Interview automobile : La Triumph Spitfire 1500, un rayon de soleil parmi les Anglaises

Après avoir été à bord d’une Triumph Spitfire 1500 lors d’un roulage sur l’Autodrome de Linas-Monthléry pour l’événement God save the Car Festival, on ne peut que tomber sous son charme ! Plaisante et sympathique, idéale pour les longues balades, les cheveux aux vents, elle se révèle joueuse sur les routes toutes en courbe pour un véritable moment de conduite ! Un brin classique dans son design, mais toujours aussi irrésistible, la Triumph Spitfire 1500 fait partie des roadsters britanniques les plus emblématiques des années 1970 ! Légère et féminine, elle a gardé dans ses lignes, designées par Giovanni Michelotti, un côté sportif, tandis que son nom rend hommage à l’avion de chasse de Seconde Guerre mondiale, le Spitfire. Abordable et facile d’entretien, elle est pour beaucoup la « parfaite première voiture de collection » ! ABSOLUTELY CARS vous propose de découvrir ce modèle incontournable au travers du regard d’un propriétaire de Triumph Spitfire 1500 FH (Fixed Head) de 1975 !

La Triumph Spitfire 1500, le roadster anglais comme on les aime

Les années 1960 voient exploser le phénomène des roadsters sportifs anglais ! Chaque constructeur britannique se lance dans l’aventure à l’image de Lotus avec sa Lotus Seven, d’Austin-Healey avec son Austin-Healey Sprite, de MG avec son MG Midget ou encore de Triumph avec la Triumph Spitfire. Conçue par Harry Webster et designée par Giovanni Michelotti qui lui donne une ligne sportive épurée, la première génération de la Triumph Spitfire est donc dévoilée, en 1962, lors du Salon de l’automobile de Londres, par Leyland Motors sur la base d’un ancien projet du Groupe Standard-Triumph. Avec ce nouveau modèle, la marque anglaise souhaite proposer une « petite voiture de sport bon marché », se plaçant sous la Triumph TR4 en gamme.

Cette Triumph Spitfire MKI repose sur la structure raccourcie de la Triumph Herald dotée d’un châssis à longerons en X, d’une carrosserie en acier et de renforts de bas de baisse. Le gabarit final de cette stricte biplace atteint les 3.68m de long, les 2.11m d’empattement, les 1.45m de large et les 1.21m de haut. Elle se voit également équipée d’un 4 cylindres de 1147 cm3 refroidi par liquide avec deux carburateurs S.U. et de l’arbre à cames de la Triumph Herald 948 Coupé. A cela s’ajoutent des freins à disque avant pour un meilleur freinage, atout technique non négligeable sur la concurrence ! Ainsi équipée, la Triumph Spitfire4 connaîtra un beau succès avec 45 753 exemplaires en deux ans de carrière, avant d’évoluer à cinq reprises jusqu’à la Triumph Spitfire 1500, son ultime version.

En 1974, la Triumph Spitfire MK4 laisse sa place à la Triumph Spitfire 1500. Produite au sein de l’usine de Canley, cette cinquième génération est disponible aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis. Avec cette ultime version, Triumph veut lancer une voiture plus « populaire » et abordable financièrement tout en offrant le plaisir d’une petite sportive.

Au point de vue du design, la Triumph Spitfire 1500 garde les principales lignes de sa devancière, dont l’esthétique a été totalement revu par Giovanni Michelotti en novembre 1970. Nous lui retrouvons donc les mêmes optiques avants rondes incrustées dans les ailes, les mêmes clignotants rectangulaires sous son pare-choc chromé et les mêmes jantes tôlées de 13 pouces. A noter que la Triumph Spitfire 1500 possède un petit spoiler sous le pare-chocs avant qui lui est spécifique. Mais c’est surtout à l’arrière où l’on voit la plus grande différence avec moins d’accessoires chromés, notamment autour du coffre et des phares. La version européenne de la Triumph Spitfire se distingue également par son autocollant siglée « Spitfire 1500 » sur le capot moteur ! La version américaine, quant à elle, se remarque par ses pare-chocs bodybuildés (en caoutchouc à partir de 1979), le rappel de clignotants latéraux et son catalyseur.

Côté intérieur, plusieurs améliorations ont été apportées à l’habitacle de la Triumph Spitfire 1500. Sa présentation se veut axée sur le confort. La capote en toile se range en moins de 5 minutes. Elle se voit également dotée de sièges inclinables, de panneaux centraux en nylon brossé à carreaux, d’une sellerie avec appuie-têtes, de vitres électriques et de ceintures de sécurité à enrouleur ! Dès 1977, le tableau de bord en bois satiné accueille une toute nouvelle console centrale avec un nouvel ensemble de commandes qui remplace les anciens boutons. Dans les dernières années du modèle, la Triumph Spitfire 1500 est même équipée de feux de détresse et d’un lave-glace électrique, jusqu’à là actionné par une pompe manuelle ! Nous retrouvons dans les options, entre autres, le toit rigide en hard top, le spot de carte ou encore l’overdrive. A cela s’ajoute un coffre spacieux.

Mais ce qui différencie la Triumph Spitfire 1500 avec toutes les précédents générations, c’est bien son moteur ! En effet, ce roadster anglais est équipé d’un 4 cylindres en ligne à double carburateur SU 1.5 de 1493cm3 en position longitudinale avant. Il développe 71ch et est accouplé à une boîte manuelle 4 rapports synchronisée (overdrive Laycock de Normanville en option). Avec ce nouveau moteur, la Triumph Spitfire 1500 s’adapte aux nouvelles normes de pollution, tout en offrant un couple plus généreux ! Avec une vitesse maximale de 160 km/h, elle abat le 0 à 100 km/h en 13,2 secondes, malgré ses 850 kg (ce qui fait d’elle la plus lourde des Triumph Spitfire). Toutefois, rien ne sert d’aller vite pour profiter des sensations de conduite ! En effet, la Triumph Spitfire 1500 a vu ses suspensions améliorées avec des essieux oscillants plus longs et un point d’ancrage abaissé sur la carrosserie, ce qui lui confère une meilleure tenue de route grâce à un centre de gravité plus bas. A noter que la version américaine ne développe que de 53ch, car dotée d’un seul carburateur Zenith-Stromberg, d’un convertisseur catalytique, d’un système de recirculation des gaz d’échappement et d’un taux de compression réduit à 7,5 (au lieu de 8,1 pour la version européenne).

La dernière Triumph Spitfire 1500 sort de l’usine en août 1980, après une carrière de 6 ans, ce qui fait d’elle la génération de Triumph Spitfire la plus longtemps produite ! Au finale, elle fut commercialisée à 95 829 exemplaires dont 80% ont été exportés aux Etats-Unis, notamment en Californie (40%). Il faut savoir que des Triumph Spitfire 1500 neuves seront vendues par la marque jusqu’en 1981, jusqu’à l’épuisement des stocks. Ce beau roadster anglais ne connaîtra pas de suite, Triumph disparaissant en 1984.

CaractéristiquesDonnées
Moteur 4 cylindres en ligne 8S
Double carburateur SU
Longitudinale avant
Puissance 71ch
Cylindrée1496cm3
Transmission Propulsion
Boite de vitesseManuelle 4 rapports synchronisés + overdrive (option)
FreinsDisques à l’avant
Tambours à l’arrière
Poids850kg
0-10013.2 secondes
Vitesse max160km/h

Parole de collectionneur : « La Triumph Spitfire 1500, le roadster dans toute sa splendeur ! »

Aujourd’hui, le soleil commence à pointer son bout du nez et on peut commencer à rêver de l’été ! Et quoi de mieux qu’un petit tour avec une Triumph Spitfire 1500 FH (Fixed Head) de 1975 pour goûter à cette parenthèse estivale ?! Mais tout d’abord une première petite question : comment êtes-vous devenu propriétaire de ce roadster anglais ?

Je suis tombé dessus par hasard, suite à un changement professionnel. Dans le département où j’étais, je passais régulièrement devant un garage spécialisé dans les Anglaises. Je me suis donc arrêté pour regarder de plus près et discuter avec le gérant. Il m’a renseigné sur les différentes marques présentes. Un jour, en repassant devant, je tombe sur une Triumph Spitfire 1500 « jaune poussin » qu’il venait de recevoir. Le coup de foudre a été immédiat !

Pour l’anecdote, je suis un grand passionné de TVR. A 18 ans, j’ai déménagé d’Aix-en-Provence à Paris pour des raisons professionnelles. A Thiais, étais installé garage TVR et je vais voir le gérant, très sympa. Il me laisse monter dans la voiture sachant que je ne pouvais pas en acheter. Je lui dis que c’est un rêve d’en posséder une et il me répond : « Je souhaite que vous y arrivez un jour ». Aujourd’hui, j’ai une Triumph Spitfire 1500 qui y ressemble un peu ! (rires)

Qu’est ce qui vous attiré dans ce modèle en particulier ?

Premièrement, la ligne épurée que l’on perçoit de l’habitacle, me fait penser à un requin. C’est le petit roadster dans toute sa splendeur et l’un des modèles ultimes des années 1970 ! Les sensations de conduite sont directes et réactives. Lorsqu’on roule à 80km/h, on a l’impression d’être à 160 ! On ressent toutes les vibrations et les défauts de la route ! Cela fait 6 ans que je l’ai et je ne m’en lasse pas. Deuxièmement, le fait d’avoir un hard top rigide est un plus, si on l’utilise dans des conditions pluvieuses. C’était une option à l’époque. Avec, on retrouve l’aspect « Coupé » de la Triumph GT6 (qui est basée sur la Triumph Spitfire, mais dotée d’un 6 cylindres au lieu du 4, ndlr).

Avez-vous réaliser quelques changements sur cette Triumph Spitfire 1500 FH (Fixed Head) de 1975 ?

Dès l’achat, la voiture avait été entièrement fiabilisée par le vendeur. J’ai uniquement changé les rétroviseurs (La Triumph Spitfire 1500 possédait à l’origine qu’un seul rétroviseur rectangulaire chromée, ndlr), le volant « Monolita », le pommeau de levier de vitesse, les contours de jantes et une ligne d’échappement en inox. Je me suis également construit un couvre tonneau.

Nous nous sommes croisés en octobre dernier lors de l’événement God save the Car Festival où vous nous avez donné l’opportunité de réaliser un roulage avec vous. Est-ce qu’elle a participé à d’autres évènements ?

Les manifestations de Linas-Montlhéry sont les principales, à l’image de « God Save The Car Festival », du « Youngtimers Festival » ou de « Liberté, Egalité, Roulez ! ». J’aimerais bien participer à d’autres rassemblements, mais ils sont en Province. Je me contente d’aller à des évènements avec des amis passionnés. Je suis allé jusqu’en Bretagne avec et sans aucun soucis. C’était durant la grande canicule et la crainte que le moteur lâche était constante. Mais tout s’est bien passé !

La Triumph Spitfire 1500 est toujours qualifiée de « bonne voiture de collection ». Est-ce le cas ? Est-ce qu’il est difficile ou, au contraire, facile de réaliser l’entretien d’une Triumph Spitfire 1500 ?

Il faut avant tout respecter le temps de démarrage, vérifier les niveaux, ne pas monter dans les tours (3000-4000 tours). Beaucoup de critiques furent dites sur la fiabilité du moteur des Triumph Spitfire 1500, mais je ne le valide pas, car en la fiabilisant, on résout les problèmes de chauffe et de fuites. A l’achat, je conseille de tester le moteur, la boîte de vitesse et vérifier les passages de roues à cause de la rouille. Le plus prudent est de contacter le club « L’Amicale Spitfire » ou de faire appel à un expert. Pour un usage plaisir, l’autoroute est à proscrire pour de longs trajets, même avec présence de l’overdrive. Pour ma part, je n’ai jamais dépassé les 110km/h. Il faut savoir qu’une voiture bien entretenue ne nécessite pas de grosses dépenses. On retrouve les pièces très facilement et rapidement. Personnellement, je fais une révision tous les ans pour un montant d’environ 400€.

Quelles sont les qualités et les défauts de cette Triumph Spitfire 1500 FH (Fixed Head) de 1975 ?

Elle sait se faire apprécier et remarquer par les gens, sans aucun sentiment de jalousie. Malgré son image de « mal-aimée » et de « voiture populaire », sa ligne fait ressortir sa personnalité. Son espace de rangement derrière les sièges me permet de mettre le sac de golf. Elle offre des sensations de conduite incisives et des reprises immédiates tout en restant collée à la route. En termes de défauts, il ne faut qu’il pleuve trop, car en cas de temps pluvieux, les essuie-glace sont peu efficaces et la tenue de route est aléatoire. On peut aussi oublier la notion de sportivité, mais plutôt privilégier le cruising.

Cette Triumph Spitfire 1500 est votre première voiture de collection ou avez-vous eu d’autres avant celle-ci ?

J’ai eu beaucoup de voitures personnellement. La première était une Citroën 2CV verte amande de 1971, puis l’une des première Smart de coloris noir avec un intérieur vert pomme, ensuite, une Audi TT de 180ch grise, une BMW série 1 120D Pack M et une Jaguar XF V6 biturbo !

Comment vous voyez l’avenir de cette Triumph Spitfire 1500 ?

Je veux la garder le plus longtemps possible en ma possession. Je n’ai pas envie de la vendre même s’il y a d’autres projets. C’est ma première voiture et je la trouve trop craquante. J’aimerais faire en plus une partie de la N6/N7 pendant une semaine. En parallèle, je voudrais une TVR 3000M car encore accessible, mais pas d’allemande (rire). Je garde toujours le critère financier en tête.

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS 
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS

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2 réflexions sur “Interview automobile : La Triumph Spitfire 1500, un rayon de soleil parmi les Anglaises

  1. Superbe cette Triumph Spitfire 1500 ! J’envie tous ceux qui ont eu la chance de monter à bord de cette voiture. Perso, je ne l’ai vu qu’en photo, mais j’espère qu’un jour j’aurais l’opportunité de la rouler.

  2. Super voiture, et diablement facile à utiliser: fiable, elle se répare facilement et permet de profiter des sensations de conduite d’une voiture de sport légère pour un cout relativement modique.

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