Focus sur : La Renault 5, la naissance d’un best-seller

Il y a 50 ans, jour pour jour, la Renault 5 fut lancée le 28 janvier 1972, séduisant immédiatement la presse et le grand public par sa ligne simple et légère. Répondant parfaitement aux besoins des consommateurs, elle connut alors un succès sans précédent avec plus de 5 millions d’exemplaires vendus ! Elle fut même la voiture la plus vendue en France de 1974 à 1983, sachant qu’elle fut retirée du marché qu’en décembre 1984 ! Symbole d’une époque, transcendée par la compétition avec les légendaires Renault 5 Turbo, la citadine du losange deviendra ainsi la plus populaire des Renault ! A l’occasion des 50 ans de la Renault 5, ABSOLUTELY CARS vous invite dans le royaume de cette merveilleuse automobile !

La Renault 5, un symbole des années 1970

Janvier 1972 : la naissance de la Renault 5

Lorsqu’elle fut présentée, il y a 50 ans, sa ligne époustoufla tout le monde. Elle était simple, compréhensible, lisse, sublime. Elle était due à deux designers : un externe, Michel Boué et un interne, Robert Broyer. Le coordinateur qui apporta sa touche finale, ne fut autre que le talentueux Gaston Juchet (1930-2007) : modularité aisée de l’habitacle, planche de bord en plastique, pare-chocs avant et arrière en fibre de verre imprégnée de résine polyester… Le développement de ces derniers avait été mis au point par le chef de projet Philippe Bourguignon. Cette solution avait été expérimentée par Gaston Juchet pour le pare-choc arrière du duo Renault 15/17 apparu en 1971.

Quant à la partie technique, elle reprenait les solutions traditionnelles de la Régie : 4 cylindres longitudinal avant muni de soupapes en tête, capot ouvrant vers l’avant et hayon, traction et boîte à vitesses 4 rapports, levier sur la planche de bord, plate-forme de la Renault 4 à 4 roues indépendantes, deux empattements, 2,4m à droite, 2,43m à gauche (2,41m/2,44m pour la Renault 5 Alpine Turbo), 4 freins à tambours (freins à disques à l’avant pour la Renault 5 TL). En effet, elle fut présentée en deux versions et trois motorisations : L en 782cm³, L en 845cm³ et TL en 956cm³. Deux options firent rapidement leurs apparitions : toit ouvrant en toile et levier de vitesses au plancher. La Renault 5 envahit alors rapidement les rues de nos villes.

En février 1973, la Renault 5 bénéficia d’une énorme publicité. Elle était conduite par le couple Réval dans le film « Elle court, elle court la banlieue » du réalisateur Gérard Pirès (1942-….) avec, dans les rôles principaux, Marthe Keller (1945-….) et Jacques Higelin (1940-2018), le thème étant la vie trépidante et infernale des banlieusards. Lors de sa sortie, ce film fut vu par 1 549 617 spectateurs.

Les évolutions de la Renault 5

Entre 1974 et 1975, fut produite l’éphémère Renault 5 LS, intéressante par la présence d’un moteur d’une cylindrée de 1289cm³. Entre 1975 et 1981, ce moteur fut repris par la Renault 5 TS, munie de confortables sièges avant intégrant des appuie-têtes et de feux arrière de recul. Apparue en février 1976, la Renault 5 GTL était équipée de protections latérales parfaitement intégrées à la ligne de la carrosserie, la largeur passant alors de 1,53m à 1,55m. En janvier 1978, la Renault 5 Automatique fut lancée. Sa boîte à vitesses avait 3 rapports. En juillet 1979, la version 5 portes apparut dotée des motorisations les plus modestes, remplaçant la vieillissante Renault 6. A cette occasion, le tableau de bord fut remplacé sur l’ensemble de la gamme.

En octobre 1981, trois versions adoptèrent la boîte à vitesses 5 rapports : la Renault 5 GTL, la Renault 5 TS et la nouvelle Renault 5 TX. Ces deux dernières furent équipées d’un moteur de 1397cm³. L’équipement de la version TX était pléthorique : direction assistée, vitres électriques teintées, volant cuir, sièges arrière rabattables en deux parties, jantes en alliage, montre digitale… A partir de 1981, la version de base pouvait être équipée de freins à disques à l’avant. A noter que la série limitée Renault 5 Campus de 1983 en était munie en série.

En mars 1976, apparut le porte-drapeau de la gamme : la Renault 5 Alpine munie d’une boîte à vitesses 5 rapports. Les performances sont là : 93ch à 6400tr/mn, vitesse maximale de 173km/h, 0 à 100km/h franchi en 10,1 secondes ! En septembre 1981, cette version reçut un turbo. Ainsi naît la Renault 5 Alpine Turbo : 110ch à 6000tr/mn, vitesse maximale de 186km/h, 0 à 100km/h franchi en 9,1 secondes. En même temps, elle fut équipée des 4 freins à disques.

Il faut savoir que la fabrication de la Renault 5 ne nécessita pas de gros investissements. Sa longueur était comprise entre 3,51m et 3,54m (3,56m pour les Renault 5 Alpine Turbo et Renault 5 Laureate Turbo). A l’étranger, elle fut fabriquée jusqu’en 1996. Elle fut assemblée à 5 580 000 exemplaires dans les usines de Flins en France, Haren-Vilvoorde en Belgique, Valladolid en Espagne, Mariara au Venezuela, Sahagún au Mexique, Téhéran en Iran, Durban en Afrique de Sud et Novo Mesto en Slovénie. Sa remplaçante fut la Renault Supercinq munie d’un moteur transversal et d’une carrosserie monocoque autoporteuse.

Aujourd’hui, entretenir une Renault 5 est une opération toujours aussi aisée. Les passionnés peuvent en acquérir une du moment que la carrosserie est en parfait état. Néanmoins, un modèle équipé d’un carburateur double-corps (versions LS, TS, TX, TX automatique, Automatique à partir de 1981, Alpine, Alpine Turbo), donc plus sportif, doit être essayé sur une route sinueuse à son volant pour se rendre compte si elle est faite pour vous.

Les FASA-Renault 5 et 7 de Valladolid

FASA-Renault fabriqua en Espagne des Renault 5 entre 1972 et 1984 ainsi que des Renault 5 Alpine et Renault 5 Alpine Turbo sous les qualificatifs FASA-Renault 5 Copa et FASA-Renault 5 Copa Turbo, entre 1978 et 1983. Elles furent toutes équipées de freins à disques à l’avant tandis que la FASA-Renault 5 Copa Turbo avait 4 freins à disques. Entre 1974 et 1982, fut également produite une variante spécifique 4 portes notchback dénommée FASA-Renault 7. Ses empattements étaient de 2,5m à droite, 2,53m à gauche. Sa longueur était de 3,89m.

Retour sur les emblématiques Renault 5 Turbo

La Renault 5 Turbo fut présentée au Salon de l’automobile d’octobre 1978. Ce fut une folie ! Un évènement extraordinaire ! La promesse était de proposer, à la vente, la première voiture française construite en série à moteur essence turbocompressé sous la barre des 100 000 francs. La question d’un journaliste au public était : « Si on vous offrait une voiture, son essence, son entretien, son assurance, quelle voiture choisissez-vous ? » La réponse était unanime : « Une RENAULT 5 Turbo » ! La légende était faite !

Les premières esquisses furent réalisées en interne, mais la Régie fit appel au carrossier italien Bertone. Le génial Marcello Gandini (1938-….) transcrit magistralement les desiderata en prototype et fut retenu. En juillet 1980, la Renault 5 Turbo devint donc disponible sur le marché. Trois sites industriels furent nécessaires pour la réaliser : Flins pour la coque, Heuliez à Cerizay pour l’adaptation de ladite coque, Alpine-Dieppe pour la peinture et le montage final.

Côté mécanique, le 4 cylindres de 1397cm³ muni de soupapes en tête était gavé par un turbocompresseur Garrett T3 (0,84 bar) et une injection mécanique Bosch K-Jetronic. Il était implanté en position centrale longitudinale arrière. Les places arrière avaient ainsi disparu. Il délivrait une puissance de 160ch à 6000tr/mn et un couple de 206Nm à 3250tr/mn. Son poids était de 970kg, ce qui donnait un rapport poids/puissance de 6kg/ch. Les ailes et le capot avant étaient réalisés en polyester, le toit, les portes et le hayon en aluminium. La boîte à vitesses avait 5 rapports. Les 4 freins à disques étaient ventilés. La vitesse maximale était de 210km/h. Le 0 à 100km/h était franchi en 6,5 secondes, les 400m départ arrêté en 15 secondes, les 1000m départ arrêté en 27,8 secondes ! Son empattement était de 3,43m et sa longueur de 3,66m. Peu d’options étaient présentes dans le catalogue : sellerie cuir et vitres teintées. La coquetterie tint dans son tableau de bord qui est tout simplement magnifique !

Après une première série de 1690 exemplaires, la Renault 5 Turbo 2 fut proposée entre 1983 et 1985. Le fameux intérieur signé Marcello Gandini fut remplacé par celui de la Renault 5 Alpine Turbo. Les pare-chocs devinrent noirs, les portes et le toit en acier. Moins chères à l’achat de 25%, 3167 unités complémentaires furent assemblées.

La Renault 5 Tubo rentra définitivement dans la légende grâce au palmarès de Jean Ragnotti (1945-….) : Rallye de Monte-Carlo en 1981, Tour de Corse en 1982, 1984 et 1985… Mais aussi grâce à Joaquim Moutinho da Silva Santos (1951-2019) qui gagna le Rallye du Portugal en 1986, ainsi que grâce à François Chatriot (1952-….) qui fut victorieux au Tour de Corse en 1986. Après tout, la Renault 5 Maxi Turbo possédait un moteur d’une plus forte puissance !

Article co-écrit par : ABSOLUTELY CARS & CARDO
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’archives

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