Focus sur : La Renault 12, une voiture ouverte sur le monde

La mythique Renault 12 fête ses 50 ans cette semaine ! Fait-elle son âge ? Résolument non ! Il faut dire que cette quinquagénaire semble être éternelle tant qu’elle fut présente dans le quotidien des Français, pendant plus d’une dizaine d’année ! Produite jusqu’en 1980 avant de prendre le nom « Dacia », la populaire berline fut le 3ème meilleur succès commercial de Renault. Présentée lors du Salon de l’Automobile de Paris de 1969 qui s’est tenu Porte de Versailles du 2 au 12 octobre, l’atypique automobile totalement différente du reste de la gamme Renault a su rythmer le paysage automobile, devant une référence en la matière. Cet anniversaire est la meilleure occasion de la découvrir sous toutes ses facettes !

La Renault 12, héritière d’une longue lignée de citadines  » Renault »

La Renault 12, une voiture complémentaire à la gamme Renault des années 1960

Dans les années 1950 et 1960, Renault cumula de nombreux succès commerciaux avec la Renault 4CV (meilleure vente française de 1949-1955), la Renault Dauphine (de 1957-1961) et la Renault 4 (de 1962-1965 et de 1967-1968). Elles ont notamment tenu tête aux célèbres Simca Aronde (meilleure vente française en 1956), Citroën Ami 6 (en 1966), Peugeot 204 (de 1969-1971) et Simca 1100 (en 1972) qui étaient leurs principales concurrentes. Quand Renault souhaita lancer la Renault 12, en 1968, sa gamme de citadines était déjà très fournie. On y retrouvait :

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  • la sympathique et populaire Renault 4, sa variante Renault 4 Plein Air et sa dérivée luxueuse, la Renault 6, un poil trop chère
  • le duo Renault 8 et Renault 10 qui étaient des « tout à l’arrière » dont la conduite de ces voitures était délicates, les conducteurs habiles les maîtrisant, les autres remplissant le coffre avant de sacs de sable ou de ciment pour ne pas finir sur le toit… une tout autre époque…
  • la vieillissante Renault Caravelle ayant pour base la Renault Dauphine, disponible en coupé et en cabriolet pour cette dernière année,
  • la Renault 16 qui coiffait la gamme, se détachait de la concurrence avec son hayon et sa modularité malgré sa prise de roulis et de tangage due aux 4 roues indépendantes, son esthétique non statutaire, sa puissance fiscale de 8CV (vignette de 60 francs pour une voiture de moins de 4CV, 90 francs de 5 à 7CV, 240 francs de 8 à 11CV, 300 francs de 12 à 16CV, 400 francs pour plus de 16CV,  le SMIC horaire étant de 3,08 francs en 1968).

En résumé, la Renault 4 était la plus compétitive en termes de qualité/prix tandis que la Renault 16 connut un important succès commercial, vendue à plus de 1,8 million d’exemplaires entre 1965 et 1980. L’augmentation des revenus des ménages pour les tranches intermédiaires induisait généralement l’achat d’une Peugeot 204 ou d’une Simca 1100 ou d’une autre automobile étrangère. Renault devait réagir d’autant plus qu’elle ne proposait pas de break. La marque aux losanges imagina alors la Renault 12 !

La Renault 12, le meilleur de la gamme Renault

Renault effaça les défauts de la Renault 8 et de la Renault 10 (traction, moteur longitudinal avant parfaitement refroidi et fiable, de la place sous le capot pour les opérations d’entretien) et de la Renault 16 (essieu arrière rigide pour un meilleur confort, lignes rectilignes et novatrices de la carrosserie tri-corps munie d’un léger décrochage au niveau de l’arrière du pavillon en tant de coquetterie, puissance fiscale de 7CV (ou 9CV pour la sportive Renault 12 Gordini), variante break introduite en 1970). La seule critique esthétique pouvait porter sur le dépouillement de la base du levier de vitesses implanté sur le plancher.

Côté design, la Renault 12 dénote avec le reste de la gamme par son esthétisme particulier. Les premières versions se voient octroyer une malle en pente douce munie d’une lunette arrière concave qui fit la signature stylistique de cette voiture. A l’avant, le nez est aérodynamique, étudié en soufflerie – une première pour l’époque ! – accentué par un pare-brise très incliné. Cela confédérera des performances assez élevées (145 km/h pour la version berline) ! Large avec un point de gravité assez bas, elle démontre une bonne tenue de route et une fiabilité à toute épreuve ! L’empattement de la Renault 12 est de 2,44m (2,65m côté droit et 2,72m côté gauche pour la Renault 16 également équipée d’un 4 cylindres longitudinal avant). Sa longueur est de 4,34m pour la berline, 4,41m pour le break (contre 4,24m pour la Renault 16).

La Renault 12, un succès international

Première voiture à vocation mondiale de Renault d’Après-guerre, la Renault 12 connut un francs succès, première vente en France en 1973. Plus de 4 millions d’exemplaires furent produits dans les nombreuses usines de France, du Portugal, d’Argentine, d’Australie, du Canada, du Chili, de Colombie, du Mexique, d’Espagne, de Turquie, du Venezuela, de Belgique, de Nouvelle-Zélande ou encore de Roumanie. C’est dans ce dernier pays qu’elle fut fabriquée, de 1969 à 2004, en version berline et de 1975 à 2006 en version pick-up.

Les années 1980 ou quand la Renault 12 donna Dacia

Son succès fut tel que la Renault 12 fut remastérisée pour donner la Dacia 1300, sous licence Renault (break disponible à partir de 1973), dénommée Dacia 1310 à partir de 1979, puis Dacia 1210 et Dacia 1410 tandis que la cylindrée de moteur augmenta progressivement à partir de 1984. Longtemps 3 portes, une version 5 portes liftback compléta la gamme (la Dacia 1320 de 1987 à 1990, puis la Dacia 1325 Liberta de 1991 à 1996).

La Renault 12 se traduisit par la suite en Dacia 1307 Double Cab, vendue de 1992 à 2006 (proposée en fin de carrière également en 4×4), successeur de la Dacia 1302 Simple Cab (1975-1982) et complémentaire à la Dacia Simple Cab 1304 (1981-2006) disponible également avec des volets latéraux rabattables (une version 2 portes avec cabine allongée était vendue de 1994 à 2003) et à la Dacia 1309 Double Cab (1992-1998) muni d’une benne raccourcie. 

La Renault 12, source d’inspiration pour les coupés Renault 15 et Renault 17

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Le coupé vert est une Renault 15, les deux autres des Renault 17. La Renault 17 TS avaient 4 freins à disque, ils furent retirés sur cette version lors du restyling de février 1976

A partir de la plate-forme de la Renault 12, furent développés deux coupés : les Renault 15 et Renault 17. Elles conservent le même empattement que leur devancière, d’une longueur de 4,26m. Les vitres latérales sont courbes, celles des portières sans montants. Les différences entre ces deux coupés sont de l’ordre esthétique et au niveau des motorisations.

Ces coupés furent produits, de 1971 à 1979, en 304 856 exemplaires, 209 887 pour la Renault R15 et 94 969 pour la Renault R17 dont 23 400 en version découvrable. Cette dernière souvent dénommée Targa est équipée d’un toit souple manœuvré électriquement et d’un hardtop en fibre de verre. Ce coupé est aujourd’hui un des plus désirables en tant que voiture de collection !

La Renault 12 et les coupés Renault 15/17 furent respectivement remplacés par la Renault 18, en 1978 et par le coupé Renault Fuego présenté en 1980.

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS & CARDO
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’archives

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