères, mais la collection commence avec une Citroën 2CV ou équivalents (Mini Austin, Renault 4L, Volkswagen Coccinelle ou Fiat 500). Aujourd’hui, toutes les Citroën 2CV sont de collection, puisqu’elles ont toutes plus de 30 ans, même les dernières. Elles peuvent donc passer en carte grise de collection ou rester en carte grise normale, car la définition « collection » ne passe pas forcément par la carte grise de collection bien que celle-ci offre bien des avantages. Donc on peut se faire plaisir et entrer dans l’univers de la collection avec des véhicules faciles, simples et pas chers. Ce n’est uniquement pas réservé à des gens très fortunés. Il y en a pour tous les goûts et pour tous les budgets et ça, je ne me lasse pas de le répéter parce que c’est une réalité ! C’est vraiment important que les gens en prennent conscience ! On peut se faire plaisir avec des sommes extrêmement raisonnables en achetant un modèle populaire qui sont des voitures faciles, répandues et où il y a des pièces détachées. J’insiste beaucoup sur ce dernier détail, car c’est très important. Aujourd’hui, si vous êtes sur un modèle où on trouve tout, ça change la vie ! Et malheureusement, ce n’est pas le cas de tous les véhicules, loin de là ! Il reste quand même un certain nombre de modèles où l’on trouve pratiquement tout, souvent à des prix raisonnables. Il est donc important de se lancer sur un véhicule où on n’aura pas de soucis de pièces détachées plutôt que sur des véhicules qui ne valent pas forcément beaucoup plus chers à l’achat, mais sur lesquels on va vraiment « ramer » après. Il faut garder en tête qu’il n’y a pas que des voitures qui valent des centaines de milliers d’euros. Il y a des voitures à tous les prix et ça rejoint ce que nous faisons dans l’émission Vintage Mecanic. C’est très bien que tout ça roule et c’est très bien que tout ça cohabite ! C’est ça qui est vraiment important, parce que la vraie passion, c’est ça !

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS

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