Focus sur : La Panther De Ville, une voiture cruellement d’enfer

Le mercredi, c’est le jour des sorties de films au cinéma. L’un d’entre eux est sur toutes les lèvres : Cruella, un film de Craig Gillespie, centré sur le personnage de Cruella d’Enfer (Cruella De Vil en VO), joué par Emma Stone. Si cette nouvelle adaptation cinématographique se veut être un préquel du film d’animation Les 101 Dalmatiens des Studios Disney (1961) et du film Les 101 Dalmatiens de Stephen Herek (1996), plusieurs clins d’œil aux versions précédentes ont été réalisés tout au long du long-métrage. Nous retrouvons bien entendue la légendaire et effrayante voiture de Cruella d’Enfer, se caractérisant par son capot infini et les jeux de lumières réalisés par ses fascinants phares. Cette voiture n’est d’autre qu’une Panther De Ville ! Vous donnant un avant-goût de notre mois du cinéma, en septembre, ABSOLUTELY CARS vous propose de découvrir la plus sulfureuse des méchantes, la fameuse Panther De Ville de Cruella d’Enfer !

La Panther De Ville, la voiture de Cruella d’Enfer

La voiture de Cruella d’Enfer apparaît pour la première fois dans le film d’animation Les 101 Dalmatiens de 1961, adaptation du roman éponyme de Dodie Smith, The One Hundred and One Dalmatians (1956). Aussi caricaturale que sa propriétaire, elle se distingue par son capot démesurément long, ses larges ailes et ses phares en partie voilés, lui donnant l’air de froncer des yeux, miroir de la méchanceté de sa conductrice. Pour certains, le coupé rouge de Cruella De Vil s’inspire du design de la Bugatti Royale, connue pour son immense capot, mais aussi de l’Auburn 8-88 avec son pare-brise en V ou encore de la Rolls-Royce Phantom III de part son radiateur massif.

En 1996, les studios Disney adaptent son long-métrage en film live réalisé par Stephen Herek avec Glenn Close dans le rôle de Cruella d’Enfer. Le coupé rouge fait place à une toute nouvelle voiture dont la longueur du capot et l’allure générale très année « 1930 » font écho au véhicule de dessin animé. L’automobile choisie n’est d’autre qu’une Panther De Ville, produite de 1974 à 1985, dont le nom est un joli clin d’œil à celui de l’antagoniste, Cruella De Vil en version originelle. Il faut savoir que le modèle présent dans ce Disney n’est pas totalement d’origine. En effet, aucun coupé Panther De Ville n’a été produit par le constructeur britannique Panther. Les studios Disney ont donc fait le choix de transformer une berline en coupé en retravaillant le châssis et la carrosserie qui se voient raccourcis, les portes-arrières retirées et la malle-arrière simplifiée. Entièrement peinte à la main par Alexander Mitchell, elle se pare des couleurs de l’antagoniste des 101 Dalmatiens, le noir et le blanc. La Panther De Ville de Cruella d’Enfer se voit également dotée d’un bloc-moteur Chevrolet V8, plus résistant à la douloureuse conduite acrobatique de Cruella d’Enfer. Cette voiture réapparaîtra, en 2001, dans le film 102 Dalmatiens de Kevin Lima tandis qu’un autre exemplaire, cette fois-ci un cabriolet de 1980, est utilisé, en 2021, dans le film Cruella de Craig Gillespie. A noter qu’il est possible d’admirer la voiture des premiers films à Disneyland Paris, au Walt Disney Studio. Pour les plus petits budgets, Hot Wheels a commercialisé sa miniature de la voiture de Cruella d’Enfer en se basant sur celle du film d’animation de 1961.

La Panther De Ville, entre luxe et paillettes

Fondée en 1972 par Robert Jankel, la marque britannique Panther Westminds est connue pour ses modèles « semi-replicas » s’inspirant librement de voitures d’autres constructeurs sans pour autant en faire de stricte réplique. Puisant leur inspiration dans les années 1930, ils produisent le roadster Panther J.72 dès 1972 avant que la gamme ne soit complétée, en 1974, par une berline de luxe, la Panther De Ville.

Dessinée par le fondateur de la marque, le design néo-classique de la Panther De Ville s’inspire librement de la Bugatti Type 41 Royale dont les lignes fluides auraient été arrondies avec une pointe de sophistication, soupoudrée d’une approche plus « britannique ». D’un empattement de 3,6m, la Panther De Ville repose sur le châssis tubulaire avec un cadre en acier soudée, issu de la Jaguar XJ. D’une longueur de 5.18m, d’une large de 1.80m et d’une hauteur de 1.55m, elle sera disponible en plusieurs carrosseries, soit en berline (1972), soit en cabriolet (1976), soit en limousine (1984), toutes en aluminium battu, construites et peintes à la main. Elle hérite donc d’un capot interminable, de grands phares ronds, de portes en acier de l’Austin/Morris 1800, d’ailes imposantes, de pare-chocs significatifs, d’une face avant chromée et d’un toit en vinyle (ouvrant en option). Elles étaient généralement livrées dans une teinte bi-colore.

L’intérieur « hand-made » est résolument moderne par rapport à l’extérieur très « thirties ». Très luxueux et somptueux, il se pare de vitres électriques, d’une finition full cuir Connolly à l’image de la sellerie et du tableau de bord, de boiseries « ronce de noyer » sur les portes et la planche de bord, d’une instrumentation électronique, de l’autoradio 4HP et de la climatisation. La liste des options se limite à des équipements atypiques et complètement personnalisables : couleurs des sièges spéciales, télévision, téléphone ou minibar avec glaçons…

Côté mécanique, la Panther De Ville reprend l’ensemble de la technique de la Jaguar XJ. De ce fait, nous retrouvons les deux motorisations déjà proposés sur ce modèle Jaguar. En position transversale avant, les clients avaient donc le choix entre le 6 cylindres en ligne 4.2 (4235cm3) ou le 12 cylindres en V 5.3 (5343cm3) à carburateur, associés à une boîte automatique 3 rapports Jaguar. Le système de freinage est assuré par des disques aux quatre roues. Le comportement routier passe par une direction assistée, une transmission automatique type propulsion, des suspensions indépendantes Jaguar, une centrale électrique Lucas et des pneumatiques. Facile à conduire et rapide, ses performances lui permettent de s’offrir une vitesse de pointe à 220km/h, malgré un faible aérodynamisme et un poids de 2 tonnes sur la balance.

Produite de 1974 à 1985, la Panther De Ville fut produite à seulement 60 exemplaires dont 46 berlines 4 portes, 11 cabriolets – dotés des portes de la Jaguar XJC et du spoiler de la Panther J72 – et d’une limousine 6 portes, commande spéciale d’un prince maltais. Connue sous le nom d' »Aigle Royale », cette dernière était plus longue et plus large qu’une berline normale et s’est vue attribuée une teinte bicolore rose et dorée, complétée par un toit revêtu de vinyle bordeaux. Il faut savoir que la Panther De Ville se négociait à un tarif plus élevé – pour ne pas dire le double – que les Rolls-Royce Camargue ou Rolls-Royce Silver Shadow. Etant l’une des voitures britanniques les plus exclusives des seventies, elle fut très prisée par les stars et les dirigeants du Moyen-Orient. Parmi eux, nous pouvons noter Johnny Hallyday, Elton John, Kenny Rogers, Marty Robbins, Rock Hudson ou encore Oliver Reed…

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS 
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’archives (Bonhams & Panther Car Club)

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Une réflexion sur “Focus sur : La Panther De Ville, une voiture cruellement d’enfer

  1. « Panther De Ville » est une voiture magnifique. Elle est classe, luxueuse et surtout côté design on n’en trouve pas beaucoup de ce genre sur le marché. C’est un très bel article que vous avez rédigé sur cette automobile.

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