Les voitures de la série TV « Les Petits Meurtres d’Agatha Christie »

De nombreux abonnés ont demandé à ABSOLUTELY CARS un article sur la série TV française Les Petits Meurtres d’Agatha Christie Saison 2. En effet, il existe 3 saisons totalement distinctes : la saison 1 diffusée de 2009 à 2012 où les actions se situent dans les années 1930, la saison 2 diffusée de 2013 à 2020 où les enquêtes se déroulent dans les années 1960, la saison 3 diffusée depuis 2021 où les agissements s’étalent dans les années 1970. Les acteurs des trois saisons sont différents. Dans ces séries, les voitures d’époques sont nombreuses. Pour son mois du cinéma, ABSOLUTELY CARS a retenu deux voitures : la Facel Vega Facellia et la Renault Dauphine pie. Découvrez tous les mystères de ces deux voitures emblématiques du petit écran français prêtées à l’équipe de tournage par Les Brigades de l’Aa !

La saison 2 de la série TV Les Petits Meurtres d’Agatha Christie

Le rôle principal, le commissaire Swan Laurence installé au commissariat de Lille, est joué par Samuel Labarthe (1962-….). Il est assisté par sa belle et douce secrétaire Marlène Leroy accompagnée de son poisson rouge Bubulle. Le rôle de Marlène est joué par Élodie Frenck (1974-…). Il est encadré par le commissaire divisionnaire Ernest Tricard, personnage joué par Dominique Thomas (1961-….). Il est aidé par la journaliste à La Voix du Nord, envahissante et pleine d’allant, Alice Avril, rôle joué par Blandine Bellavoir (1984-….). Ces acteurs sont tous issus du monde du théâtre, donc magnifiquement talentueux. La série n’a qu’un seul défaut : en tant qu’adaptation libre des romans d’Agatha Christie, la saison 2 ne rassemble que 27 épisodes. L’élégant et distingué commissaire Laurence conduit un rarissime coupé français : le cabriolet muni d’un hard top soudé Facel Vega Facellia.

Les cabriolets et coupés FACEL VEGA Facellia

En 1959, Facel Vega présenta un petit cabriolet, la Facel Vega Facellia. D’un empattement de 2,45m, cette voiture était équipée de 4 freins à disques, d’une boîte à vitesses et d’un moteur Pont-à-Mousson double arbre à cames en tête. Il connut des problèmes de jeunesse ce qui entacha sa renommée. Très rapidement, furent ajoutés deux coupés, le 2+2 (cabriolet muni d’un hard top soudé) et le 4 places (muni de glaces latérales complémentaires). En 1961, les phares Marchal Mégalux furent montés en série. La même année, la nouvelle version S fut introduite sur le marché, elle était équipée de 2 carburateurs. Prévue pour une diffusion annuelle de 2 500 exemplaires, cette voiture ne trouva pas son public. La société fut mise sous tutelle par le Ministère des finances et se vit imposer des nouveaux actionnaires. Son fondateur, Jean Clément Daninos (1906-2001), fut contraint de démissionner en août 1961. Il conserva néanmoins le titre de vice-président et de directeur technique. En 1963, la Facel Vega Facellia devint Facel III en adoptant une boîte à vitesses et une motorisation Volvo, perdant ses feux arrière en arête d’aile. En 1964, un 6 cylindres Austin-Healey fut proposé avec un alésage légèrement réduit par rapport à la version BMC pour des raisons fiscales. Le 31 octobre 1964, la société ferma ses portes. Jean Clément Daninos travailla ensuite pour le constructeur portugais UMM qui produisit un dérivé du Cournil français. La Facel Vega Facellia fut réalisée à 1 045 exemplaires, ses variantes Facel III et Facel 6 respectivement à 625 et 44 unités, soit une production totale de 1 714 exemplaires.

La Renault Dauphine pie, symbole de la Police française

La Renault Dauphine de la série TV Les Petits Meurtres d’Agatha Christie

Dans la saison 2 de la série TV Les Petits Meurtres d’Agatha Christie, la Renault Dauphine pie est immatriculée dans le département du Pas-de-Calais (62). Le commissariat serait celui de Lille, ville située dans le département du Nord (59). Rien de surprenant jusqu’ici… Quoi que ?! En effet, il ne circula aucune voiture « Pie », noire et blanche, ailleurs que dans la ville de Paris. L’Amicale Police et Patrimoine, présente lors du Salon Epoqu’auto 2021, nous confirma ce fait !

Les premières voitures « pie » circulèrent dans Paris en 1955. Elles étaient spécifiques, puisque c’était uniquement des Renault 4CV modifiées. Les Services Techniques de la Préfecture de Police de Paris avaient échancré les portières avant pour pouvoir manipuler des armes de service plus aisément. La banquette avant était empruntée à la Citroën 2CV. Un phare complémentaire directionnel était implanté côté passager. Le tableau de bord était celui de la future Renault Dauphine. Une barre transversale était installée derrière la banquette pour rigidifier la coque, car les montants centraux avaient été déposés. Le moteur était plus performant et le téléphone hertzien muni d’une grande antenne complétait la panoplie d’équipements. La Renault 4CV pie de la circulation était plus conventionnelle. La Renault Dauphine pie prit ses fonctions en 1958. En 1960, la préfecture de police de Paris s’équipa de Renault Dauphine Gordini pie. En 1962, une troisième série vint compléter le parc : les Renault Dauphine pie équipées du moteur de la Renault Dauphine 1093. L’Amicale Police et Patrimoine nous apprendra que des voitures françaises pie furent utilisées jusqu’à la fin des années 1980.

Et qu’en est-il de la Renault Ondine pie de Minialuxe, en plastique au 1/43e ? Le jouet de notre enfance n’a tout simplement jamais existé à l’échelle 1. La Préfecture de Police de Paris préférait une Renault Dauphine bien motorisée à sa variante luxueuse.

Les Renault Dauphine et Renault Ondine ainsi que leur célèbre 845cm³

Avant d’envahir les rues de Paris en costume « pie », la Renault Dauphine fut présentée le 6 mars 1956. La genèse de cette voiture dura 56 mois, soit plus de 4 ans et demi. En effet, le coup d’envoi du projet 109 eut lieu en juillet 1951. Les solutions éprouvées de la Renault 4CV furent reprises : carrosserie monocoque autoporteuse, 4 cylindres muni de soupapes en tête implanté longitudinalement à l’arrière, boîte à vitesses 3 rapports, 4 roues indépendantes, 4 freins à tambours assistés hydrauliquement, 4 portes et coffre implanté à l’avant. L’empattement fut néanmoins porté de 2,1m à 2,27m et l’alésage de son moteur de 54,5mm à 58mm. La longueur de la Renault Dauphine était comprise entre 3,94m et 3,99m. Sa ligne générale de type ponton était harmonieuse et équilibrée, les surfaces vitrées conséquentes, le pare-brise et la lunette arrière bombés. Son capot s’ouvrait vers l’avant et sa roue de secours était cachée derrière la plaque d’immatriculation avant. Au cours de sa carrière, son 4 cylindres ne fut proposé qu’en une seule cylindrée de 845cm3 (58 x 80), y compris la luxueuse variante Renault Ondine. La motorisation de base était équipée d’un carburateur Solex 28 et avait un taux de compression 7,25.

Fin 1957, apparut une version plus sportive : la Renault Dauphine Gordini. Son moteur était équipé d’un carburateur Solex 28 ou Solex 32, avait un taux de compression 7,6, était accouplé à une boîte à vitesses 4 rapports.

La luxueuse Renault Ondine fut équipée d’une boîte à vitesses 4 rapports entre septembre 1960 et septembre 1961 ainsi que d’une boîte à vitesses 3 rapports entre septembre 1961 et septembre 1962. Sa moquette était plus épaisse. Sa planche de bord était noir mat. Les dossiers des sièges étaient inclinables. Son volant était spécifique. Elle fut également disponible en version Gordini.

La Renault Dauphine 1093 coiffa ponctuellement la gamme. De novembre 1961 à mai 1962, équipé d’un carburateur double-corps Solex 32 PAIA3, avec un taux de compression de 9,2, le 4 cylindres OHV de 845cm3 délivrait 49ch DIN à 5600tr/mn. Entre février et avril 1963, la seconde série vit sa puissance ramenée à 46ch DIN à 5600tr/mn.

Cette compacte fut, tout naturellement, un best-seller. Elle fut la voiture la plus vendue en France entre 1957 et 1961. Elle fut la première voiture française à dépasser les 2 millions d’exemplaires assemblés à travers le monde, plus précisément à 2 150 738 unités entre 1956 et 1970. Sa principale modification intervint en septembre 1963 avec l’adoption des 4 freins à disques. Elle fut produite dans les usines de Flins (France), de Haren-Vilvoorde (Belgique), d’Alger (Algérie), de Ciudad Sahagún (Mexique), de Valladolid (Espagne), de Santa Isabel (Argentine), de Somerton et de Heidelberg (Australie), de Petone (Nouvelle Zélande), d’Acton (Royaume-Uni), de Portello (Italie), de São Bernardo do Campo (Brésil) et de Nesher-Haifa (Israël).

Après un début tonitruant des ventes aux Etats-Unis, le succès outre-Atlantique fondit comme neige au soleil. Début 1960, des milliers de Renault s’entassèrent et se détériorèrent sur les docks. En 1959, l’Américain Russell Feldman, président de la National Union Electric Corporation (propriétaire du carrossier Henney et du fabricant des batteries Exide), proposa sur le marché des Renault Dauphine électriques sous la dénomination Henney Kilowatt. Selon les sources, Russell Feldman aurait commandé à la Régie des Dauphine dépourvues de moteurs ou aurait acheté des surplus stockés sur les docks. Quoiqu’il en soit, la Henny Kilowatt année-modèle 1959 était équipée d’un moteur électrique de 7ch implanté en position longitudinale arrière et de 18 batteries de 2 Volt réparties autour du moteur et dans le coffre de 200 litres avant. Les suspensions avaient été raffermies pour supporter l’excès de poids. La banquette arrière avait été retirée pour constituer un espace de rangement. Ainsi, cette voiture offrait, comme performances, une autonomie de 64km et une vitesse maximale de 64km/h. La Henney Kilowatt année-modèle 1960 fut proposée avec deux quantités de batteries : 12 de 6 Volt ou 14 de 6 Volt. Les performances étaient respectivement de 80km d’autonomie (vitesse maximale de 80km/h) et de 96km d’autonomie (vitesse maximale de 96km/h). Finalement, contre un prix élevé, moins de 50 voitures furent remises à leurs propriétaires. Henney avait inventé le rétrofit et il était difficile de loger des batteries dans une automobile.

L’usine de Valladolid de FASA-Renault connut une répartition, en matière de production, relativement homogène : 41 872 Dauphine, 44 861 Gordini et 39 179 Ondine. 73 841 Alfa Romeo Dauphine furent assemblées contre, environ, 2000 Alfa Romeo Ondine. Willys-Overland do Brasil réalisa 23 887 Dauphine, 41 052 Gordini, 8 967 Gordini Teimoso et 721 exemplaires 1093. La firme communiqua sur les performances obtenues, notamment sur le 0 à 100km/h : 28,7s pour la Gordini, 28s pour Gordini Teimoso (une version dépouillée à l’extrême pour être compétitive) et 22s pour la 1093. L’usine IKA-Renault de Santa Isabel située en Argentine produisit 46 397 Dauphine, 28 114 Gordini et Gordini 1093 ainsi que 7 235 exemplaires 850.

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS & CARDO
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’archives

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