
FIAT et sa filiale Lancia fabriquèrent de très jolies autoroutières : la FIAT Croma, la FIAT Croma II, la Lancia Thema, la Lancia Thema II. Les exceptionnelles FIAT Croma V6 Busso et Lancia V8 Ferrari étaient leurs porte-drapeaux.
ABSOLUTELY CARS vous invite à redécouvrir ces fameuses automobiles.
La FIAT Croma, l’autoroutière de FIAT !
La FIAT Croma fut annoncée en octobre 1985 et devint disponible à la vente en décembre de la même année. Elle succédait à la FIAT Argenta (1981-1985), elle-même n’étant que la version restylisée de la FIAT 132 (1972-1981). Ces dernières étaient des propulsions munies de motorisations longitudinales, certes intéressantes, et d’un essieu arrière rigide. La nouvelle venue était équipée d’un moteur transversal (au minimum muni d’un arbre à cames en tête), accouplé à une boîte à vitesses manuelle 5 rapports avec transmission aux roues avant, d’une suspension à 4 roues indépendantes, de 4 freins à disques, d’une carrosserie dessinée par Italdesign Giugiaro offrant un Cx de 0,32, reposant sur un empattement de 2,66m, d’une longueur de 4,5m (4,52m entre 1991 et 1996). Elle était issue d’un projet phare qui donna également naissance à la Lancia Thema (carrosserie 3 volumes / notchback) et à la SAAB (carrosserie 2 volumes / liftback), cette dernière étant équipée d’un essieu arrière rigide.
La FIAT Croma recevait un pare-brise et des portières avant communs avec les deux autres automobiles, dessinées également par Italdesign Giugiaro. Ses lignes étaient consensuelles, la partie arrière offrant un hayon, un volume de coffre s’étendant de 500 à 900 litres, sa carrosserie étant qualifiée de 2 volumes et demi. Son capot coquille s’ouvrait vers l’arrière. La motorisation la plus véloce était la FIAT Croma 2000 Turbo i.e. : 4 cylindres turbo injection de 1995cm³ muni d’un double arbre à cames en tête, vitesse maximale comprise entre 210 et 215km/h, 0 à 100km/h franchi entre 7,7s et 7,9s (8,2s entre 1993 et 1996). Elle entra en concurrence avec les entrées de gamme de la Renault 25, cette dernière étant munie de motorisations longitudinales et vendue à 779687 exemplaires, essentiellement en France.

La FIAT Croma 2000 Turbo i.e était équipée de 4 vitres teintées et électriques, de jantes en alliage, d’antibrouillards avant, d’un check-control. Le correcteur d’assiette, l’ABS, les sièges électriques, le toit ouvrant étaient disponibles. En 1991, furent ajoutées la sellerie en cuir et la climatisation. Au milieu de l’année 1988, apparut un moteur fort intéressant, monté sur la FIAT Croma TD i.d., un 4 cylindres turbo diesel de 1929cm³ muni d’une injection directe, une première mondiale sur ce type de motorisation. Les avantages étaient une consommation frugale et un poids plume sur le train avant, l’inconvénient était un niveau sonore élevé.
Une autoroutière se devait d’être équipée d’un 6 cylindres en ligne ou d’un V6. En octobre 1993, apparut la FIAT Croma 2500 V6 dite « FIAT Croma V6 Busso » pour rendre hommage au motoriste Giuseppe Busso (1913-2006). Ce dernier, ayant obtenu son diplôme d’ingénieur de l’École polytechnique de Turin en 1937, travailla au bureau technique des moteurs d’aviation chez FIAT, puis au département des autorails expérimentaux. Ensuite, il œuvra chez Alfa Romeo entre 1939 et 1946. Il travailla deux ans avec Gioachino Colombo chez Ferrari. De retour chez Alfa Romeo en 1948 à la demande d’Orazio Satta Puliga, il conçut tous les nobles moteurs de la firme milanaise, achetée par FIAT en 1986. En 2006 lors de ses funérailles, plusieurs passionnés se rassemblèrent spontanément sur la place devant l’église, démarrant leurs Alfa Romeo en guise d’hommage. Le V6 Busso fut fabriqué de 1979 à 2004 dans différentes cylindrées.
La FIAT Croma 2500 V6 était une voiture exceptionnelle, généreusement équipée. Sa vitesse maximale était de 211km/h (205km/h avec la boîte à vitesses automatique 4 rapports), le 0 à 100km/h étant franchi en 8,6 secondes. Elle ne fut jamais vendue en France. Située à Turin, l’usine de Mirafiori réalisa entre 1985 et 1996, une production totale de 438000 exemplaires, le nombre de FIAT Croma 2500 V6 réalisées demeurant inconnu.



Neuf ans après la disparition de la FIAT Croma I, en mai 2005, devint disponible à la vente, la FIAT Croma II. Uniquement disponible en break, offrant un volume de coffre s’étendant de 500 à 1610 litres et un Cx de 0,28, dessinée par Italdesign Giugiaro, elle empruntait la plateforme de l’Opel Vectra contemporaine. Son empattement était de 2,7m ; sa longueur, de 4,76m (4,78m entre novembre 2007 et décembre 2010). Les motorisations essence de 1796cm³ et 2198cm³, accouplées à une boîte manuelle 5 rapports, étaient d’origine Opel. Le 2198cm³ pouvait être associé avec la boîte à vitesses automatique 5 rapports. Les motorisations turbo diesel munies d’un common rail de 1910cm³ et 2387cm³ étaient respectivement accouplées en série, à une boîte à vitesses manuelle 6 rapports et à une boîte à vitesses automatique 6 rapports. Ce break était satisfaisant, d’autant plus que sa grille tarifaire était acceptable. La suspension à 4 roues indépendantes était présente. Cependant, entre mai 2005 et décembre 2010, l’usine de Cassino ne réalisa que 133668 exemplaires. FIAT abandonnait ce segment de marché, semble-t-il, à tout jamais.



La Lancia Thema, l’autoroutière de Lancia !
Propriété de FIAT depuis 1969, Lancia présenta en novembre 1984 lors du Salon de l’automobile de Turin, son fleuron, la Lancia Thema. Elle succédait à la Lancia Gamma (1976-1984), certes jolie et désirable, mais peu fiable, vendue à seulement 22061 exemplaires. D’un empattement de 2,66m, d’une longueur de 4,59m (4,61m d’octobre 1992 à octobre 1994), dépourvue d’un hayon et d’un capot coquille, bénéficiant d’une finition léchée et d’un volume de coffre de 550 litres, elle était équipée des mêmes motorisations 2 litres que la FIAT Croma, la Lancia Thema Turbo i.e. bénéficiant néanmoins des arbres d’équilibrage contrarotatifs. Le V6 PRV (Peugeot-Renault-Volvo) ouvert à 90° et d’une cylindrée de 2849cm³, était de la partie (il fut remplacé par le V6 Busso ouvert à 60° et d’une cylindrée de 2959cm³ en octobre 1992). En 1986, apparut le luxueux break Lancia Thema Station Wagon construit dans l’usine Pininfarina de Grugliasco et destiné à une production confidentielle. Le volume de son coffre s’étendait de 440 à 1600 litres. En 1987, fut réalisée à 24 exemplaires dans l’usine de Borgo San Paolo à Turin, la Lancia Thema Limousine dotée d’un empattement de 2,96m et d’une longueur de 4,89m.


En mai 1986, fut présentée la Lancia Thema 8.32, 8 pour le nombre de cylindres, 32 pour le nombre de soupapes. Elle fut rapidement surnommée « Lancia Thema V8 Ferrari ». Sa production débuta dans l’usine de Borgo San Paolo à Turin à partir du second semestre 1986, les autres berlines reconnues moins sportives étant fabriquées dans l’usine de Mirafiori de Turin. L’idée d’utiliser le V8 Ferrari fut suggérée par l’importateur français André Chardonnet (1923-2005). La puissance de ce V8 de 2927cm³ ouvert à 90° fut ramené à 215ch à 6750tr/mn (205ch à 6750tr/mn avec le pot catalytique), le couple fut relevé à 285Nm à 4500tr/mn (263Nm à 5000tr/mn avec le pot catalytique). L’ABS était naturellement monté en série. La presse spécialisée critiqua évidemment cette version : motricité manquant de rigueur, freinage peu endurant, comportement peu sportif, coût d’entretien. Pour les passionnés et les mélomanes d’hier et d’aujourd’hui, c’est tout simplement un chef d’œuvre !

Epoqu’auto 2024


La Lancia Thema 8.32 fut réalisée à 3520 exemplaires. En tout, la Lancia Thema se vendit à 357572 unités dont 20313 en version break. Ce n’était pas si mal car elle subit la concurrence interne de l’Alfa Romeo 164, lancée en septembre 1987, exploitant la même plateforme, dessinée par Pininfarina. Le duo FIAT Croma / Lancia Thema représenta une production totale de 795572 exemplaires, chiffre à rapprocher de celui de la Renault 25, 779687 unités.

La Lancia Thema fut remplacée par la Lancia Kappa (117231 exemplaires produits entre 1994 et 2001), puis par la Lancia Thesis (15941 unités vendues entre 2002 et 2009), et enfin la Lancia Thema II présentée en mars 2011 lors du Salon de l’automobile de Genève.
La Lancia Thema II ne fut distribuée qu’en Europe continentale. Elle fut vendue au Royaume-Uni et en Irlande sous la dénomination Chrysler 300C, dans le reste du monde sous l’appellation Chrysler 300. En effet, en 2009, le groupe Chrysler fut intégré au groupe FIAT.
La presse spécialisée regretta que cette autoroutière ne fut point adaptée au marché européen : longueur conséquente de 5,07m (empattement de 3,05m) tout en offrant un volume de coffre restreint (462 litres), ADN Lancia totalement absent car elle était fabriquée à Brampton au Canada. Cette propulsion était équipée d’une suspension à 4 roues indépendantes et son Cx était de 0,32. La motorisation essence était constituée par le Chrysler Pentastar V6 atmosphérique ouvert à 60°, réalisé en alliage léger, de 3605cm³, muni de deux double-arbres à cames en tête, de 24 soupapes à calage variable à l’admission et à l’échappement, offrant 286ch ECE à 6350tr/mn, accouplé à une boîte à vitesses automatique 8 rapports de marque ZF. Ce moteur était également exploité en version 4 roues motrices (AWD). La motorisation turbo diesel était fournie par VM Motori ; ce V6 de 2987cm³ muni de deux double-arbres à cames en tête, de 24 soupapes, du common rail, offrait 190ch ECE à 4000tr/mn ou 239ch ECE à 4000tr/mn, était accouplé à une boîte à vitesses automatique 5 rapports de marque Mercedes-Benz (modèle 5G-Tronic). Son intérieur était sympathique : double toit ouvrant panoramique sur la version Executive, sellerie en cuir Nappa, sièges arrière rabattables 60/40, sièges avant à réglage lombaire électrique 4 positions, sièges avant électriques 8 positions avec mémorisation côté conducteur, sièges avant et arrière chauffants, sièges avant ventilés, pédalier ajustable électriquement et mémorisable. La Lancia Thema II ne trouva pas son public ; entre 2011 et 2015, la dernière autoroutière Lancia fut assemblée à seulement 5103 exemplaires.



Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’Archives



