Nous y étions : L’Exposition Vitesse au Château de Compiègne

Parmi les plus belles expositions consacrées à l’automobile en ce début d’année, l’Exposition Vitesse au Château de Compiègne tient une place de choix. En effet, depuis le 10 décembre 2021, le Musée national de la voiture du Château de Compiègne retrace l’évolution du concept de la vitesse, du premier char romain à l’impressionnante Venturi VBB-3 en passant par les voitures de courses. Fort du succès de sa précédente exposition « Concept-Car Beauté Pure« , cette nouvelle expérience plus axée sur la locomotion en général pousse des portes encore jamais ouvertes, associant l’art, l’histoire et l’automobile. Tout au long d’un parcours au cœur même du Château de Compiègne, le visiteur découvre l’histoire des transports terrestres au travers d’un parcours initiatique qui plaira aux petits comme aux grands. ABSOLUTELY CARS vous propose un avant-goût de cette exposition qui se tiendra jusqu’au 28 mars 2022.

L’exposition Vitesse ou l’histoire des transports terrestres jusqu’à nos jours

Deux ans après la fabuleuse exposition « Concept-Car Beauté Pure », le Musée national de la voiture du Château de Compiègne fait découvrir à ses visiteurs une autre vision de l’automobile grâce à l‘Exposition Vitesse. Dans les décors prestigieux de ce château impérial, les organisateurs proposent « une réflexion unique sur l’attrait de l’être humain pour la vitesse, des origines de l’histoire des transports terrestres jusqu’à nos jours. » Offrant une vision à 360° grâce à une cinquantaine de véhicules et cycles ainsi qu’une centaine d’estampes, dessins, peintures et sculptures, l’immersion est totale. Abordable aussi bien pour les néophytes que pour les grands connaisseurs, c’est le moment idéal pour se retrouver en famille ou entre amis tout en s’instruisant.

Du premier char romain aux voitures de tous les records en passant par les sports hippiques et la Jamais Contente – dont l’unique vrai exemplaire est exposé à Compiègne -, nous avons pu ainsi remonter l’histoire de la locomotion. Ludique et passionnante, la visite de cette exposition permet à tout un chacun d’en apprendre plus sur le « concept de la vitesse et son lien subtil avec celui de modernité« . Ainsi, le beau Musée de l’automobile de Compiègne revient à ses fondamentaux, puisqu’il s’agit du premier musée de l’histoire dédié à la locomotion, créé en 1927. Un beau clin d’œil !

La vitesse sous toutes ses formes au Musée de l’automobile de Compiègne

Le char romain d’Henry d’Allemagne

Avec l’exposition Vitesse, le Musée national de la voiture du Château de Compiègne explore ce concept sous toutes ses formes, allant bien plus loin que l’automobile. En effet, si cette dernière est née au XIXème siècle durant la Révolution industrielle, l’attrait de l’homme pour la vitesse remonte bien au-delà comme le montre la première pièce de l’exposition. Il s’agit d’un char romain reconstitué à partir d’éléments antiques, donné au Musée de l’automobile de Compiègne par Henry d’Allemagne, en 1927. Avec sa pointe de vitesse de 35 km/h et la course de chars du film Ben-Hur de William Wyler (1959) en arrière plan, le ton est donné.

Les voitures d’endurance et de formule 1

Si les premières course équestres sont l’essence même de la notion de vitesse, l’automobile lui a donné ses lettres de noblesses en lui apportant une dimension universelle. Les « barchettes » d’endurance et de Formule 1 d’avant-guerre et post 1945 de la Galerie des Colonne du Château de Compiègne en sont le meilleur exemple.

Nous y retrouvons la Lotus 33 de 1963, la Maserati 250F de 1957 et la Mercedes-Benz W154 de 1939 du Musée National de l’Automobile de Mulhouse – Collection Schlumpf. La première est une évolution de la Lotus 25, la fameuse monoplace de Formule 1 dotée d’une monocoque, solution rare pour l’époque. Cet exemplaire fut conduit par Jim Clarck au Grand Prix d’Allemagne 1964 avant de remporter la Course des champions 1965 à Brands Hatch avec Mike Spence. La seconde fut développée par Gianchino Colombo et a permis à Maserati d’atteindre sa renommée actuelle. Cet exemplaire de l’exposition Vitesse, quant à lui, fut pilotée par Louis Rosier entre 1954 et 1956. Quant à la troisième, elle est ni plus, ni moins, l’une des meilleures voitures de courses de son époque, enchaînant les victoires à Pau, à Tripoli, dans l’Eifel, et en Belgique !

Toujours sous les arcades de la Galerie des Colonnes, nous avons eu le plaisir d’observer sous toutes ses coutures une magnifique Talbot-Lago T26C de 1948. Déclinée en monoplace pour les Grands Prix à l’instar de l’exemplaire exposé ou en biplace pour les courses d’endurance, elle fut imaginée par l’ingénieur Carlo Marchetti, s’inscrivant dans la longue lignées de voitures de courses d’avant-guerre de Talbot. Elle fut notamment pilotée par Louis Rosier. L’exposition Vitesse met également à l’honneur Bentley, qui a dominé le monde des courses dans les années 1920, avec cette majestueuse Bentley 4 1/2 Supercharged de 1930 réalisée par Henry Birkin. Cette sublime série se termine avec la légendaire Bugatti 35C de 1927, icône incontestable du sport automobile français durant les années 1920 !

Les motocyclettes de courses

Aux côtés des légendaires voitures de courses, nous avons été agréablement surpris par la présence de plusieurs motos qui ont marqué leur époque par leurs performances, leurs records ou leurs exploits sur piste. Jonghi 350 à double ACT, Alcyon 350 GP Zürcher, Koehler-Escoffier 1000, DS Malterre 175 AMC, Gnome & Rhône 175 Bol d’Or… elles sont toutes à découvrir au Château de Compiègne ! A noter que notre coup de cœur revient à la Peugeot 500 Grand Prix, auteur de 21 victoires (1923-1925) et 9 records de vitesse !

Les véhicules hippomobiles et les vélos

Nous continuons notre visite de l’exposition Vitesse au premier étage du Château de Compiègne où est exposé la majeure partie de la collection. Ici, nous revenons aux origines de l’histoire de la locomotion : le véhicule hippomobile et le vélo. En effet, la recherche de sensations de vitesse se traduit par de multiples moyens de locomotion. De la calèche au sulky de courses, le Musée national de la voiture du Château de Compiègne offre donc un écrin royal à l’ancêtre de l’automobile. La dizaine d’attelage côtoie une dizaine de bicyclettes, vélocipèdes et motocyclettes. Nous découvrons ainsi les premiers cyclomoteurs et à travers eux, les premières courses comme le Paris-Nice ou le Bordeaux-Paris.

La plus belle pièce de cette collection est le Cycle Gitane, le fameux vélo de record de José Meiffret. A lui seul, il incarne l’esprit de l’exposition Vitesse. En effet, ce fut avec ce vélo qu’en 1962, José Meiffret atteignit les 204km/h derrière une Mercedes-Benz 300SL équipée d’un écran déflecteur, grâce à l’aspiration du véhicule, sur une toute nouvelle autoroute allemande. Il battait ainsi son précédent record de 186,66 km/h réalisé en octobre 1955 derrière une Talbot-Lago.

Ce n’est pas le seul exploit mis en avant par le Musée de l’automobile de Compiègne, puisque plusieurs prouesses automobiles et autres sont exposées à travers cette collection. Lithographies, peintures, tirages photographies, sculptures, trophées sont autant de témoignages de la passion des hommes pour la vitesse !

Les quatre merveilles de l’exposition Vitesse au Château de Compiègne

Il y a tant de choses à découvrir et à vivre lors de l’exposition Vitesse au Château de Compiègne que nous ne pouvons pas nous attarder sur chaque élément de cette incroyable collection. Ainsi pour conclure cet article, nous vous proposons de nous attarder sur quatre voitures exceptionnelles qui suffisent à elles seules de venir jusqu’au Musée de l’automobile de Compiègne.

La première est légendaire puisqu’il s’agit de la véritable Ferrari 166MM Barchetta de 1949 ! Cette voiture représente à la fois un tournant historique pour Ferrari, mais aussi pour le sport mécanique en général ! En effet, elle a offert, pour la première fois au Cheval Cabré, la première place sur un podium en 1948. En 1949, elle s’adjuge la victoire dans la mythique épreuve des 24 Heures du Mans. Forte de ces maintes victoires, elle forgea la notoriété de ce « petit » constructeur italien qui allait devenir grand !

La deuxième est la grande vétérane de l’exposition Vitesse puisqu’il s’agit d’une Renault Type C de 1900. Dotée d’un moteur à refroidissement à eau d’origine De Dion & Bouton, elle a connu les premières courses automobiles, sur des routes non goudronnées et de « ville à ville ». L’exemplaire exposée au Château de Compiègne est l’un des trois à avoir participé à la « course internationale automobile Paris-Toulouse-Paris » de 1900. L’une d’entre elles s’est imposée dans la catégorie « voiturettes » avec à son volant le fondateur de la marque : Louis Renault !

La troisième est complètement à l’opposé de la précédente. C’est le véhicule le plus moderne de cette sélection, mais ô combien remarquable ! En effet, la Venturi VBB-3 de 2016 est la voiture électrique la plus rapide au monde dans la catégorie des véhicules de plus de 3,5 tonnes. En 2016, le pilote Roger Schroer offre à Venturi un nouveau record de vitesse : les 549 km/h sont atteints sur le lac salé de Salt Lake City, grâce à une motorisation électrique de 3000ch (2200kw) ! Pouvoir voir la maquette originale qui est normalement exposée au showroom de Venturi de Monaco est une exclusivité à ne pas rater !

La quatrième et dernière merveille de l’exposition Vitesse est cette Grégoire Sport Coupé de 1956. Imaginée selon un dessin de Carlo Delaisse, réalisée par l’ingénieur Jean-Albert Grégoire et construite chez Hotchkiss, ce modèle rapide sans vocation à être sportif était destiné pour le marché américain. Hélas, il n’eut pas le succès escompté : seuls 5 exemplaires furent produit dont 4 cabriolet et un unique coupé ! Cette voiture exceptionnelle, entièrement non restaurée, fut photographiée avec Françoise Sagan, devenue célèbre en publiant son premier roman Bonjour tristesse dont les premières pages sont une ode à la vitesse et au plaisir d’aller vite en voiture.

Pour en savoir plus sur l’Exposition Vitesses, nous vous donnons rendez-vous sur le site du Château de Compiègne.

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS

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