Focus sur : La Volvo 760, un pari osé !

La Volvo 760 fut présentée à la presse en février 1982 et le public la découvrit lors du Salon de l’automobile de Genève, il y a 40 ans. Les clients potentiels furent enthousiastes. Les commandes affluèrent du Nord de l’Europe, du Benelux, du Royaume-Uni, de l’Irlande. La production débuta en mai 1982. Pourtant, le lancement de la Volvo 760 fut un pari. Sa longue carrière de 16 ans lui assura un grand succès commercial. ABSOLUTELY CARS vous invite à revivre cette saga avec les Volvo 760/740, 780, 960/940, S90/V90, mais également avec les Volvo 850 et S70/V70/V70XC/C70, la concurrente interne.

Le contexte

Suite aux deux chocs pétroliers, ceux de 1973 et 1979, tous les constructeurs se retrouvèrent dans une situation délicate avec la flambée des prix des matières premières. Les directions durent positionner le curseur entre le pôle communication et celui de l’amélioration continue. Le projet P31 qui aboutit à la Volvo 760, débuta en 1975 et dura sept longues années. En 1978, le département consacré aux automobiles devint une filiale dénommée Volvo Car Corporation. En février 1980, fut présenté un concept car dénommé VVC pour Volvo Concept Car. Il définit les orientations stylistiques de la marque suédoise. L’objectif assigné de la Volvo 760 était d’obtenir de la marge en se positionnant avec des prix plus élevés que ceux de la Volvo 240 tout en exigeant beaucoup moins de ressources. La Volvo 240 series avait un empattement de 2,65m pour une longueur de 4,81m ; sa largeur étant de 1,71m ; sa hauteur, de 1,43m. La Volvo 760 avait un empattement de 2,77m pour une longueur de 4,79m ; sa largeur étant de 1,75m ; sa hauteur, de 1,44m. Sa carrosserie monocoque autoporteuse pesait 100kg de moins que celle de sa devancière et ses surfaces planes exigeaient beaucoup moins de travail. L’essieu arrière rigide était reconduit, les transmissions également. En effet, deux boîtes à vitesses étaient disponibles, manuelle 4 rapports avec overdrive et automatique 4 rapports avec overdrive. Pour justifier les choix retenus auprès de la presse spécialisée, le service communication diffusa l’information que cette voiture bénéficiait d’un haut niveau de sécurité passive et qu’elle disposait de 4 freins à disques dont deux ventilés à l’avant. Trois moteurs étaient disponibles, le V6 PRV de 2849cm³ né du partenariat entre Peugeot, Renault et Volvo, le 4 cylindres maison de 2316cm³ muni d’un turbocompresseur et le 6 cylindres turbo diesel de 2383cm³ exploité par Volkswagen sur son utilitaire LT. Puisque Volvo exportait 80% de sa production, les puissances de ces moteurs variaient en fonction du degré de dépollution requis. L’ABS était monté en série si la motorisation V6 était retenue. Son Cx était de 0,42. Techniquement, rien de folichon !

Volvo 760, l’œuvre de Jan Wilsgaard

Pour vendre la Volvo 760, il lui fallait un design afin de l’identifier au premier coup d’œil. Son style était unique et fit tout son charme. Ce fut une des œuvres du designer maison Jan Wilsgaard (1930-2016). Pour justifier les choix retenus auprès de la presse spécialisée, le service communication œuvra : cette voiture était destinée au marché nord-américain et elle devait plaire à cette clientèle. Dans les faits, elle ne devint disponible aux Etats-Unis qu’en 1984, lorsque fut introduite sa variante moins équipée, plus modestement motorisée, plus accessible, la Volvo 740, entrée en production au printemps. En 1985, furent ajoutés les breaks Volvo 760 et 740. En 1986, la firme suédoise vendit 113 267 voitures aux États-Unis, un exploit qui ne fut jamais plus réitéré. En 1988, la berline Volvo 760 adopta une suspension arrière indépendante multilink.

En 1990, la Volvo 760 fut restylisée et renommée Volvo 960. Sa longueur était comprise entre 4,84m et 4,87m. Deux boîtes à vitesses étaient disponibles, une manuelle 5 rapports et une automatique 4 rapports. Une limousine devint disponible, la Volvo 960 Executive avec un empattement porté à 2,92m pour une longueur de 5,02m.

Entre 1997 et 1998, restylisés, la berline Volvo 960 fut renommée Volvo S90 ; le break, V90 ; la limousine, S90 Royal.

Volvo 740, la variante qui connut un succès commercial phénoménal

La Volvo 740 fut proposée sur le marché entre 1984 et 1991, voire 1992. Sur 1 239 820 Volvo 700 series, elle représenta 81,4% de la production ; la Volvo 760, 17,9% ; le magnifique coupé Volvo 780 Bertone, 0,7%. En 1993, la firme suédoise retira du marché l’autoroutière Volvo 240 series qui partageait la même plateforme. La Volvo 940 fut proposée sur le marché entre 1990 et 1998. Sur 658 980 Volvo 900 series, elle représenta 72,6% de la production ; la Volvo 960, 23,4% ; le duo Volvo S90/V90, 4%. Un total de 1 898 800 unités était représentatif, quel succès ! Les sites d’assemblage furent nombreux : Göteborg et Kalmar en Suède, Gand en Belgique, Halifax au Canada, Melbourne en Australie, Samut Prakan en Thaïlande. Le 4 cylindres de 2316cm³ muni d’un carburateur de la Volvo 740 délivrait 114ch à 5200tr/mn ou 117ch à 5200tr/mn ; le 4 cylindres de 1986cm³ muni d’un carburateur, 103ch à 5400tr/mn. Les autres motorisations étaient équipées d’une injection.

Le coupé Volvo 780 réalisé à Turin chez Bertone

Présenté en mars 1985 au Salon de l’automobile de Genève, le coupé Volvo 780 reposant sur la plateforme de la Volvo 760, fut réalisé par le maître carrossier Bertone entre septembre 1985 et octobre 1990. En 1988, il bénéficia de la suspension arrière indépendante multilink. La liste de ses équipements montés en série était pléthorique : direction assistée, ABS, airbag conducteur, vitres électriques avant, toit ouvrant électrique, climatisation automatique, sièges avant chauffants à réglages électriques, chaîne stéréo, intérieur cuir, correcteur d’assiette automatique, roues en alliage… Ce fut la première voiture équipée de prétensionneurs pyrotechniques de ceintures de sécurité avant ! Une petite charge pyrotechnique, située au niveau du ressort de l’enrouleur de la ceinture, conçue pour exploser au moment précis de la collision, permettait de s’assurer que la ceinture était resserrée avant que les forces générées par l’impact ne fissent effet. Son empattement et sa longueur étaient identiques à ceux de la Volvo 760. Sa hauteur fut ramenée de 1,44m à 1,4m ; son Cx, de 0,42 à 0,39. Son prix était prohibitif, supérieur à celui d’une BMW série 6 ou d’une JAGUAR XJS. 9116 exemplaires furent réalisés, 66% prirent le chemin des Etats-Unis. Les marchés officiels en Europe étaient la Suisse, l’Autriche, l’Espagne et l’Italie. Les motorisations V6 étaient obligatoirement associées à une boîte automatique. Les versions les plus prisées des Volvo series 700 et 900 par les passionnés et les collectionneurs sont les coupés Volvo 780 Bertone essence turbo équipés d’une boîte manuelle 5 rapports.

La Volvo 850, la concurrente interne des Volvo séries 700 et 900

En juin 1991, la firme suédoise commença la production de la Volvo 850. Son empattement était de 2,66m pour une longueur comprise entre 4,66m et 4,72m. Son style était dû au designer maison Jan Wilsgaard. Son Cx était de 0,32. Son habitabilité était généreuse car cette voiture était une traction équipée d’un 5 cylindres en ligne transversal. Ce moteur fut décliné en trois cylindrées, 1984cm³, 2316cm³ et 2435cm³. Le 5 cylindres turbo diesel de 2461cm³ fut fourni par Audi. Deux boîtes à vitesses furent disponibles, manuelle 5 rapports et automatique 4 rapports. Le slogan exploité par le service communication fut « une voiture dynamique avec quatre innovations mondiales » : le moteur 5 cylindres transversal, l’essieu arrière Delta-Link, le système de protection intégrée contre les impacts latéraux (SIPS) et la ceinture de sécurité avant à réglage automatique. L’essieu arrière Delta-Link conçu par Volvo était dans les faits, un essieu rigide auto-directionnel. Les adeptes reconnaissent que cette innovation apporte du dynamisme ; les autres, que la roue arrière gauche monte parfois sur les ronds-points. En février 1993, le break fut dévoilé. Entre avril et décembre 1996, il eut droit à une version spécifique : transmission intégrale associée à un 5 cylindres de 2435cm³ muni de 20 soupapes et d’un turbocompresseur délivrant 193ch à 5100tr/mn. Son train arrière fut emprunté à la berline Volvo 960. Entre août 1994 et décembre 1996, le 5 cylindres de 2319cm³ muni de 20 soupapes et d’un turbocompresseur de la version T-5R délivrait 240ch à 5300tr/mn, puissance ramenée à 226ch lorsqu’il était accouplé à une boîte automatique. Entre août 1995 et décembre 1996, le 5 cylindres de 2319cm³ muni de 20 soupapes et d’un turbocompresseur de la version R délivrait 250ch à 5400tr/mn, puissance ramenée à 226ch lorsqu’il était accouplé à une boîte automatique. Effectivement, cette voiture proposait des motorisations tonitruantes !

En novembre 1996, restylisés, d’une longueur comprise entre 4,72m et 4,74m, la berline Volvo 850 fut renommée Volvo S70 ; le break, Volvo V70 ; le break AWD surélevé disponible entre 1997 et 2000, Volvo V70 XC. Ils furent respectivement fabriqués à 243078, 319832 et 53857 unités. Auparavant, 716903 Volvo 850 furent réalisées. Par la suite, furent construits 76810 coupés et cabriolet Volvo C70. Les sites d’assemblage furent nombreux : Göteborg en Suède, Gand en Belgique, Halifax au Canada, Santa Rosa aux Philippines, Jakarta en Indonésie. Les Volvo 700 et 900 series furent réalisées à 1 898 800 exemplaires, la Volvo 850 et ses dérivés à 1 410 480 unités, soit un total de 3 309 280 autoroutières. La version la plus sportive fut le break Volvo V70 2.5 R AWD, fort de 265ch à 5700tr/mn, uniquement disponible avec une boîte automatique 5 rapports.

En janvier 1999, Ford acheta la Volvo Car Corporation 6,45 milliards de dollars, retira du marché les voitures équipées d’un essieu arrière rigide, intégra sa nouvelle acquisition au sein du Premier Automotive Group constitué par Jaguar, Land Rover, Aston Martin et Lincoln. Une nouvelle page de l’histoire de l’automobile commençait à s’écrire.

Les Volvo C70, les élégants coupés et cabriolets

Le designer maison Peter Horbury (1950-….) transforma les Volvo 850 en S70, V70 et V70 XC. A partir de cette plateforme commune P80 d’un empattement de 2,66m, il dessina un ravissant coupé dénommé Volvo C70. D’une longueur de 4,72m, il fut produit à Uddevalla en Suède entre mars 1997 et septembre 2002 à 27015 exemplaires. Bien entendu, le velouté du 5 cylindres rendait ce coupé agréable, son Cx de 0,29 limitait sa consommation et les nuisances sonores. Entre mars 1998 et octobre 2005, 49795 cabriolets furent réalisés. Le Cx de ces derniers était de 0,34.

Article co-écrit par : ABSOLUTELY CARS & CARDO
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’Archives


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