Focus sur : La Mercedes-Benz Classe S W126, un chef d’œuvre signé Bruno Sacco

L’année 2019 est une année particulièrement riche pour Mercedes-Benz ! Entre le lancement de nouveaux modèles et les nombreux anniversaires, jamais le lien entre le passé et le présent n’a été aussi fort ! Et quoi de mieux que de mettre à l’honneur la marque à l’étoile à l’occasion des 40 ans d’un des modèles phares de la gamme Mercedes-Benz Classe S ! Classe S, mais pas seulement puisqu’il s’agit de la Mercedes-Benz Classe S W126 ! A la veille du rassemblement-anniversaire, à Rueil-Malmaison, organisé par le Club Mercedes-Benz France, nous vous proposons de revenir sur ce vaisseau amiral ! En rupture stylistique avec ses devancières et imaginée par Bruno Sacco, découvrez tous ses secrets !

La Mercedes-Benz Classe S W126, une réponse au choc pétrolier de 1979

1979. Une année noire pour l’industrie automobile. Le 15 juin, un nouveau choc pétrolier frappe le monde, conséquence direct de la révolution iranienne, de la guerre Irak-Iran et du redémarrage de l’activité économique à la suite du choc pétrolier de 1973. C’est dans ce contexte économique plus que fragile, qu’en République Fédérale d’Allemagne, un programme « énergie » voit le jour. La Mercedes-Benz Classe S W126 en est le pur produit. Il s’agit d’une réponse directe de Mercedes-Benz, qui souhaitait conserver sa première place sur le segment des berlines statutaires. Pour cela, elle décide de faire place au changement qui est assez radical avec une ligne osée. Les maîtres-mots sont légèreté, aérodynamisme et économie, les principales qualités de la Mercedes-Benz W126. Et cela se remarque au travers des multiples innovations techniques et technologiques implantées dans cette voiture ! Ainsi, c’est en toute simplicité que cette seconde Sonderklasse ou « classe spéciale » fut présentée au public lors du Salon international de Francfort de 1979, voici maintenant 40 ans !

La Mercedes-Benz Classe S W126 sous toutes ses coutures

L’innovation au cœur de la Mercedes-Benz W126

La Mercedes-Benz Classe S W126, une recherche de légèreté par Bruno Sacco

Meme si l’allure générale du véhicule ne fit pas l’unanimité vis-à-vis du public, lors de sa présentation, la Mercedes-Benz Classe S W126 se démarque de ses contemporaines par son aérodynamisme, son léger soubassement de la caisse et un poids réduit et optimisé – une démarche si chère à Bruno Sacco, designer de la Mercedes-Benz W126. Le coefficient de traînée est réduit pour atteindre 0.36 (berline) et 0.34 (coupé), ce qui offrait une vitesse de pointe qui pouvait atteindre 250km/h pour la version la plus puissante, la Mercedes-Benz W126 560 SEL.

Quand Mercedes-Benz révolutionne le design et l’équipement automobile

Avec la Mercedes-Benz Classe S W126, la célèbre marque à l’étoile marque un tournant de son histoire. Exit le tout chrome présent sur chaque version et chaque série ! Désormais il est possible de choisir entre des pare-chocs composés de l’indémodable chrome ou en polyuréthane déformable, une technique novatrice pour l’époque !

Pourtant, c’est sur l’intérieur qu’il faut s’attarder, en rupture avant ce que la marque proposait jusqu’à maintenant ! Il a subi de nombreuses et importantes évolutions. A l’image de la stratégie de Mercedes en termes d’innovation, l’accent est mis sur la sécurité avec l’introduction de systèmes d’aides à la conduite. Parmi, ceux-ci, on note les airbags, l’ABS électronique (Antiblockiersystem), le régulateur de vitesse électrique (plus fiable et soutenu en pente) et le prétensionneur de ceinture de sécurité (retenu du corps de l’occupant en cas de choc frontal).

A son bord, le confort est plus que royal avec des accessoires digne des limousines anglaises ! L’entrée et la sortie se font avec des lumières de courtoisie au niveau des portes. Ces accessoires se retrouvent également à l’arrière, mais sous forme de lampes de lecture. Ils ont orientés pour empêcher toute gène pour le conducteur. Ce dernier peut disposer d’un volant réglable électriquement. A peine assis, le chauffeur et ses passagers disposent de sièges chauffants à mémoire de position (en option, mais de série sur la Mercedes-Benz W126 560SEL). A cela, on ajoute un réglage électrique de la banquette arrière. Le cuir est accompagné de garnitures en ronce de noyer sur le tableau de bord, les portières et aux places arrières (console centrale). Le sentiment de confort passe également par une climatisation capable d’adapter le débit d’air dans l’habitacle en fonction de la température. Bref, une voiture grand luxe !

La Mercedes-Benz W126 : des motorisations adaptées aux différents marchés

Lancée en décembre 1979, la Mercedes-Benz Classe S W126 possède trois motorisations différentes : les versions 6 et 8 cylindres, en essence et le turbo-diesel 5 cylindres spécifiquement développé pour le marché américain, canadien et japonais. La puissance du 6 cylindres essence (M110) est de 156ch pour une cylindrée de 2.8 (carburateur) et de 185 en injection. Si cette motorisation vous est familière, c’est qu’il s’agit, tout simplement, du moteur de la Mercedes-Benz W116, optimisé pour une consommation moindre !

Pour le 8 cylindres, les motorisations M116 et M117 sont également issues de la Mercedes-Benz W116, mais la puissance et cylindrée est revue à la hausse. D’un côté, on passe d’un 3.5l à un 3.8l qui développe 218ch jusqu’en 1981. Elle sera légèrement abaissée (204ch) à partir de 1981. De l’autre, la 450 devient une 500 (5.0) développant respectivement 240ch (1980-81) puis 231ch (1981-1985).

Pour le marché américain, la puissance du 3 litres 8 est alors abaissée à 157ch en raison de l’adjonction des différents dispositifs anti-pollution ! C’est la fin de l’aventure de la Mercedes-Benz Classe S W126, outre-atlantique.

Afin de supporter ce gros bloc et d’offrir une conduite digne de son rang, Mercedes-Benz réutilise les suspensions hydrauliques de la Mercedes-Benz W116 450SEL 6.9. A noter que la version coupé sera uniquement dotée du V8.

Mais que serait ce moteur sans une boîte de vitesse automatique à 4 rapports intelligente ! En effet, l’installation d’un capteur destiné à optimiser la conduite souple et mesurée. Il permet, notamment de gérer le freinage en pente, de mesurer le degré d’inclinaison de la route, de jauger la pédale de droite et de conserver l’arrêt du véhicule sans toucher la pédale de frein ! Une technologie de pointe !

La Mercedes-Benz Classe S W126, une succession d’évolutions

A partir de 1985, un renouveau s’opère, notamment sous le capot. Parmi les nombreuses évolutions qui améliorent la Mercedes-Benz Classe S W126, nous pouvons citer le 6 cylindres qui se nomme désormais « M103″avec un unique arbre à came en tête. En remplacement du M110, on passe à un 2.6 de 160ch ou un 3.0 de 190ch. Quant au bloc V8, Mercedes-Benz les dotent d’une injection électromécanique Bosch et d’un allumage électronique. Le M116 augmente de 13ch (231ch) avec une cylindrée de 4.2. Le M117 reste à 5.0 et propose 4 choix de puissance adaptés selon les marchés.

La version ultime de la Mercedes-Benz Classe S W126 est la Mercedes-Benz W126 560SEL avec son fameux 5.6 pouvant développer de 242 à 299ch (version ECE et RUF). Elle sera commercialisée de 1986 jusqu’en 1991, date de l’arrêt de la commercialisation de la Mercedes-Benz W126.

Ainsi, avec de telles avancées, la communauté Mercedes-Benz estime que la Mercedes-Benz Classe S W126 560 SEL est bien dans la continuité de la Mercedes-Benz 450SEL 6.9 comportant une sécurité accrue et des chiffres largement optimisés ! A son volant, le bruit rauque et mélodieux du V8 se mêle à l’accélération progressive du couple. La sensation est la même pour toutes personnes à son bord : pied au plancher, on reste scotché au siège et à l’appui-tête. Cette version radicale de la Mercedes-Benz W126 est la plus recherché des modèles. Elle reste encore abordable à l’achat pour celui qui assume son entretien quotidien.

L’histoire du diesel et de la Mercedes-Benz W126 : tout un programme !

Destinée aux marchés spécifiques d’Amérique du Nord et du Japon, la motorisation « turbo diesel » est aux yeux de certains un hérésie ! Dur pour les puristes du modèle d’accepter le « 300SD turbo diesel  » (OM617) issu de la Mercedes-Benz W123 break « européenne », elle-même reprise de la Mercedes-Benz W116 ! D’une cylindrée de 3.0, elle développe – dans cette motorisation (dispositif anti-pollution vanne EGR) – 121ch (jusqu’en 1982). La différence avec sa devancière est l’introduction d’une double sortie d’échappement plus discrète et plus silencieuse grâce çà une amélioration phonique, mais la différente est quand même là !

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Pourtant, outre-Atlantique, ce moteur est amplement suffisant pour le bitume américain, mais reste trop juste compte tenu du poids de la bête qui pèse tout de même 1700kg sur la balance ! En effet, la législation américaine implique une modification d’une partie de la voiture, notamment des pare-chocs et des phares. Le surpoids est donc inévitable, avant une perte du rapport poids/puissance qui était la signature même de la Mercedes-Benz Classe S W126 ! La conduite restes agréable et souple, les performances en berne et le rapport de pont est allongé, même si au fil des années, la puissance passa de 121ch à 125ch (118ch en catalyseur uniquement pour la Californie de 1984 à 1985)! Toutefois, ce moteur a su trouver son public avec près de 75 000 unités écoulées sur ce marché concurrentiel ! Ainsi, la stratégie de construire des voitures plus économes en carburant a bien fonctionné ! Challenge réussi pour la marque à l’étoile !

Au Japon, elle reprend la même configuration technique que la Mercedes-Benz W123 break 300TD. Extérieurement, elle est identique aux version européennes, à la différence des indications de vitesse sont en jaune. (spécificité des modèles asiatique). A partir de 1985, la deuxième série de la Mercedes-Benz W126 arrive sur ce marché avec ses ultimes évolutions ! Avec un unique empattement long disponible, son moteur « OM603 » passe à 150ch. La future Mercedes-Benz W124 réutilisera ce moteur à partir de 1986 et tout au long de sa carrière . Hélas, l’engouement est plus faible que la précédente série et les ventes ne sont pas à la hauteur c’autan plus que la 300SE est commercialisée en parallèle. Cette motorisation ne durera que deux ans, jusqu’en 1987.

L’ultime déclinaison diesel arrive en 1990 avec un 3.5 de 136ch (déclinaison inédite du OM603 que l’on retrouve dans le classe G). Suite à des performance en dessous de la moyenne et des problèmes mécaniques récurrents (notamment au niveau des soupapes et joints de culasse), seulement 2900 unités se vendront sur le territoire américain.

Rare et longtemps délaissée, la version Mercedes-Benz W126 Turbo-Diesel est désormais recherché par des amateurs d’anciennes qui souhaitent rouler dans une voiture vintage alliant luxe et équilibre financier. Au vu du nombre d’unités produites, il semble normal que ce soit la Mercedes-Benz W126 Première série équipée du OM 617 Turbo-Diesel qui soit la plus plébiscité ! Et il n’est pas rare que les amoureux allemands et néerlandais du modèle en réimportent des États-Unis !

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Avec un arrêt de la production européenne en 1991, puis africaine, en 1994, la Mercedes-Benz Classe S W126 , c’est près de 892 000 unités écoulées à travers le monde dont 74 000 en version coupé. A noter que la version ultra-luxe, la Mercedes-Benz W126 560SEL s’est vendue à 75 000 exemplaires !

Aujourd’hui, la pérennité de ce modèle perdure avec l’existence de clubs, à l’image du Club Mercedes-Benz France.

La Mercedes-Benz Classe S W126, une voiture de star

Quoi de mieux que de conclure cet article-anniversaire sur un peu de « people » ?! Voiture statuaire, la Mercedes-Benz W126 a fait carrière sur le petit comme sur le grand écran. Présente dans la série américaine Dallas, la Mercedes-Benz Classe S W126 fut spécialement choisie pour être la voiture du personnage « magnat du pétrole », JR Ewing, interprété par le regretté Larry Hagmann ! Dans le film « Une journée en enfer« , sorti en 1995, les héros, interprété par Bruce Willis et Samuel Lee Jackson, utilisent une Mercedes-Benz 560SEL W126 pour sauver le monde. La version coupée de la Mercedes-Benz W126 fut également l’héroïne du film « Road House » avec Patrick Swayze, Et nous ne vous citons pas ses nombreuses apparitions ou rôles qu’elle a tenu dans les séries allemandes à l’instar de « Un cas pour deux » ! 

Et la cerise sur le gâteau : la Mercedes-Benz W126 est également plébiscitée par les stars ! Le roi de la Pop, Mickael Jackson, possédait une Mercedes-Benz 500SEL, couleur brun milan. Sans parler de l’acteur Clint Eastwood qui a fait restaurer une Mercedes-Benz 500SEC de couleur blanche !

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’archives

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