Dacia, l’œuvre de Louis Schweitzer (1/2)

En juin 2005, il y a 20 ans, la Dacia Logan fut lancée en France. Depuis, le succès ne s’est jamais démenti, même si les porte-drapeaux en termes de volume de vente portent d’autres dénominations, Dacia Sandero ou Dacia Duster.

Dans ce premier article, ABSOLUTELY CARS vous invite à redécouvrir les Dacia antérieures au lancement de la Dacia Logan.

La première Dacia, la compacte Dacia 1100

En mars 1965, trois jours après la mort de Gheorghe Gheorghiu-Dej, Nicolae Ceaușescu (1918-1989) devint le premier secrétaire du Parti ouvrier roumain. L’une de ses premières interventions fut de déclarer que son pays n’était plus une « république populaire », mais, désormais, la « république socialiste de Roumanie ». Il voulut que son pays fût le plus indépendant possible de l’URSS. En matière d’automobile, la Roumanie produira ses voitures, à l’instar des 4×4 et camions fabriqués dans l’usine de Brașov en Transylvanie. Les autorités roumaines lancèrent un appel d’offre auquel répondirent FIAT, Alfa Romeo, British Motor Corporation, Peugeot et Renault.

L’équipe de Pierre Maurice Dreyfus fut la plus performante. Elle fit rêver les autorités roumaines :

  • assistance à la construction d’une usine à Mioveni, à proximité de la ville de Pitești,
  • fabrication temporaire d’une compacte existante de la gamme Renault pour entraîner et former le personnel,
  • lancement d’une routière inédite en France et en Roumanie, en même temps pour afficher la modernité de l’usine de Pitești.

Le 6 septembre 1966 à Bucarest, Pierre Maurice Dreyfus (1907-1994), Président-directeur général de la Régie Nationale des Usines Renault (RNUR) entre février 1955 et décembre 1975, signa un contrat-cadre de 10 ans avec l’Etat roumain. Le 3 août 1968, les premières Dacia 1100 quittèrent la nouvelle usine. Ce n’était ni plus, ni moins, qu’une Renault 8, équipée bien entendu, d’un 4 cylindres OHV de 1108cm³ implanté à l’arrière, d’un capot coquille s’ouvrant vers l’avant, d’une suspension à 4 roues indépendantes, de 4 freins à disques, d’une carrosserie monocoque autoporteuse d’un empattement de 2,27m (pour une longueur de 4m). Sa production cessa en 1971, les derniers exemplaires étant vendus ou livrés en 1972. 37 546 exemplaires furent réalisés. Une version plus dynamique, la Dacia 1100S, fut fabriquée à seulement 100 unités entre 1970 et 1971 ; elle était reconnaissable grâce à ses 4 phares.

La Dacia 1100 fut remplacée tardivement. Des efforts colossaux en matière d’ingénierie furent déployés pour lancer en 1995, une compacte 5 portes dénommée Dacia Nova, équipée de motorisations d’origine Renault, implantées transversalement à l’avant, accouplées à une boîte manuelle 5 rapports. Cependant, beaucoup de sources convergent pour une simple et pure exploitation de la plateforme de la Peugeot 309 (produite entre 1985 et 1994). A l’instar de cette dernière, son empattement étant de 2,47m, la traction Dacia Nova bénéficiait d’une suspension à 4 roues indépendantes et de freins à disques à l’avant. Elle se dénomma Dacia Supernova entre 2000 et 2003, Dacia Solenza entre 2003 et 2005. Toute dénomination confondue, elle fut fabriquée à 174 737 exemplaires dans l’usine de Pitești.

La Dacia 1300, l’inédite routière

La Dacia 1300, clone de la Renault 12, connut un immense succès commercial. Le premier exemplaire fabriqué fut présenté le 23 août 1969 (lors de la fête nationale) et le dernier, le numéro 1 959 730, sortit des chaînes de montage le 21 juillet 2004, un mois seulement avant son 35ème anniversaire. La millionième Dacia sortit de l’usine de Pitești en 1985, la deux millionième, en 1998. La Dacia 1300 fut présentée 9 jours avant la présentation officielle de la Renault 12. Cette traction était équipée d’un 4 cylindres OHV de 1289cm³ implanté naturellement à l’avant, en position longitudinale, son capot s’ouvrant vers l’avant. Son empattement était de 2,44m ; sa longueur, comprise entre 4,34m et 4,35m. Son coffre offrait un volume de 420 litres. Ses coquetteries stylistiques résidaient dans le décroché arrière de son pavillon et dans la forme de sa lunette arrière. Sa suspension n’était pas à 4 roues indépendantes, l’essieu arrière étant rigide. Les freins à disques à l’avant étaient présents. La variante break, lancée en 1973, avait une longueur comprise entre 4,39m et 4,41m.

La diversification se fit au travers des nombreuses carrosseries proposées. Entre 1975 et 1978, l’usine de Pitești assembla des fourgons Dacia Estafette, à seulement 642 exemplaires. Il entrait en concurrence avec la variante pick-up de la Dacia 1300 lancée en 1975. A partir de 1981, les propositions se multiplièrent, petite cabine 2 portes, grande cabine 2 portes, grande cabine 4 portes, ridelles fixes ou rabattables, empattement de 2,44m (comme le pick-up original), de 2,68m, de 2,8m, longueur de 4,6m à 4,79m, traction ou propulsion ou 4×4. Cette production cessa le 8 décembre 2006, 318969 pick-ups furent réalisés.

En 1979, la berline fut rebaptisée Dacia 1310. Elle arborait 4 phares tout en gardant son esthétique originelle, les feux arrière étant agrandis, un bandeau noir étant apposé contre le couvercle du coffre. Elle était magnifique. La Dacia 1310p fut distribuée en Pologne. Le break fut renommé en 1980. En 1983, une calandre prédominante fut installée et de nouvelles dénominations furent exploitées entre 1983 et 1989, Dacia 1210 avec un 4 cylindres OHV de 1185cm³, Dacia 1410 avec un 4 cylindres OHV de 1397cm³.

Egalement en 1979, fut présenté le concept car Dacia Sport Brasovia. Le carrossier qui le conçut, était implanté à Brașov, d’où sa dénomination. Ce coupé conservait les 2 portes de la berline ainsi que son empattement. Quelques exemplaires furent réalisés. Les coupés Dacia 1310 Sport et Dacia 1410 Sport fabriqués en petite série, franchissaient le 0 à 100km/h respectivement en 17 secondes et 16,2 secondes. Pour améliorer l’esthétique, l’empattement fut ramené à 2,24m ; la longueur, à 4,15m.

En 1987, apparut la Dacia 1320, une variante 5 portes liftback reprenant la longueur du break. Entre 1990 et 1996, elle porta comme dénomination Dacia 1325 Liberta, un vent nouveau soufflait sur la Roumanie.

En 1993, les dénominations Dacia 1210 et Dacia 1410 disparurent. La Dacia 1310 continua son bonhomme de chemin. Elle adopta les pare-chocs en matériau synthétique et un retour aux 2 phares. Ces dits pare-chocs étaient peints de la couleur de la carrosserie sur les versions les plus huppées. En 1998, elle fut à nouveau restylisée, sa face avant étant profondément modernisée. Au début des années 2000, des Dacia 1310 transitèrent par le Port de Marseille (pas celui de Fos s/Mer) pour être livrées en Tunisie. Elles étaient neuves et magnifiques avec une peinture grise métallisée, les pare-chocs étant peints (ou non) de la couleur de la carrosserie.

Fabriquées pendant 35 ans, les Dacia 1300 / 1310 sont devenues des voitures iconiques. Le designer Alexandru Maris réalisa sa propre réinterprétation. Cela change des faux SUV !

La Dacia 2000, la première et dernière autoroutière de Dacia

250 Renault 20 furent assemblées entre 1981 et 1982, dans des ateliers situés à Ștefănești. Dénommées Dacia 2000, elles furent attribuées, bien entendu, à l’élite politique et à la police. Son capot s’ouvrait vers l’avant. Les freins à disques à l’avant et le hayon étaient présents. L’empattement était de 2,67m ; la longueur, de 4,5m.

Le Dacia Duster oublié

Le 4×4 ARO 10 assemblé à Câmpulung, fut vendu sur différents marché sous l’appellation Dacia Duster, notamment au Royaume-Uni. Il était équipé d’un châssis séparé, d’une boîte à vitesses manuelle 4 rapports, d’une suspension avant à roues indépendantes, de freins avant à disques. Son empattement était de 2,4m ; sa longueur, de 3,78m. Sur route, c’était une propulsion. En hors piste, le train avant pouvait être enclenché.

La Dacia 500 Lăstun, la mini-citadine 2+2

Totalement conçue en Roumanie contrairement aux autres Dacia, entre 1988 et 1991, fut produite une voiture économique voulue par Nicolae Ceaușescu, la Dacia 500 Lăstun, une mini-citadine 2+2. Elle était équipée de 4 freins à tambours, d’une suspension à roues avant indépendantes, d’une carrosserie en fibre de verre, d’un hayon, d’un capot s’ouvrant vers l’arrière. Sa longueur était de 2,95m ; son empattement, de 1,92m. L’usine Tehnometal située à Timișoara, en assembla 6532 exemplaires.

Aujourd’hui, il faut bien reconnaître que la Dacia 1300 est une voiture iconique !

La suite, la semaine prochaine…

Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’Archives


Laisser un commentaire