Derrière le volant : Roadtrip normand en Mercedes-Benz Classe S W126 260SE

« Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends. J’irai par la forêt, j’irai par la montagne. Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps. » C’est avec ces quelques vers de Victor Hugo en tête que nous quittons Rouen, un matin de janvier, dans les brumes de la Seine, pour rentrer sur Paris. Dans le rétroviseur, les cents clochers de la ville de Jeanne d’Arc. Devant nous, la route. Il est tôt et si ce n’est pas l’aube, la campagne et la ville sont bien blanches. Mais qu’importe, nous sommes fins prêts pour réaliser l’essai automobile que nous souhaitons faire depuis longtemps : celui d’une Mercedes-Benz Classe S W126 260SE ! Nous étions présents lors du rassemblement-anniversaire du modèle en décembre 2019, à Rueil-Malmaison. Désormais, nous sommes à son volant !

De Rouan à Paris en Mercedes-Benz Classe S W126 260SE

Pour réaliser ce trajet Rouen-Paris, nous devions choisi le must du must ! Notre choix s’est immédiatement porté sur Mercedes-Benz et son vaisseau amiral de fin des années 1970 : la fameuse Mercedes-Benz Classe S W126 260E ! Née dans un contexte socio-économique très tendu, cette voiture a été construite pour répondre aux problématiques de son temps tout en permettant à Mercedes-Benz de garder sa première place sur le segment des berlines statutaires. Avec ce modèle-ci, signé par le designer Bruno Sacco, la marque allemande brise les codes et propose un changement très radical avec une ligne osée !

Si son design n’a pas fait l’unanimité à l’époque, nous, elle nous a, toute de suite, séduite, dès notre arrivée dans le parking ! Impressionnante, elle ne fait pas clinquante. En effet, son gabarit, 5,02m de long pour 1,82m de large, peut en inquiéter plus d’un, aux premiers abords, mais on s’y habitue rapidement, car le secret de la Mercedes-Benz Classe S W126 est tout autre. Ici, les maîtres-mots sont luxe, légèreté, aérodynamisme et économie, le tout dans une sobriété toute allemande. Des qualités que nous avons immédiatement ressenties ! La prise en main du véhicule s’est fait très facilement tout comme son chargement. Les valises paraissent ridiculement petites tant le volume du coffre, un 505 litres tout de même, offre un chargement optimal, digne des limousines. Mais survient alors la première difficulté de notre parcours : la sortie d’un parking souterrain. Easy ! Et ça sera surement son surnom pour la suite ! La Mercedes-Benz W126 déploie une certaine agilité et s’immisce facilement dans la circulation urbaine et extra-urbaine ! Sa boîte de vitesse automatique 4 rapports est de velours, malgré une direction, peut-être, un peu trop souple.

C’est sur ces premières sensations de conduite que nous prenons la direction de Lyons-la-Forêt, pittoresque village normand classé parmi « Les Plus Beaux Villages de France », caché au cœur de la Forêt Domaniale de Lyons. Pour rejoindre notre destination, nous devons, tout d’abord, nous affranchir d’une petite côte vallonnée pour sortir définitivement de Rouen. La boîte automatique de la Mercedes-Benz Classe S W126 se révèle lente pour le passage des vitesses, mais efficace, tandis que les reprises accusent le poids du véhicule qui fait, tout de même, 1.600kg ! Pourtant, il faut savoir que son poids a été optimisé, une démarche très chère à Bruno Sacco qui s’était penché également sur le coefficient de traînée, réduit à son maximum pour atteindre 0.36 pour les versions berlines. Le soucis n’est pas ici, mais plutôt sur le rapport poids/puissance. De ce fait, dans cette situation, les 160ch sous le capot manquent un peu de punch, conte-balancé par un comportement routier des plus exemplaires ! Nous reconnaissons là bien son côté « grande routière » !

Arrivés au sommet du plateau, la campagne normande s’étend à perte de vue ! Champs, bocages, prés, vaches et chevaux semblaient ne faire qu’un avec le brouillard tombant. Qu’importe ! Face à la nature hostile, l’habitacle de la Mercedes-Benz Classe S W126 260 SE est un endroit agréable et rassurant. Les sièges en cuir sont plus que confortables, enveloppant chaque passager. Ici, tout est fait pour que nous soyons à l’aise ! Le cuir est accompagné par de la ronce de noyer sur le tableau de bord et les portes, renforçant l’esprit « luxe » de cette Mercedes-Benz W126. L’isolation phonique nous fait passer d’une ambiance bruyante à un silence remarquable. L’ergonomie et la clarté des commandes simplifient la prise de contrôle du véhicule. Leur accessibilité est à portée de main. La planche de bord et la console centrale réunissent, entre autre, la climatisation, le dégivrage, l’éclairage intérieur, les vitres latérales sans oublier les places arrières, généralement réservées aux PDG et dignitaires. Car, en effet, la Mercedes-Benz Classe S W126 est, avant tout, destinée à une clientèle d’entreprises.

Mais il est temps, déjà, de quitter ce cocon, pour faire notre première étape photos devant le très beau Château de Vascœuil, situé au nord du village éponyme. Inscrit aux Monuments Historiques depuis 1991, ce manoir du XIème siècle, un des nombreux que l’on peut visiter en Normandie, a appartenu au Roi de France. Il a, notamment, hébergé l’historien Jules Michelet, de 1843 à 1860. Aujourd’hui, ce domaine abrite un centre régional d’art et de culture, idéal pour faire un arrêt sculpture et peinture !

Quittant le petit village de Vascœuil et son château, nous nous engageons dans la Forêt Domaniale de Lyons. Cet espace forestier est l’une des plus vastes hêtraies normandes, s’étendant sur environ 14 630 hectares ! De nombreuses routes de campagne la traversent, permettant d’en admirer toute la splendeur… Même en hiver, celle-ci possède un certain charme… et elle n’est pas la seule : la route est belle, dégagée, longue et sinueuse. Et la chance est de notre côté : le brouillard s’est levé. Il est grand temps de nous amuser ! De quoi tester la Mercedes-Benz W126 d’une manière plus dynamique, en toute sécurité et dans le respect du code de la route ! Les virages s’enchaînent. Le bloc-moteur répond aux sollicitations de la pédale de droite avec une aisance particulière. La tenue de route tient ses promesses et la direction reste précise malgré une certaine souplesse des suspensions arrières hydrauliques.

C’est sur ces agréables sensations que nous arrivons à Lyons-la-Forêt même, dont le centre historique se trouve au sommet d’une côte. Typique village normand par son architecture, ses maisons à pans-de-bois du XVIIe et XVIIIe siècle entourent l’ancienne motte féodale, le château en lui-même ayant été démantelé par les Anglais en 1436, durant la Guerre de Cents Ans. Et en son centre, vous trouverez, bien évidemment, ses fameuses anciennes halles !

Et pour les atteindre, la dextérité de la Mercedes-Benz W126 se voit à nouveau challenger, mais comme à Rouen, elle montre toute sa qualité. Se faufiler dans les ruelles, c’est « easy » pour elle ! Se garer en côte, également ! Il faut dire que la boîte automatique offre une gestion du passage des vitesses efficace ! Elle permet, notamment, de gérer le freinage en pente, de mesurer le degré d’inclinaison de la route, de jauger la pédale de droite et de conserver l’arrêt du véhicule sans toucher la pédale de frein ! Une technologie de pointe !

Il faut savoir qu’à Lyons-la-Forêt, il n’y a pas que le village à visiter : de nombreux monuments à l’instar du Château de Martainville ou du Château Saint-Crepin sont ouverts au public. Nous, nous avons choisi de nous rendre à l’Abbaye de Mortemer, le lieu idéal pour découvrir Guillaume Le Conquérant et son histoire ! Ainsi, nous quittons la forêt pour partir en rase campagne… Toutefois, nous n’avons pas pu nous empêcher de faire une nouvelle pause photos de notre magnifique Mercedes-Benz Classe S W126 260SE. De quoi pouvoir faire un petit tour du propriétaire et l’observer sous toutes ses facettes !

Coup de projecteur sur notre véhicule du jour : une Mercedes Classe S W126 206SE de 1989

Notre diva a été immatriculée la première fois en France, en décembre 1989. Il s’agit d’un rare exemplaire de la version Mercedes-Benz W126, commercialisée entre 1986 et 1991. Sa carrosserie est d’une couleur « bleu-noir métallisé (199U) », entièrement d’origine. L’habitacle respire la signature Mercedes-Benz avec une sellerie en cuir noir, complété par un ensemble en ronce de noyer.

Parmi ses équipements extérieurs (Source Lastvin.com), nous trouvons :

  • Monogramme sur capot AR – Suppression
  • Antenne à commande automatique sans autoradio
  • Blocs optiques, phares, phares antibrouillards jaunes et éclaireurs d’accès pour les portes AV et AR
  • Roues en alliage léger 15 trous

A l’intérieur (Source Lastvin.com), nous retrouvons les équipements suivants :

  • Cendrier et allume-cigare AR à gauche et à droite
  • Système « TEMPOMAT » (régulateur de vitesse)
  • Pare-soleil avec miroir de courtoisie éclairé, à gauche et à droite
  • Climatiseur
  • Verre thermo-isolant sur le pourtour, lunette arrière chauffante, verre feuilleté et partie supérieure teintée pour le pare-brise avant
  • Version bois : loupe de noyer
  • Lampe de lecture à l’arrière.

Côté mécanique, elle est dotée d’un moteur M103.941 6 cylindres en ligne 2.6L avec :

  • Rapport du pont arrière spécifique, car voiture commercialisée pour la France
  • Boîte de vitesse automatique 4 rapports
  • Véhicule avec technique catalytique
  • ECE – Triangle de signalisation « Danger »

Mais il est grand temps de reprendre la route, direction Giverny ! Pour rejoindre le village de l’impressionniste Claude Monet, nous traversons la fameuse plaine du Vexin. La campagne est belle toute comme la route. Notre seul regret : l’épais brouillard qui y règne ! Impossible de voir à dix mètres devant soi ! Dommage, mais pas tant pis. Cela nous permet d’apprécier le côté « cruising » de la voiture ! L’agrément de la boîte automatique est remarquable et l’aiguille de l’économètre reste à droite signifiant une consommation minime. Un vrai régal. Et ce, malgré les routes étroites que nous empruntons à cause d’un GPS quelque peu perdu… quitte à nous faire passer sur des chemins dont la largeur ne laisse aucune erreur au conducteur ! Et quelquefois, les 1.82m de notre Mercedes-Benz W126 passent tout juste ! Heureusement qu’il n’y a pas un chat : nous aurions eu beaucoup du mal à imaginer la manœuvre digne de « Mission Impossible » que nous aurions dû faire si un autre véhicule s’était présenté en face ! Heureusement que notre Mercedes-Benz Classe S W126 260E dispose de bons blocs optiques blancs et antibrouillards jaunes pour nous mener sur la bonne route !

C’est ainsi que nous sommes arrivés à Giverny. Le village est pittoresque et donne envie de s’arrêter. Ici, il y a deux incontournables à visiter : la Maison de Claude Monet et le Musée des Impressionnistes.

Mais si vous préférez les paysages à l’art, ne vous inquiétez pas, le meilleur arrive : la descente des « gorges de la Seine » ! Et nous pouvons vous le garantir : le spectacle est magnifique ! La Réserve Naturelle Nationale des Côteaux de la Seine offre une route plaisante, à flanc de collines, donnant sur le fleuve et ses méandres. Elle vous mène jusqu’à la Roche-Guyon, une autre ville classée parmi « Les Plus Beaux Villages de France ». Nous avons été charmés par les habitations troglodytiques du IVème siècle et son château médiéval. Mais ce qui nous a le plus fasciné est sans aucun doute son château type « Renaissance », propriété de la famille de La Rochefoucauld depuis 1659. Assez pour faire une dernière pause photo avant de rentrer !

Nous longeons une dernière fois la Seine avant de quitter ce petit coin de Paradis pour Mantes-La-Jolie où nous allons reprendre l’autoroute. Sur l’immense trois voies menant à Paris, nous profitons de nos derniers instants avec cette Mercedes-Benz W126… Sur cette ultime portion de route, les 130km/h sont maintenus remarquablement bien, grâce au régulateur de vitesse qui optimise le mode « cruising ». Les accélérations se font tout en douceur pour ne pas brusquer les passagers tandis que la consommation d’essence n’atteint que les 12 litres/100. Juste avant de la rendre à son heureux propriétaire qui nous a fait bénéficier de toute sa confiance, nous avons réalisé le plein : seulement la moitié du réservoir avait été consommée (pour un aller/retour Rouen-Paris) ! Comme quoi, le rêve de Bruno Sacco s’est bien réalisé : la Mercedes-Benz Classe S W126 est bien une voiture alliant luxe, légèreté, aérodynamisme et économie !

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS 
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS 

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2 réflexions sur “Derrière le volant : Roadtrip normand en Mercedes-Benz Classe S W126 260SE

  1. Bonjour , je souhaiterai savoir le type d’huile que vous utilisez sur une version 560 SEC qui comptabilise moins de 100 000 km. Merci par avance !

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