Focus sur : La Peugeot 204 et sa descendance, les Peugeot 304 et 305

La Peugeot 204 fut un concentré du savoir-faire de la maison de Sochaux. Ses solutions techniques et son architecture furent reconduites sur les Peugeot 304 et 305.

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La Peugeot 204, une voiture doublement révolutionnaire !

La Peugeot 204 fut présentée le 23 avril 1965 au Palais des Sports de Paris. Depuis 1955, Peugeot montait en gamme par duo :

  • le 20 avril 1955 : présentation de la Peugeot 403 qui remplaça la Peugeot 203, cette dernière continuant à être fabriquée en tant qu’entrée de gamme,
  • le 13 mai 1960 : présentation de la Peugeot 404 qui remplaça la Peugeot 403, cette dernière continuant à être assemblée en tant qu’entrée de gamme.

L’avantage de cette politique était de générer une marge conséquente. Techniquement, entre ces trois voitures, l’évolution fut fort modeste : 4 cylindres en fonte muni de soupapes en tête et d’une culasse en alpax, accouplé à une boîte à vitesses 4 rapports, propulsion équipée d’un essieu arrière rigide. Bien entendu, la presse spécialisée fut fort élogieuse : production de chaque modèle à des quantités phénoménales, fiabilité et robustesse, conservatisme de bon goût. Dans les faits, Peugeot était le quatrième constructeur français derrière Renault, Citroën et SIMCA. Beaucoup de personnes regrettaient l’absence d’un successeur à la Peugeot 202 qui offrait un 4 cylindres de 1133cm³ (68×78), muni de soupapes en tête, économique en carburant.

La surprise fut totale, le 23 avril 1965. La Peugeot 204 était techniquement révolutionnaire :

  • 4 cylindres en alliage léger de 1130cm³ (75×64) délivrant 53ch DIN à 5800tr/mn, muni d’un arbre à cames en tête !
  • puissance du 4 cylindres de 1130cm³ exprimée sous le référentiel DIN et temps mis pour franchir le 0 à 100km/h disponible car cette berline 4 portes se devait d’être exportée,
  • 4 cylindres entraînant les roues avant au travers d’une boîte à vitesses manuelle 4 rapports collée au différentiel et partageant un carter commun avec le moteur,
  • 4 cylindres monté transversalement pour offrir un ratio habitabilité/longueur exceptionnel,
  • porte-à-faux réduits : 2,59m d’empattement pour une longueur comprise entre 3,97m et 3,99m,
  • carrosserie dessinée par Pininfarina, calandre verticale et absence de phares ronds (à l’instar de la Citroën Ami 6),
  • freins à disques à l’avant,
  • sièges-couchettes par l’abaissement total des dossiers des sièges avant,
  • suspension à 4 roues indépendantes : type McPherson avec ressorts hélicoïdaux à l’avant, bras tirés et ressorts hélicoïdaux à l’arrière.

La Peugeot 204 fut un concentré du savoir-faire de la maison de Sochaux, quel panache !

Cette Peugeot 204 était également socialement révolutionnaire. En 1965, un trou béant existait dans les gammes de nos constructeurs nationaux :

La magnifique traction Panhard PL17, munie de 4 portes, fut retirée du marché en janvier 1965. Les voitures étrangères de la catégorie intermédiaire offraient souvent et seulement 2 portes. Volkswagen faisait de la publicité pour sa VW Coccinelle (conçue trois décennies auparavant) dans le magasine Télé 7 jours. Les tractions Austin et Morris 1100 (ADO16) du groupe BMC constituaient la seule proposition crédible et moderne à l’époque, en 4 portes. En améliorant les solutions techniques de ces dernières, la Peugeot 204 répondait aux besoins de la classe moyenne. Les résultats commerciaux de la Peugeot 204 se firent légèrement attendre, puis devinrent extrêmement tangibles : 1ère vente en France en 1969, 1970 et 1971.

Les principales évolutions de la Peugeot 204

Réussie, la Peugeot 204 ne connut pas beaucoup d’améliorations ou d’évolutions au cours de sa carrière :

  • septembre 1965 : ajout de la variante Peugeot 204 Break conservant l’empattement de 2,59m, d’une longueur de 3,97m,
  • janvier 1966 : assistance hydraulique au freinage Mastervac pour la version Grand Luxe,
  • mars 1966 : ajout d’une version financièrement plus accessible, dénommée Peugeot 204 Luxe, dépourvue de l’assistance hydraulique Mastervac et de l’option Toit ouvrant,
  • septembre 1967 : lancement du plus petit moteur Diesel au monde monté sur une voiture de série (dans la carrosserie break), 1255cm³, d’une fiabilité toute déconcertante,
  • octobre 1966 : lancement du coupé 2+2 et du cabriolet 2 places, dessinés par Paul Bouvot (1922-2000), munis d’un empattement ramené à 2,31m (3,73m de longueur, 3,74m à partir de septembre 1968),
  • avril 1970 : retrait du coupé et du cabriolet,
  • avril 1973 : cylindrée du moteur Diesel du break portée à 1357cm³ pour une meilleure fiabilité,
  • août 1974 : adoption de la calandre noire,
  • août 1975 : moteur Diesel de 1357cm³ monté dans la berline,
  • juillet 1976 : retrait des Peugeot 204 du marché.

La Peugeot 204 bénéficia d’une gamme très étendue.

La Peugeot 304, la remplaçante de la Peugeot 204

La Peugeot 304 fut présentée lors du 56ème Salon de l’automobile de Paris qui se tint du 2 au 12 octobre 1969. Le 29 octobre 1970, l’autoroute A6 fut inaugurée par le président de la République de l’époque, Georges Pompidou. De nombreux professionnels avaient besoin de voitures accessibles financièrement, capables d’avaler des kilomètres de bitume. La Peugeot 304 répondait au besoin de son temps. Sa cellule centrale provenait de la Peugeot 204, l’empattement de 2,59m étant conservé. Le porte-à-faux avant fut agrandi de 2cm ; le porte-à-faux arrière, de 13cm ; pour une longueur totale de 4,14m. Le volume du coffre fut porté de 345 litres à 445 litres ; la cylindrée, de 1130cm³ à 1288cm³. Le levier de vitesses était implanté sur le plancher. Le regard de Sophia Loren embellit et ensoleilla sa face avant.

En avril 1970, les coupé et cabriolet Peugeot 204 furent renommés Peugeot 304 coupé et cabriolet. En adoptant la nouvelle face avant, leur longueur fut portée à 3,75m. En avril 1972, d’immenses appuie-tête furent adoptés. Egalement, un carburateur double corps Solex 35 EEISA fut monté sur le 4 cylindres OHC de 1288cm³ ; cette nouvelle version, dénommée « S », vit sa puissance grimper de 65ch à 6000tr/mn à 75ch à 6000tr/mn. En juillet 1975, les Peugeot 304 Coupé S et Peugeot 304 Cabriolet S furent retirés du marché.

En septembre 1970, apparut la Peugeot 304 Break, une Peugeot 204 Break dotée de la nouvelle face avant et de nouvelles motorisations. Sa longueur était de 3,99m (4,01m entre août 1976 et mai 1980). Le break ne bénéficia pas de la motorisation munie d’un carburateur double corps Solex 35 EEISA. La Peugeot 304 Berline S qui en était équipée, fut lancée sur le marché en septembre 1972. Entre août 1976 et juillet 1978, cette version se dénomma Peugeot 304 Berline SLS et offrait des performances de routière. En juillet 1979, la Peugeot 304 Berline fut retirée du marché.

Le succès commercial de la Peugeot 304 fut tel que deux centres de production furent nécessaires, Sochaux et Mulhouse. Elle se vendit en version berline et break sur le marché nord-américain entre 1970 et 1972 à seulement 4269 exemplaires ; elle était équipée de 4 phares ronds.

Suivant la grande tradition des duos Peugeot 203/403 et 403/404, le duo Peugeot 204/304 se vendit à 2 782 719 exemplaires !

La Peugeot 305, la remplaçante des Peugeot 204 et 304

La Peugeot 305, la remplaçante des Peugeot 204 et 304, devint disponible à la vente en novembre 1977. Elle reprit les solutions de ses devancières. L’empattement fut légèrement augmenté, porté à 2,62m. Sa longueur était de 4,24m (4,26m entre octobre 1982 et juin 1988). Les grands changements stylistiques résidaient dans la présence de poignées extérieures affleurantes, de vitres latérales galbées, d’une face avant agressive, cette dernière défavorisant la vitesse maximale. En effet, la Peugeot 304 Berline équipée du 4 cylindres de 1290cm³ délivrant 65ch à 6000tr/mn, affichait une vitesse maximale de 150km/h, 147km/h pour la Peugeot 305 Berline munie du même moteur. La grille tarifaire s’envolait et la liste des équipements devenait indigente. Initialement, trois finitions furent proposées. La finition GL était dépourvue de dossiers avant inclinables, de pochettes au dos des sièges avant, d’aérateurs latéraux insérés dans la planche de bord, d’un verrou sur la boîte à gants, d’une montre. La finition GR en était équipée. La finition SR bénéficiait en plus, d’un 4 cylindres de 1472cm³, d’un accoudoir central arrière escamotable, d’appuie-tête avant, d’un compte-tours, de baguettes extérieures de protection latérales. En août 1980, fut ajouté les variantes break 5 portes et fourgonnette 3 portes, leurs longueurs étant de 4,26m (4,28m entre octobre 1982 et juillet 1988). La finition du break était en retrait par rapport à celle de la Peugeot 304 Break. Les variantes Coupé et Cabriolet étaient absentes.

Dessinée par l’équipe de Paul Bouvot, la Peugeot 305 ne semblait pas destinée à conquérir de nouveaux clients. Mais Peugeot possédait un immense réservoir de clients potentiels, propriétaires des Peugeot 204 et 304. Son succès commercial fut fulgurant. De plus, la Peugeot 305 bénéficia d’une amélioration continue.

Entre octobre 1980 et septembre 1982, le 4 cylindres de 1290cm³ de la Peugeot 305 Berline eut droit à une variante GPL ; sa puissance étant ramenée à 55ch DIN à 5600tr/mn (84Nm à 3750tr/mn), offrant une vitesse maximale de 135km/h. Beaucoup plus intéressant, entre mai 1980 et septembre 1982, le 4 cylindres de 1472cm³ reçut un carburateur double corps Solex, cette version étant dénommée Peugeot 305 Berline S. En octobre 1982, la berline et le break reçurent une nouvelle face dite « soumise » ; les vitesses maximales s’améliorèrent. Egalement, la boîte à vitesses manuelle 5 rapports fut montée en série sur les nouvelles versions GT, GT Sport Suisse, S5, GTX, toutes munies d’un carburateur double corps Solex. De plus, la motorisation diesel de 1905cm³, robuste et performante, fut introduite. Avec une boîte à vitesses manuelle 4 rapports disponible jusqu’en septembre 1986, le 0 à 100km/h était franchi en 17 secondes pour la berline ; avec une boîte à vitesses manuelle 5 rapports, en 16,5 secondes pour la berline. En juillet 1984, la boîte à vitesses automatique 4 rapports devint disponible sur les moteurs d’une puissance supérieure ou égale à 90 chevaux. En septembre 1985, les finitions GR et SR bénéficièrent d’un 4 cylindres de 1580cm³ muni d’un carburateur simple corps Solex ou Weber, accouplé à une boîte à vitesses manuelle 5 rapports. La Peugeot 305 Berline fut retirée du marché en juin 1988. L’aventure se poursuivait avec la Peugeot 405 reprenant les épures de la suspension arrière de la Citroën BX, dans une variante mécanique.

En juillet 1988, la Peugeot 305 Break fut retirée du marché. En complément de la fabrication de l’usine de Sochaux, le site industriel de Vesoul poursuivit la production de l’ensemble des pièces détachées nécessaires à l’assemblage dans les pays étrangers, jusqu’en 1990. En effet, des Peugeot 305 fut fabriquées à Los Andes au Chili et au Maroc par SOPRIAM (SOciété de PRomotion Industrielle Automobile au Maroc). 1 649 176 Peugeot 305 furent produites dont 15,2% en variante break, 5,2% en variante fourgonnette. Curieusement, aujourd’hui, ce sont les Peugeot 305 Break qui sont le plus exposées.

Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’Archives


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