Focus sur : la Mercedes-Benz W100,  la voiture la plus chère du monde !

Sur le salon international de l’automobile (IAA) de Francfort, le 12 septembre 1963, fut présentée au public, une limousine qui ne succédait à aucun modèle, la Mercedes-Benz W100. Deux semaines plus tôt, seuls 10 journalistes de la presse spécialisée la virent. Ses caractéristiques étaient étonnantes, son prix également. Elle était tout simplement la voiture produite en série la plus chère du monde. Entre septembre 1964 et juin 1981, 2677 exemplaires furent assemblés à Sindelfingen. Le mot « série » fut exact seulement pendant 10 ans. ABSOLUTELY CARS vous invite à redécouvrir les Mercedes-Benz W111/W112 coupé et cabriolets, les limousines W100 et W108/W109.

Les premières Mercedes-Benz dessinées par Paul Bracq

Friedrich Geiger (1907-1996), embauché chez Daimler-Benz en 1933, devenu responsable du design au début des années cinquante, demanda au nouvel embauché, le français Paul Bracq (1933-….) de dessiner un coupé et un cabriolet intemporels basés sur les berlines W111 et W112. Ce dernier œuvra pour Mercedes-Benz de 1957 à 1967. Il conserva l’empattement de 2,75m et porta la largeur de 1,8m à 1,85m. En complément, il réduisit fortement la présence des ailerons. Pour parfaire les silhouettes, il porta la longueur à 4,88m. La dénomination de ce coupé et ce cabriolet évolua dans le temps en fonction de la cylindrée de son moteur, 220SE entre 1961 et 1965, 250SE entre 1965 et 1967, 280SE entre 1968 et 1971 et 280SE 3.5 entre 1969 et 1971. Seule cette dernière version eut droit à un V8 muni d’une injection électronique, les autres exploitant un 6 cylindres en ligne muni d’une injection mécanique. En septembre 1965, les 4 freins à disques furent adoptés. En septembre 1969, la longueur fut portée à 4,91m. La boîte à vitesses manuelle offrait 4 rapports (5 rapports en option à partir de septembre 1969, non disponible avec la motorisation V8). En ce temps là, les options étaient peu nombreuses : direction assistée, toit coulissant pour le coupé, sièges arrière individuels, boîte à vitesses automatique 4 rapports. Entre 1962 et 1967, une version complémentaire exista en coupé et cabriolet, les Mercedes-Benz W112 300SE. Les équipements devenaient généreux : baguettes latérales chromées, 4 freins à disques, direction assistée, blocage du différentiel, suspension pneumatique arrière, boîte à vitesses automatique 4 rapports ou boîte à vitesses manuelle 5 rapports ZF en option. Le coupé fut assemblé à 28918 exemplaires dont 8,4% en version W112 300SE ; le cabriolet, en 7013 unités dont 10,1% en version W112 300SE. Munies de cinq vraies places, ces carrosseries furent très prisées aux Etats-Unis. Aujourd’hui, ces voitures connaissent une côte d’amour différente de part et d’autre de l’océan Atlantique. Elles s’échangent à prix d’or aux Etats-Unis et trouvent difficilement preneurs depuis 25 ans en France lors des enchères, les prix de réserve étant fréquemment non atteints.

Les limousines MERCEDES-BENZ W100

Paul Bracq dessina le roadster Mercedes-Benz W113 dit « Pagode » présenté au Salon de l’automobile de Genève en mars 1963 et la Mercedes-Benz W100 disponible avec cinq carrosseries :

  • limousine 4 portes d’un empattement de 3,2m pour une longueur de 5,54m,
  • pullman-limousine 4 portes d’un empattement de 3,9m pour une longueur de 6,24m,
  • pullman-limousine 6 portes d’un empattement de 3,9m pour une longueur de 6,24m,
  • pullman-landaulet 4 portes d’un empattement de 3,9m pour une longueur de 6,24m livré à partir de mai 1965,
  • pullman-landaulet 6 portes d’un empattement de 3,9m pour une longueur de 6,24m disponible à partir de mai 1967.

Les solutions techniques innovantes furent nombreuses :

  • V8 de 6632cm³ muni de deux arbres à cames en tête et d’une injection mécanique Bosch, accouplé à une boîte à vitesses automatique 4 rapports, délivrant 250ch DIN à 4000tr/mn (500Nm à 2800tr/mn),
  • carrosserie monocoque autoporteuse d’une largeur de 1,95m, équipée de 4 roues indépendantes,
  • circuits hydrauliques pour la boîte à vitesses, la direction assistée, les 4 freins à disques, les vitres latérales et les réglages de la climatisation et des amortisseurs ; pour ces derniers, depuis le tableau de bord,
  • circuits pneumatiques pour les suspensions avant et arrière réglables.

En matière d’options, tout était possible, les principales étant le bar mobile, le réfrigérateur, la télévision, la séparation entre les compartiments conducteur et passagers, la table de pique-nique, le toit ouvrant à l’avant ou à l’arrière, le téléphone, un accoudoir enfermant un rasoir électrique… Les limousines Mercedes-Benz W100 furent le porte-drapeau de la marque.

Les limousines (plus compactes) Mercedes-Benz W108 et W109

Paul Bracq dessina les limousines Mercedes-Benz W108 et W109. Elles bénéficièrent de deux empattements, 2,75m et 2,85m pour des longueurs respectives de 4,9m et 5m. Elles connurent un réel succès commercial, 383 361 exemplaires assemblés entre septembre 1965 et septembre 1972 dont 5,6% de Mercedes-Benz W109. Les 4 freins à disques et les 4 roues indépendantes étaient présents. Leur largeur était de 1,81m. Les motorisations 6 cylindres étaient munies de deux carburateurs Zenith ou d’une injection mécanique Bosch. Les V8 de 3499cm³ et 4520cm³ étaient équipés d’une injection électronique Bosch D-Jetronic. Sur la Mercedes-Benz W108, la direction assistée fut montée en série à partir de 1968. Sur la Mercedes-Benz W109, les suspensions pneumatiques furent exploitées uniquement sur les châssis munis d’un long empattement. Les boîtes à vitesses furent au nombre de quatre :

  • manuelle 4 rapports proposée avec toutes les motorisations hormis les Mercedes-Benz W108 280SE 4.5, W108 280SEL 4.5, W109 300SEL 6.3 et W109 300SEL 4.5,
  • manuelle 5 rapports proposée sur les Mercedes-Benz W109 équipées d’un 6 cylindres et, à partir de mai 1969, sur les Mercedes-Benz W108 munies d’un 6 cylindres,
  • automatique 4 rapports proposée ou montée avec toutes les motorisations hormis les Mercedes-Benz W108 280SE 4.5, W108 280SEL 4.5 et W109 300SEL 4.5,
  • automatique 3 rapports montées sur les Mercedes-Benz W108 280SE 4.5, W108 280SEL 4.5 et W109 300SEL 4.5

Les limousines Mercedes-Benz W108 et W109 constituèrent le point de départ des générations successives de Mercedes-Benz Classe S. Elles associaient un haut niveau de confort et de silence avec des performances intéressantes. La version la plus recherchée par les passionnés et les collectionneurs est la Mercedes-Benz W109 300SEL 6.3 fabriquée en décembre 1967 et septembre 1972 à 6526 exemplaires.

Article co-écrit par : ABSOLUTELY CARS & CARDO
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’Archives


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