Interview automobile : La BMW Série 7 E66 745Li, le confort en mode cruising

BMW, une marque qui fait rêver des centaines de milliers de passionnés ! A l’instar de la BMW Série 7 E66 745Li, les voitures de ce constructeur allemand sont toujours synonymes de luxe et de sportivité. Parmi la soixantaine de modèles-types produits depuis 1916, les plus connues sont bien les « séries », sur le marché depuis 1970. ABSOLUTELY CARS est parti à la découverte de l’un de ces véhicules bien particuliers, une grande méconnue du grand public… La rencontre s’est faite à Angers où nous attendait une BMW Série 7 (E66) 745Li de 2003. Surnommée « le baleineau« , cette berline-limousine, sortie à l’aube des années 2000, fut novatrice en tout point. Véhicule fleuron de BMW avec son design atypique et avant-gardiste, ce « palace roulant » rompt définitivement avec les traditions sportives de la marque bavaroise. Lancée en 2001, arrêtée en 2008, son design inédit visuellement et technologiquement n’a pas, néanmoins, rencontré le succès escompté dans l’hexagone. Retour sur cette belle « mal-aimée » !

La BMW S7 E66 : la quatrième génération de la BMW Série 7 alliant souplesse, prestige et puissance

Les lignes de la BMW Série 7 E66 ont été signées par Chris Bangle, chef de design BMW, Mini et Rolls Royce de 1992 à 2009. Novatrices et uniques, elles ont marqué un tournant dans l’exercice de style de BMW, résumant à elle seule l’œuvre du designer. Si l’extérieur est attractif, l’intérieur l’est tout autant. Il a été parfaitement pensé pour optimiser le confort des usagés et l’ergonomie. Il est doté d’une finition plutôt classique qui s’adapte à toutes les envies, les designers ayant développé des associations personnalisables pouvant être assez extravagantes. Entre cuir, matériaux nobles et bois précieux, s’installer à bord de ce « vaisseau amiral » avait pour but de séduire une clientèle exigeante, désirant rouler dans un véhicule hors du commun.

D’un point de vue électronique, la BMW Série 7 E66 était une des rares voitures en avance sur son temps. Bien qu’elle fête ses dix-sept ans, elle possède tous les équipements des voitures d’aujourd’hui. En effet, les innovations sont bien présentes, notamment l’I-Drive regroupant l’ensemble des commandes de base (confort, navigation, radio, sécurité…). Elles sont gérées par un nouveau système de commande et d’affichage, le « centre de commande », un équipement inédit pour les véhicules de sa génération.

Côté motorisation, il faut privilégier le mode cruising compte tenu d’une puissance amplement suffisante, mais un poids avoisinant les deux tonnes pour les versions berlines. Le client a donc le choix : du 6 cylindres en ligne au V12 avec une puissance de 218ch à 455ch (hors Alpina B7). A noter que tout conducteur appréciera la sportivité sur les versions V8 et V12, grâce à leurs sonorités plus rauques et voluptueuses tout en offrant un couple de reprises plus réactif.

Pour conclure, même si les médias européens majoritairement n’ont cessé de critiquer le design de la BMW Série 7 E66, BMW a réussi son pari de produite l’une des meilleures berline-limousine des années 2000, avec des équipements technologiques encore utilisés aujourd’hui. Le défi de remplacer la Série 7 « E38 » (1994-2001) aura été long et difficile, mais globalement réussi avec un nombre d’unités vendues supérieur à la précédente génération.

Parole de conducteur : la BMW Série 7 E66 745Li, du rêve statutaire à la réalité d’ambassadeur

Vous conduisez l’une des voitures les plus novatrices de son temps, une BMW Série 7 E66 745Li aux couleurs bien spécifiques. Comme vous nous l’avez si bien dit, l’extérieur est « Schiefergrün » (vert goutte d’eau) et l’intérieur est cuir « Nasca Steingrün » (vert pistache). Mais avant de nous en dévoiler plus sur ces couleurs si particulières, pouvez-vous nous dire pourquoi ce modèle vous a attiré ?

La première fois que mes parents et moi avons vu ce véhicule, j’avais 12 ans et c’était dans un magazine belge bien connu,  » Le Moniteur Automobile« . Le modèle présenté était une BMW 745i Berline de couleur bleue marine avec des jantes en rayon. L’essai réalisé, un an près sa sortie ( en 2002, ndlr), m’a mis en admiration devant ce modèle. Il s’agit d’une voiture hyper moderne technologiquement et qui donnait envie de la posséder. Avec ses performances et son V8, j’étais surtout impressionné par l’armada d’équipements, absolument inédits sur une voiture haut de gamme des années 2000. Ce fut mon premier coup de cœur. En parallèle, nous avions également repéré la Mercedes-Benz E500 W211 et la Renault Vel Satis 3.5 V6 qui étaient dans la rubrique « Prestige » du magazine  » Le Moniteur Automobile ». Ces trois véhicules m’ont fortement marqué à l’époque.

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La BWM Série 7 est le coup de cœur de votre adolescence, mais cette voiture est réellement entrée dans votre vie bien des années après. Comment avez-vous redécouvert ce modèle justement ?

J’ai vraiment découvert ce modèle que sept ans plus tard alors que nous allions acheter une BMW Série 7 « E38 ». Nous pouvons souligner qu’il s’agit, en réalité, que de la génération d’après. (rires) Et tout de suite, je me suis rendu compte que le modèle présenté correspondait à celui du magazine belge !

Dès que nous sommes arrivés, vous nous avez révélé le surnom que vous donnez affectueusement à votre BMW Série E66. Pourquoi l’avoir surnommé « le baleineau » ?

Pour succéder à la BMW E38 – un modèle sublime -, les designers de la BMW « E65-E66 » sont partis d’une page blanche, d’où un style radicalement nouveau. Une bonne partie des personnes s’arrêtent au style extérieur. Elles oublient les autres aspects comme les équipements technologiques avant-gardistes pour l’époque ou la motorisation atmosphérique. On traverse la France dans un confort diplomatique !

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Si vous devez la qualifier en trois mots, lesquels utiliserez-vous ? Pouvez-vous nous dire quels sont ses qualités et ses défauts ?

Trois mots pour la qualifier : avant-garde, technologie et exclusivité. Personnellement, ses défauts se transforment en qualité. Premièrement, sa ligne totalement atypique qui n’est pas clivante, a fait beaucoup parler d’elle. Automobilistes et piétons ne sont pas indifférents à son passage. Ses équipements, pas forcément ergonomiques, font preuve d’innovation et sont désormais dans tous les véhicules actuels, comme l’I-drive. Sa configuration est quasiment unique, puisque les finitions et son moteur V8 de 333ch sont dignes des plus luxueuses limousines. Au niveau des défauts les plus flagrants, on constate qu’extérieurement, les chromes du toit et des portières vieillissent très mal. Intérieurement, il n’y a qu’un seul miroir de courtoisie pour les passagers arrières ou encore un seul repose-pied. Sur la planche de bord, la climatisation bi-zone n’est pas séparée.

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Quel est votre coup de cœur esthétique ?

Je dirais, instinctivement, les deux repose-verres et la molette métallique de la boîte automatique, pour leurs côtés esthétiques et pratiques.

Y a-t-il une histoire derrière ce modèle ? A-t-elle un pedigree ?

Tout à fait, cette voiture a appartenu à une famille bien connue : la famille Cointreau. Il s’agit d’un véhicule purement angevin, acheté en 2003 à la concession BMW d’Angers et conservé pendant huit ans par cette famille. Puis, elle a été revendue par un ami du chauffeur qui habitait à 6km de la maison de la famille Cointreau. En 2014, on s’en est porté acquéreur pour le plus grand bonheur notre famille ! Elle a fait principalement de l’autoroute (Paris-Angers) d’où un état de conservation exceptionnel.

Existe-t-il encore des modèles avec cette configuration ?

Bien sûr, mais il faut taper sur internet la mention « Li« , car BMW a voulu réaliser une voiture statutaire. Tout est pensé pour le confort des passagers, notamment à l’arrière. Il y a environ une dizaine d’annonces chaque mois.

Quels conseils donneriez-vous aux futurs propriétaires de Série 7 « E65-E66 » ?

Déjà, il faut bien regarder le carnet d’entretien et le kilométrage. Vérifiez si le propriétaire actuel a bien toutes les factures et que le nombre de kilomètres affiché est bien réel. L’électronique est relativement fragile, si on ne le suit pas régulièrement. Il demande beaucoup d’attention. Les matériaux et les boiseries, par contre, vieillissent très bien dans le temps. Lors de l’essai sur route, pensez à bien vérifier le comportement des amortisseurs arrières, car ils sont pneumatiques et peuvent se dérégler avec l’âge. En termes d’entretien, celui de la BMW Série 7 E66 est deux fois plus élevé qu’une BMW E39. Le moteur V8 est aussi plus sophistiqué. Il peut y avoir une fuite d’huile au milieu du moteur. Cela est dû à un joint qui s’abîme rapidement. Il est facile de le changer. Dans tous les cas, on a vraiment l’impression de rouler dans un concept-car.

Quelle est la côte actuelle pour un véhicule de plus de 15 ans?

Pour la berline, vous pouvez en trouver à un peu plus de 6000€ avec un kilométrage élevé. Pour les BMW Série 7 E66 760li, le tarif se négocie à partir de 9000€ pour aller jusqu’à 15 000€. Les motorisations V12 sont « collectors » et recherchées par les amateurs de limousines. Cette version 745Li côte à environ 10 000€ selon l’état et l’entretien.

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS

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