Alvis, l’envol d’un aigle centenaire

Parmi les grands constructeurs automobiles britanniques disparus, nous pouvons citer bien des noms, mais celui qui a retenu, aujourd’hui, notre attention n’est d’autre qu’Alvis ! Cette marque se spécialisa dans le haut de gamme sportif et fut pendant de nombreuses années à la pointe de la mécanique automobile britannique ! Ce fut l’une des premières marques à expérimenter la traction sur le sol britannique et quelle traction ! Ainsi, elle acquit une renommée telle qu’à tout jamais, le nom d’Alvis est associé à cette technique ! C’était il y a 95 ans et à l’occasion du centenaire d’Alvis, ABSOLUTELY CARS vous propose de revenir sur cette épopée !

Les premières voitures Alvis dotées de 4 cylindres

Fin 1919, à Coventry, fut fondée Alvis, ou plus exactement « Alvis Car and Engineering Company Limited« , par Thomas George John (1880-1946) et Geoffrey de Freville (1883-1965), motoriste qui exploita les unités du système métrique. La première voiture, l’Alvis 10/30, fabriquée dès 1920, était relativement classique. Néanmoins les pistons de son 4 cylindres muni de soupapes latérales étaient en aluminium et sa boîte à vitesses avait 4 rapports. Le troisième modèle, l’Alvis 12/40, put recevoir, en option, les freins sur les 4 roues, équipement standardisé dès 1926. Les voitures équipées d’un 4 cylindres à soupapes latérales représentèrent un volume de vente de 2 537 exemplaires, celles munis d’un 4 cylindres à soupapes en tête, solution technique introduite dès 1923, 9 438 exemplaires. Les dernières 4 cylindres étaient toujours équipées de 2 essieux rigides.

Les tractions Alvis : les premières sur le sol britannique

Pour promouvoir la marque, un choix fut réalisé : exploiter une traction dans les diverses compétitions. En 1925, coururent les premières Alvis FWD. Dès 1928, fut proposée à la vente une version routière. Le contenu technologique était démentiel : 4 cylindres à arbre à cames en tête toujours accouplé à une boîte à vitesses 4 rapports, compresseur optionnel, châssis surbaissée équipé de 4 roues indépendantes…

Cependant, cette voiture ne trouva pas son public qui l’admirait pendant les courses sans pour cela l’acheter. En 1929, Alvis alla encore plus loin en proposant un 8 cylindres en ligne équipé d’un double arbre à cames en tête. Le résultat commercial : la première série se vendit en 142 exemplaires, la 8 cylindres dénommée Alvis 8/15 en seulement 12 exemplaires. Alvis jeta l’éponge en 1930 tout en connaissant ses premières difficultés financières. Aujourd’hui, ces voitures sont extrêmement recherchées par les passionnés et les collectionneurs.

Les Alvis 6 cylindres avec un châssis équipés de 2 essieux rigides

En 1927, commença la production des 6 cylindres, les soupapes en tête étant retenues, tout comme la boîte à vitesses 4 rapports. Cette première série se vendit en 2 249 exemplaires.

Publicité ALVIS Silver Eagle de 1932
Publicité ALVIS Silver Eagle de 1932

Les 6 cylindres Alvis avec un châssis équipés de roues avant indépendantes

En 1933, pour relancer les ventes, furent lancés deux nouveaux modèles équipés de roues avant indépendantes et d’un 6 cylindres muni de soupapes en tête toujours accouplé à une boîte à vitesses 4 rapports : l’Alvis Crested Eagle et la nouvelle Alvis Speed 20. Entre 1933 et 1940, les divers modèles se vendirent à 2 417 exemplaires ; entre 1950 et 1967, les nouvelles 6 cylindres trouvèrent 3 675 acquéreurs.

Un vent nouveau souffla à partir de 1954 lorsque Hermann Graber (1904-1970) s’intéressa à Alvis. Son activité de carrossier s’exerça de 1927 à 1970, à Wichtrach, en Suisse, en exploitant des châssis prestigieux européens, voire états-uniens. Pour Alvis, il introduisit la carrosserie ponton et soutint la promotion de la marque britannique au travers de modèles construits en petite quantité, toujours équipés d’une boîte à vitesses manuelle. Les coupés et cabriolets Alvis bénéficiant d’une carrosserie dessinée par Graber, sont également très recherchés par les passionnés et les collectionneurs.

En 1955, le freinage à assistance hydraulique fut introduite. En 1956, le retrait des limousines engendra l’adoption définitive de la carrosserie ponton. En 1959, les freins à disque avant furent proposés en option. En 1960, l’option boîte automatique 3 rapports fut ajoutée. De 1960 à 1962, l’option overdrive fut disponible. En 1962, furent adoptés les freins à disque sur les 4 roues et la boîte à vitesses 5 rapports ZF.

Epilogue ou le dernier vol de l’aigle

Alvis fut achetée en 1965 par Rover qui fut absorbée en 1967 par le constructeur de camions et d’autobus Leyland, qui possédait, depuis 1961, Stantard et Triumph. Après le retrait du marché de Standard en 1963, ce fut le tour d’Alvis, en 1967. En 1968, la Leyland Motor Corporation devint la British Leyland Motor Corporation Limited en intégrant la British Motor Holdings qui possédait Jaguar, Daimler, Morris, MG, Riley, Wolseley, Mini, Austin, Vanden Plas/Princess, Austin-Healey… Riley allait disparaître un an plus tard et Austin-Healey, en 1971. Le phénomène de concentration et d’homogénéisation par l’intégration d’organes mécaniques communs se mit en place au Royaume-Uni, mais également dans le reste du monde.

Au travers du filtre des décennies, que reste-t-il d’Alvis ? Une voiture : l’Alvis FWD, vue aujourd’hui comme idéale grâce à son fort contenu technologique, faisant parler d’elle et émerveillant les passionnés. Cette histoire ressemble à celle d’un éleveur de pur-sang qui posséderait une licorne, dont les acquéreurs potentiels en parleraient continuellement, tout en préférant acheter un … cheval.

Article co-écrit par : ABSOLUTELY CARS & CARDO
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’archives

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