Au détour des rues parisiennes : Octobre 2020

Se balader, flâner, découvrir…. Bref la vie parisienne et c’est ce que l’on aime, notamment quand nous tombons nez à nez avec une charmante voiture aussi rare que belle. A chaque coin de rue, se trouve peut-être cette perle rare. Ainsi avec cette rubrique « Au détour des rues parisiennes », ABSOLUTELY CARS déniche pour vous ces véhicules qui font mine de passer inaperçus, hélas sans succès… Que l’on aime les pots de yaourts, les berlines ou les limousines, c’est un choix. Mais rester indifférent face à ces icônes européennes ou américaines est difficile. Allez, hop ! ABSOLUTELY CARS vous montre ses pépites du mois : une Cadillac Fleetwood Talisman, une Tomcar et une BNC DZ !

Le modèle automobile du mois : La Cadillac Fleetwood Talisman

Si la dénomination « Fleetwood » était déjà utilisé comme préfixe pour plusieurs modèles de Cadillac des 1930, c’est bien une voiture des années 1970 que nous avons rencontré dans les rues de notre chère capitale ! Possédant généralement un empattement plus long que les versions Cadillac Serie 62 et Cadillac DeVille, cette voiture incarne le haut de gamme américain, réunissant grandeur et opulence. En 1974, elle se décline au travers plusieurs modèles comme la Cadillac Fleetwood Sixty-Special, la Cadillac Fleetwood Brougham et la Cadillac Fleetwood Talisman. C’est justement cette dernière qui nous intéresse. Nous avons justement rencontré l’un de ses exemplaires dans les rues de notre capitale ! Longue de 6,15m et large de 2m, ce mastodonte est dans la ligne de l’époque de General Motors ! Face à cette imposante et belle mécanique, nous comprenons mieux pourquoi elle symbolise à merveille le luxe « made in USA » des années 1970 ! Il est impossible de ne pas être impressionné par cette magnifique machine.

Summum du luxe en 1974, la Cadillac Fleetwood Talisman offre une esthétique non négligeable ! Les couleurs bi-tons de sa carrosserie sont tout simplement sublimes, notamment avec un toit en vinyle ! Disponible seulement pendant trois ans, les mentions « Talisman » sont inscrites latéralement sur la carrosserie. Le capot et les jantes spéciaux sont ornées du logo de Cadillac où trône fièrement la fameuse couronne de lauriers. Mais la Cadillac Fleetwood Talisman n’est pas seulement qu’une belle voiture américaine au design attractif ! En effet, cette belle mécanique a réuni toutes les commodités et caractéristiques de luxe du reste de la gamme Fleetwood !

Et tout commence par l’habitacle ! Imaginez-vous dans un yacht roulant auquel s’ajoutent des sièges individuels pour quatre personnes avec des consoles installées au milieu de chaque rangée. Les sièges rembourrés sont recouverts d’un épais velours dit « Medici », présent également sur les portières. Mais ce n’est pas fini, car il faut savoir que parmi les équipements en série, nous retrouvons :

  • Des panneaux de porte, la moquette et les consoles centrales recouverts en velours
  • Une sellerie individuelle avec choix en 4 coloris (Ambre, bleu foncé, noir et terre cuite). Le cuir est en option et peut accueillir 4 personnes dans un confort digne d’un salon
  • Des repose-pieds arrières
  • Un tableau de bord magnifiquement sculpté avec le rappel « Fleetwood talisman » et la couronne de lauriers
  • Des consoles avants et arrières (uniquement pour le millésime 1974) et des rangements verrouillés, dont l’une offre un bloc-notes, un crayon et un stylo.
  • Des miroirs de courtoisies avants et arrières + lampes de lecture
  • Une plaque indiquant le nom du propriétaire

La Cadillac Fleetwood Talisman dispose également d’une assistance électrique, les vitres électriques, la direction assistée, les verrous électriques et les rétroviseurs électriques étant disponibles à l’époque. Des lampes de courtoisies éclairent également le simili-bois.

La Cadillac Fleetwood Talisman est équipée du fameux V8 de la marque. Toutefois, vous ne l’entendrez guère, car celui-ci est bien isolé sous son capot. Economique, il se suffit pour mouvoir les deux tonnes et demi de cet incroyable carrosse ! Le confort jusqu’au bout !

Elle sera produite seulement de 1974 jusqu’à 1976, s’écoulant à près de 4300 unités, dont 1898 pour sa première année ! Avec elle, General Motors et Cadillac marquent un changement de stratégie pour cette marque qui vise à commercialiser des véhicules plus compact et moins gourmand en carburant.

Le coup de cœur du mois : La Tomcar

Certains jours sont plus propices que d’autres pour croiser des voitures anciennes dans les rues de Paris. C’est le cas quand se tient la fameuse Traversée de Paris ! C’est ainsi que nous avons croisé notre coup de cœur du mois : une atypique Tomcar ! Cette micro-voiture est une Française, produite durant quatre années, entre 1982 et 1985, par Gérard Jacquier, Jacques Martin et Jean-Michel Daix. Commercialisée par Jean Montseigneur, elle fut fabriquée dans la Somme, à St-Just-en-Chaussée, puis dans l’Oise, à Breteuil-sur-Noye. Mais la Tomcar cache un autre secret : il s’agit avant tout d’une voiture sans permis !

D’une longueur de 2,46m, d’une largeur de 1,29m et d’une hauteur de 1,32m, la Tomcar fut déclinée en berline 3 portes ou cabriolet. Sa structure repose sur une caisse en résine créée par l’intermédiaire d’un moule en bois préalablement fabriqué. Il fallait trois mois pour la construire ! Il faut savoir que ses pièces ont été construite localement, dans la Sancerre, à l’image des faverolles pour le plancher ou du tricot pour les jantes… A noter que Montdidier fournissait les composants électriques et la capote ! La Tomcar dispose d’un châssis tubulaire, d’un pare-brise feuilleté, d’un essuie-glace, d’un rétroviseur extérieur, d’un avertisseur sonore, d’une sellerie biplace séparée, d’un démarreur électrique, d’un chauffage, d’un coffre, de 4 roues indépendantes, des jantes en alliage léger et de freins à disques hydrauliques.

Côté mécanique, cette traction offre un monocylindre deux temps : un 49 ou 125cm3 de provenance Peugeot, dont la vitesse maximum est de 30 km/h sans que la voiture pouvait seulement aller à 5 km/h dans les fortes pentes ! Certaines versions ont été équipée d’un moteur Lombardi de 325cm3 qui équipait également certains engins agricoles. Ainsi armée, la Tomcar pouvait atteindre les 70km/h, avec le vent dans le dos tout de même !

La Tomcar était vendue entre 22 600 et 22 900frs (soit environ 3500 et 4000€ aujourd’hui). Cette voiture sans permis française fut produite en 2000 exemplaires, durant quatre ans, avant de continuer sa carrière en Espagne sous le doux nom de « Pypper ».

La pépite du mois : La B.N.C. DZ de 1923

Nous concluons ce nouveau numéro d' »Au détour des rues parisiennes » avec une voiture de l’Entre-Deux-Guerres. Cette fois-ci, ce n’est pas une Bugatti Type 35, ni une Bugatti Type 39, ni une Auburn 8-88 Boattail Speedster… mais une B.N.C. DZ de 1923 ! Nous devons cette voiture bien française au constructeur automobile BNC, connu sous le nom complet de « Ballack, Netter et Cie« . Fondée en 1923, à Paris, par Lucien Bollack et René Netter, cette marque automobile est particulièrement connue pour avoir participé aux premières courses de voitures légères dans les années 1920, avant d’être reprise partiellement, en 1929, par Lombard. Si elle disparaît en 1931, ses modèles les plus connus resteront à jamais ancrés dans l’Histoire automobile à l’instar de la B.N.C. Super Sport, de la B.N.C. FCD ou encore de la B.N.C. 527.

Il faut savoir que la production des premiers modèles débute en 1922, sous l’appellation « Jacques Muller », parfois également appelé « JMK ». Cette société proposait une gamme composée de deux modèles : un 2 cylindres ou un 4 cylindres. Ils adoptent la même structure châssis/carrosserie en y ajoutant un design particulier. La face avant dispose d’une calandre droite et un arrière en forme de V. Parmi les versions proposées, on distingue la JMK « Classique » et la « JMK Sport ».

En janvier 1923, BNC est officialisée et un nouvel modèle est lancé : il s’agit de la B.N.C. DZ. A noter que la lettre « D » signifie que le châssis dispose de ressorts de suspensions semi-cantilever, la seconde lettre faisant référence au moteur. En effet, la BNC DZ dispose du bloc SCAP Z. La carrosserie est, quant à elle, signée Torpedo Sport. Les matériaux utilisés sur la BNC DZ sont l’acier avec un châssis en tôle emboutie et l’aluminium pour le capot.

Avec sa mécanique, la B.N.C. DZ est considérée comme un « cyclecar ». Elle est équipée d’un 4 cylindres 0.9 (900cm3) à soupapes latérales développant 5ch. Il est accouplé à une boîte manuelle 3 rapports. Si rien d’impressionnant est glissé sous le capot, avec son poids inférieur à 350 kg, la relative change, sachant qu’il s’agit d’une voiture des années 1920 ! En effet, la BNC DZ donne des chiffres satisfaisants au regard de l’époque avec une vitesse de pointe de 70km/h ! Cela lui a permis de s’illustrer lors du Tour de France automobile en 1923, en réalisant un doublé dans sa catégorie ! Du bon grain à moudre pour la suite qui sera des plus glorieux avec des résultats plus qu’honorables lors des 24 Heures du Mans ou du Bol d’Or pour le constructeur de voiture BNC !

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS 
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS

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