
Le 30 septembre 1963, fut présentée la Jaguar S-Type s’insérant entre les magnifiques Jaguar Mk2 et Mark X. ABSOLYTELY CARS vous invite à redécouvrir cette autoroutière britannique quelque peu oubliée.
La Jaguar S-Type des années soixante
La Jaguar S-Type partageait de nombreux éléments structurels avec la Jaguar Mk2, mais bénéficiait de la suspension arrière novatrice des Jaguar E-Type et Jaguar Mark X mises en production en 1961. Par rapport à la Jaguar Mk2, elle apportait un confort supplémentaire en adoptant les 4 roues indépendantes. Les 4 freins à disques étaient présents. Ses suspensions avant et sa cellule centrale provenaient de la Jaguar Mk2. Avec un empattement commun de 2,73m, sa longueur était de 4,77m. Le porte-à -faux arrière était allongé de 18cm, le volume du coffre bondissait de 382 litres à 538 litres. Deux motorisations étaient proposées : un 3442cm³ et un 3781cm³. Ces deux 6 cylindres étaient munis d’un double arbre à cames en tête et de deux carburateurs SU HD6. Leurs puissances étaient suffisantes pour dépasser les 200km/h et pour franchir le 0 à 100km/h en moins de 11 secondes. Le capot s’ouvrait vers l’arrière contrairement à la Jaguar Mark X. Trois transmissions étaient disponibles : boîte à vitesses manuelle 4 rapports, option overdrive ou boîte à vitesses automatique 3 rapports. En octobre 1964, la boîte à vitesses manuelle devint intégralement synchronisée. Les options étaient nombreuses : toit ouvrant souple, peinture biton, lunette arrière chauffante (commutateur marche/arrêt installé uniquement à partir d’avril 1966), direction assistée Burman (Jan Marles en 1968)… Bref, cette voiture n’avait pas de défaut avec son somptueux intérieur garni de cuir et de bois. Mais lors de sa présentation, elle reçut un accueil mitigé, pour ne pas dire froid, de la part du public. Seulement 43 voitures furent vendues en 1963. Sa ligne était moins équilibrée que celle de la Jaguar Mk2 avec son porte-à-faux arrière plus conséquent. De plus, sa carrosserie monocoque autoporteuse laissait apparaître le montant central entre les deux portières comme sur la Jaguar Mk2, contrairement à la Jaguar Mark X. En 1963, cet élément apparent n’était plus accepté. Entre 1963 et 1968, l’usine de Coventry produisit 24993 exemplaires dont 60% en version 3,8 litres.


En 1966, fut ajoutée une version restylisée, la Jaguar 420. Comme sa dénomination l’indiquait, la cylindrée était de 4235cm³. Le montant central entre les deux portières était toujours apparent. La face avant avait été retouchée pour ressembler beaucoup plus à sa grande sœur, la Jaguar Mark X / 420G sans pour cela inverser le sens d’ouverture du capot. Le différentiel à glissement limité était proposé en option. Ainsi, entre 1966 et 1968, 16060 unités complémentaires furent réalisées dont 5824 DAIMLER Sovereign 420. La production totale atteignit ainsi 41053 exemplaires à comparer avec les 146227 unités assemblées sous les dénominations Jaguar Mk1, Jaguar Mk2, Jaguar 240, Jaguar 340 et DAIMLER 2.5 litre V8 Saloon.

L’hommage, la Jaguar S-type du XXIe siècle !
Le 22 octobre 1998 au Salon de l’automobile de Birmingham, la surprise fut grande ; une autoroutière dénommée Jaguar S-type ! Au regard du niveau de vente de sa devancière, cette appellation laissa perplexe. De plus, elle arborait une ligne néo-rétro qui n’était pas un gage de succès commercial. En effet, peu de voitures munies d’une carrosserie néo-rétro rencontrèrent leur public. Cependant, elle était magnifique. Son style était dû au designer britannique Geoff Lawson (décédé le 24 juin 1999 à l’âge de 54 ans). Uniquement disponible en berline 4 portes, son empattement de 2,91m était généreux ce qui permit d’offrir une belle habitabilité. Sa longueur était de 4,86m, 4,88m dès 2002, 4,91m entre 2004 et 2008. Les boîtes à vitesses manuelle et automatique offraient 5 rapports. En 2002, la boîte à vitesses automatique adopta un 6ème rapport (marque ZF, modèle 6HP26). Côté motorisations, rien à redire : V6 de 2967cm³ muni d’un double arbre à cames en tête par rangée de cylindres et de 24 soupapes ou V8 de 3996cm³ équipé d’un double arbre à cames en tête par rangée de cylindres et de 32 soupapes. En 2002, la cylindrée du V8 fut portée à 4196cm³. Il devint disponible avec un compresseur, sous la dénomination Jaguar S-type R. Uniquement accouplé à une boîte à vitesses automatique 6 rapports, sa vitesse maximale était limitée électroniquement à 250km/h et le 0 à 100km/h était franchi en 5,6 secondes. Un V6 de cylindrée plus modeste fut également ajouté, 2497cm³. En 2004, elle reçut un moteur complémentaire, un V6 biturbo diesel de 2720cm³ muni d’un double arbre à cames en tête par rangée de cylindres et de 24 soupapes, de marque PSA (modèle DT17). Il fut accouplé à des boîtes à vitesses manuelle et automatique 6 rapports de marque ZF. Aucun 4 cylindres downsizing ne fut proposé ! Avec un somptueux intérieur garni de cuir et de bois, cette voiture n’avait pas de défaut. L’usine Jaguar de Castle Bromwich à Birmingham, en Angleterre, en fabriqua 291 386 !



Article co-écrit par : ABSOLUTELY CARS & CARDO
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS & Photos d’Archives



