Interview exclusive : La Peugeot 204 Coupé de Vintage Mecanic

Le Tour Auto 2021 Optic 2000 se lancera à la fin du mois, depuis le Grand Palais Ephémère, à Paris. Sur la grille des concurrents, nous retrouvons le présentateur de l’émission Vintage Mecanic, François Allain, qui est un grand habitué de cet événement. Après avoir participé avec des Citroën, dont une Citroën Traction que nous vous avions déjà présentée, il sera, cette fois-ci, au volant d’une Peugeot 204 Coupé de 1970. Si cette voiture ne vous semble pas inconnue, c’est qu’elle fut la star de l’épisode 12 de la dernière saison ! Mais pas que ! Car le palmarès de cette voiture ferait pâlir les meilleurs puisqu’elle fut Vice-Championne des Rallyes de France 1976-1977 avec Dominique Restellini, voilà 45 ans ! Et c’est avec ce chiffre porte-bonheur qu’elle prendra part à son nouveau défi, avec le duo François Allain/Nicolas Guenneteau, qui s’aligneront sur le plateau « régularité » de cette édition 2021 ! ABSOLUTELY CARS s’est donc intéressé à l’unique représentante du constructeur au Lion au Tour Auto Optic 2000 !

Après 43 ans en sommeil, nous avons le plaisir de découvrir la fameuse Peugeot 204 Coupé de 1970 de Vintage Mecanic, à l’occasion de sa première sortie en public, lors de l’événement Liberté, Egalité, Roulez 2021 sur l’Autodrome de Linas-Montlhéry. Cette année, elle va également faire le Tour Auto 2021 Optic 2000, succédant ainsi à la Citroën 2CV, à la Citroën Traction et à la Citroën GS !

Excepte la Citroën GS de l’année dernière, les autres voitures que j’ai utilisé pour le Tour Auto Optic 2000, sont des voitures que on avait déjà fait dans l’émission Vintage Mecanic. On a fait une Citroën 2CV et j’ai fait le Tour Auto avec une autre Citroën 2CV. On a fait la Citroën Traction et on a réalisé le Tour Auto avec une Citroën Traction. Après avoir fait le trio Citroën, cette année, je reste dans le Groupe Stellantis avec une Peugeot, sauf que cette fois-ci, pour la première fois, la Peugeot que j’aurai au Tour Auto, sera celle qui a été restaurée dans Vintage Mecanic ! C’est la première fois que les calendriers se goupillent suffisamment bien pour que tout soit préparé dans les temps ! Le décalage de date du Tour Auto, initialement prévu en avril, nous a permis d’être fin prêts. Elle portera bien évidemment les couleurs de l’émission, Optic 2000, Peugeot et celles de tous nos sponsors habituels, c’est-à-dire Autobacs, Michelin, FG Concept, Laser Cars… afin tous les gens avec qui on travaille.

Il faut rappeler que vous serez avec un ami de longue date, Nicolas Guenneteau, qui avait été également votre co-pilote sur la Citroën Traction, lors de l’édition 2019.

Je retourne au Tour Auto aux côtés de Nicolas Guenneteau, avec lequel je suis ami et ce, depuis bien avant l’émission. Nicolas a déjà été, une fois, mon co-pilote sur la Citroën Traction Avant. L’année dernière, il était présent en tant qu’assistance technique. Et cette fois-ci, il revient en tant que co-pilote. C’est toujours un bonheur puisque Nicolas et moi, on s’adore et c’est comme mon frère ! (rires)

Cette année, vous êtes une nouvelle fois engagés dans la catégorie « régularité ». Pourquoi, une nouvelle fois, avez-vous choisi ce plateau ?

On sera en régularité pour plusieurs raisons. D’abord, j’aime bien l’esprit de la régularité. La catégorie « compétition », c’est moins mon truc, même si ce n’est pas improbable que je fasse le Tour de Corse Historique en compétition, cet automne. Après faire le Tour Auto en régularité, ça me va très bien. Deuxièmement, j’ai de la chance qu’on ait cette voiture qui est une vraie voiture historique, puisqu’elle a été Vice-Championne de France des Rallyes en 1976-1977. Je n’ai pas envie de la pousser dans ses retranchements ou de la casser. Il faut savoir qu’en compétition, il y a plus de risques de casser une voiture qu’en régularité. Je trouve donc que c’est plus raisonnable. Elle sera en régularité intermédiaire, ce qui lui va bien par rapport à ce qu’elle peut faire, tout en la ménageant.

La Peugeot 204 de Vintage Mecanic portera le numéro 45 lors du Tour Auto 2021 Optic 2000. Il semblerait qu’il y ait toute une symbolique derrière.

Les organisateurs du Tour Auto m’ont fait cette faveur en me donnant le numéro 45, parce que ce sera pile les 45 ans de cette place de Vice-Championne de France (avec Dominique Restellini , ndlr). Je trouve qu’avoir ce numéro était un petit clin d’œil. Ce qui est drôle, c’est que ce sera également les 55 ans du modèle qui est sorti en 1966 et ce sera les 35 ans de ma première Peugeot 204 Coupé qui a été ma première voiture de collection quand j’étais jeune conducteur. Bref une suite de chiffre magique !

Dans quel état d’esprit abordez-vous cette édition 2021 du Tour Auto Optic 2000 ? Quels sont vos objectifs ?

J’y vais sans prétention, ni pour gagner quoi que ce soit. J’y vais pour y passer un bon moment, pour voir de beaux endroits avec des gens sympas. Je veux finir la course, car c’est quand même le but. J’ai montré plusieurs fois qu’avec une petite automobile populaire qu’on pouvait rester dans la course et finir classer. C’était important et c’est ça que je cherche. Il y a des gens qui viennent pour faire les classements, mais ce n’est pas mon cas. Je suis déjà très content de participer et ce que j’aime, c’est faire plaisir aux gens qui sont au bord de la route ! Ils adorent voir les voitures de leur enfance. Ils ont besoin de rêver avec des voitures extraordinaires comme certaines Ferrari, certaines Jaguar ou certaines Porsche, mais aussi avec des voitures populaires.

Il existe un certain engouement autour de votre voiture quand vous traversez les villages ou quand vous êtes sur les routes de campagne. Vous avez même été arrêté par les forces de l’ordre afin qu’ils puissent admirer votre voiture logotypée « Vintage Mecanic. » Cela semble être incroyable ?!

Je pense que c’est lié à plusieurs choses. D’abord, cet engouement est lié à la voiture, car j’aime bien faire le « clown » avec des voitures populaires. Quand les gens voient le logo « Vintage Mecanic » et qu’ils savent que c’est nous, il y a une vraie manifestation de sympathie par rapport à cette émission. Nous, on fait cette émission sans prétention, le but étant de faire une émission grand public sur une chaîne grand public. L’intérêt est d’élargir le cercle et de toucher des jeunes, voire des enfants ou des femmes. L’automobile, ce n’est pas qu’une clientèle masculine de 15-49 ans. Ce qui est important, c’est qu’il faut intéresser les enfants d’aujourd’hui, si on veut qu’ils soient les collectionneurs de demain. C’est mon crédo et je le revendique. Je suis donc très content quand j’ai des enfants de 8 ans, 10 ans ou 12 ans, qui viennent me voir et qui me disent : « J’ai vu l’émission sur telle voiture », « François, c’est super », « Comment as-tu fait pour ça ? » Et pour moi, c’est ça qui est le plus important, car ces enfants seront, demain, la suite. Il ne faut pas oublier que dans la collection, on aura, un jour, un problème de transmission, car l’univers de la voiture est pourchassé un peu de partout. Il faut comprendre que la voiture de collection dite « passion » fait peu de kilomètres et donc pollue peu. Elle ne sert plus de voiture de tous les jours. De plus, la voiture de collection n’est pas du tout une voiture d’élite. Comme j’aime à le dire, il y en a pour tous les prix pour tout le monde ! On peut se faire plaisir avec une Citroën 2CV ou une Renault 4CV avec un budget extrêmement raisonnable. C’est avant tout une question de passion !

Reconnaissable par son coloris blanc d’époque, ses prise d’air du capot, ses pare-chocs initiaux et sa bande tricolore, cette Peugeot 204 Coupé de 1970 est très spéciale avec une préparation rallye signé Condrillier, dotée d’un échappement central, de jantes 13 pouces Targa et d’un arceau de sécurité remplaçant la banquette arrière. Est-ce que cela crée un réellement changement de conduite et est-ce que cela a changé radicalement votre préparation pour le Tour Auto 2021 Optic 2000 ?

Par rapport aux autres voitures du Tour Auto, il y a un réel changement, car ce sont des voitures totalement différentes. On se rapproche plus, quelque part, de la Citroën GS, tout en restant éloignée. On est également proche de la Peugeot 204 Coupé de série. La seule différence, c’est qu’on a des amortisseurs Koni, c’est-à-dire réglables qui vont permettre d’être plus fermes, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, car on a des amortisseurs de série. On va repasser en Koni, car on vient juste de les faire faire. Le moteur, bien sûr, est vitaminé (Il s’agit d’un 4 cylindres à deux carburateurs Weber double-corps de 1288cm3 d’environ 120ch, ndlr). La puissance a été quasi doublée. Mais la puissance n’est pas le secret. Elle fonctionne très bien au-dessus de 4000 tours/minutes, mais en dessous, ça ressemble à une Peugeot 204 normale. C’est au-dessus de ce seuil qu’elle s’affranchit des limites.

Que deviendra cette Peugeot 204 Coupé de 1970 après le Tour Auto 2021 Optic 2000 ?

Après le Tour Auto, on nous a déjà sollicité pour l’exposer dans différents endroits comme des musées, des expositions ou des salons. Je pense que cette voiture va tourner un petit peu. Dominique Restellini, qui a été le pilote de cette voiture pendant de nombreuses années, est très heureux de revoir cette voiture qui ressort, qui va servir, qui va tourner, qui va rouler, qui va être exposée… C’est sûr qu’elle sera mieux qu’au fond de son parking où elle a été très bien conservée, mais hélas totalement invisible. Dominique l’a très bien conservée, car il faut savoir qu’elle est restée quand même 43 ans sans tourner, mais comme elle a été très bien stockée, elle est restée propre et n’a pas rouillé. De ce fait, elle n’a pas trop mal vieillie pour une voiture de son âge. Le moteur en lui-même n’a pas souffert et n’était pas bloqué.

Nous arrivons au terme de notre interview. Pour conclure ce moment, quel serait votre mot de la fin ?

Le Tour Auto démarre le 30 août 2021, au Grand Palais Ephémère, à Paris avec une arrivée à Nice, le 4 septembre 2021. Elle va pouvoir rouler sur circuit. Ce sera sans doute Nicolas qui la conduira, car il adore conduire sur circuit, alors que moi, ça me passionne, mais moins que lui. Sur les spéciales, c’est le contraire. J’adore les spéciales alors que lui, il aime bien, mais sans plus. Ainsi, on se partage le boulot ! (rires)

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS

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