Focus sur : La Maserati Quattroporte a 60 ans !

En effet, la limousine Maserati Quattroporte fut lancée en novembre 1963 lors du Salon de l’automobile de Turin. Le tarif affiché laissa sans voix : 2 fois le montant réclamé pour une Jaguar Mark X ! ABSOLYTELY CARS vous invite à redécouvrir la saga des Maserati munies de 4 portes.

La première Maserati Quattroporte, une des œuvres de Pietro Frua 

Il était une fois sept frères. Ils naquirent à Voghera dans la province de Pavie en Italie. Ils étaient les fils de Carolina Losi et de Rodolphe Maserati, un conducteur du train royal du roi d’Italie. Ce dernier était fasciné de mécanique et transmit sa passion en emmenant souvent ses fils dans sa locomotive. L’aîné se prénommait Carlo (1881-1910). Il était ingénieur en mécanique et pilote de course. Il travailla pour l’usine Carcano (bicyclettes et motocyclettes), FIAT, Isotta-Fraschini, Bianchi, Junior. Il mourut de la tuberculose. Le second, Bindo (1883-1980), ingénieur en mécanique, œuvra pour Isotta-Fraschini et ne rejoignit l’entreprise Maserati qu’en 1932. Alfieri (1885-1886), le troisième, vécut moins d’un an. Le quatrième, Alfieri (1887-1932), ingénieur en mécanique et pilote de course, travailla pour Isotta-Fraschini, Bianchi, Isotta-Fraschini à nouveau, Diatto. Il fonda l’entreprise Maserati en 1926 à Bologne. Le cinquième, Mario (1890-1981), était artiste peintre et dessina l’emblème de la marque, le fameux trident. Le sixième, Ettore (1894–1990), ingénieur en mécanique, œuvra pour Junior, Franco Tosi Meccanica (motoriste), Isotta-Fraschini, Diatto et Maserati. Le septième, Ernesto (1898-1975) fut ingénieur en mécanique et pilote de course chez Maserati. En 1937, Adolfo Orsi (1888-1972), grand industriel, acheta les parts sociales de Bindo, Ettore et Ernest qui géraient avec difficultés, des problèmes de trésorerie engendrés par leurs engagements en compétition. Déménageant l’entreprise à Modène, conscient de ses limites, Adolfo Orsi prit soin de signer avec les trois frères Maserati, un contrat d’engagement qui les lia à la marque pendant dix ans. En 1947, les trois frères quittèrent Maserati pour fonder OSCA (Officine Specializzate per la Costruzione di Automobili) à San Lazzaro dans la banlieue de Bologne. La même année, Maserati entama la production en petite série d’un coupé destiné à une clientèle aisée.

La Maserati Quattroporte apparue en novembre 1963, ne devait rien aux frères Maserati. Cette limousine était équipée d’une carrosserie monocoque en acier, pour lier rigidité et poids contenu. Son capot s’ouvrait vers l’avant. Sa suspension avant était indépendante. A l’arrière, était présent un pont De Dion. Un différentiel à glissement limité était disponible en option. Les 4 freins à disques étaient présents. Son V8 de 4136cm³ muni d’un double arbre à cames en tête par rangée de cylindres, offrait une puissance de 260ch DIN à 5200tr/mn. Il était alimenté par 4 carburateurs Weber 38 DCNL 5. La boîte à vitesses manuelle 5 rapports était de marque ZF ; la boîte à vitesses automatique 3 rapports, de marque Borg-Warner. Sa ligne qui plut immédiatement, était due au talentueux Pietro Frua (1913-1983). En 1966, les 4 phares créés pour le marché nord-américain, furent généralisés ; un essieu rigide suspendu à l’aide de ressorts à lames, fut adopté pour des raisons économiques ; la climatisation fut montée en série. En 1968, les 4 carburateurs devinrent des Weber 42 DCHF 5 et un V8 de 4719cm³ délivrant 290ch DIN à 5500tr/mn, devint disponible. Son empattement était de 2,75m pour une longueur de 5m. 776 exemplaires furent réalisés.

La Maserati Quattroporte II, une traction !

En 1968, Adolfo Orsi vendit Maserati à Citroën, mais quelque part, également à FIAT. La même année, la « Société anonyme André Citroën » fut renommée Citroën SA et 55% de son capital fut détenu par la holding Pardevi SA (Participation et Développement Industriel), les actionnaires étant Michelin à hauteur de 51% et FIAT à hauteur de 49%. De ce fait, FIAT détint 27% de parts sociales de Maserati, mais aussi du constructeur lyonnais de camions Berliet.

Présentée lors du Salon de l’automobile de Paris de 1974, la limousine Maserati Quattroporte II offrait de nombreux atouts :

  • plate-forme allongée de la Citroën SM, donc munie de 4 roues indépendantes, de la fameuse suspension oléopneumatique à assiette constante quelque fût la charge, de la transmission aux roues avant, offrant une tenue de route rassurante et un confort inégalable,
  • moteur V6 de 2965cm³ muni de deux double arbres à cames en tête et de 3 carburateurs double corps Weber 44 DCNF, économique au regard d’un V8 qui sévissait dans cette catégorie à cette époque,
  • boîte à vitesses manuelle 5 rapports ou automatique 3 rapports,
  • empattement généreux de 3,07m pour une longueur de 5,13m.

En 1974, Citroën fut déclarée en faillite et pendant deux ans, le gouvernement français aida Peugeot à reprendre le fleuron français, au détriment de FIAT. Le 8 août 1975, l’entrepreneur italo-argentin Alejandro de Tomaso acheta Maserati délaissée par Peugeot. Dans ce contexte, la belle limousine Maserati Quattroporte II dessinée par Marcello Gandini (1938-….), ne fut réalisée qu’à 13 exemplaires entre 1974 et 1976 dont un prototype.

La Maserati Quattroporte III, une limousine statutaire !

Alejandro de Tomaso retint comme base technique la De Tomaso Deauville. Cette propulsion était équipée d’une suspension à 4 roues indépendantes. L’empattement fut porté à 2,8m pour une longueur de 4,91m, 5,07m pour la version US disponible entre 1981 et 1986. Sur demande spéciale, il était possible d’obtenir un empattement de 3,5m pour une longueur de 5,56m. Son style était dû à Giorgetto Giugiaro (1938-….) d’Italdesign. La carrosserie était fabriquée chez Innocenti à Milan, l’assemblage final étant effectué à Modène. Le V8 de 4136cm³ ou 4931cm³ muni d’un double arbre à cames en tête par rangée de cylindres, était alimenté par 4 carburateurs Weber 42 DCNF. La boîte à vitesses manuelle 5 rapports était de marque ZF ; la boîte à vitesses automatique 3 rapports, de marque Borg-Warner. Cette dernière fut remplacée par une TorqueFlite de Chrysler en 1981. 85% furent livrées avec une boîte automatique. La direction assistée à crémaillère était de marque ZF. A partir de 1984, un différentiel à glissement limité Gleason Sensitork fut monté. 2141 exemplaires furent réalisés entre 1979 et 1990, 97,5% ayant été produits entre l’été 1979 et le milieu de l’année 1986.

La Maserati Quattroporte IV, la routière ultra sportive !

Tout commença en 1983 lorsque devint disponible la routière Maserati Biturbo 4 portes dénommée communément Maserati Biturbo 400 serie, il y a 40 ans. Son style était dû à Pierangelo Andreani (1947-….). Auparavant, en 1981, fut lancé le coupé Maserati biturbo, initiateur d’une nouvelle esthétique. L’empattement fut porté de 2,51m à 2,6m pour une longueur de 4,4m. Cette routière munie de 4 portes, conserva sa longueur malgré deux restylings réalisés en 1988 et en 1991 par Marcello Gandini. Elle fut produite par Innocenti à Milan, seuls les moteurs et les trains roulants étaient assemblés à Modène. Elle était très attachante et sa grille tarifaire était alignée sur celle de la concurrence qui bénéficia de motorisations « entrée de gamme » pour diluer les coûts de production. La boîte à vitesses manuelle offrait 5 rapports ; la boîte à vitesses automatique, 3 rapports (4 rapports pour la motorisation V6 biturbo de 2790cm³). Les performances étaient d’un très haut niveau grâce à la présence de deux turbocompresseurs. Cette voiture fut retirée de la vente en 1994 après avoir été fabriquée à 9750 unités. Entre temps, en juin 1984, Chrysler acheta une participation de 5 % dans Maserati qui fut finalement cédée à FIAT en décembre 1989.

La routière Maserati biturbo 4 portes donna naissance à de nombreuses déclinaisons :

  • le coupé 2+2 Maserati biturbo disponible entre 1981 et 1989, boîte à vitesses manuelle 5 rapports ou automatique 3 rapports, puissance des moteurs exprimées en DIN ou SAE net, empattement de 2,51m pour une longueur comprise entre 4,15m et 4,16m (4,21m pour les version US),
  • le coupé 4 places Maserati 228 disponible entre 1986 et 1992, boîte à vitesses manuelle 5 rapports ou automatique 4 rapports, puissance des moteurs exprimées en DIN ou SAE net, empattement de 2,6m comme la berline pour une longueur de 4,46m,
  • les coupés 2+2 Maserati 222 et Maserati 2.24v disponibles entre 1988 et 1993, boîte à vitesses manuelle 5 rapports ou automatique 4 rapports, puissance des moteurs exprimées en DIN ou SAE net, empattement de 2,51m pour une longueur comprise entre 4,15m et 4,2m,
  • le coupé 2+2 Maserati Karif disponible entre 1988 et 1991, boîte à vitesses manuelle 5 rapports, puissance des moteurs exprimées en DIN, empattement de 2,4m pour une longueur de 4,04m,
  • le coupé 2+2 Maserati Shamal disponible entre 1990 et 1996, boîte à vitesses manuelle 6 rapports, puissance du V8 biturbo exprimée en ECE, empattement de 2,4m pour une longueur de 4,1m,
  • le coupé 2+2 Maserati Racing disponible entre 1991 et 1992, boîte à vitesses manuelle 5 rapports, puissance du V6 biturbo exprimée en DIN, empattement de 2,51m pour une longueur de 4,2m,
  • le coupé 2+2 Maserati Ghibli II disponible entre 1992 et 1998, boîte à vitesses manuelle 6 rapports (5 rapports avec le V6 biturbo de 2790cm³ jusqu’en 1995) ou automatique 4 rapports, puissance des moteurs exprimées en ECE, empattement de 2,54m pour une longueur de 4,22m,
  • le cabriolet 2 places Maserati Spyder disponible entre 1984 et 1994, boîte à vitesses manuelle 5 rapports ou automatique 4 rapports (3 rapports entre 1985 et 1987), puissance des moteurs exprimées en DIN et SAE net, empattement de 2,4m pour une longueur comprise entre 4,04m et 4,07m,
  • la routière Maserati Quattroporte IV disponible entre 1994 et 2001, boîte à vitesses manuelle 6 rapports ou automatique 4 rapports, puissance des moteurs exprimées en ECE, empattement de 2,65m pour une longueur de 4,55m.

Il est certain que le coupé Maserati Ghibli II connut un joli succès, 2380 exemplaires contre 469 Maserati 228, 1100 Maserati 222, 1401 Maserati 2.24v, 221 Maserati Karif, 369 Maserati Shamal , 230 Maserati Racing.

Assemblé entre 1984 et 1994 chez le carrossier Zagato, le cabriolet dénommé Maserati Biturbo Spyder représenta 8% de la production totale qui s’établit à 37000 exemplaires en 17 ans, tout modèle confondu.

La routière Maserati Quattroporte IV fut disponible sur le marché entre 1994 et 2001. Elle compléta la gamme existante. Elle fut dessinée par Marcello Gandini qui signa son œuvre à l’aide des passages de roues arrière. 2841 exemplaires seulement furent vendus en 7 ans.

La Maserati Quattroporte V, l’hommage à la limousine Maserati Quattroporte originelle

La Maserati Quattroporte V fut présentée en septembre 2003, il y a 20 ans. Les premiers exemplaires furent livrés en 2004. Sa ligne élancée fut dessinée par Ken Okuyama (1959-….) œuvrant pour Pininfarina. Par rapport à la Maserati Quattroporte originelle, sa longueur était fort similaire, 5,05m (5,1m entre 2008 et 2012) contre 5m. Par contre, l’empattement fut porté de 2,75m à 3,06m. Son V8 atmosphérique de 4,2 litres conçu par Ferrari, était également équipé d’un double arbre à cames en tête. Egalement, un V8 de 4,7 litres devint disponible par la suite. Deux boîtes à vitesses furent proposées, semi-automatique 6 rapports entre 2004 et 2008, automatique 6 rapports de marque ZF entre 2007 et 2012. Les principales différences avec son ainée, se matérialisaient par la présence des 4 soupapes par cylindre, de l’injection Bosch ME7, de la suspension à 4 roues indépendantes. Cette limousine, uniquement disponible en propulsion, fut assemblée à Modène à 25256 exemplaires, un succès bien méritée !

La Maserati Quattroporte VI, l’extension de la gamme 4 portes du constructeur de Modène

La Maserati Quattroporte VI fut présentée en janvier 2013 lors du Salon de l’automobile de Detroit, il y a 10 ans. Les deux turbocompresseurs redevinrent présents, en réponse aux contraintes environnementales. Unique proposition, la boîte à vitesses automatique de marque ZF, offre 8 rapports. Son empattement est de 3,17m pour une longueur de 5,26m. Les versions S Q4 et Modena Q4 sont équipées de la transmission intégrale avec une répartition du couple depuis 100% à l’arrière / 0% à l’avant jusqu’à 50% / 50%. Elle fut assemblée à Grugliasco (ex usine Bertone achetée par FIAT le 6 août 2009), puis dans l’usine Fiat Mirafiori située au Sud de Turin à partir de 2022.

A partir de la limousine Maserati Quattroporte VI, fut extrapolée la Maserati Ghibli III, une autoroutière 4 portes d’un empattement de 3m et d’une longueur de 4,97m. Présentée au Salon de l’automobile de Shanghai en avril 2013, les premiers exemplaires furent livrés dès août 2013. Elle fut assemblée à Grugliasco, puis dans l’usine Fiat Mirafiori à partir de 2022.

A partir de l’autoroutière Maserati Ghibli III, fut extrapolé un véritable SUV, le Maserati Levante d’un empattement également de 3m pour une longueur de 5,01m Présenté au Salon de l’automobile de Genève en mars 2016, les premiers exemplaires furent livrés dès avril 2016. Quelque part, il représente la quintessence d’un SUV : longue tradition de Maserati dans le domaine des véhicules 4 portes, suspension à 4 roues indépendantes, transmission intégrale avec une répartition du couple depuis 100% à l’arrière / 0% à l’avant jusqu’à 50% / 50%. Il est assemblé dans l’usine Fiat Mirafiori.

A partir du SUV Maserati Levante, fut extrapolé le SUV Maserati Grecale, légèrement plus compact (2,9m d’empattement pour une longueur de 4,86m). Il fut présenté le 22 mars 2022. La suspension à 4 roues indépendantes, la boîte à vitesses automatique 8 rapports et la transmission intégrale (avec une répartition du couple depuis 100% à l’arrière / 0% à l’avant jusqu’à 50% / 50%) sont bien présentes. Il est assemblé dans l’usine de Cassino dans le Sud de l’Italie.

Toutes les Maserati munies de 4 portes étaient ravissantes et passionnantes. Bien entendu, nous souhaitons que cette lignée perdure…

Article co-écrit par : ABSOLUTELY CARS & CARDO
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’Archives


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