Focus sur : La Teilhol Tangara, une revisite à part entière

Les années 1970-1980 marque un véritable tournant dans l’histoire automobile avec la nouvelle mode des véhicules de plage. Le succès de la Citroën Méhari pousse les autres marques, comme Renault, à se lancer sur ce segment si particulier. Hélas, la majorité des constructeurs se lance beaucoup trop tard à l’instar de la Renault Rodéo, commercialisée en 1970, soit deux ans après la Méhari. Et si les grandes firmes arrêtent progressivement leur production à la fin des années 1980, c’est au tour des artisans-constructeurs de s’engouffrer dans la brèche avec plus ou moins de succès ! L’un d’entre eux n’est d’autre que Teilhol qui lance, en 1986, sa « voiture de plage », tout chemin et utilitaire à ses heures perdues : l’oubliée Teilhol Tangara !

Teilhol, un artisan-constructeur pas si inconnu que ça

Dans les années 1980, Teilhol n’était pas un inconnu dans le monde automobile. Et si ce nom vous dit quelque chose aujourd’hui, c’est que vous avez une excellente mémoire ! En effet, cette entreprise était, au prime à bord, chargée de fabriquer les Renault Rodéo, concurrente directe de la Citroën Méhari. Avec ce contrat, Teilhol devient constructeur automobile à part entière, se détachant de son passé de carrossier. Mais l’idylle avec la marque au losange sera de courte durée puisqu’en 1986, après 16 années de commercialisation, Renault arrête son modèle. Il faut dire que la Renault Rodéo n’a pas connu un aussi vif succès que sa concurrente avec que seulement 60 000 exemplaires produits (contre 144 953 unités pour la Méhari). Projet coûteux, la collaboration Renault-Teilhol fait, en effet, partie des nombreux dossiers que Renault relègue au placard ! Avec pour effet direct l’envol d’une majorité du chiffre d’affaires de Teilhol ! Mais l’artisan-constructeur a plu d’un tour dans son sac avec en back-up des voiturettes électriques et sans permis. Toutefois, Teilhol voit plus grand : ce dernier décide de réaliser son propre modèle de plage, dès 1986 ! Un partenariat est conclu avec Citroën – pour qui Teilhol s’occupe des fourgons Citroën C5, Citroën C6 et des utilitaires-fourgonnettes Citroën AX et Citroën BX – pour mettre sur le marché le successeur de la Méhari. La Teilhol Tangara venait de voir le jour !

La Teilhol Tangara, l’unique modèle de série d’une marque oubliée

La Teilhol Tangara est officiellement présentée en 1987, au Salon automobile de Genève. Elle reprend le châssis de la Citroën 2CV6 à qui elle emprunte son moteur boxer bi-cylindres, auquel vient se greffer une carrosserie composite. Associant différents éléments Citroën, dont de nombreuses pièces mécaniques et de l’intérieur (sièges, garnitures de porte, pare-brise…), mais les feux arrière de la Peugeot 205 ou encore les clignotants et les rétroviseurs de la Renault Express. N’a-t-elle pas un petit air général de Méhari remastérisée ? En tout cas, Raoul Teilhol use, en matière de communication, des mêmes arguments mis en avant pour vendre la Méhari : practicité, fiabilité, légèreté et facilité d’entretien ! Comme sa cousine lointaine, les différents aspects se doivent d’être ludiques et surtout visibles extérieurement et intérieurement.

Dans le mille ! Car, la première année de commercialisation de la Teilhol Tangara est un succès avec une commande de près de 400 véhicules ! Ce client n’est pas n’importe qui, c’est l’Armée française ! Et l’aventure Tangara ne s’arrêtera pas là ! Elle sera, en effet, déclinée en de nombreuses versions : avec ou sans hard-top, en motorisation de 2CV ou d’AX, mais pas que ! Les séries vont se succéder au fil des années : en 1988, la série spéciale « Dune », en 1989, la version 4×4 commercialisée à 47 exemplaires avec la collaboration de Voisin et, en 1989, la version Teilhol « Théva » sur base de Citroën AX avec un moteur beaucoup plus puissant que celui initial (un quatre cylindre de 1.124cm3 de 54ch vs un bi-cylindres de 602cm3 de 29Ch). Hélas, l’histoire prend soudainement fin en 1990, année de disparition de Teilhol, qui se voit obliger de déposer le bilan, faute d’apports financiers.

La Teilhol Tangara, une affaire sur le marché des voitures de collection ?

Face aux difficultés financières rencontrées par l’entreprise et sans trésorerie, ni apports financiers de la part des banques, Raoul Teilhol ferme définitivement les portes de son entreprise. Ainsi, le mois de mars 1990 sonne le glas de cette marque. Actuellement, trouver un exemplaire en parfait état est exceptionnel, car seulement 1100 unités (les 47 Teilhol Tangara 4X4 et les 65 Teilhol Tangara 1100 incluses), furent vendus entre 1987 et 1990. Mais peu ont survécu à nos jours. En effet, la société 2CA qui a repris la fabrication des pièces Teilhol, assurant le service après-vente, a recensé seulement une centaine d’exemplaires encore en circulation dont moins d’une dizaine de la série limitée « Dune » ! Il est donc difficile d’en voir une, voire d’en acquérir une en bon état ! Mais tout est faisable à cœur vaillant ! En effet, si sa cousine, la Méhari, voit ses prix s’envoler, la Teilhol Tangara reste abordable, entre 8000€ et 9000€ pour les modèles les plus communs (contre 14 000€ pour une Méhari) ! Devons-nous ajouter que les frais de carrosserie restent abordables compte tenu de l’origine des pièces – Citroën et Peugeot ? En bref, idéale pour les budgets un peu serrés et pour les amoureux des vieilles dames à sauver !

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS 
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS

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