
Dans la Grande-Bretagne des années 1950 et 1960, l’automobile n’était pas seulement une affaire de grands constructeurs : elle pouvait naître dans un garage, sous les mains d’un passionné, à partir d’un assemblage de pièces venues d’horizons différents. Rochdale symbolise cette époque singulière où une carrosserie légère en fibre de verre, un châssis simple, un moteur issu de la grande série et un peu d’ingéniosité suffisaient à donner vie à une voiture personnelle, capable d’obtenir son immatriculation et de rejoindre les routes ouvertes. Dans ce mouvement des constructeurs artisanaux britanniques, Paramount Cars incarne une autre facette de cette liberté mécanique : celle de petites marques audacieuses qui proposaient des automobiles originales, conçues avec des moyens limités, mais une grande ambition. Rochdale et Paramount racontent ainsi une période où l’automobile semblait encore accessible à ceux qui voulaient non seulement la conduire, mais aussi la créer.
ABSOLUTELY CARS vous invite à redécouvrir l’histoire de Paramount Cars et de Rochdale, des voitures fascinantes !
Les Paramount Cars, des cabriolets avec une carrosserie en aluminium !

Sam Underwood et Bill Hudson unirent leurs compétences à la fin des années 40. Le premier était mécanicien de formation. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il occupa un poste de cadre dans une usine de moteurs marins. Après le conflit, il fut embauché comme gérant d’un grand garage automobile dans le Derbyshire. Ce fut à cette époque qu’il rencontra Bill Hudson, alors policier. En 1947, ils immatriculèrent Paramount Cars au registre du commerce. Par manque de moyens financiers pour produire leurs propres voitures, ils ouvrirent un commerce de voitures d’occasion à Swadlincote. Le succès fut tel qu’ils purent se consacrer à la réalisation de plusieurs prototypes. En janvier 1950, le cabriolet Paramount Ten fut disponible à la vente. Il offrait 4 places. Son empattement était de 2,44m ; sa longueur, de 4,22m. Son châssis séparé était en acier tubulaire ; l’ossature de la carrosserie, en bois ; la carrosserie, en aluminium. Le moteur exploité était de marque Ford, un 4 cylindres de 1172cm³ muni de soupapes latérales et accouplé à une boîte à vitesses 3 rapports. Un compresseur fut disponible. Le système électrique exploitait du 12V. Très rapidement, la production fut transférée à Woodville.
En 1951, la Meynell Motor Company prit le contrôle de Paramount et la production fut déplacée à Melbourne. L’option compresseur fut retirée. Fin 1952, Paramount fut vendue à Camden Motors. La production fut une nouvelle fois déplacée en 1953, à Leighton Buzzard. Entre 1955 et 1956, fut fabriquée la Paramount 1 ½ litre. Son empattement était de 2,59m ; sa longueur, de 4,27m. Un 4 cylindres de 1508cm³ de marque Ford, muni de soupapes en tête, fut exploité. Entre 1950 et 1956, seulement 72 à 85 exemplaires (selon les sources) furent réalisées. Il était devenu difficile financièrement de fabriquer des voitures avec une carrosserie en aluminium. Après l’arrêt de la production, les châssis restants furent vendus et plusieurs furent équipés de carrosseries en fibre de verre Rochdale.


Rochdale, de l’aluminium à la fibre de verre !
Rochdale Motor Panels and Engineering Limited fut fondée en 1948 par Frank Butterworth (1912-1985) et Harry Smith (1914-1993), dans un ancien bâtiment industriel de Hudson Street, à Rochdale. L’entreprise commença par effectuer des réparations automobiles avant de s’impliquer dans les activités du 750 Motor Club. Elle fabriqua des carrosseries spéciales en aluminium, sur commande.
L’aventure des carrosseries en fibre de verre avait commencé aux États-Unis, dans un atelier de Costa Mesa, en Californie, avec Bill Tritt (1917-2011). Avant la Seconde Guerre mondiale, celui-ci avait étudié l’architecture et la construction navale. Pendant le conflit, il travailla dans le domaine de la planification chez Douglas Aircraft. Dès 1945, il se consacra à la construction de catamarans. À partir de 1947, il produisit également de petits voiliers, ainsi que des mâts et des espars en fibre de verre. Cette activité donna naissance à la Glasspar Company.
En 1951 au Motorama de Los Angeles, Bill Tritt présenta le prototype Brooks Boxer. Celui-ci donna naissance au roadster Glasspar G2, produit en 1952 et 1953, principalement sous la forme d’un kit à assembler. La même année, la production de Glasspar Company fut transférée à Santa Ana, toujours en Californie.

Retro Classics (avril 2022 au Parc des expositions de Stuttgart)
Entre 1952 et 1956, Blanchard Robert « Woody » Woodill, installé à Downey en Californie, fit réaliser les kits Woodill Wildfire à partir de moules fournis par la Glasspar Company. Le roadster néo-rétro Glasspar Ascot fut, quant à lui, réalisé en 1955. En 1956, Glasspar fabriqua également les 19 premiers exemplaires du roadster Volvo Sport, également dénommé Volvo P1900.
Aux Etats-Unis, les premières voitures américaines exploitant une carrosserie en fibre de verre, réalisées par des constructeurs généralistes, furent le roadster Chevrolet Corvette C1 dont la production débuta le 30 juin 1953 et le roadster Kaiser Darrin (ou Kaiser Darrin 161) qui ne fut commercialisé qu’au cours de l’année 1954.
En France, la fabrication des carrosseries en fibre de verre du coach DB (futur HBR4/HBR5) débuta en janvier 1955 chez Chausson ; celle du coach Alpine A106, en juin 1955 chez Chappe et Gessalin.
Au Royaume-Uni, la Rochdale Motor Panels and Engineering Limited commença à fournir des carrosseries en fibre de verre dès mars 1954 sous les dénominations Mk IV, Mk VI, type C et type F, ceci jusqu’en 1961. Le client recevait la carrosserie ; il devait fournir ou adapter le châssis, la mécanique, l’intérieur ainsi que les différents équipements nécessaires à la réalisation de la voiture complète.
La réputation de Rochdale se construisit rapidement en compétition. Lors du Bol d’Or 1954, les pilotes Horridge et Trouis remportèrent la catégorie Sports Cars 1600 au volant d’une Jehu-Riley équipée d’une carrosserie Rochdale ; ils finirent seconds au général derrière les pilotes Sigrand et Célébrier qui conduisaient une MD-Peugeot.


Entre 1955 et 1959, furent livrées 100 carrosseries dénommées Rochdale ST, principalement sous la forme d’un roadster muni de glaces latérales et d’une boîte à vitesses manuelle 3 rapports, le toit rigide boulonné étant optionnel. Le kit pouvait contenir différents organes mécaniques, mais le client pouvait également retenir une base mécanique d’occasion.
Entre 1957 et 1961, furent livrées 1350 carrosseries dénommées Rochdale GT, un joli coupé 2+2. A l’instar du roadster ST, la plupart des mécaniques montées provenaient de Ford UK, le fameux 4 cylindres de 1172cm³. Le client pouvait retenir une boîte à vitesses manuelle 3 ou 4 rapports.
Entre 1959 et 1961, furent livrées 50 carrosseries dénommées Rochdale Riviera. Ce joli roadster offrait 2 places, 4 places lorsque l’option toit rigide amovible était retenue.
En 1960, fut présentée la carrosserie monocoque en fibre de verre dénommée Rochdale Olympic Phase I, en hommage aux Jeux olympiques de Rome qui se déroulèrent du 25 août au 11 septembre 1960. Elle fut dessinée par Richard Parker, à l’instar des Rochdale GT et Rochdale Riviera. En tant que coupé 2+2, elle fut principalement équipée d’un moteur BMC de 1489cm³ accouplé à une boîte à vitesses manuelle 4 rapports. Elle était dépourvue d’un couvercle de coffre et fut réalisée jusqu’en 1967 à 250 exemplaires.
En 1963, fut présentée une carrosserie améliorée (présence d’un hayon) dénommée Rochdale Olympic Phase II. Dotés de 2 freins avant à disques, elle fut principalement équipée d’un moteur Ford de 1498cm³ accouplé à une boîte à vitesses manuelle 4 rapports. Elle fut réalisée jusqu’à la cessation d’activité de la Rochdale Motor Panels and Engineering Limited en 1973, à 150 exemplaires.


Article écrit par : CARDO pour ABSOLUTELY CARS
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’Archives
