Nous y étions : double anniversaire des Mercedes-Benz W123 et Classe E W210 au château de Vaux-le-Vicomte

Le samedi 6 juin 2026, nous avons rejoint le club Mercedes-Benz France pour une journée anniversaire à la concession Mercedes-Benz Autosphère de Melun. Deux grands modèles étaient à l’honneur. Nous fêtions les 50 ans de la Mercedes-Benz Type 123 (1975-1986). Cette voiture mythique et réputée indestructible a fait le bonheur des taxis et des familles à travers le monde. La deuxième berline à l’étoile était la Mercedes Classe E W210 (1995-2002). Avec ses quatre grands phares ronds, il est difficile d’imaginer qu’elle est déjà trentenaire. En plus de son design moderne, c’est l’ère des assistances électroniques qui entre en jeu. Fêtons, ensemble, le retour de ces deux grandes Mercedes !

Famille nombreuse de Mercedes-Benz W123

Chacune de ces Mercedes a su donner le ton à l’industrie automobile grâce à sa modernité et à ses innovations techniques. On jubile en imaginant ces berlines à l’étoile W123 semblant sortir d’usine, prêtes à être livrées. Après un accueil autour d’un petit-déjeuner, nous avons rejoint les membres du club et leurs berlines W123 exposées devant la vitrine de cette concession Mercedes, inaugurée en 2025. Remarquez l’effet visuel saisissant de cet anachronisme ! Le président du club nous a confié qu’il n’avait encore jamais vu certaines des Mercedes W123 des membres du club. En général, ces passionnés sortent avec d’autres Mercedes de leur collection, parfois plus prestigieuses.

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À notre étonnement, il n’y avait pas de Mercedes break, appelée T avec le code S123, mais en revanche, il y avait une belle diversité de berlines (W123) et de coupés (C123) dans des teintes de carrosserie très variées. La gamme diesel était bien représentée avec les Mercedes 200D, 240D et 300D. De même pour les motorisations essence avec une majorité de 230E (moteur M102). Cette dernière convient très bien à la Mercedes W123, elle est énergique et livre une sonorité très plaisante. Nous avons apprécié la présence d’une version « tuning » d’époque de Mercedes W123, typique des années 1980, avec un kit BBS rare.

Chez la Mercedes Classe E W210, deux berlines seulement représentaient la gamme, une Mercedes E 240 Élégance (bleue, phase 1) et une E 320 CDI Avantgarde (grise, phase 2) toutes deux dans un bel état de présentation.

D’autres modèles Mercedes sont venus soutenir et célébrer ces anniversaires, avec notamment plusieurs Mercedes à forte cylindrée. Une magnifique Mercedes W108 de 1966, d’une grande élégance, était exposée, suivie de deux générations de Mercedes Classe S W116 et W126. Rappelons-le, la Mercedes Classe S reste, à ce jour, la limousine de luxe la plus vendue au monde. Toujours dans l’ordre chronologique de fabrication, nous avons vu une berline Mercedes E420 W124, un roadster Mercedes SLK 230 de la génération R170, un cabriolet CLK 430 (W208) et un coupé CLK 240 (W209). Il était intéressant de constater que ces deux CLK étaient de la même année, fabriqués en 2002, un « touche-à-touche » générationnel fort séduisant.

Grand départ pour le château de Vaux-le-Vicomte

La balade a commencé à l’aide d’un road-book. Le trajet nous a fait passer par de petits villages de Seine-et-Marne avant de nous rendre au somptueux château de Vaux-le-Vicomte.

Sur le parking du château, nous avons remarqué la présence d’une Mercedes W123 très singulière. Après des décennies d’inactivité, cette voiture est sortie de grange. Chose remarquable, elle a seulement 22 000 kilomètres au compteur. On vous laisse imaginer l’état mécanique de cette Mercedes exceptionnelle. Cette voiture peut vivre encore un siècle !

Une visite du château en trois niveaux

Nous avons profité d’une visite au château de Vaux-le-Vicomte, un édifice prestigieux construit au XVIIe siècle par l’architecte Louis Le Vau, premier architecte du Roi, et commandé par Nicolas Fouquet, homme d’État et véritable esthète. Ce chef-d’œuvre incontestable d’architecture est le meilleur ambassadeur du style italien, très en vogue à l’époque, et puise également son inspiration dans l’Antiquité.

En plus de son architecture visionnaire, nous avons remarqué de nombreuses pièces d’exception, dont un cabinet d’ébène d’un grand raffinement. Fabriqué par Jean Macé (1602-1672), c’est un pur trésor, et on reste très curieux face à ses nombreux tiroirs secrets. Charles Le Brun, une autre grande figure artistique de l’époque, premier peintre du Roi, s’est affairé à la création de décors somptueux. Au cours de la visite, nous avons admiré une partie de son travail en parcourant trois niveaux différents : les appartements de Nicolas Fouquet au premier étage, les salons d’apparat au rez-de-chaussée, ou encore les cuisines au sous-sol, suivis d’un espace immersif pour présenter les jardins, aménagés sur plusieurs niveaux créant un jeu de perspective saisissant. À ce sujet, c’est André Le Nôtre, la troisième grande figure créative du château, qui est considéré comme le père du jardin à la française. Après notre visite, nous avons eu l’agréable sensation que Nicolas Fouquet, premier propriétaire du château, n’avait jamais quitté ce lieu enchanteur.

Petit clin d’œil cinématographique

Côté cinéma, c’est là où le château et nos berlines à l’étoile ne font qu’un, avec la saga James Bond notamment. Avec, pour le château, une apparition remarquée dans l’ambitieux et déjanté Moonraker (1979). La Mercedes W123 apparaît, elle, dans le long-métrage Octopussy (1983) – une Mercedes 200 noire. Dans le même film, une Mercedes W108 250 SE noire apparaît dans une scène devenue culte, celle où la voiture roule sur des rails de train pour rattraper un ennemi. Concernant les Mercedes Classe S, elles apparaissent respectivement dans Rien que pour vos yeux (1981) – une Mercedes W115 450 SEL grise – et dans Demain ne meurt jamais (1997) – une Mercedes W116 bleue restylée à moteur V8.

Nous avons apprécié la configuration de cette Mercedes C123, avec un intérieur cuir camel, loin de l’austérité des véhicules actuels. Remarquez les boutons de vitres électriques des premières versions, avec un bois en Zebrano dont le vernis est encore dans un bel état de présentation.

Essai bref d’une Mercedes W123 300 D

À la fin de cette journée, un grand passionné de la marque nous a permis d’essayer sa Mercedes W123 300 D sur une portion d’autoroute. Une voiture très facile à prendre en main. Le coupleux moteur 3.0 diesel, 5 cylindres et 4 vitesses, offre une sonorité très plaisante pour un diesel en accélération. Comme pour beaucoup de propulsion, la tenue de cap est un peu floue quand il y a du vent, mais c’est une véritable dévoreuse de kilomètres. Et quelle robustesse, il n’est pas rare de rencontrer des exemplaires avec plus de 500 000 km. Nous avons été admiratifs de la qualité de construction textile intérieur, panneaux de portes, ciel de toit, plage arrière, rien n’a bougé dans le temps. Seule la rouille est une marqueuse temporelle, et rappelle cette faiblesse pour la majorité des véhicules construits dans les années 1970.

Chiffres de production W123 & W210

Un peu moins de 3 millions d’exemplaires de Mercedes W123 a été vendu à travers le monde. Elle conserve depuis l’arrêt de sa fabrication la première place de Mercedes la plus vendue de tous les temps. Concernant la W210, les chiffres varient, mais aux alentours de 1,6 million d’exemplaires seraient sorties des chaînes de production.

Jouons sur les chiffres maintenant, en guise de comparaison très libre, le château de Vaux-le-Vicomte comptabilise 300 000 visiteurs par an, soit une moyenne de production des deux Mercedes en huit millésimes !

Un grand merci au club Mercedes-Benz France et particulièrement son président Jean-Emmanuel, ainsi que le groupe Autosphère Mercedes de Melun. Merci également à Jack membre du club pour l’agréable balade avec sa Mercedes W123.

Article : Gwenvaël Mottas / Photos : Gwenvaël Mottas


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