Interview exclusive : La Peugeot 201, le Hot Rod de Vintage Mecanic

Pour tous les amoureux de voitures anciennes, cette fin d’octobre était très attendue ! En effet, le jeudi 22 octobre 2020, l’émission TV Vintage Mecanic reprenait sur RMC Découverte, avec une 6ème saison en partie dédiée aux « véhicules XXL » ! Et pour bien commencer cette nouvelle série d’épisodes, François ALLAIN nous avait concocté une belle surprise en transformant une Peugeot 201D de 1936, hélas en état d’épave, en « Hot Rod » ! Un beau défi qu’ont relevé Nicolas GUENNETEAU et Gilles BORIE de l’atelier Peanuts Butter ! Avec une audience de 509 000 téléspectateurs le jour de diffusion et 1 721 000, TV et site cumulés grâce au replay – un nouveau record d’audience toutes saisons confondues pour Vintage Mecanic -, ce fut littéralement au coup de projecteur sur ce mouvement automobile américain, véritable institution outre-Atlantique ! ABSOLUTELY CARS est donc parti à la rencontre de la Peugeot 201 de Vintage Mecanic. François ALLAIN et Nicolas GUENNETEAU nous ont fait découvrir l’envers du décors de cette formidable transformation !

La Peugeot 201D « Hod Rod » de Vintage Mecanic : une voiture qui ne passe pas inaperçue

Alors qu’elle roulait sur le célèbre Autodrome de Linas-Monthléry, à l’occasion de la deuxième édition de « Liberté, Egalité, Roulez », tous les regards étaient tournés vers elle. Cette voiture : la Peugeot 201D transformée en « Traditional Rod » par François ALLAIN et Nicolas GUENNETEAU dans l’émission TV Vintage Mecanic, actuellement diffusée sur RMC Découverte ! Cette année, Elle a ouvert le bal en grandes pompes, faisant découvrir par la même occasion le monde très confidentiel du « Hot Rod ». Pouvant être traduit littéralement par « Bielle Chaude » en Français, ce mouvement automobile est né aux Etats-Unis, après la Seconde Guerre mondiale et s’ancre durablement dans la culture américaine ! Objet de culture de la Kustom Kulture états-unienne, elle repose sur la base d’une voiture d’Entre-deux-guerres, le plus souvent une Ford T, qui se voit équipée d’un moteur surpuissant, la plupart du temps un V8. Les « Hot Rod » sont souvent recarrossés, nous offrant des look plus surprenants les uns que les autres ! Le phénomène de Hot rodding s’est également exporté en Europe et notamment en France qui possède sa propre fédération ! Toutefois, rares sont les Françaises qui ont été transformées en « Hot rod » !

Ce « Hot Rod » peu ordinaire repose sur une base de Peugeot 201, une voiture construite à 142 309 exemplaires entre 1929 et 1937. Il s’agit de la première voiture française à être équipée de roues avant indépendantes mais également la première à arborer le traditionnel « 0 » central de la marque au lion ! Elle connaîtra douze version, dont la Peugeot 201D, connue pour son moteur « SER2 » 1 307 cm3 de 28 ch à 4 000 tr/min. D’un gabarit de 3,85m de long et de 1,85m de large, sa carrosserie 2 portes en acier reposant sur une structure bois et se concluant sur une queue de castor, caractérise cette série. Sauvée in extrémiste, cette voiture d’antan s’est vue offrir une nouvelle vie dans cette part d’histoire de l’automobile française ! Allégée de son toit, de ses ailes, de ses pare-chocs et de ses marchepieds, elle a vu son 4 cylindres d’origine boostée avec un compresseur tandis qu’elle a été sécurisée par de nouveaux freins. Quel plaisir d’admirer la voiture ainsi finie, brulant fièrement le bitume humide de Linas-Monthléry avec à son volant, Nicolas GUENNETEAU, aux côtés de François ALLAIN, cette fois-ci co-pilote !

Il ne nous en fallait pas plus pour être complétement séduit par la vision décalée et audacieuse du Hot Rod que propose la Peugeot 201 de Vintage Mecanic ! Le choix d’une lionne tricolore est unique en son genre ! A noter que le travail effectué sur le châssis, la carrosserie renforcée avec des longerons en acier et l’habitacle ont su garder un maximum d’éléments d’origine. Par exemple, les sièges sont ceux d’origine, entièrement mis à nus. Il est important de noter qu’il est toujours possible de lui remettre ses phares et ses ailes ! En tout cas, même sans ses attributs originaux, elle suscite toujours autant l’intérêt des amateurs et passionnés de voitures, aussi bien sur circuit que dans la rue comme ce fut le cas lors de la 201ème édition des Rondes des Bannies organisé Place Vauban où elle est arrivée sur plateau. En effet, transformée ainsi, cette Peugeot 201 « Hot Rod » ne peut plus rouler sur route et a désormais un avenir de « show car » !

La Peugeot 201 de Vintage Mecanic, née du souhait de faire des modèles aussi variés que surprenants

François ALLAIN, présentateur de Vintage Mecanic, nous parle de la Peugeot 201 « Hod Rod »

La Peugeot 201 a ouvert la saison 6 de Vintage Mecanic, le 22 octobre dernier. Ce premier épisode sort de l’ordinaire puisque vous avez réalisé un « Hot Rod ». Pouvez-vous nous dire dire plus sur ce véhicule unique en son genre ?

Après cinq saisons de « Vintage Mecanic » on a voulu inaugurer la 6ème saison avec des sujets inédits, comme cette incursion dans le milieu du Hot Rod qui représente une famille de voitures anciennes peu connues du grand public. On avait envie de participer à un évènement annuel réunissant l’ensemble des amateurs et passionnés de Hot Rod : la Normandie Beach Race. Pour la 2ème édition, on devait faire vite. On a donc réussi à récupérer une voiture qui n’était pas américaine, type Ford T : une Peugeot 201D. L’objectif a été respecté, car on a une voiture datant d’avant les années 1950. Pour l’histoire, elle trainait au fond d’un garage, à l’état d’épave et économiquement non réparable à l’origine. La restaurer d’origine représentait cinq fois le prix de la voiture ! Cette voiture en l’état était destinée à faire de la pièce détachée. Malgré une carrosserie très fatiguée, le châssis était en bon état. C’était le bon exemplaire pour en faire un Hot Rod. Précisément, la voiture correspond à une « Traditional Rod » façon « ratrod ». On l’a fait en conservant le maximum de pièces initiales, à l’exception du carburateur, de l’échappement et du compresseur installé par Nicolas GUENNETEAU.

Transformer une voiture emblématique des années 1930 est un défi. Quels ont été les réactions du public ? Quel accueil a été réservé à cette Peugeot 201 si spéciale ?

Bien évidemment, on retrouve un petit pourcentage de puristes qui crient au sacrilège en prônant une restauration à l’origine ou en poussant le concept à l’extrême. Cela est complètement démesurée de dépenser 40 000€, alors que la voiture vaut dans les 10 000€. Une immense majorité de personnes qui aiment, découvre ce milieu qu’ils ne connaissent pas. Ce que les gens oublient, c’est que, dès le début de l’émission, il y a un cahier des charges, un délai et un budget que l’on doit respecter. On peut tout refaire à l’identique, mais on se retrouve hors budget et hors délai. La problématique résulte qu’on est dans une émission grand public, sur une chaîne grand public et qu’on fait découvrir un nouveau milieu. Pour eux, l’important est de vivre une ambiance, de s’immerger au cœur du processus de restauration et de participer à des événements médiatisés localement. La grande famille de la voiture ancienne est diverse, mais on est tous sur le même bateau. Le jour où les pouvoirs publics décideront de saborder le navire, on coulera tous. Montrer, au public, la passion que peut générer tel ou tel famille de voitures, que les restaurateurs sont divers et variés est très important. Enfin, mon leitmotiv est le suivant : les jeunes d’aujourd’hui deviennent les collectionneurs de demain. Il y la notion de transmission. S’il n’y en a pas, la collection et le patrimoine vont disparaître. Les émission type « Vintage Mecanic » sont là pour continuer cette passation de savoir-faire.

Justement puisque vous nous parlez de « Vintage Mecanic », pouvez-vous nous en dire plus sur cette émission et son avenir ?

« Vintage Mecanic » est une émission qui fonctionne avec une alchimie bien pensée et bien gérée. Je ne suis que la partie émergée de l’iceberg, le chef d’orchestre, mais il ne faut pas oublier les partenaires, les restaurateurs, les équipes de production, d’édito, de montage,… qui font la saison ! Ce sont les restaurateurs qui font l’émission. On a des garages variés qui savent instaurer une ambiance durable. Certains sont présents depuis cinq ans et d’autres sont partis ! On s’apporte mutuellement de l’intérêt et de la capitalisation de passion.

Cette saison est celle des véhicules XXL, une grande première pour Vintage Mecanic. Concernant la suite des épisodes, est-ce possible d’en savoir plus ?

Je n’ai jamais caché le souhait de faire des modèles aussi variés que surprenants. Si ça ne tentait qu’à moi, on ferait un char d’assaut, un biplan de la première guerre mondiale, une locomotive à vapeur ! On est totalement dans l’ADN de RMC Découverte. J’ai réussi à introduire un tracteur dans la première saison et on va refaire un tracteur. Le prochain épisode (qui a été diffusé le jeudi 29 octobre 2020, ndlr) mettra à l’honneur un camion de pompier et une institution, la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris. Le troisième est une rénovation d’un autobus à plateforme, réalisé avec une association de passionnés/bénévoles, les Autocars anciens de France. Il y a aussi un épisode en partenariat avec une école de BEP/CAP qui participe au futur de la voiture de collection. Il est toujours intéressant de sortir des sentiers battus avec des réalisations différentes !

Nicolas GUENNETEAU, le restaurateur qui a créé la Peugeot 201 Hot Rod

Vous êtes présent depuis la 1ère saison de Vintage Mecanic, diffusée en 2016 et vous avez restauré un certain nombre de voitures de l’émission au coeur de votre garage. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Le garage « Peanuts Butter » a été créé, il y une trentaine d’années, en 1985 précisément. Au départ, c’était un garage de passionnés équipés de l’ensemble des équipements « classiques ». On vient d’univers différents. Avec mon associé, Gilles BORIE, nous participons au championnat d’Europe de Dragster. L’atelier a une vocation conviviale et associative où on travaille sur les véhicules des amis en termes de préparation carrosserie et mécanique. Sachant qu’on vient d’univers différents et étant en fin de carrière publicitaire, j’ai décidé d’en faire mon activité principale en 2014. Le plaisir et la passion sont passés au stade supérieur. Au lieu de travailler le week-end, j’exerce du lundi au vendredi via la restauration automobile, l’entretien, la préparation moteur… Dès qu’une voiture entre dans l’atelier, je me l’approprie. Je vais travailler comme si c’était mon propre véhicule. Il faut rappeler qu’à la base, l’atelier est principalement axé sur Volkswagen, spécialement sur la Coccinelle. Je la connais par cœur, mais j’ai toujours cette envie de découvrir d’autres modèles d’autres nationalités,… pour ne pas rester enfermer dans l’univers de la « Cox ». J’ai une ouverture d’esprit qui me permet d’attaquer différents chantiers.

Pouvez-vous nous parler plus en amplement du lien qui existe entre votre garage et l’émission Vintage Mecanic ?

Le lien avec l’émission « Vintage Mecanic » est assez naturel, puisque je connaissais François ALLAIN, bien avant le projet. De plus, le fait d’avoir professionnalisé « Peanuts Butter » à amener François à m’appeler et me parler d’un concept automobile dédié à la restauration et l’entretien de voitures anciennes. J’ai tout de suite été partant, en une seconde ! (rires) Cela correspond à une suite logique de faire cette émission TV pour un passionné éclectique. L’ADN du garage est parfaitement en adéquation avec les choix de modèles de Vintage Mecanic. Je n’ai pas de freins et rien ne m’arrête dans la découverte des voitures que je ne connais pas, surtout pour travailler sur des véhicules atypiques ! La Peugeot 201 « Hot Rod » est un exemple concret avec sa part de créativité et de transformations qui est excitante pour quelqu’un qui aime l’automobile !

Parmi les nombreux projets menés avec François ALLAIN pour l’émission Vintage Mecanic, nous pouvons imaginer que la Peugeot 201 « Hot Rod est l’un des plus marquants.

Il y en a beaucoup ! Je dirais, dans un premier temps, le dragster. Faire partie de ce championnat d’une quinzaine de pays, requiert des performances et des résultats. Il évolue constamment. L’autre chantier qui m’a particulièrement plu, concerne la Porsche 914. La voiture a entièrement été restaurée de A à Z, jusqu’au boulon final! Et bien sûr, il y a le dernier en date : le fameux « Traditional Rod » Peugeot 201D. Elle sort du domaine de la restauration, car il y a une partie de créativité et un besoin de réaliser un véhicule unique. Faire un Rod sur une base de voiture française est inégalable ! Désormais, cette voiture sauvée de la casse existe sous une autre forme. Quelque soit la marque ou le modèle, le restaurateur démontre un certaine fierté face à la complexité du projet. Sauver un véhicule ancien permet de sauvegarder le patrimoine. Le véhicule dispose d’une seconde jeunesse, surtout quand il date d’avant-guerre !

Est-ce qu’il y aurait un modèle en particulier que vous souhaiteriez restaurer à l’origine ?

Je suis pour l’origine, mais avec une certaine modernité. Elle doit rester discrète, tout en optimisant la fiabilité. Une voiture des années 1950 est bien évidement moins fiable qu’une voiture moderne. Avec les équipement techniques ou mécaniques actuels, on peut rouler quotidiennement. J’ai tellement d’idées et d’envies que je ne sais pas par où commencer. Pourquoi pas un Buggy des années 1950 ou un Volkswagen Combi, même si ça existe déjà. C’est plus l’occasion qui va faire naitre l’idée. L’essentiel est de continuer à faire vivre un patrimoine automobile, hélas, de plus en plus décrié et surtout continuer à le faire rouler ! C’est ce qu’on fait à l’atelier et c’est plus qu’important.

Article écrit par : ABSOLUTELY CARS
Crédit Photos : ABSOLUTELY CARS

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Une réflexion sur “Interview exclusive : La Peugeot 201, le Hot Rod de Vintage Mecanic

  1. je suis téléspectateur assidu de la chaîne 24 « vintage » et autres émissions de l’automobile en général! ! Jaloux des possibilités de transformation et adaptation aux USA, sans avoir un goût prononcé pour les gros moteurs pouvant faire une démonstration de puissance en pratiquant « le Wheeling », simplement avoir une carrosserie ancienne transformée en « hot rod » ! Mais il y a surement un gros frein pour obtenir l’autorisation de l’Administration française pour exhiber ce genre de véhicule et emprunter les routes françaises !

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